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UE11 - Mémoires et archives audiovisuelles de la révolte et du conflit à l’ère numérique


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.11
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), lundi 09:00-11:00
    du 2 novembre 2020 au 3 mai 2021


Description


Dernière modification : 15 novembre 2020 08:56

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Anthropologie visuelle Archives Épistémologie Guerre Image Mémoire Méthodes et techniques des sciences sociales Mobilisation(s) Mouvements sociaux Numérique Réseaux sociaux Révolutions Temps/temporalité Violence
Aires culturelles
Arabe (monde) Contemporain (anthropologie du, monde) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Cécile Boëx [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)

Depuis une dizaine d’années, l’omniprésence des caméras au cœur des révoltes et des combats a engendré une somme considérable de vidéos réalisées par ceux-là même aux prises avec les événements. Partagés sur les réseaux sociaux, ces fragments d’images et de sons, souvent anonymes, constituent des traces particulièrement fragiles : en raison de leur opacité – localisées dans le temps et dans l’espace, ces vidéos manquent souvent d’indices de contextualisation – mais aussi de leur volatilité : elles peuvent disparaître du jour au lendemain, notamment sur des plateformes comme YouTube. Devant l’urgence de la préservation, on observe depuis quelques années une frénésie autour de l’archivage de ce type de document. En essayant de saisir les multiples modalités des passages de la trace vers la mémoire, ce séminaire interroge différentes trajectoires d’archivage propre à ce type vidéos ainsi que leurs enjeux politiques, éthiques et épistémologiques. Qui archive, comment et pourquoi ? En quoi la masse des données et la rétractation du temps de l’archive modifient-t-elles notre rapport aux événements dont elles sont les traces ? Nous réfléchirons à ces questions à partir des caractéristiques (visuelles, sonores et sensibles) des vidéos mais aussi des acteurs qui les archivent, qu’ils conçoivent leurs démarches dans un cadre militant, judiciaire, artistique ou universitaire. Les vidéos issues du conflit en Syrie constitueront notre « terrain audiovisuel » principal, sans pour autant nous y limiter. Il s’agira en effet d’inscrire cette réflexion dans un questionnement plus large sur les façons dont les images animées et le numérique façonnent notre rapport à la connaissance et à la mémoire.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Images, cultures visuelles, histoire de l'art – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire, Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

aucun.


Compte rendu


Mon séminaire de recherche a été consacré cette année au devenir archive des vidéos amateurs filmées en situation de révolte et de conflit. Partagés sur Internet et souvent anonymes, elles constituent des traces particulièrement fragiles. Pauvres en indices de contextualisation, elles sont également particulièrement volatiles, pouvant disparaître du jour au lendemain, notamment sur des plateformes comme YouTube. Devant l’urgence de la préservation, on observe depuis quelques années une frénésie autour de l’archivage des contenus audiovisuels et numériques issus de conflits. En essayant de saisir les multiples modalités des passages de la trace vers la mémoire, ce séminaire a interrogé différentes trajectoires d’archivage propre à ce type de vidéos ainsi que leurs enjeux politiques, éthiques et épistémologiques. Qui archive, comment et pourquoi ? En quoi la masse des données et la rétractation du temps de l’archive modifient-t-elles notre rapport aux événements dont elles sont les traces ? Nous avons réfléchi à ces questions à partir des caractéristiques (visuelles, sonores et sensibles) des vidéos mais aussi des acteurs qui les archivent, qu’ils conçoivent leurs démarches dans un cadre militant, judiciaire, artistique ou universitaire. Si les vidéos issues du conflit en Syrie ont constitué notre « terrain audiovisuel » principal, nos réflexions se sont inscrites dans l’horizon plus large des modalités de transformation de notre rapport à la connaissance et à la mémoire à l’épreuve du numérique.

