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UE16 - Comment achever une œuvre ? Travail et processus de création (suite). Études de cas


Lieu et planning


  • Autre lieu Paris
    Amphithéâtre Guillaume Budé
    Collège de France, 11 place Marcelin-Berthelot 75005 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, vendredi 10:00-12:00
    du 5 mars 2021 au 9 avril 2021


Description


Dernière modification : 8 avril 2021 13:30

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
https://www.college-de-france.fr/site/pierre-michel-menger/_course.htm 
Langues
français
Mots-clés
Arts Sociologie Travail
Aires culturelles
Amérique du Nord Europe
Intervenant·e·s
  • Pierre-Michel Menger [référent·e]   directeur d'études, EHESS - professeur, Collège de France / Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA)

L'enseignement sera donné au Collège de France et fait suite au cours de 2019-2020 sur le même thème. Un exposé théorique liminaire sera consacré aux questions qui intéressent la sociologie du travail appliquée aux activités de création. Une série d'études de cas sera proposée ensuite, qui traitera de différents arts (littérature, cinéma, architecture, musique, arts plastiques) et d'une sélection de problèmes que permet d'examiner l'étude des cas choisis.

Analyse théorique.

Études de cas (programme détaillé à venir).


Master


  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
khalid.benhammad@college-de-france.fr
Informations pratiques

contact : Pierre-Michel Menger par courriel : pierre-michel.menger@college-de-france.fr, menger@ehess.fr.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

prise de contact après envoi d'un courriel.

Pré-requis

enseignement de master, avec de solides connaissances de sciences sociales et un intérêt pour la recherche pluridsciplinaire.


Compte rendu


Le séminaire d’enseignement et de recherche a poursuivi, pour la seconde année, l'exploration du cheminement de l'activité créatrice, à la fois à partir de la qualification des ressources et des contraintes qui peuvent en modeler ou en dicter le cours, et à partir de l’étude du mouvement interne de ce type de travail, qui constitue depuis longtemps un modèle fascinant et énigmatique. L'exemple du travail de création est considérablement sollicité dans la masse de réflexions et initiatives attachées aux transformations contemporaines du travail, notamment à travers l’invocation des qualités clés à rechercher et à libérer – créativité, tolérance au risque, résilience, capacité suractive d’apprentissage, réflexivité, autodétermination.

Pour la base analytique nécessaire à l’examen du processus de travail de création et de son achèvement ou de son inachèvement, de quels outils a-t-on besoin ? L’enseignement a mobilisé des théories, des modèles, des notions et des matériaux empiriques qui ont été produits par de nombreuses disciplines :  la sociologie, le droit, l’économie, l’histoire, la psychologie, la psychanalyse, les disciplines d’étude des arts – histoire de l’art, musicologie, études littéraires, génétique littéraire. Cet appareil très divers n’a pas été placé sous le contrôle de l’une des disciplines citées, puisque les différents problèmes analysés relèvent, avec un haut degré de concordance, de plusieurs approches, et que les zones de convergence théorique sont suffisamment nombreuses pour que l’essentiel de l’analyse à conduire relève avant tout de critères de pertinence et d’efficacité explicatives.

Quelle place occupe alors la sociologie ? Comparée aux disciplines d’étude des arts, la sociologie propose apparemment peu d’outils pour l’interprétation des œuvres d’art saisies dans leur singularité. Mais il est possible de concevoir des solutions pour ne pas s’en tenir à la modestie qu’impose la dure loi de la division du travail scientifique et qui fait qu’un musicologue ou une historienne de l’art ou de l’architecture, avec leur capital de connaissances spécialisées, seront toujours infiniment plus cultivés et experts qu’un sociologue sur le terrain direct de l’analyse des œuvres. Il est possible aussi de s’écarter de la prétention à l’analyse totale des œuvres, un vieux rêve de cumul de toutes les approches qui a quelque chose d’un héroïsme naïf, comme s’il suffisait d’additionner les éléments des différents savoirs disciplinaires pour produire ce qui paraît généralement hors de portée, une science de l’individuel ou du singulier.

