UE323 - Histoire et littérature, 1800-1950

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Culture Écriture Fiction Génocides (études des) Histoire du livre Historiographie Imaginaire Littérature Témoignage
Aires culturelles
Europe

Comment faire de l’histoire avec de la littérature ? Que fait-on, en histoire et plus largement en sciences sociales, quand on prend pour objet cette réalité aux contours instables et constamment discutés qui est désignée comme « littérature » ? Ce séminaire s’intéresse aux formes de présence et de dissémination de la littérature dans le monde social depuis l’époque romantique jusqu’aux lendemains de la Seconde guerre mondiale. On y explore les voies d’une histoire du recours à la littérature, qui concerne des écrits littéraires reconnus aussi bien que des formes moins visibles de présence du littéraire ; une histoire qui s’intéresse aux producteurs de la littérature comme à ses lecteurs, qui cherche à décrire l’ensemble des gestes inscrivant la « littérature » dans le monde social, comme activité, réalité matérielle, ensemble de pratiques dotées de valeur, horizon possible de l’écriture. Cette histoire s’interroge sur ce que ce qui est désigné comme littérature fait au monde dans lequel elle s’inscrit, ainsi que sur les ressources qu’elle constitue pour ceux qui y recourent, producteurs ou lecteurs.

Le travail s’organise autour de deux principaux terrains d’enquête : le premier concerne la modernité littéraire du XIXe siècle. Ici il s’agit de comprendre comment la littérature a pu être investie pour formuler l’expérience socio-historique des femmes et des hommes du XIXe siècle – certes selon des amplitudes sociales et locales variables. En 2020-2021, si les conditions d'accès aux archives le permettent, on poursuivra notamment l'enquête engagée sur les formes d'action de George Sand et l'impact de la littérature à Nohant autour de ce qu'on appelle "l'affaire Fanchette" (1843). On s’intéressera également à la présence de la littérature dans la vie urbaine du XIXe siècle, en regardant le Palais-Royal comme lieu d'écritures.

Le second terrain d’enquête concerne le recours à la littérature dans les camps et les ghettos de l’Europe occupée par les nazis. Des poèmes composés et lus dans le ghetto de Varsovie à la littérature du retour des camps et au-delà, l’écriture de littérature a été intensément investie face à la persécution et à la destruction. Ce qui se joue là c’est l’engagement, le devenir, la mise à l’épreuve, de la croyance romantique dans le pouvoir de la littérature à saisir l’expérience historique. De ce fait, on ne considère pas la "littérature" comme un réservoir de représentations culturelles des événéments ou de "réponses" à ces événéments mais on s’emploie à construire en objets pour l’histoire les actes et les choix formels des individus qui, face à la Catastrophe, s’emparent de l’écriture pour y déposer leur expérience, constituer une archive, documenter l’événement, résister, transmettre… C'est dans cette perspective qu'on continuera à travailler sur la poésie des camps et des ghettos comme objets de l'histoire de la Shoah.

A la charnière de ces deux terrains, deux dossiers seront ouverts qui parlent tous deux du devenir de l'adhésion romantique aux pouvoirs de la littérature : l'un concerne Jean Cassou (1897-1986) qui a fondé son engagement d'écrivain anti-fasciste sur la transmission du XIXe siècle romantique et "quarante-huitard"; l'autre concerne les lectures de Balzac dans les années qui suivirent la Deuxième guerre mondiale, dans une perspective qui croisera histoire du livre, de l'édition, histoire des savoirs critiques et histoire des pratiques de lecture.

Dans le cas où les conditions sanitaires excluraient la tenue habituelle du séminaire, les séances auront lieu sur une plate-forme vidéo à un horaire qui sera précisé. À l'horaire du séminaire (tous les vendredis matins, 11h-13h) nous ferons un travail en petit groupe avec les étudiants qui le souhaitent,  en respectant les gestes barrières: on pourra ainsi prolonger les questions du séminaire, engager des enquêtes collectives sur des objets précis ou reprendre le travail sur les documents, partager des lectures de textes ou présenter des recherches de master ou de doctorat en cours.

  • Arts, littératures et langages-Littératures – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – autre
  • Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – autre
  • Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – autre
  • Judith Lyon-Caen [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Groupe de recherches interdisciplinaires sur l'histoire du littéraire (CRH-GRIHL)
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-

Aucun planning disponible.