Sur le cas spécifique des images de la révolte et du conflit en Syrie, j’ai examiné les différentes formes d’opacité qui leur sont propre : contextes de prise de vue, intensité de l’expérience vécue et logiques de l’environnement numérique qui produit de l’invisibilité et de l’oubli. J’ai abordé ensuite les pratiques mémorielles vernaculaires sur YouTube : Comment Internet peut-il devenir un espace alternatif du souvenir ? Dans un premier temps, il s’agissait de voir comment des usagers se saisissent du terme « archives » pour catégoriser des vidéos qu’ils mettent en ligne. Quelles sont les vidéos qu’ils choisissent, à quel moment ont lieu ces formes d’archivage à la fois personnelles et publiques ? J’ai traité ensuite des nouvelles formes de commémoration du martyr puis de l’archivage en tant qu’activisme mémoriel, permettant aussi de lutter contre les nouvelles formes de négationnisme. J’ai notamment interrogé le statut d’image preuve face à la profusion des images dans le contexte Syrien. Cette problématique de l’image preuve a également été traitée d’une toute autre manière par Christian Delage à partir de la place du témoin filmé lors des grands procès. L’intervention de Chowra Makaremi a permis d’approfondir la question de l’effacement des traces de la violence d’État dans le contexte iranien contemporain et les méthodes déployées pour documenter cet effacement et constituer des contre-archives. Agnès Devictor a traité des spécificités et des enjeux de la mémoire et des archives de la présence iranienne dans le conflit en Syrie à partir de vidéos postées par des combattants iraniens et afghans sur des plateformes dédiées. Enfin, dans une optique axée sur les méthodes d’enquêtes numériques, Sophie Gebeil est revenue sur les questions pratiques liées à sa propre collecte dans le cadre de sa recherche doctorale sur l’histoire de l’immigration maghrébine en France sur le Web.

 

Publications
  • Avec A. Devictor, Syrie, une nouvelle ère des images. De la révolte au conflit transnational, CNRS Éditions, 2021.
  • « Témoignages filmés de la violence en Syrie. Le corps comme preuve, le récit comme réplique » dans Images de Chair et de Sang, Beyrouth, sous la dir. de Chehayed Nibras, Presses de l’Ifpo, 2021.
  • « Les images de la révolte. Exactions et guerre médiatique en Syrie », La Vie des idées, 18 mai 2021.

Dernière modification : 15 novembre 2020 08:56

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Anthropologie visuelle Archives Épistémologie Guerre Image Mémoire Méthodes et techniques des sciences sociales Mobilisation(s) Mouvements sociaux Numérique Réseaux sociaux Révolutions Temps/temporalité Violence
Aires culturelles
Arabe (monde) Contemporain (anthropologie du, monde) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Cécile Boëx [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)

Depuis une dizaine d’années, l’omniprésence des caméras au cœur des révoltes et des combats a engendré une somme considérable de vidéos réalisées par ceux-là même aux prises avec les événements. Partagés sur les réseaux sociaux, ces fragments d’images et de sons, souvent anonymes, constituent des traces particulièrement fragiles : en raison de leur opacité – localisées dans le temps et dans l’espace, ces vidéos manquent souvent d’indices de contextualisation – mais aussi de leur volatilité : elles peuvent disparaître du jour au lendemain, notamment sur des plateformes comme YouTube. Devant l’urgence de la préservation, on observe depuis quelques années une frénésie autour de l’archivage de ce type de document. En essayant de saisir les multiples modalités des passages de la trace vers la mémoire, ce séminaire interroge différentes trajectoires d’archivage propre à ce type vidéos ainsi que leurs enjeux politiques, éthiques et épistémologiques. Qui archive, comment et pourquoi ? En quoi la masse des données et la rétractation du temps de l’archive modifient-t-elles notre rapport aux événements dont elles sont les traces ? Nous réfléchirons à ces questions à partir des caractéristiques (visuelles, sonores et sensibles) des vidéos mais aussi des acteurs qui les archivent, qu’ils conçoivent leurs démarches dans un cadre militant, judiciaire, artistique ou universitaire. Les vidéos issues du conflit en Syrie constitueront notre « terrain audiovisuel » principal, sans pour autant nous y limiter. Il s’agira en effet d’inscrire cette réflexion dans un questionnement plus large sur les façons dont les images animées et le numérique façonnent notre rapport à la connaissance et à la mémoire.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Images, cultures visuelles, histoire de l'art – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire, Rendu écrit en lien avec la thématique du séminaire
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

aucun.

