UE140 - La guerre transmise...


Planning


  • 105 bd Raspail
    Salle 13
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (2e), vendredi 09:00-13:00
    du 13 novembre 2020 au 28 mai 2021


Description


Dernière modification : 2 avril 2021 14:55

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Affects Génocides (études des) Guerre Psychanalyse Violence
Aires culturelles
Afrique Amérique du Nord Asie Europe
Intervenant·e·s
  • Stéphane Audoin-Rouzeau [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA)
  • Emmanuel Saint-Fuscien   maître de conférences, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)

Ceux qui ont fait l’expérience de guerre n’ont cessé de l’affirmer : celle-ci ne serait pas communicable. Mais faut-il comprendre qu’une telle expérience ne puisse se transmettre ? Toutes les formes de témoignages, littéraires aussi bien qu’artistiques, ne cessent de le tenter. Les objets, les lieux, les gestes, et même les corps transmettent à leur tour. Quant au silence qui se referme sur tant de confrontations humaines avec le fait guerrier, il ne transmet pas moins. C’est sur cette notion de « guerre transmise » que le séminaire concentre ses travaux. Il prend la suite – mais sous une forme totalement différente – de celui qu’ont animé pendant longtemps Jean-Max Gaudillère et Françoise Davoine.

Le séminaire de Françoise Davoine et Jean-Max Gaudillière, rassemblant des chercheurs, des psychanalystes et des professionnels de l'éducation et du social autour du thème "Folie et lien social", abordait le champ du trauma dans son lien à la guerre et aux catastrophes de l'Histoire et du lien social. Nous questionnons donc les particularités de la mémoire traumatique,  "une mémoire qui n'oublie pas", qui procède du "retranchement" d'événements psychiquement non inscrits. Nous nous proposons d' interroger les formes énigmatiques de transmissions de ces événements à travers les générations, en puisant toutes ces réflexions à l'aune de rencontres singulières dans les différents champs de nos pratiques. 

En interlocution avec les sciences de la psyché, le séminaire entend intégrer les sciences sociales à cette problématique de la transmission de la guerre, en l’élargissant à la question des sociétés : le deuil de masse, la « brutalisation » des ensembles sociaux par l’activité guerrière, la porosité entre la guerre et certaines pratiques sociales des sociétés pacifiées constitueront autant de pistes de travail possibles. De même, le rôle des sciences sociales au titre de vecteur de transmission de l’expérience guerrière pourra être analysé au titre d’un salutaire retour réflexif sur l’objet d’étude du séminaire.

Séances prévues : 13 novembre, 18 décembre (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), 8 janvier, 12 février, 12 mars, 9 avril et 28 mai 2021.


Master


  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

contacter les enseignants par courriel.

Direction de travaux des étudiants

contacter sur rendez-vous les enseignants par courriel.

Réception des candidats

contacter sur rendez-vous les enseignants par courriel.

Pré-requis

niveau licence ou équivalent.


Compte rendu


Le séminaire s’est tenu au cours de l’année entièrement en distantiel, par visioconférence. Sa première séance a permis de revenir sur la manière dont le fait guerrier avait « informé » le sens attribué, au cours des mois précédents, à la pandémie en cours : Stéphane Audoin-Rouzeau a présenté une contribution intitulée : « La pandémie de Covid 19 : guerres transmises et confinement ? », Emmanuel  Saint Fuscien une autre sous le titre : « Effraction, invention, reconfiguration en temps de pandémie », et Hélène Poyet une troisième : « Réflexions d’une psychanalyste ». La séance suivante a permis d’engager une discussion autour de deux ouvrages : Karima Lazali, Le trauma colonial. Une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie, (2019) avec comme discutants Hervé Mazurel (Université de Bourgogne) et la psychanalyste Pascale Hassoun ; Alain Corbin, Le village des cannibales, (1990), discuté par Stéphane Audoin-Rouzeau et Françoise Davoine. La troisième séance, qui portait pour titre « Au nom du père ? » a permis d’inviter Aleksander Edelman, fils de l’un des rares survivants de l’insurrection du ghetto de Varsovie,  autour du thème : « Pourquoi transmettre ? », et Claude de la Génardière a présenté pour sa part un témoignage personnel intitulé : « Sur fond d’histoire franco-algérienne, un père militaire et une fille devenue psychanalyste ». La séance suivante a été consacrée aux « objets qui transmettent ». Emmanuel Saint-Fuscien a introduit la séance sur le thème : « Les objets, l’histoire et la guerre »,  Ilan Lew, co-auteur avec Michel Borzykowski, de l’ouvrage Objets transmissionnels. Liens familiaux à la Shoah, Genève, (2019), a présenté un des objets transmis par sa propre famille (un porte-manteau issu du magasin de vêtements de Vienne), et Stéphane Audoin-Rouzeau un autre : un moutardier français de « propagande » datant de la Grande Guerre. Une cinquième séance a été consacrée à L’Iliade : Pierre Judet de la Combe a  traité le sujet : « Traduire, transmettre L’Iliade », son intervention étant ponctuée de la lecture de plusieurs extraits du texte par Josiane Achour, avant d’être discutée par Françoise Davoine. La séance suivante a été consacrée au sujet « Transmettre la Shoah à l’École », avec comme invité Iannis Roder, professeur dans un collège de Seine-Saint-Denis et auteur de l’ouvrage, Sortir de l’ère victimaire. Pour une nouvelle appproche de la Shoah et des crimes de masse, Paris, Odile Jacob, 2020, ; son intervention a été discutée par Marion Feldman et Emmanuel Saint-Fuscien. Enfin, la dernière séance a été consacrée au nazisme, autour du sujet « La mémoire, la nazisme et l’agir. Trois hommes en guerre : Werner Best, Oskar Dirlewanger, Max von Schenkendorff », traité par Christian Ingrao (CNRS-CESPRA) et discuté par Nicolas Patin (Université de Bordeaux-Montaigne).

