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UE287 - Cosmos, histoire et géographie de l'occupation de l'espace extra-atmosphérique : enjeux politiques et technologiques


Lieu et planning


  • Autre lieu Paris
    Centre Alexandre-Koyré, 27 rue Damesme 75013 Paris
    annuel / mensuel (indifférent), jeudi 13:00-16:00
    du 29 octobre 2020 au 24 juin 2021


Description


Dernière modification : 7 avril 2021 15:30

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Géographie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Espace Histoire des sciences et des techniques Relations internationales Stratégiques (études) Techniques
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Isabelle Sourbès-Verger [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre Alexandre-Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CAK)

À l'heure où les relations de l'homme à la planète Terre suscitent des interrogations multiples, l'étude de l'occupation de l'espace extra-atmosphérique par des satellites et des missions habitées prend une nouvelle dimension.

Ce séminaire présente les modalités d'occupation de l'espace, les enjeux des missions spatiales y compris lunaires et les enjeux passés et actuels nationaux et internationaux des politiques spatiales.

L'approche est interdisciplinaire et comparative avec une journée d'étude thématique.

Depuis 1957, l'occupation de l'espace circumterrestre s'est progressivement densifiée avec des modalités de mise en valeur variant selon les capacités techniques et financières des États, les types de préoccupations des politiques nationales et le contexte international. L'objet du séminaire est d'analyser sur un mode comparatif le suivi et l'étude des objets spatiaux et celui des pratiques qui les sous-tendent en montrant les évolutions liées aux ruptures technologiques mais aussi aux approches des acteurs, de l'état à l'entrepreneur.

Les premières séances présenteront une géohistoire de ce phénomène afin d'analyser le poids des composantes technologiques et des cultures des communautés concernées avec un accent particulier sur les spécificités du milieu spatial et les conditions de sa mise en valeur.
Les séances suivantes prendront en considération différents types de mission afin de dégager les permanences et ruptures des approches selon les époques, les compétences technologiques et les types d'intervenants. L'observation de la Terre, l'exploration, les vols habités, les systèmes militaires, le « New Space » serviront de cas d'étude.
Les dernières séances étudieront plus particulièrement les contradictions intrinsèques entre la colonisation de l'espace proche, largement conditionnée par des spécificités nationales, et la vocation planétaire de systèmes en circulation permanente ignorant les frontières. Les tensions entre ambitions nationales, de sécurité et d'influence, ainsi que les obligations de coopération liées à l'interdépendance des systèmes spatiaux permettront de mieux cerner les interactions entre la projection dans l'espace des activités terrestres classiques et les caractéristiques irréductibles du milieu induisant des contraintes d'interdépendance encore mal perçues.

Des intervenants extérieurs seront invités à contribuer en anglais à certaines séances et à la journée d'étude.


Master


  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Contacter l'enseignante pour le détail des séances : Isabelle Sourbès-Verger, centre Alexandre-Koyré.

Direction de travaux des étudiants

Isabelle Sourbès-Verger, contact sur rendez-vous par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous, contacter Isabelle Sourbès-Verger par courriel.

Pré-requis

ce séminaire interdisciplinaire est ouvert à un large public. Il accueille des professionnels, des thésards, postdoctorants, étudiants et toute personne intéressée par le sujet de l'occupation de l'espace extra-atmosphérique.


Compte rendu


Le séminaire a été plus particulièrement consacré pendant l'année 2020-2021 à une analyse critique du nouveau paradigme d'occupation de l'espace extra-atmosphérique. En effet, alors que moins de 9000 satellites ont été lancés de 1957 à 2017, près de 3000 ont été mis sur orbite ces 4 dernières années et le gouvernement des Etats-unis a déjà accordé le lancement de plus de 10 000 satellites pour une seule constellation qui prétend atteindre 42 000 satellites. En parallèle, les discours sur le retour de l'Homme sur la Lune, les vols de touristes et les projets de base martienne promus par les acteurs eux-mêmes veulent augurer de l'ère du New Space, présenté comme moment d'innovation et de rupture.