Jusqu’où peut-on s’approcher de la singularité des œuvres et des auteurs avec des outils qui sont d’abord conçus pour analyser des faits généraux plutôt que des cas particuliers ? Il s’est agi de répondre à cette question en établissant un cadre analytique pour les études de cas auxquelles nous avons procédé.

L'enseignement a été construit selon le programme suivant :

  • Achever et inachever en art : un modèle exploratoire et son application aux études de cas. Mots clés : arts, création, achèvement, inachèvement, sociologie, études de cas.
  • L’affairement autour de l’œuvre: Matériaux génétiques, doctrines éditoriales évolutives, attributions changeantes de valeur et de sens : la durabilité des oeuvres au prisme de leur plasticité.
  • Les comportements dans le travail créateur – une typologie et des analyses de cas.
  • Raréfaction, consolidation, augmentation : l’œuvre et sa « biographie » au prisme de l’édition – les cas de Flaubert, Proust et Mallarmé.
  • Pierre Boulez, créateur multiactif : Compositeur, chef d'orchestre, fondateur et directeur d'institutions, professeur, musicologue : comment peut-on créer en déployant son énergie dans un imposant portefeuille d'activités ?
  • Pierre Boulez, créateur multiactif – l’analyse du travail créateur au plus près des stratégies d’achèvement séquentiel, de révision et de réélaboration.

L'enseignement a été complété par un colloque tenu au Collège de France le 25 mai 2021, qui comprenait les interventions suivantes :

  • Sophie Cras (Université Paris I), Des savoirs économiques profanes : les artistes face à la valeur de leur travail
  • Julie Verlaine (Université Paris I), Une partition à plusieurs voix. Galériste, marchands et critiques, co-constructeurs de la valeur artistique : l'exemple de la galerie Daniel Cordier, 1956-1964
  • Frédérique Patureau (Ministère de la Culture, DEPS) et Jérémy Sinigaglia (Université de Strasbourg), Ceci n’est pas un portrait : diversité des formes, des ressources et des rétributions du travail dans le champ des arts visuels
  • Pierre-Michel Menger et Colin Marchika (Collège de France & EHESS), L’identité professionnelle, le travail et les revenus des auteurs de bandes dessinées
  • Fabien Accominotti (University of Wisconsin-Madison), Une théorie de la consécration. Révolution, Hiérarchie et inégalités sur le marché de l’art moderne
  • Simon Bittmann (Collège de France), Le travail artistique au prisme des contrats – le cas du cinéma français
  • Violaine Roussel (Université Paris 8), Hollywood gouverné par les algorithmes ? Ascension de nouveaux professionnels et transformation des choix de production
Publications
  • Avec Colin Marchika, Yann Renisio, Pierre Verschueren, «Formations et carrières mathématiques en France : un modèle typique d’excellence ?», Revue française d’économie, 2020, 35, 2, p. 155-217.
  • «Creative Process as Labor: A Sociological Approach to Music and the Arts», dans The Oxford Handbook of the Creative Process in Music, sous la dir. de Nicolas Donin, Oxford, Oxford University Press, , 28 p., Online Publication Date, May 2021, DOI: 10.1093/oxfordhb/9780190636197.013.8
  • «Commentaire, à propos de Philippe Lorino, Nicolas Mottis. Et l’organisation dans tout ça ? Un oubli persistant, y compris en cas de crise…», Revue française de gestion, 2020-3, n° 288, p. 27-31.
  • «Emploi culturel», dans Les années Lang. Une histoire des politiques culturelles, 1981-1993, sous la dir. de Vincent Martigny, Laurent Martin, Emmanuel Wallon, Paris, La Documentation française, 2021, 276-286.
  • «Travailler à créer», dans Académie des Beaux-Arts, Communications 2017-2019, Paris, 2020, p. 41-52.
  • «Confiance et défiance en temps de pandémie», dans Collectif, Une boussole pour l’après, Paris, HumenSciences, 2020, p. 129-137.
  • «L’art analysé comme un travail», Travailler au futur, 2021, 5, p. 19-21.

