UE28 - Droits, espaces, appartenances : étaticités fractales à l'époque moderne


Planning


  • 54 bd Raspail
    Salle A04_47
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (3e), mardi 15:00-19:00
    du 17 novembre 2020 au 15 juin 2021


Description


Dernière modification : 15 mai 2020 14:03

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Droit, normes et société Empire Histoire Institutions Religieux (sciences sociales du) Spatialisation, territoires
Aires culturelles
Allemandes (études)
Intervenant·e·s
  • Christophe Duhamelle [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Groupe de recherches en histoire sociale du politique (CRH-RHiSoP)
  • Falk Bretschneider   maître de conférences, EHESS / Centre Georg-Simmel (CGS)

Le séminaire aborde la fabrique concrète du droit, de l’espace et des appartenances sous l’angle de leurs interférences avec les pratiques de l’État, et dans le souci constant d’articuler les cas locaux et les problèmes généraux. Il privilégie une aire – le Saint-Empire à l’époque moderne – où aucun de ces termes ne va de soi : le droit procède de sources et d’instances concurrentes, l’espace est marqué par une fragmentation territoriale, les appartenances connaissent une grande diversité sociale, spatiale et confessionnelle, l’État peine à être saisi dans le feuilleté de plusieurs niveaux d’étaticité. Le croisement de ces complexités est présenté comme un objet fractal, au sens où l’actualisation, par les acteurs, de ces distinctions fait advenir une circulation constante, fluidifiée et inventive entre les différentes échelles et les différents rythmes de référence et d’action. Comment, et selon quelles catégories, est-il dès lors possible d’appréhender ce système complexe et de le comparer à d’autres régions où, en apparence, on sait mieux ce que les notions d’« État », de « territoire » et d’« appartenance » veulent dire ?

Le séminaire sera cette année consacré à une structuration plus grande du travail collectif qui aspire à constituer un point de ralliement des recherches actuelles sur le Saint-Empire, vise également à approfondir et ouvrir les chantiers communs qui ont déjà produit des résultats appréciés comme l’ouvrage collectif issu du programme formation recherche du CIERA sur « le Saint-Empire ; histoire sociale » ou comme le glossaire « les mots du Saint-Empire » mis en ligne depuis 2014, ainsi que ceux qui nous occuperont à l’avenir, à propos en particulier de la cartographie du Saint-Empire. L’année permettra d’autre part de présenter les nouveaux chantiers des participants au séminaire.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 3 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 3 ECTS
    MCC – contrôle continu

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

inscription : prendre contact avec l'enseignant référent.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

la connaissance de l'allemand est souhaitable, mais pas obligatoire.


Compte rendu


Le séminaire existe depuis plus d’une décennie en évoluant constamment. Nombre de ses participants réguliers ayant obtenu un poste dans l’enseignement et la recherche, il prend actuellement la forme d’un groupe d’échange et de travail entre les principaux représentants des tendances récentes de l’historiographie française sur le Saint-Empire à l’époque moderne, en particulier (outre les deux responsables du séminaire) Indravati Félicité, Dominique Delle Luche, Vincent Demont, Guillaume Garner, Juliette Guilbaud, Rachel Renault, Anne Saada et Sébastien Schick. Le séminaire est aussi le lieu d’élaboration de productions communes, comme le glossaire « Les mots du Saint-Empire » en ligne, ou le collectif Le Saint-Empire. Histoire sociale (xvie-xviiie siècles) paru aux éditions de la MSH en 2018. Ce qui distingue la manière dont les membres du séminaire pratiquent l’histoire du Saint-Empire moderne tient à trois orientations principales. La première consiste à ne pas séparer l’histoire de l’Empire de celle des territoires qui le composent et d’y voir au contraire un même système, à rebours d’une dichotomie longtemps pratiquée par l’historiographie entre les institutions impériales et l’évolution des principales principautés. La seconde promeut le programme d’une « histoire sociale du Saint-Empire » et travaille à remettre en question les divisions entre histoire du politique, du droit, de l’économie, de la religion, de la culture pour inscrire au contraire la dimension impériale dans les multiples manifestations de la vie des habitants de l’Empire. La troisième, enfin, vise à faire du Saint-Empire un laboratoire comparatif permettant d’examiner à nouveaux frais des notions comme l’État, la souveraineté, la centralité et les jeux d’échelles à l’époque moderne. Dans le Saint-Empire en effet, aucun de ces termes ne va de soi : le droit procède de sources et d’instances concurrentes, l’espace est marqué par une fragmentation territoriale, les appartenances connaissent une grande diversité sociale, spatiale et confessionnelle, l’État peine à être saisi dans le feuilleté de plusieurs niveaux d’étaticité. Le croisement de ces complexités est présenté comme un objet fractal, au sens où l’actualisation, par les acteurs, de ces distinctions fait advenir une circulation constante, fluidifiée et inventive entre les différentes échelles et les différents rythmes de référence et d’action.

