UE1044 - Atelier de cartographie sensible : percevoir, enquêter, représenter

Type d'UE
Méthodologie
Disciplines
Géographie
Page web
http://psig.huma-num.fr/cartes-sensibles/ 
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Cartographie Enquêtes Espace Géographie Humanités numériques Perception Spatialisation, territoires
Aires culturelles
Transnational/transfrontières

Nous évoluons dans un espace dont nos sens sont les capteurs. Puis au prisme de nos connaissances et de nos fonctions cognitives, la réalité physique devient un espace mental, c’est-à-dire un espace que chacun construit dans son individualité et sa subjectivité. Cet espace peut ensuite être cartographié ou représenté graphiquement, apportant une double subjectivité, un autre prisme.

Alors que la cartographie traditionnelle constitue une modélisation de la réalité physique, la cartographie sensible a pour objectif de représenter une perception de la réalité physique singulière et socialement située. La cartographie traditionnelle et occidentale s’appuie sur des repères physiques et hiérarchiques pour une description de l’espace qui vise l'exhaustivité (bâtiments, routes, rivières, etc.). La cartographie sensible s’appuie volontiers sur des repères significatifs qu’ils soient localisés ou non. Ce sont des repères vécus, perçus, habités, occupés ou encore traversés. 

La cartographie sensible s’inspire de et est utilisée dans des travaux de différentes disciplines, en particulier la géographie humaine, la sociologie, l’anthropologie, la psychologie, la phénoménologie, l’urbanisme. Elle s’appuie sur une approche critique et complémentaire à la cartographie occidentale et traditionnelle en tentant de « déconstruire la carte ». Par ailleurs, la récente prédominance des systèmes d’information géographique (SIG) dans le traitement de l’information localisée tend à inverser les rôles : la cartographie impose des concepts et des règles de représentation des données à la géographie afin d’améliorer l’efficacité de la communication des données. La cartographie sensible mobilise cette possibilité de visualisation tout en tentant d’intégrer des formes multiples de représentation graphique, et de prendre en compte une appropriation, un vécu, une perception de l’espace.

La mise en œuvre de la cartographie traditionnelle peut être jugée réductrice aussi la diversité de formes exprimées par le langage, par l’art, ou encore le chant, le travail du tissu, de supports et matériaux divers, etc. est valorisée en cartographie sensible. Un réexamen et une adaptation des outils communément utilisés comme la sémiologie graphique de J. Bertin (1967) ou encore les chorèmes de R. Brunet (1986) sont nécessaires lorsqu’il s’agit de représenter les rapports sensibles à l’espace, et sa perception.

La cartographie sensible de par le peu de ressources nécessaires à sa réalisation peut devenir un moyen d’interagir, de questionner, de faire parler une population enquêtée. C’est donc une approche qui peut être intéressante pour les géographes, anthropologues et sociologues qui ont pour habitude de mener des enquêtes auprès de population dont les représentations spatiales et les référentiels varient considérablement. Il faut toutefois connaître les fondements sur lesquels repose la cartographie sensible avant de l’intégrer dans une enquête. Les résultats seront dépendants de paramètres maîtrisés et définis lors de la construction de protocoles et les analyses que l’on pourra effectuer seront principalement qualitatives. C’est ce que propose ce séminaire. Les pistes qui seront abordées lors des séances sont les suivantes : 

  • réfléchir sur et expérimenter des représentations des espaces qui soient non euclidiennes, fusiformes, circulaires, d’orientation multiple ou dynamique, qui portent des références individuelles ou collectives ;

  • travailler sur « ce qui fait lieu » pour un individu, un groupe, selon des filtres de perception, etc. ainsi que les modalités de représentation de ces lieux et des perceptions associées ;

  • chercher des modes de représentation adaptés de l’espace perçu et vécu et de transmission d’informations sensibles. Cela pourra conduire à revisiter les enseignements de J. Bertin (1967) en sémiologie graphique et à tenter d’élargir ou d’assouplir l’usage des variables visuelles. 

  • construire des protocoles d’enquête utilisant la cartographie sensible afin  d’intégrer un moyen de spatialisation de la perception et du sensible et en déterminer les paramètres.

Ce séminaire sera animé par Catherine Dominguès (chargée de recherche au LaSTIG, Institut national de l’information géographique et forestière), Laurence Jolivet (chargée de recherche au LaSTIG, Institut national de l’information géographique et forestière), Sevil Seten (doctorante à l'Université de Nantes) et Éric Mermet (ingénieur de recherche à la plateforme Géomatique/Centre d'analyse et de mathématique sociales, EHESS).

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Territoires, espaces, sociétés – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – autre (synthèse bibliographique + mini-projet)
  • Étude comparative du développement – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – autre (synthèse bibliographique + mini-projet)
  • Éric Mermet [référent·e]   ingénieur de recherche, CNRS / Centre d'analyse et de mathématique sociales (CAMS)
Contacts additionnels
cartes-sensibles@ehess.fr
Informations pratiques

Renseignements et inscriptions par courriel : cartes-sensibles@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous, prendre contact par mail.

Réception des candidats

Sur rendez-vous à la plateforme géomatique de l'EHESS, au 54 bd Raspail, salle A516

Pré-requis

M1/M2/doctorant.