Publications

Stéphane Audoin-Rouzeau

  • C’est la guerre. Petits Sujets sur la violence du fait guerrier (XIXe-XXe siècle), Paris, Le Félin, 2019.
  • Préface à Guillaume Ancel, Un casque bleu chez les Khmers rouges. Journal d’un soldat de la paix. Cambodge 1992, Paris, Les Belles-Lettres, 2021, p.11-20.
  • Préface à Vincent Lazerges, Mercredi noir à Mobayan. 7 septembre 2011, Afghanistan, Paris, Éditions de l’École de guerre, 2021, p.11-14.
  • « “Maman, je suis rentré”. Le point de vue d’un historien du fait guerrier, de la Première Guerre mondiale et du génocide des Tutsi au Rwanda », dans « Moi, Viatcheslav Kuprienko, ancien officier des forces spéciales en Afghanistan (1987-1989)… », sous la dir. de Cloé Drieu, Politika, 2020.

Emmanuel Saint-Fuscien

  • « L’école face à l’épreuve : quelle histoire ? », dans Administration et Éducation, 2021/1 n° 169, p. 13-22.
  • « The end of the great military leader ? “good” and “bad” french army officers in the first world war », Journal of the International Society for First World War Studies, 2020, n° 11, p. 61-73.
  • « Au-delà de la minute de silence ? L’hommage aux morts des attentats de 2015 en milieu scolaire », Sensibilités, vol. 8, n° 2, 2020, p. 78-88.
  • « “Au sauna, on est tous égaux”. C’est pareil à la guerre… », lecture du témoignage de Viatcheslav Kuprienko, dossier « Expériences combattantes en Afghanistan », sous la dir. de Cloé Drieu, Politika, 2020.

Dernière modification : 2 avril 2021 14:55

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Affects Génocides (études des) Guerre Psychanalyse Violence
Aires culturelles
Afrique Amérique du Nord Asie Europe
Intervenant·e·s
  • Stéphane Audoin-Rouzeau [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA)
  • Emmanuel Saint-Fuscien   maître de conférences, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)

Ceux qui ont fait l’expérience de guerre n’ont cessé de l’affirmer : celle-ci ne serait pas communicable. Mais faut-il comprendre qu’une telle expérience ne puisse se transmettre ? Toutes les formes de témoignages, littéraires aussi bien qu’artistiques, ne cessent de le tenter. Les objets, les lieux, les gestes, et même les corps transmettent à leur tour. Quant au silence qui se referme sur tant de confrontations humaines avec le fait guerrier, il ne transmet pas moins. C’est sur cette notion de « guerre transmise » que le séminaire concentre ses travaux. Il prend la suite – mais sous une forme totalement différente – de celui qu’ont animé pendant longtemps Jean-Max Gaudillère et Françoise Davoine.

Le séminaire de Françoise Davoine et Jean-Max Gaudillière, rassemblant des chercheurs, des psychanalystes et des professionnels de l'éducation et du social autour du thème "Folie et lien social", abordait le champ du trauma dans son lien à la guerre et aux catastrophes de l'Histoire et du lien social. Nous questionnons donc les particularités de la mémoire traumatique,  "une mémoire qui n'oublie pas", qui procède du "retranchement" d'événements psychiquement non inscrits. Nous nous proposons d' interroger les formes énigmatiques de transmissions de ces événements à travers les générations, en puisant toutes ces réflexions à l'aune de rencontres singulières dans les différents champs de nos pratiques. 

En interlocution avec les sciences de la psyché, le séminaire entend intégrer les sciences sociales à cette problématique de la transmission de la guerre, en l’élargissant à la question des sociétés : le deuil de masse, la « brutalisation » des ensembles sociaux par l’activité guerrière, la porosité entre la guerre et certaines pratiques sociales des sociétés pacifiées constitueront autant de pistes de travail possibles. De même, le rôle des sciences sociales au titre de vecteur de transmission de l’expérience guerrière pourra être analysé au titre d’un salutaire retour réflexif sur l’objet d’étude du séminaire.

Séances prévues : 13 novembre, 18 décembre (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), 8 janvier, 12 février, 12 mars, 9 avril et 28 mai 2021.