En 2020-2021, le séminaire (six séances de quatre heures) a été tenu entièrement en ligne en raison de la crise sanitaire provoquée par le Covid-19. Plusieurs sessions ont été consacrées à la présentation, par les participants, de leurs divers chantiers de travail – une séance entière a été réservée à Indravati Félicité, qui n’avait pu l’année dernière effectuer l’intervention prévue. Trois séances plus thématiques ont permis à toutes et tous de revenir sur un thème structurant du séminaire (« Droit et droits »), au séminaire de poursuivre sa réflexion sur la cartographie du Saint-Empire, avec une initiation à QGis assurée par Falk Bretschneider, et aux membres du groupe de confronter les différentes dimensions du travail de documentation en archives dans l’aire germanique, et de partager les difficultés et les « bonheurs » qu’offre ce travail. Une séance commune avec le séminaire collectif du Centre Georg-Simmel intitulé « Pourquoi le franco-allemand » a du être reportée à l’an prochain.

Publications

Falk Bretschneider

  • Co-direction avec Natalia Muchnik du dossier « Prisons » de la revue Socio 14, 2020 (version papier et en ligne : https://journals.openedition.org/socio/10306) ;
  • Co-direction avec Ariane Jossin, Teresa Koloma-Beck et Daniel Schönpflug de l’ouvrage Gewalt vor Ort/Violence située. Raum – Körper – Kommunikation/Espace – Corps – Communication, Francfort sur le Main (Campus), 2020 ; rédaction, dans cet ouvrage, de deux articles : avec Daniel Schönpflug : « Europa anders denken. Perspektiven auf das Verhältnis von Gewalt und Raum », p. 17-55 ainsi que, comme auteur unique, « Kampf um den Strafraum. Frühneuzeitliche Strafrituale als Raumpraktiken zwischen Herrschaftsperformanz und populärer Aneignung », p. 179-225.

Christophe Duhamelle

  • Co-direction avec le groupe RHiSoP du CRH du dossier Frontières, seuils, limites : histoire sociale des catégorisations (publication en ligne, L’Atelier du CRH n° 21bis, fin 2020, version papier à la demande) et de sa traduction en anglais Borders, Thresholds, Boundaries : A Social History of Categorizations (publication en ligne, L’Atelier du CRH n° 22 bis, début 2021, version papier à la demande) et rédaction de l’article « Confessions et frontières dans le Saint-Empire moderne : le Brandebourg, Minden et le calendrier en 1668 », p. 167-187 et « Confessions and boundaries in the Holy Roman Empire : The Brandenburg, Minden, and the Calendar in 1668 », p. 173-193.

Dernière modification : 15 mai 2020 14:03

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Droit, normes et société Empire Histoire Institutions Religieux (sciences sociales du) Spatialisation, territoires
Aires culturelles
Allemandes (études)
Intervenant·e·s
  • Christophe Duhamelle [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Groupe de recherches en histoire sociale du politique (CRH-RHiSoP)
  • Falk Bretschneider   maître de conférences, EHESS / Centre Georg-Simmel (CGS)

Le séminaire aborde la fabrique concrète du droit, de l’espace et des appartenances sous l’angle de leurs interférences avec les pratiques de l’État, et dans le souci constant d’articuler les cas locaux et les problèmes généraux. Il privilégie une aire – le Saint-Empire à l’époque moderne – où aucun de ces termes ne va de soi : le droit procède de sources et d’instances concurrentes, l’espace est marqué par une fragmentation territoriale, les appartenances connaissent une grande diversité sociale, spatiale et confessionnelle, l’État peine à être saisi dans le feuilleté de plusieurs niveaux d’étaticité. Le croisement de ces complexités est présenté comme un objet fractal, au sens où l’actualisation, par les acteurs, de ces distinctions fait advenir une circulation constante, fluidifiée et inventive entre les différentes échelles et les différents rythmes de référence et d’action. Comment, et selon quelles catégories, est-il dès lors possible d’appréhender ce système complexe et de le comparer à d’autres régions où, en apparence, on sait mieux ce que les notions d’« État », de « territoire » et d’« appartenance » veulent dire ?

Le séminaire sera cette année consacré à une structuration plus grande du travail collectif qui aspire à constituer un point de ralliement des recherches actuelles sur le Saint-Empire, vise également à approfondir et ouvrir les chantiers communs qui ont déjà produit des résultats appréciés comme l’ouvrage collectif issu du programme formation recherche du CIERA sur « le Saint-Empire ; histoire sociale » ou comme le glossaire « les mots du Saint-Empire » mis en ligne depuis 2014, ainsi que ceux qui nous occuperont à l’avenir, à propos en particulier de la cartographie du Saint-Empire. L’année permettra d’autre part de présenter les nouveaux chantiers des participants au séminaire.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 3 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 3 ECTS
    MCC – contrôle continu
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

inscription : prendre contact avec l'enseignant référent.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

la connaissance de l'allemand est souhaitable, mais pas obligatoire.

