UE138 - Retours d’exil (XVIe-XIXe siècle)


Planning


  • 105 bd Raspail
    Salle 5
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (1re/3e), jeudi 13:00-15:00
    du 5 novembre 2020 au 20 mai 2021


Description


Dernière modification : 5 juin 2020 09:27

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Collectifs Coloniales (études) Comparatisme Culture matérielle Diaspora Dynamiques sociales Écriture Émotions Empire Espace social Fait religieux Famille Genre Guerre Histoire Historiographie Langues Mémoire Migration(s) Minorités Objets Prisons Réseaux sociaux Savoir-faire Sociohistoire Transnational Urbaines (études)
Aires culturelles
Atlantiques (mondes) Britanniques (études) Europe France Ibérique (monde) Méditerranéens (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Natalia Muchnik [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Marie Houllemare   professeure des universités, Université de Picardie Jules-Verne

L’étude des retours, fréquente pour les migrations des XXe et XXIe siècles, surtout dans les pays de forte émigration (Haïti, Italie, Maroc, Cuba, Grèce, etc.), souligne l’intense implication socio-économique et politique des anciens expatriés. L’analyse s’est en revanche peu penchée sur les siècles précédents. Ce séminaire vise à pallier ce manque en examinant les retours d’exil, volontaires ou subis, à l’époque moderne à travers une multiplicité de terrains et de populations : soldats, marchands, artisans, émigrés religieux ou politiques, etc.

Il interrogera à la fois la manière dont les communautés habituées à (voire construites par) la mobilité organisent l’absence et la réintégration de l’absent lorsqu’il revient et l’expérience des individus, ceux qui restent et attendent comme ceux qui partent et reviennent. Car redevenir un local ne va pas de soi. Nous nous intéresserons ainsi à l’imaginaire du retour, espéré ou réalisé, temporaire ou définitif, qui anime nombre d’émigrés et de récits familiaux aux XVIe-XIXe siècles ainsi qu’à l’encadrement matériel des rémigrations, aux dispositifs concrets et légaux qui les accompagnent, les permettent ou les empêchent. Appréhendées sur le temps long de l’ouverture du monde, du XVIe au XIXe siècle, les expériences de retour d’exil, mises en perspective avec des cas plus récents, donnent à voir la territorialisation des appartenances, aussi bien chez les retournés que dans les sociétés qui les accueillent.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

se renseigner par courriel.

Direction de travaux des étudiants

se renseigner par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

ouvert à tous.


Compte rendu


L’étude des retours, fréquente pour les migrations des XXe et XXIe siècles, surtout dans les pays de forte émigration (Haïti, Italie, Maroc, Cuba, Grèce, etc.), souligne l’intense implication socio-économique et politique des anciens expatriés. L’analyse s’est en revanche rarement penchée sur les siècles précédents. Ce séminaire vise à pallier ce manque en examinant les retours d’exil, volontaires ou subis, à l’époque moderne à travers une multiplicité de terrains et de populations : soldats, marchands, artisans, émigrés religieux ou politiques, etc. Il interroge à la fois la manière dont les communautés habituées à (voire construites par) la mobilité organisent l’absence et la réintégration de l’absent lorsqu’il revient et l’expérience des individus, ceux qui restent et attendent comme ceux qui partent et reviennent. Car redevenir un local ne va pas de soi. Le séminaire s’intéresse ainsi à l’imaginaire du retour, espéré ou réalisé, temporaire ou définitif, qui anime nombre d’émigrés et de récits familiaux aux XVIe-XIXe siècles ainsi qu’à l’encadrement matériel des rémigrations, aux dispositifs concrets et légaux qui les accompagnent, les permettent ou les empêchent. Appréhendées sur le temps long de l’ouverture du monde, du XVIe au XIXe siècles, les expériences de retour d’exil, mises en perspective avec des cas plus récents, donnent à voir la territorialisation des appartenances, aussi bien chez les retournés que dans les sociétés qui les accueillent.
Après une mise au point historiographique et notionnelle à l’aide d’extraits de E. G. Ravenstein, F. Bovenkerk, G. Gmelch, R. King, B. Michalon et F. P. Cerase, nous nous sommes penchés sur le temps de l’absence et la manière dont les exilés agissaient à distance sur leurs sociétés de départ et maintenaient des contacts (réseaux commerciaux, correspondances, documents administratifs et juridiques, rumeurs, visites) suivant les échelles migratoires (longues, temporaires, saisonnières). Une séance a ensuite été consacrée aux retours organisés et collectifs vers l’Europe depuis les colonies atlantiques françaises, en particulier des agents civils de la monarchie et des soldats. Ce faisant, nous avons vu comment la notion de « mal du pays » s’implantait progressivement dans divers pays européens dès avant le XVIIIe siècle justifiant le désir du retour. Parmi les retours collectifs, envisagés à travers le périple des Acadiens et des Huguenots, le cas des ruptures de bans et, plus généralement, des migrations illicites, a fait l’objet d’un traitement particulier. Enfin, nous nous sommes attachés à la mise en scène du retour et processus par lequel le rémigré redevient un local.
L’approche générale a été complétée par quatre interventions recoupant les thématiques traitées par ailleurs. En décembre, l’intervention de Nathalie Genet-Rouffiac (Sorbonne Université) sur « Le retour au pays : stratégies, espérances et réalités. Le cas des Wild Geese irlandais et des jacobites » s’est intéressée au cas des Jacobites et aux soldats, partis sur le continent à la suite de Jacques II détrôné par la Glorieuse Révolution (1688-1689). Elle analyse notamment comment les exilés préparent leur retour par leurs réseaux et investissements financiers dans les îles britanniques. En mars, Grégoire Holtz de l’Université Saint-Quentin Versailles, s’est interrogé sur la manière dont le retour est évoqué et reconstruit dans les récits de voyage à la Renaissance. Deux intervenants nous ont permis de confronter les retours des XVIe-XIXe siècles avec le contemporain. Ekaterina Makhotina, de l’Université de Bonn, a examiné « The Trauma of Not-Recognising » à travers le cas des retours au pays des prisonniers du goulag dans la Russie post-stalinienne et leurs traces aujourd’hui. Melissa Blanchard (CNRS), quant à elle, dans la continuité de notre réflexion sur la notion de retour, s’est penchée sur les « migrations à rebours » et le sentiment d’appartenance des Chiliens d’origine italienne au XXe siècle.