  • Autre lieu Paris
    Salle géomatique de l'EHESS, A05_16, 54 bd Raspail 75006 paris
    2nd semestre / bimensuel (2e/4e), lundi 13:00-17:00
    du 8 mars 2021 au 21 juin 2021


Intervenant·e·s


  • Éric Mermet [référent·e]   ingénieur de recherche, CNRS / Centre d'analyse et de mathématique sociales (CAMS)

Planning


  • Autre lieu Paris
    Salle géomatique de l'EHESS, A05_16, 54 bd Raspail 75006 paris
    2nd semestre / bimensuel (2e/4e), lundi 13:00-17:00
    du 8 mars 2021 au 21 juin 2021


Description


Type d'UE
Méthodologie
Disciplines
Géographie
Page web
http://psig.huma-num.fr/cartes-sensibles/ 
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Cartographie Enquêtes Espace Géographie Humanités numériques Perception Spatialisation, territoires
Aires culturelles
Transnational/transfrontières

Nous évoluons dans un espace dont nos sens sont les capteurs. Puis au prisme de nos connaissances et de nos fonctions cognitives, la réalité physique devient un espace mental, c’est-à-dire un espace que chacun construit dans son individualité et sa subjectivité. Cet espace peut ensuite être cartographié ou représenté graphiquement, apportant une double subjectivité, un autre prisme.

Alors que la cartographie traditionnelle constitue une modélisation de la réalité physique, la cartographie sensible a pour objectif de représenter une perception de la réalité physique singulière et socialement située. La cartographie traditionnelle et occidentale s’appuie sur des repères physiques et hiérarchiques pour une description de l’espace qui vise l'exhaustivité (bâtiments, routes, rivières, etc.). La cartographie sensible s’appuie volontiers sur des repères significatifs qu’ils soient localisés ou non. Ce sont des repères vécus, perçus, habités, occupés ou encore traversés. 

La cartographie sensible s’inspire de et est utilisée dans des travaux de différentes disciplines, en particulier la géographie humaine, la sociologie, l’anthropologie, la psychologie, la phénoménologie, l’urbanisme. Elle s’appuie sur une approche critique et complémentaire à la cartographie occidentale et traditionnelle en tentant de « déconstruire la carte ». Par ailleurs, la récente prédominance des systèmes d’information géographique (SIG) dans le traitement de l’information localisée tend à inverser les rôles : la cartographie impose des concepts et des règles de représentation des données à la géographie afin d’améliorer l’efficacité de la communication des données. La cartographie sensible mobilise cette possibilité de visualisation tout en tentant d’intégrer des formes multiples de représentation graphique, et de prendre en compte une appropriation, un vécu, une perception de l’espace.

La mise en œuvre de la cartographie traditionnelle peut être jugée réductrice aussi la diversité de formes exprimées par le langage, par l’art, ou encore le chant, le travail du tissu, de supports et matériaux divers, etc. est valorisée en cartographie sensible. Un réexamen et une adaptation des outils communément utilisés comme la sémiologie graphique de J. Bertin (1967) ou encore les chorèmes de R. Brunet (1986) sont nécessaires lorsqu’il s’agit de représenter les rapports sensibles à l’espace, et sa perception.

La cartographie sensible de par le peu de ressources nécessaires à sa réalisation peut devenir un moyen d’interagir, de questionner, de faire parler une population enquêtée. C’est donc une approche qui peut être intéressante pour les géographes, anthropologues et sociologues qui ont pour habitude de mener des enquêtes auprès de population dont les représentations spatiales et les référentiels varient considérablement. Il faut toutefois connaître les fondements sur lesquels repose la cartographie sensible avant de l’intégrer dans une enquête. Les résultats seront dépendants de paramètres maîtrisés et définis lors de la construction de protocoles et les analyses que l’on pourra effectuer seront principalement qualitatives. C’est ce que propose ce séminaire. Les pistes qui seront abordées lors des séances sont les suivantes : 

  • réfléchir sur et expérimenter des représentations des espaces qui soient non euclidiennes, fusiformes, circulaires, d’orientation multiple ou dynamique, qui portent des références individuelles ou collectives ;

  • travailler sur « ce qui fait lieu » pour un individu, un groupe, selon des filtres de perception, etc. ainsi que les modalités de représentation de ces lieux et des perceptions associées ;

  • chercher des modes de représentation adaptés de l’espace perçu et vécu et de transmission d’informations sensibles. Cela pourra conduire à revisiter les enseignements de J. Bertin (1967) en sémiologie graphique et à tenter d’élargir ou d’assouplir l’usage des variables visuelles. 

  • construire des protocoles d’enquête utilisant la cartographie sensible afin  d’intégrer un moyen de spatialisation de la perception et du sensible et en déterminer les paramètres.

Ce séminaire sera animé par Catherine Dominguès (chargée de recherche au LaSTIG, Institut national de l’information géographique et forestière), Laurence Jolivet (chargée de recherche au LaSTIG, Institut national de l’information géographique et forestière), Sevil Seten (doctorante à l'Université de Nantes) et Éric Mermet (ingénieur de recherche à la plateforme Géomatique/Centre d'analyse et de mathématique sociales, EHESS).

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Territoires, espaces, sociétés – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – autre (synthèse bibliographique + mini-projet)
  • Étude comparative du développement – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – autre (synthèse bibliographique + mini-projet)

Renseignements


Contacts additionnels
cartes-sensibles@ehess.fr
Informations pratiques

Renseignements et inscriptions par courriel : cartes-sensibles@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous, prendre contact par mail.

Réception des candidats

Sur rendez-vous à la plateforme géomatique de l'EHESS, au 54 bd Raspail, salle A516

Pré-requis

M1/M2/doctorant.