Cet affichage lié aux pratiques de l'espace a été l'objet d'une remise en perspective au cours de différentes séances. L'idée générale de rupture de la perception de la relation de l'homme à la planète se manifeste au milieu du XXe siècle avant même l'accession à l'espace. Ainsi,  André Siegfried témoigne, en 1953, en tant que géographe de la fin d'une histoire longue de l'homme à son environnement, celle où son pas servait de mesure. En soulignant l'existence d'un monde courbe qui, avec l'avion, transforme les perceptions se manifesterait, selon lui, la fin du monde gréco-romain et l'avènement d'une culture transformée par la technique.
On retrouve, à la même époque, cette prise de conscience de l'ouverture du monde chez un autre géographe, Jean Gottmann plus sensible à la dimension politique qu'à celle de la représentation du monde. Il annonce, en 1951, que la politique des Etats s'inscrivant dans l'espace géographique c'est-à-dire accessible aux hommes, il faut envisager après une géographie des mers et de l'air, une extension de la géographie à la Lune et d'autres planètes dès lors que les hommes iront les coloniser.

Un premier atlas de géographie de l'espace dirigé par Fernand Verger sera publié en 1992. Il décrit 35 ans d'occupation de l'espace et la projection dans ce nouveau milieu des activités terrestres. Pour autant, dans cette édition comme dans ses réactualisations jusqu'en 2003, ce sont les spécificités des programmes et les particularités des politiques nationales qui s'imposent tandis que les orbites se caractérisent par leur caractère éphémère. Le milieu spatial, par ses traits physiques propres, détermine des conditions d'usage qui remettent en question les concepts pourtant couramment utilisés par les acteurs et les médias  : exploration, frontière, conquête, colonisation mais aussi  tourisme, apparu très récemment. A l'apogée de cette banalisation, on trouve les programmes de présence humaine permanente sur la Lune et leur signification à l'aune des interrogations terrestres sur le développement durable. Jusqu'à la notion de guerre dont il convient d'interroger la signification, de même que la notion de dissuasion.

L'approche choisie, très interdisciplinaire de par la qualité des intervenants mais aussi des auditeurs, s'est ainsi appliquée à considérer les relations entre la Terre et l'espace extra-atmosphérique par aires géographiques dans leurs dimensions aussi bien fantasmées que pratiques. 

Publications

-

Dernière modification : 7 avril 2021 15:30

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Géographie, Histoire
Page web
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Langues
français
Mots-clés
Espace Histoire des sciences et des techniques Relations internationales Stratégiques (études) Techniques
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Isabelle Sourbès-Verger [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre Alexandre-Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CAK)

À l'heure où les relations de l'homme à la planète Terre suscitent des interrogations multiples, l'étude de l'occupation de l'espace extra-atmosphérique par des satellites et des missions habitées prend une nouvelle dimension.

Ce séminaire présente les modalités d'occupation de l'espace, les enjeux des missions spatiales y compris lunaires et les enjeux passés et actuels nationaux et internationaux des politiques spatiales.

L'approche est interdisciplinaire et comparative avec une journée d'étude thématique.

Depuis 1957, l'occupation de l'espace circumterrestre s'est progressivement densifiée avec des modalités de mise en valeur variant selon les capacités techniques et financières des États, les types de préoccupations des politiques nationales et le contexte international. L'objet du séminaire est d'analyser sur un mode comparatif le suivi et l'étude des objets spatiaux et celui des pratiques qui les sous-tendent en montrant les évolutions liées aux ruptures technologiques mais aussi aux approches des acteurs, de l'état à l'entrepreneur.

Les premières séances présenteront une géohistoire de ce phénomène afin d'analyser le poids des composantes technologiques et des cultures des communautés concernées avec un accent particulier sur les spécificités du milieu spatial et les conditions de sa mise en valeur.
Les séances suivantes prendront en considération différents types de mission afin de dégager les permanences et ruptures des approches selon les époques, les compétences technologiques et les types d'intervenants. L'observation de la Terre, l'exploration, les vols habités, les systèmes militaires, le « New Space » serviront de cas d'étude.
Les dernières séances étudieront plus particulièrement les contradictions intrinsèques entre la colonisation de l'espace proche, largement conditionnée par des spécificités nationales, et la vocation planétaire de systèmes en circulation permanente ignorant les frontières. Les tensions entre ambitions nationales, de sécurité et d'influence, ainsi que les obligations de coopération liées à l'interdépendance des systèmes spatiaux permettront de mieux cerner les interactions entre la projection dans l'espace des activités terrestres classiques et les caractéristiques irréductibles du milieu induisant des contraintes d'interdépendance encore mal perçues.