Publications
  • Avec F. Bretschneider, « La prison dans le monde. Nouvelles perspectives », numéro thématique de la revue Socio, 14, 2020.
  • « Prisons. Prosélytisme dans les geôles d’Ancien Régime », dans De la contagion, sous la dir. de B. Delaurenti et T. Le Roux, Paris, Vendémiaire, 2020, p. 269-275.
  •  « 1656. La mise au ban de Spinoza : délitement communautaire ou sécularisation du judaïsme ? », dans Histoire des Juifs. Un voyage en 80 dates de l’Antiquité à nos jours, sous la dir. de Pierre Savy, Paris, PUF, 2020, p. 289-293.
  •  « L’héritage marrane » et « Les Juifs du secret » dans la revue L’Histoire, hors-série Spinoza. Amsterdam au Siècle d’or, n°87, avril-juin 2020, p. 30-35.
  • « La diaspora séfarade » dans la revue L’arche, n°682, septembre-octobre 2020, p. 26-27.

Dernière modification : 5 juin 2020 09:27

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Collectifs Coloniales (études) Comparatisme Culture matérielle Diaspora Dynamiques sociales Écriture Émotions Empire Espace social Fait religieux Famille Genre Guerre Histoire Historiographie Langues Mémoire Migration(s) Minorités Objets Prisons Réseaux sociaux Savoir-faire Sociohistoire Transnational Urbaines (études)
Aires culturelles
Atlantiques (mondes) Britanniques (études) Europe France Ibérique (monde) Méditerranéens (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Natalia Muchnik [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)
  • Marie Houllemare   professeure des universités, Université de Picardie Jules-Verne

L’étude des retours, fréquente pour les migrations des XXe et XXIe siècles, surtout dans les pays de forte émigration (Haïti, Italie, Maroc, Cuba, Grèce, etc.), souligne l’intense implication socio-économique et politique des anciens expatriés. L’analyse s’est en revanche peu penchée sur les siècles précédents. Ce séminaire vise à pallier ce manque en examinant les retours d’exil, volontaires ou subis, à l’époque moderne à travers une multiplicité de terrains et de populations : soldats, marchands, artisans, émigrés religieux ou politiques, etc.

Il interrogera à la fois la manière dont les communautés habituées à (voire construites par) la mobilité organisent l’absence et la réintégration de l’absent lorsqu’il revient et l’expérience des individus, ceux qui restent et attendent comme ceux qui partent et reviennent. Car redevenir un local ne va pas de soi. Nous nous intéresserons ainsi à l’imaginaire du retour, espéré ou réalisé, temporaire ou définitif, qui anime nombre d’émigrés et de récits familiaux aux XVIe-XIXe siècles ainsi qu’à l’encadrement matériel des rémigrations, aux dispositifs concrets et légaux qui les accompagnent, les permettent ou les empêchent. Appréhendées sur le temps long de l’ouverture du monde, du XVIe au XIXe siècle, les expériences de retour d’exil, mises en perspective avec des cas plus récents, donnent à voir la territorialisation des appartenances, aussi bien chez les retournés que dans les sociétés qui les accueillent.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Territoires, espaces, sociétés – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

se renseigner par courriel.

Direction de travaux des étudiants

se renseigner par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

ouvert à tous.