  • 54 bd Raspail
    Salle A04_47
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (3e), mardi 15:00-19:00
    du 17 novembre 2020 au 15 juin 2021

Le séminaire existe depuis plus d’une décennie en évoluant constamment. Nombre de ses participants réguliers ayant obtenu un poste dans l’enseignement et la recherche, il prend actuellement la forme d’un groupe d’échange et de travail entre les principaux représentants des tendances récentes de l’historiographie française sur le Saint-Empire à l’époque moderne, en particulier (outre les deux responsables du séminaire) Indravati Félicité, Dominique Delle Luche, Vincent Demont, Guillaume Garner, Juliette Guilbaud, Rachel Renault, Anne Saada et Sébastien Schick. Le séminaire est aussi le lieu d’élaboration de productions communes, comme le glossaire « Les mots du Saint-Empire » en ligne, ou le collectif Le Saint-Empire. Histoire sociale (xvie-xviiie siècles) paru aux éditions de la MSH en 2018. Ce qui distingue la manière dont les membres du séminaire pratiquent l’histoire du Saint-Empire moderne tient à trois orientations principales. La première consiste à ne pas séparer l’histoire de l’Empire de celle des territoires qui le composent et d’y voir au contraire un même système, à rebours d’une dichotomie longtemps pratiquée par l’historiographie entre les institutions impériales et l’évolution des principales principautés. La seconde promeut le programme d’une « histoire sociale du Saint-Empire » et travaille à remettre en question les divisions entre histoire du politique, du droit, de l’économie, de la religion, de la culture pour inscrire au contraire la dimension impériale dans les multiples manifestations de la vie des habitants de l’Empire. La troisième, enfin, vise à faire du Saint-Empire un laboratoire comparatif permettant d’examiner à nouveaux frais des notions comme l’État, la souveraineté, la centralité et les jeux d’échelles à l’époque moderne. Dans le Saint-Empire en effet, aucun de ces termes ne va de soi : le droit procède de sources et d’instances concurrentes, l’espace est marqué par une fragmentation territoriale, les appartenances connaissent une grande diversité sociale, spatiale et confessionnelle, l’État peine à être saisi dans le feuilleté de plusieurs niveaux d’étaticité. Le croisement de ces complexités est présenté comme un objet fractal, au sens où l’actualisation, par les acteurs, de ces distinctions fait advenir une circulation constante, fluidifiée et inventive entre les différentes échelles et les différents rythmes de référence et d’action.

En 2020-2021, le séminaire (six séances de quatre heures) a été tenu entièrement en ligne en raison de la crise sanitaire provoquée par le Covid-19. Plusieurs sessions ont été consacrées à la présentation, par les participants, de leurs divers chantiers de travail – une séance entière a été réservée à Indravati Félicité, qui n’avait pu l’année dernière effectuer l’intervention prévue. Trois séances plus thématiques ont permis à toutes et tous de revenir sur un thème structurant du séminaire (« Droit et droits »), au séminaire de poursuivre sa réflexion sur la cartographie du Saint-Empire, avec une initiation à QGis assurée par Falk Bretschneider, et aux membres du groupe de confronter les différentes dimensions du travail de documentation en archives dans l’aire germanique, et de partager les difficultés et les « bonheurs » qu’offre ce travail. Une séance commune avec le séminaire collectif du Centre Georg-Simmel intitulé « Pourquoi le franco-allemand » a du être reportée à l’an prochain.

Publications

Falk Bretschneider

  • Co-direction avec Natalia Muchnik du dossier « Prisons » de la revue Socio 14, 2020 (version papier et en ligne : https://journals.openedition.org/socio/10306) ;
  • Co-direction avec Ariane Jossin, Teresa Koloma-Beck et Daniel Schönpflug de l’ouvrage Gewalt vor Ort/Violence située. Raum – Körper – Kommunikation/Espace – Corps – Communication, Francfort sur le Main (Campus), 2020 ; rédaction, dans cet ouvrage, de deux articles : avec Daniel Schönpflug : « Europa anders denken. Perspektiven auf das Verhältnis von Gewalt und Raum », p. 17-55 ainsi que, comme auteur unique, « Kampf um den Strafraum. Frühneuzeitliche Strafrituale als Raumpraktiken zwischen Herrschaftsperformanz und populärer Aneignung », p. 179-225.

Christophe Duhamelle

  • Co-direction avec le groupe RHiSoP du CRH du dossier Frontières, seuils, limites : histoire sociale des catégorisations (publication en ligne, L’Atelier du CRH n° 21bis, fin 2020, version papier à la demande) et de sa traduction en anglais Borders, Thresholds, Boundaries : A Social History of Categorizations (publication en ligne, L’Atelier du CRH n° 22 bis, début 2021, version papier à la demande) et rédaction de l’article « Confessions et frontières dans le Saint-Empire moderne : le Brandebourg, Minden et le calendrier en 1668 », p. 167-187 et « Confessions and boundaries in the Holy Roman Empire : The Brandenburg, Minden, and the Calendar in 1668 », p. 173-193.