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UE274 - Usages publics du passé


Lieu et planning


  • 54 bd Raspail
    Salle AS1_23
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (1re/3e/5e), mardi 13:00-15:00
    du 3 novembre 2020 au 18 mai 2021


Description


Dernière modification : 21 juillet 2020 13:57

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Histoire Historiographie Intellectuels Mémoire Nationalisme Politiques publiques Témoignage Temps/temporalité
Aires culturelles
Europe Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Sabina Loriga [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Olof Bortz   contrat postdoctoral, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • David Schreiber   professeur agrégé, ENS

La multiplication des controverses publiques et autres polémiques constitue sans nul doute une raison majeure pour que, depuis l’Historikerstreit en Allemagne et la publication de l’article de Jürgen Habermas sur « les tendances apologétiques dans l’historiographie contemporaine », la question des usages publics du passé soit devenue un thème récurrent du débat public. De fait, les sujets les plus débattus sont fréquemment liés à des événements spécifiques de l’histoire contemporaine, mais ils peuvent également avoir trait à des questions « identitaires » de longue période concernant la définition nationale ou religieuse. Nous interrogerons la notion d’ « usage public du passé » et analyserons des « affaires » qui ont mobilisé les opinions publiques sur des objets d’histoire.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu, exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral, contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, contrôle continu, exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

par courriel.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-

Compte rendu


Dans la première partie du séminaire, nous avons interrogé la notion de « politique de la mémoire ». Nous avons commencé par la lecture de quelques textes qui ont marqué en profondeur la réflexion historiographique ainsi que le débat publique en Allemagne, tout au long de la deuxième moitié du XXe siècle. Le deuil impossible. Le fondement du comportement collectif, d’Alexander et Margarete Mitscherlich qui, face au danger de la répétition du passé ou de la « déréalisation » du passé (qui retombe « au néant, tel un rêve »), prône la nécessité de la transmission de la signification des catastrophes du passé, notamment dans le cadre scolaire. Les deux articles écrits, lors de l’Historikerstreit en 1986, par Jürgen Habermas (« Une manière de liquider les dommages » et « De l’usage public de l’histoire »), qui, préoccupé par la « libération de mauvaises pensées » qui amène à confondre les point de vue des bourreaux avec celui des victimes, propose de cultiver un regard critique et méfiant vis-à-vis de la tradition allemande « pour notre propre bien ». L’article d’Aleida Assmann, « La thèse de la culpabilité collective. Un traumatisme allemand ?» (1999), réfléchissant sur l’opposition entre traumatisme de la culpabilité et traumatisme de la honte. Nous avons ensuite abordé la controverse autour des notions de « devoir de mémoire » et de « travail de mémoire », qui s’est développée en France, dans les années 2000. A cette fin, nous sommes revenus sur Mémoire, histoire et oublid e Paul Ricœur (2000), notamment sur le chapitre sur les us et les abus de la mémoire, ainsi que sur la lecture critique proposée par Rainer Rochlitz, dans « Mémoire et pardon » (2001). La question a été approfondie à travers la lecture de l’ouvrage de Sarah Gensburger et Sandrine Lefranc, À quoi servent les politiques de mémoire ? (2017). Enfin, un texte de l’écrivain Edgard L. Doctorow, intitulé « False Documents » (1977) nous a permis d’aborder la question de la compétition existant entre la mémoire et l’historiographie en ce qui concerne la mémoire publique. 

Dans l’espoir d’impliquer davantage les étudiants, mis dans une position de passivité par l’enseignement à distance, nous avons décidé d’organiser les séances de la deuxième partie du séminaire autour de leurs recherches en cours. Par ailleurs, nous avons eu le plaisir d’écouter Éloi Ficquet (EHESS) sur la destruction de la statue de Haylè-Sellassié par des manifestants oromo à Londres ainsi que Maddalena Carli (Université de Teramo) sur les usages politiques du passé fasciste dans l’Italie d’aujourd’hui.

Publications
  • Avec Olivier Abel et Thomas Hirsch, « Ce que les artistes font à l’histoire », Passés futurs, 2020, 8,  https://www.politika.io/fr/passes-futurs
  • Avec Federica Bertagna, « Échos du fascisme », Passés futurs, 2020, 7, https://www.politika.io/fr/numero-revue-pf/echos-du-fascisme
  • « El contexto sin borde según Jacques Derrida », Estudios Sociales. Revista universitaria semestral, 2020, 30/58, p. 119-139.
  •  « Désir de fascisme ? », Passés Futurs, 2020, 7, https://www.politika.io/fr/notice/desir-fascisme
  • « A Yearning for Fascism ? », Passés Futurs, 2020, 7, https://www.politika.io/fr/notice/desir-fascisme
  • « In Search of Origins : Making Etruscans into Italics and Italics into Italians », Res, Anthropology and Aesthetics, 2019, 71-72, p. 241-252.