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Salle 3.11
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    annuel / bimensuel (1re/3e), lundi 09:00-11:00
    du 2 novembre 2020 au 3 mai 2021

Mon séminaire de recherche a été consacré cette année au devenir archive des vidéos amateurs filmées en situation de révolte et de conflit. Partagés sur Internet et souvent anonymes, elles constituent des traces particulièrement fragiles. Pauvres en indices de contextualisation, elles sont également particulièrement volatiles, pouvant disparaître du jour au lendemain, notamment sur des plateformes comme YouTube. Devant l’urgence de la préservation, on observe depuis quelques années une frénésie autour de l’archivage des contenus audiovisuels et numériques issus de conflits. En essayant de saisir les multiples modalités des passages de la trace vers la mémoire, ce séminaire a interrogé différentes trajectoires d’archivage propre à ce type de vidéos ainsi que leurs enjeux politiques, éthiques et épistémologiques. Qui archive, comment et pourquoi ? En quoi la masse des données et la rétractation du temps de l’archive modifient-t-elles notre rapport aux événements dont elles sont les traces ? Nous avons réfléchi à ces questions à partir des caractéristiques (visuelles, sonores et sensibles) des vidéos mais aussi des acteurs qui les archivent, qu’ils conçoivent leurs démarches dans un cadre militant, judiciaire, artistique ou universitaire. Si les vidéos issues du conflit en Syrie ont constitué notre « terrain audiovisuel » principal, nos réflexions se sont inscrites dans l’horizon plus large des modalités de transformation de notre rapport à la connaissance et à la mémoire à l’épreuve du numérique.

Sur le cas spécifique des images de la révolte et du conflit en Syrie, j’ai examiné les différentes formes d’opacité qui leur sont propre : contextes de prise de vue, intensité de l’expérience vécue et logiques de l’environnement numérique qui produit de l’invisibilité et de l’oubli. J’ai abordé ensuite les pratiques mémorielles vernaculaires sur YouTube : Comment Internet peut-il devenir un espace alternatif du souvenir ? Dans un premier temps, il s’agissait de voir comment des usagers se saisissent du terme « archives » pour catégoriser des vidéos qu’ils mettent en ligne. Quelles sont les vidéos qu’ils choisissent, à quel moment ont lieu ces formes d’archivage à la fois personnelles et publiques ? J’ai traité ensuite des nouvelles formes de commémoration du martyr puis de l’archivage en tant qu’activisme mémoriel, permettant aussi de lutter contre les nouvelles formes de négationnisme. J’ai notamment interrogé le statut d’image preuve face à la profusion des images dans le contexte Syrien. Cette problématique de l’image preuve a également été traitée d’une toute autre manière par Christian Delage à partir de la place du témoin filmé lors des grands procès. L’intervention de Chowra Makaremi a permis d’approfondir la question de l’effacement des traces de la violence d’État dans le contexte iranien contemporain et les méthodes déployées pour documenter cet effacement et constituer des contre-archives. Agnès Devictor a traité des spécificités et des enjeux de la mémoire et des archives de la présence iranienne dans le conflit en Syrie à partir de vidéos postées par des combattants iraniens et afghans sur des plateformes dédiées. Enfin, dans une optique axée sur les méthodes d’enquêtes numériques, Sophie Gebeil est revenue sur les questions pratiques liées à sa propre collecte dans le cadre de sa recherche doctorale sur l’histoire de l’immigration maghrébine en France sur le Web.

 

Publications
  • Avec A. Devictor, Syrie, une nouvelle ère des images. De la révolte au conflit transnational, CNRS Éditions, 2021.
  • « Témoignages filmés de la violence en Syrie. Le corps comme preuve, le récit comme réplique » dans Images de Chair et de Sang, Beyrouth, sous la dir. de Chehayed Nibras, Presses de l’Ifpo, 2021.
  • « Les images de la révolte. Exactions et guerre médiatique en Syrie », La Vie des idées, 18 mai 2021.