Des intervenants extérieurs seront invités à contribuer en anglais à certaines séances et à la journée d'étude.

  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Contacter l'enseignante pour le détail des séances : Isabelle Sourbès-Verger, centre Alexandre-Koyré.

Direction de travaux des étudiants

Isabelle Sourbès-Verger, contact sur rendez-vous par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous, contacter Isabelle Sourbès-Verger par courriel.

Pré-requis

ce séminaire interdisciplinaire est ouvert à un large public. Il accueille des professionnels, des thésards, postdoctorants, étudiants et toute personne intéressée par le sujet de l'occupation de l'espace extra-atmosphérique.

  • Autre lieu Paris
    Centre Alexandre-Koyré, 27 rue Damesme 75013 Paris
    annuel / mensuel (indifférent), jeudi 13:00-16:00
    du 29 octobre 2020 au 24 juin 2021

Le séminaire a été plus particulièrement consacré pendant l'année 2020-2021 à une analyse critique du nouveau paradigme d'occupation de l'espace extra-atmosphérique. En effet, alors que moins de 9000 satellites ont été lancés de 1957 à 2017, près de 3000 ont été mis sur orbite ces 4 dernières années et le gouvernement des Etats-unis a déjà accordé le lancement de plus de 10 000 satellites pour une seule constellation qui prétend atteindre 42 000 satellites. En parallèle, les discours sur le retour de l'Homme sur la Lune, les vols de touristes et les projets de base martienne promus par les acteurs eux-mêmes veulent augurer de l'ère du New Space, présenté comme moment d'innovation et de rupture.

Cet affichage lié aux pratiques de l'espace a été l'objet d'une remise en perspective au cours de différentes séances. L'idée générale de rupture de la perception de la relation de l'homme à la planète se manifeste au milieu du XXe siècle avant même l'accession à l'espace. Ainsi,  André Siegfried témoigne, en 1953, en tant que géographe de la fin d'une histoire longue de l'homme à son environnement, celle où son pas servait de mesure. En soulignant l'existence d'un monde courbe qui, avec l'avion, transforme les perceptions se manifesterait, selon lui, la fin du monde gréco-romain et l'avènement d'une culture transformée par la technique.
On retrouve, à la même époque, cette prise de conscience de l'ouverture du monde chez un autre géographe, Jean Gottmann plus sensible à la dimension politique qu'à celle de la représentation du monde. Il annonce, en 1951, que la politique des Etats s'inscrivant dans l'espace géographique c'est-à-dire accessible aux hommes, il faut envisager après une géographie des mers et de l'air, une extension de la géographie à la Lune et d'autres planètes dès lors que les hommes iront les coloniser.

Un premier atlas de géographie de l'espace dirigé par Fernand Verger sera publié en 1992. Il décrit 35 ans d'occupation de l'espace et la projection dans ce nouveau milieu des activités terrestres. Pour autant, dans cette édition comme dans ses réactualisations jusqu'en 2003, ce sont les spécificités des programmes et les particularités des politiques nationales qui s'imposent tandis que les orbites se caractérisent par leur caractère éphémère. Le milieu spatial, par ses traits physiques propres, détermine des conditions d'usage qui remettent en question les concepts pourtant couramment utilisés par les acteurs et les médias  : exploration, frontière, conquête, colonisation mais aussi  tourisme, apparu très récemment. A l'apogée de cette banalisation, on trouve les programmes de présence humaine permanente sur la Lune et leur signification à l'aune des interrogations terrestres sur le développement durable. Jusqu'à la notion de guerre dont il convient d'interroger la signification, de même que la notion de dissuasion.

L'approche choisie, très interdisciplinaire de par la qualité des intervenants mais aussi des auditeurs, s'est ainsi appliquée à considérer les relations entre la Terre et l'espace extra-atmosphérique par aires géographiques dans leurs dimensions aussi bien fantasmées que pratiques. 

Publications

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