Dernière modification : 21 juillet 2020 13:57

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Histoire Historiographie Intellectuels Mémoire Nationalisme Politiques publiques Témoignage Temps/temporalité
Aires culturelles
Europe Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Sabina Loriga [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Olof Bortz   contrat postdoctoral, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • David Schreiber   professeur agrégé, ENS

La multiplication des controverses publiques et autres polémiques constitue sans nul doute une raison majeure pour que, depuis l’Historikerstreit en Allemagne et la publication de l’article de Jürgen Habermas sur « les tendances apologétiques dans l’historiographie contemporaine », la question des usages publics du passé soit devenue un thème récurrent du débat public. De fait, les sujets les plus débattus sont fréquemment liés à des événements spécifiques de l’histoire contemporaine, mais ils peuvent également avoir trait à des questions « identitaires » de longue période concernant la définition nationale ou religieuse. Nous interrogerons la notion d’ « usage public du passé » et analyserons des « affaires » qui ont mobilisé les opinions publiques sur des objets d’histoire.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu, exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral, contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, contrôle continu, exposé oral
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

par courriel.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-
  • 54 bd Raspail
    Salle AS1_23
    54 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (1re/3e/5e), mardi 13:00-15:00
    du 3 novembre 2020 au 18 mai 2021

Dans la première partie du séminaire, nous avons interrogé la notion de « politique de la mémoire ». Nous avons commencé par la lecture de quelques textes qui ont marqué en profondeur la réflexion historiographique ainsi que le débat publique en Allemagne, tout au long de la deuxième moitié du XXe siècle. Le deuil impossible. Le fondement du comportement collectif, d’Alexander et Margarete Mitscherlich qui, face au danger de la répétition du passé ou de la « déréalisation » du passé (qui retombe « au néant, tel un rêve »), prône la nécessité de la transmission de la signification des catastrophes du passé, notamment dans le cadre scolaire. Les deux articles écrits, lors de l’Historikerstreit en 1986, par Jürgen Habermas (« Une manière de liquider les dommages » et « De l’usage public de l’histoire »), qui, préoccupé par la « libération de mauvaises pensées » qui amène à confondre les point de vue des bourreaux avec celui des victimes, propose de cultiver un regard critique et méfiant vis-à-vis de la tradition allemande « pour notre propre bien ». L’article d’Aleida Assmann, « La thèse de la culpabilité collective. Un traumatisme allemand ?» (1999), réfléchissant sur l’opposition entre traumatisme de la culpabilité et traumatisme de la honte. Nous avons ensuite abordé la controverse autour des notions de « devoir de mémoire » et de « travail de mémoire », qui s’est développée en France, dans les années 2000. A cette fin, nous sommes revenus sur Mémoire, histoire et oublid e Paul Ricœur (2000), notamment sur le chapitre sur les us et les abus de la mémoire, ainsi que sur la lecture critique proposée par Rainer Rochlitz, dans « Mémoire et pardon » (2001). La question a été approfondie à travers la lecture de l’ouvrage de Sarah Gensburger et Sandrine Lefranc, À quoi servent les politiques de mémoire ? (2017). Enfin, un texte de l’écrivain Edgard L. Doctorow, intitulé « False Documents » (1977) nous a permis d’aborder la question de la compétition existant entre la mémoire et l’historiographie en ce qui concerne la mémoire publique. 

Dans l’espoir d’impliquer davantage les étudiants, mis dans une position de passivité par l’enseignement à distance, nous avons décidé d’organiser les séances de la deuxième partie du séminaire autour de leurs recherches en cours. Par ailleurs, nous avons eu le plaisir d’écouter Éloi Ficquet (EHESS) sur la destruction de la statue de Haylè-Sellassié par des manifestants oromo à Londres ainsi que Maddalena Carli (Université de Teramo) sur les usages politiques du passé fasciste dans l’Italie d’aujourd’hui.

Publications
  • Avec Olivier Abel et Thomas Hirsch, « Ce que les artistes font à l’histoire », Passés futurs, 2020, 8,  https://www.politika.io/fr/passes-futurs
  • Avec Federica Bertagna, « Échos du fascisme », Passés futurs, 2020, 7, https://www.politika.io/fr/numero-revue-pf/echos-du-fascisme
  • « El contexto sin borde según Jacques Derrida », Estudios Sociales. Revista universitaria semestral, 2020, 30/58, p. 119-139.
  •  « Désir de fascisme ? », Passés Futurs, 2020, 7, https://www.politika.io/fr/notice/desir-fascisme
  • « A Yearning for Fascism ? », Passés Futurs, 2020, 7, https://www.politika.io/fr/notice/desir-fascisme
  • « In Search of Origins : Making Etruscans into Italics and Italics into Italians », Res, Anthropology and Aesthetics, 2019, 71-72, p. 241-252.