  • 105 bd Raspail
    Salle 5
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (1re/3e), jeudi 13:00-15:00
    du 5 novembre 2020 au 20 mai 2021

L’étude des retours, fréquente pour les migrations des XXe et XXIe siècles, surtout dans les pays de forte émigration (Haïti, Italie, Maroc, Cuba, Grèce, etc.), souligne l’intense implication socio-économique et politique des anciens expatriés. L’analyse s’est en revanche rarement penchée sur les siècles précédents. Ce séminaire vise à pallier ce manque en examinant les retours d’exil, volontaires ou subis, à l’époque moderne à travers une multiplicité de terrains et de populations : soldats, marchands, artisans, émigrés religieux ou politiques, etc. Il interroge à la fois la manière dont les communautés habituées à (voire construites par) la mobilité organisent l’absence et la réintégration de l’absent lorsqu’il revient et l’expérience des individus, ceux qui restent et attendent comme ceux qui partent et reviennent. Car redevenir un local ne va pas de soi. Le séminaire s’intéresse ainsi à l’imaginaire du retour, espéré ou réalisé, temporaire ou définitif, qui anime nombre d’émigrés et de récits familiaux aux XVIe-XIXe siècles ainsi qu’à l’encadrement matériel des rémigrations, aux dispositifs concrets et légaux qui les accompagnent, les permettent ou les empêchent. Appréhendées sur le temps long de l’ouverture du monde, du XVIe au XIXe siècles, les expériences de retour d’exil, mises en perspective avec des cas plus récents, donnent à voir la territorialisation des appartenances, aussi bien chez les retournés que dans les sociétés qui les accueillent.
Après une mise au point historiographique et notionnelle à l’aide d’extraits de E. G. Ravenstein, F. Bovenkerk, G. Gmelch, R. King, B. Michalon et F. P. Cerase, nous nous sommes penchés sur le temps de l’absence et la manière dont les exilés agissaient à distance sur leurs sociétés de départ et maintenaient des contacts (réseaux commerciaux, correspondances, documents administratifs et juridiques, rumeurs, visites) suivant les échelles migratoires (longues, temporaires, saisonnières). Une séance a ensuite été consacrée aux retours organisés et collectifs vers l’Europe depuis les colonies atlantiques françaises, en particulier des agents civils de la monarchie et des soldats. Ce faisant, nous avons vu comment la notion de « mal du pays » s’implantait progressivement dans divers pays européens dès avant le XVIIIe siècle justifiant le désir du retour. Parmi les retours collectifs, envisagés à travers le périple des Acadiens et des Huguenots, le cas des ruptures de bans et, plus généralement, des migrations illicites, a fait l’objet d’un traitement particulier. Enfin, nous nous sommes attachés à la mise en scène du retour et processus par lequel le rémigré redevient un local.
L’approche générale a été complétée par quatre interventions recoupant les thématiques traitées par ailleurs. En décembre, l’intervention de Nathalie Genet-Rouffiac (Sorbonne Université) sur « Le retour au pays : stratégies, espérances et réalités. Le cas des Wild Geese irlandais et des jacobites » s’est intéressée au cas des Jacobites et aux soldats, partis sur le continent à la suite de Jacques II détrôné par la Glorieuse Révolution (1688-1689). Elle analyse notamment comment les exilés préparent leur retour par leurs réseaux et investissements financiers dans les îles britanniques. En mars, Grégoire Holtz de l’Université Saint-Quentin Versailles, s’est interrogé sur la manière dont le retour est évoqué et reconstruit dans les récits de voyage à la Renaissance. Deux intervenants nous ont permis de confronter les retours des XVIe-XIXe siècles avec le contemporain. Ekaterina Makhotina, de l’Université de Bonn, a examiné « The Trauma of Not-Recognising » à travers le cas des retours au pays des prisonniers du goulag dans la Russie post-stalinienne et leurs traces aujourd’hui. Melissa Blanchard (CNRS), quant à elle, dans la continuité de notre réflexion sur la notion de retour, s’est penchée sur les « migrations à rebours » et le sentiment d’appartenance des Chiliens d’origine italienne au XXe siècle.

Publications
  • Avec F. Bretschneider, « La prison dans le monde. Nouvelles perspectives », numéro thématique de la revue Socio, 14, 2020.
  • « Prisons. Prosélytisme dans les geôles d’Ancien Régime », dans De la contagion, sous la dir. de B. Delaurenti et T. Le Roux, Paris, Vendémiaire, 2020, p. 269-275.
  •  « 1656. La mise au ban de Spinoza : délitement communautaire ou sécularisation du judaïsme ? », dans Histoire des Juifs. Un voyage en 80 dates de l’Antiquité à nos jours, sous la dir. de Pierre Savy, Paris, PUF, 2020, p. 289-293.
  •  « L’héritage marrane » et « Les Juifs du secret » dans la revue L’Histoire, hors-série Spinoza. Amsterdam au Siècle d’or, n°87, avril-juin 2020, p. 30-35.
  • « La diaspora séfarade » dans la revue L’arche, n°682, septembre-octobre 2020, p. 26-27.