Intervenant·e·s


  • Judith Lyon-Caen [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Groupe de recherches interdisciplinaires sur l'histoire du littéraire (CRH-GRIHL)

Planning


Aucun planning disponible.


Description


Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Culture Écriture Fiction Génocides (études des) Histoire du livre Historiographie Imaginaire Littérature Témoignage
Aires culturelles
Europe

Comment faire de l’histoire avec de la littérature ? Que fait-on, en histoire et plus largement en sciences sociales, quand on prend pour objet cette réalité aux contours instables et constamment discutés qui est désignée comme « littérature » ? Ce séminaire s’intéresse aux formes de présence et de dissémination de la littérature dans le monde social depuis l’époque romantique jusqu’aux lendemains de la Seconde guerre mondiale. On y explore les voies d’une histoire du recours à la littérature, qui concerne des écrits littéraires reconnus aussi bien que des formes moins visibles de présence du littéraire ; une histoire qui s’intéresse aux producteurs de la littérature comme à ses lecteurs, qui cherche à décrire l’ensemble des gestes inscrivant la « littérature » dans le monde social, comme activité, réalité matérielle, ensemble de pratiques dotées de valeur, horizon possible de l’écriture. Cette histoire s’interroge sur ce que ce qui est désigné comme littérature fait au monde dans lequel elle s’inscrit, ainsi que sur les ressources qu’elle constitue pour ceux qui y recourent, producteurs ou lecteurs.

Le travail s’organise autour de deux principaux terrains d’enquête : le premier concerne la modernité littéraire du XIXe siècle. Ici il s’agit de comprendre comment la littérature a pu être investie pour formuler l’expérience socio-historique des femmes et des hommes du XIXe siècle – certes selon des amplitudes sociales et locales variables. En 2020-2021, si les conditions d'accès aux archives le permettent, on poursuivra notamment l'enquête engagée sur les formes d'action de George Sand et l'impact de la littérature à Nohant autour de ce qu'on appelle "l'affaire Fanchette" (1843). On s’intéressera également à la présence de la littérature dans la vie urbaine du XIXe siècle, en regardant le Palais-Royal comme lieu d'écritures.

Le second terrain d’enquête concerne le recours à la littérature dans les camps et les ghettos de l’Europe occupée par les nazis. Des poèmes composés et lus dans le ghetto de Varsovie à la littérature du retour des camps et au-delà, l’écriture de littérature a été intensément investie face à la persécution et à la destruction. Ce qui se joue là c’est l’engagement, le devenir, la mise à l’épreuve, de la croyance romantique dans le pouvoir de la littérature à saisir l’expérience historique. De ce fait, on ne considère pas la "littérature" comme un réservoir de représentations culturelles des événéments ou de "réponses" à ces événéments mais on s’emploie à construire en objets pour l’histoire les actes et les choix formels des individus qui, face à la Catastrophe, s’emparent de l’écriture pour y déposer leur expérience, constituer une archive, documenter l’événement, résister, transmettre… C'est dans cette perspective qu'on continuera à travailler sur la poésie des camps et des ghettos comme objets de l'histoire de la Shoah.

A la charnière de ces deux terrains, deux dossiers seront ouverts qui parlent tous deux du devenir de l'adhésion romantique aux pouvoirs de la littérature : l'un concerne Jean Cassou (1897-1986) qui a fondé son engagement d'écrivain anti-fasciste sur la transmission du XIXe siècle romantique et "quarante-huitard"; l'autre concerne les lectures de Balzac dans les années qui suivirent la Deuxième guerre mondiale, dans une perspective qui croisera histoire du livre, de l'édition, histoire des savoirs critiques et histoire des pratiques de lecture.

Dans le cas où les conditions sanitaires excluraient la tenue habituelle du séminaire, les séances auront lieu sur une plate-forme vidéo à un horaire qui sera précisé. À l'horaire du séminaire (tous les vendredis matins, 11h-13h) nous ferons un travail en petit groupe avec les étudiants qui le souhaitent,  en respectant les gestes barrières: on pourra ainsi prolonger les questions du séminaire, engager des enquêtes collectives sur des objets précis ou reprendre le travail sur les documents, partager des lectures de textes ou présenter des recherches de master ou de doctorat en cours.


Master


  • Arts, littératures et langages-Littératures – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – autre
  • Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – autre
  • Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – autre

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-