  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
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-
Informations pratiques

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Direction de travaux des étudiants

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Réception des candidats

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Pré-requis

niveau licence ou équivalent.

  • 105 bd Raspail
    Salle 13
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / mensuel (2e), vendredi 09:00-13:00
    du 13 novembre 2020 au 28 mai 2021

Le séminaire s’est tenu au cours de l’année entièrement en distantiel, par visioconférence. Sa première séance a permis de revenir sur la manière dont le fait guerrier avait « informé » le sens attribué, au cours des mois précédents, à la pandémie en cours : Stéphane Audoin-Rouzeau a présenté une contribution intitulée : « La pandémie de Covid 19 : guerres transmises et confinement ? », Emmanuel  Saint Fuscien une autre sous le titre : « Effraction, invention, reconfiguration en temps de pandémie », et Hélène Poyet une troisième : « Réflexions d’une psychanalyste ». La séance suivante a permis d’engager une discussion autour de deux ouvrages : Karima Lazali, Le trauma colonial. Une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie, (2019) avec comme discutants Hervé Mazurel (Université de Bourgogne) et la psychanalyste Pascale Hassoun ; Alain Corbin, Le village des cannibales, (1990), discuté par Stéphane Audoin-Rouzeau et Françoise Davoine. La troisième séance, qui portait pour titre « Au nom du père ? » a permis d’inviter Aleksander Edelman, fils de l’un des rares survivants de l’insurrection du ghetto de Varsovie,  autour du thème : « Pourquoi transmettre ? », et Claude de la Génardière a présenté pour sa part un témoignage personnel intitulé : « Sur fond d’histoire franco-algérienne, un père militaire et une fille devenue psychanalyste ». La séance suivante a été consacrée aux « objets qui transmettent ». Emmanuel Saint-Fuscien a introduit la séance sur le thème : « Les objets, l’histoire et la guerre »,  Ilan Lew, co-auteur avec Michel Borzykowski, de l’ouvrage Objets transmissionnels. Liens familiaux à la Shoah, Genève, (2019), a présenté un des objets transmis par sa propre famille (un porte-manteau issu du magasin de vêtements de Vienne), et Stéphane Audoin-Rouzeau un autre : un moutardier français de « propagande » datant de la Grande Guerre. Une cinquième séance a été consacrée à L’Iliade : Pierre Judet de la Combe a  traité le sujet : « Traduire, transmettre L’Iliade », son intervention étant ponctuée de la lecture de plusieurs extraits du texte par Josiane Achour, avant d’être discutée par Françoise Davoine. La séance suivante a été consacrée au sujet « Transmettre la Shoah à l’École », avec comme invité Iannis Roder, professeur dans un collège de Seine-Saint-Denis et auteur de l’ouvrage, Sortir de l’ère victimaire. Pour une nouvelle appproche de la Shoah et des crimes de masse, Paris, Odile Jacob, 2020, ; son intervention a été discutée par Marion Feldman et Emmanuel Saint-Fuscien. Enfin, la dernière séance a été consacrée au nazisme, autour du sujet « La mémoire, la nazisme et l’agir. Trois hommes en guerre : Werner Best, Oskar Dirlewanger, Max von Schenkendorff », traité par Christian Ingrao (CNRS-CESPRA) et discuté par Nicolas Patin (Université de Bordeaux-Montaigne).

Publications

Stéphane Audoin-Rouzeau

  • C’est la guerre. Petits Sujets sur la violence du fait guerrier (XIXe-XXe siècle), Paris, Le Félin, 2019.
  • Préface à Guillaume Ancel, Un casque bleu chez les Khmers rouges. Journal d’un soldat de la paix. Cambodge 1992, Paris, Les Belles-Lettres, 2021, p.11-20.
  • Préface à Vincent Lazerges, Mercredi noir à Mobayan. 7 septembre 2011, Afghanistan, Paris, Éditions de l’École de guerre, 2021, p.11-14.
  • « “Maman, je suis rentré”. Le point de vue d’un historien du fait guerrier, de la Première Guerre mondiale et du génocide des Tutsi au Rwanda », dans « Moi, Viatcheslav Kuprienko, ancien officier des forces spéciales en Afghanistan (1987-1989)… », sous la dir. de Cloé Drieu, Politika, 2020.

Emmanuel Saint-Fuscien

  • « L’école face à l’épreuve : quelle histoire ? », dans Administration et Éducation, 2021/1 n° 169, p. 13-22.
  • « The end of the great military leader ? “good” and “bad” french army officers in the first world war », Journal of the International Society for First World War Studies, 2020, n° 11, p. 61-73.
  • « Au-delà de la minute de silence ? L’hommage aux morts des attentats de 2015 en milieu scolaire », Sensibilités, vol. 8, n° 2, 2020, p. 78-88.
  • « “Au sauna, on est tous égaux”. C’est pareil à la guerre… », lecture du témoignage de Viatcheslav Kuprienko, dossier « Expériences combattantes en Afghanistan », sous la dir. de Cloé Drieu, Politika, 2020.