Dernière modification : 8 avril 2021 13:30

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
https://www.college-de-france.fr/site/pierre-michel-menger/_course.htm 
Langues
français
Mots-clés
Arts Sociologie Travail
Aires culturelles
Amérique du Nord Europe
Intervenant·e·s
  • Pierre-Michel Menger [référent·e]   directeur d'études, EHESS - professeur, Collège de France / Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA)

L'enseignement sera donné au Collège de France et fait suite au cours de 2019-2020 sur le même thème. Un exposé théorique liminaire sera consacré aux questions qui intéressent la sociologie du travail appliquée aux activités de création. Une série d'études de cas sera proposée ensuite, qui traitera de différents arts (littérature, cinéma, architecture, musique, arts plastiques) et d'une sélection de problèmes que permet d'examiner l'étude des cas choisis.

Analyse théorique.

Études de cas (programme détaillé à venir).

  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
khalid.benhammad@college-de-france.fr
Informations pratiques

contact : Pierre-Michel Menger par courriel : pierre-michel.menger@college-de-france.fr, menger@ehess.fr.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

prise de contact après envoi d'un courriel.

Pré-requis

enseignement de master, avec de solides connaissances de sciences sociales et un intérêt pour la recherche pluridsciplinaire.

  • Autre lieu Paris
    Amphithéâtre Guillaume Budé
    Collège de France, 11 place Marcelin-Berthelot 75005 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, vendredi 10:00-12:00
    du 5 mars 2021 au 9 avril 2021

Le séminaire d’enseignement et de recherche a poursuivi, pour la seconde année, l'exploration du cheminement de l'activité créatrice, à la fois à partir de la qualification des ressources et des contraintes qui peuvent en modeler ou en dicter le cours, et à partir de l’étude du mouvement interne de ce type de travail, qui constitue depuis longtemps un modèle fascinant et énigmatique. L'exemple du travail de création est considérablement sollicité dans la masse de réflexions et initiatives attachées aux transformations contemporaines du travail, notamment à travers l’invocation des qualités clés à rechercher et à libérer – créativité, tolérance au risque, résilience, capacité suractive d’apprentissage, réflexivité, autodétermination.

Pour la base analytique nécessaire à l’examen du processus de travail de création et de son achèvement ou de son inachèvement, de quels outils a-t-on besoin ? L’enseignement a mobilisé des théories, des modèles, des notions et des matériaux empiriques qui ont été produits par de nombreuses disciplines :  la sociologie, le droit, l’économie, l’histoire, la psychologie, la psychanalyse, les disciplines d’étude des arts – histoire de l’art, musicologie, études littéraires, génétique littéraire. Cet appareil très divers n’a pas été placé sous le contrôle de l’une des disciplines citées, puisque les différents problèmes analysés relèvent, avec un haut degré de concordance, de plusieurs approches, et que les zones de convergence théorique sont suffisamment nombreuses pour que l’essentiel de l’analyse à conduire relève avant tout de critères de pertinence et d’efficacité explicatives.

Quelle place occupe alors la sociologie ? Comparée aux disciplines d’étude des arts, la sociologie propose apparemment peu d’outils pour l’interprétation des œuvres d’art saisies dans leur singularité. Mais il est possible de concevoir des solutions pour ne pas s’en tenir à la modestie qu’impose la dure loi de la division du travail scientifique et qui fait qu’un musicologue ou une historienne de l’art ou de l’architecture, avec leur capital de connaissances spécialisées, seront toujours infiniment plus cultivés et experts qu’un sociologue sur le terrain direct de l’analyse des œuvres. Il est possible aussi de s’écarter de la prétention à l’analyse totale des œuvres, un vieux rêve de cumul de toutes les approches qui a quelque chose d’un héroïsme naïf, comme s’il suffisait d’additionner les éléments des différents savoirs disciplinaires pour produire ce qui paraît généralement hors de portée, une science de l’individuel ou du singulier.

Jusqu’où peut-on s’approcher de la singularité des œuvres et des auteurs avec des outils qui sont d’abord conçus pour analyser des faits généraux plutôt que des cas particuliers ? Il s’est agi de répondre à cette question en établissant un cadre analytique pour les études de cas auxquelles nous avons procédé.

L'enseignement a été construit selon le programme suivant :

  • Achever et inachever en art : un modèle exploratoire et son application aux études de cas. Mots clés : arts, création, achèvement, inachèvement, sociologie, études de cas.
  • L’affairement autour de l’œuvre: Matériaux génétiques, doctrines éditoriales évolutives, attributions changeantes de valeur et de sens : la durabilité des oeuvres au prisme de leur plasticité.
  • Les comportements dans le travail créateur – une typologie et des analyses de cas.
  • Raréfaction, consolidation, augmentation : l’œuvre et sa « biographie » au prisme de l’édition – les cas de Flaubert, Proust et Mallarmé.
  • Pierre Boulez, créateur multiactif : Compositeur, chef d'orchestre, fondateur et directeur d'institutions, professeur, musicologue : comment peut-on créer en déployant son énergie dans un imposant portefeuille d'activités ?
  • Pierre Boulez, créateur multiactif – l’analyse du travail créateur au plus près des stratégies d’achèvement séquentiel, de révision et de réélaboration.

L'enseignement a été complété par un colloque tenu au Collège de France le 25 mai 2021, qui comprenait les interventions suivantes :

  • Sophie Cras (Université Paris I), Des savoirs économiques profanes : les artistes face à la valeur de leur travail
  • Julie Verlaine (Université Paris I), Une partition à plusieurs voix. Galériste, marchands et critiques, co-constructeurs de la valeur artistique : l'exemple de la galerie Daniel Cordier, 1956-1964
  • Frédérique Patureau (Ministère de la Culture, DEPS) et Jérémy Sinigaglia (Université de Strasbourg), Ceci n’est pas un portrait : diversité des formes, des ressources et des rétributions du travail dans le champ des arts visuels
  • Pierre-Michel Menger et Colin Marchika (Collège de France & EHESS), L’identité professionnelle, le travail et les revenus des auteurs de bandes dessinées
  • Fabien Accominotti (University of Wisconsin-Madison), Une théorie de la consécration. Révolution, Hiérarchie et inégalités sur le marché de l’art moderne
  • Simon Bittmann (Collège de France), Le travail artistique au prisme des contrats – le cas du cinéma français
  • Violaine Roussel (Université Paris 8), Hollywood gouverné par les algorithmes ? Ascension de nouveaux professionnels et transformation des choix de production
Publications
  • Avec Colin Marchika, Yann Renisio, Pierre Verschueren, «Formations et carrières mathématiques en France : un modèle typique d’excellence ?», Revue française d’économie, 2020, 35, 2, p. 155-217.
  • «Creative Process as Labor: A Sociological Approach to Music and the Arts», dans The Oxford Handbook of the Creative Process in Music, sous la dir. de Nicolas Donin, Oxford, Oxford University Press, , 28 p., Online Publication Date, May 2021, DOI: 10.1093/oxfordhb/9780190636197.013.8
  • «Commentaire, à propos de Philippe Lorino, Nicolas Mottis. Et l’organisation dans tout ça ? Un oubli persistant, y compris en cas de crise…», Revue française de gestion, 2020-3, n° 288, p. 27-31.
  • «Emploi culturel», dans Les années Lang. Une histoire des politiques culturelles, 1981-1993, sous la dir. de Vincent Martigny, Laurent Martin, Emmanuel Wallon, Paris, La Documentation française, 2021, 276-286.
  • «Travailler à créer», dans Académie des Beaux-Arts, Communications 2017-2019, Paris, 2020, p. 41-52.
  • «Confiance et défiance en temps de pandémie», dans Collectif, Une boussole pour l’après, Paris, HumenSciences, 2020, p. 129-137.
  • «L’art analysé comme un travail», Travailler au futur, 2021, 5, p. 19-21.