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UE1034 - Voies secrètes


Lieu et planning


  • 105 bd Raspail
    Salle 6
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (2e/4e), jeudi 11:00-13:00
    du 12 novembre 2020 au 10 juin 2021


Description


Dernière modification : 4 juin 2020 14:01

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Littérature Poétique
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Fabienne Durand-Bogaert [référent·e]   professeure agrégée, EHESS / Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL)

Et si ce qui ne peut se dire était cependant susceptible de se laisser traduire ? Virginia Woolf déplorait que l’âme ne se laissât pas saisir mais refluât à mesure qu’elle tendait vers elle sa plume. De même, le cri et le silence sont deux « accidents du corps » (Merleau-Ponty) dont l’expérience et la sensation ne peuvent faire l’objet d’un récit qu’à transiter par un acte de traduction. La traversée qui s’opère alors est, à chaque fois, le lieu d’une transformation, voire d’une véritable métamorphose : passée au filtre de la traduction, l’expérience se voit tout aussi transformée que celui qui en est le sujet. Nous montrerons, à partir d’exemples essentiellement littéraires, la valeur heuristique de la traduction, par quoi il faut entendre ce que l’acte de traduction permet de découvrir et donc d’énoncer qui ne peut se découvrir ni s’énoncer par un autre biais.
Quelques auteurs dont la lecture est recommandée : Virginia Woolf, Samuel Beckett, Joë  Bousquet, Pascal Quignard, Hélène Cixous.  

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Littératures – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
fabienne.durand-bogaert@orange.fr
Informations pratiques

Fabienne Durand-Bogaert par courriel.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous pris lors d'un séminaire ou par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

études littéraires préalables; connaissance de l'anglais indispensable ; d'autres langues, souhaitable.


Compte rendu


L’ambition du séminaire, pour ce premier volet, était d’explorer la possibilité de traduction de ce qui, a priori, est perçu comme indicible – soit qu’il ne puisse se dire en vertu d’un interdit (le secret, par exemple), soit parce qu’il n’appartient pas à la sphère de la langue telle que nous la concevons : articulée, ordonnée par une syntaxe, une grammaire, une sémantique particulières (à cette catégorie ressortissent, par exemple, le cri et le silence, formes de langage mais pas de langue) ; soit encore que l’indicible soit cet « être de fuite » auquel fait allusion Virginia Woolf sous le nom d’ « âme » : « […] la vérité est qu’on ne peut rien écrire directement sur l’âme. Si on la cherche, elle s’évapore. » (Virginia Woolf, Journal intégral, 1915-1941, trad. Colette-Marie Huet et Marie-Ange Dutartre, Paris, Stock, 2008, p. 615). Dans ce dernier exemple, ce qui est en jeu, c’est précisément la tâche de l’écrivain en tant qu’il cherche à saisir un objet aussi immatériel qu’une sensation, une intuition, une impression, une onde sonore, pour la traduire en mots, au risque que, dans le passage du ressenti à l’expression, la sensation se perde, ne fasse l’objet, à ses yeux, que d’une traduction approximative, non satisfaisante.

Des études précises d’œuvres littéraires ont permis d’illustrer le propos et de confirmer la différence entre expression et traduction. Notamment To the Lighthouse, de Virginia Woolf (et ses diverses traductions en langue française), mais aussi Le nom sur le bout de la langue, Le Vœu de silence et Vie Secrète, (de Pascal Quignard).

La réflexion se poursuivra avec un deuxième volet en 2021-2022. D’autres auteurs seront abordés (Clarice Lispector et Hélène Cixous, en particulier) et l’exploration de plusieurs œuvres artistiques (notamment celle de Fabienne Verdier) permettront d’affiner le propos. Il n’est bien sûr pas nécessaire d’avoir suivi le séminaire de 2020-2021 pour profiter pleinement de celui de 2021-2022.

Publications
  • « Traduction et pouvoir heuristique : deux exemples de rassurante étrangeté », dans Penser la traduction, sous la dir. de F. Humphreys, Paris, Éditions de la M.S.H, 2021.
  • Art contemporain africain – Histoire(s) d’une notion par celles et ceux qui l’ont faite, Fondation A. de Galbert/ JRP éditions, 2021.
  • Simon Hantaï, sous la direction de Molly Warnock, coll. « Transatlantique », ER Publishing, 2021.

Dernière modification : 4 juin 2020 14:01

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Littérature Poétique
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Fabienne Durand-Bogaert [référent·e]   professeure agrégée, EHESS / Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL)

Et si ce qui ne peut se dire était cependant susceptible de se laisser traduire ? Virginia Woolf déplorait que l’âme ne se laissât pas saisir mais refluât à mesure qu’elle tendait vers elle sa plume. De même, le cri et le silence sont deux « accidents du corps » (Merleau-Ponty) dont l’expérience et la sensation ne peuvent faire l’objet d’un récit qu’à transiter par un acte de traduction. La traversée qui s’opère alors est, à chaque fois, le lieu d’une transformation, voire d’une véritable métamorphose : passée au filtre de la traduction, l’expérience se voit tout aussi transformée que celui qui en est le sujet. Nous montrerons, à partir d’exemples essentiellement littéraires, la valeur heuristique de la traduction, par quoi il faut entendre ce que l’acte de traduction permet de découvrir et donc d’énoncer qui ne peut se découvrir ni s’énoncer par un autre biais.
Quelques auteurs dont la lecture est recommandée : Virginia Woolf, Samuel Beckett, Joë  Bousquet, Pascal Quignard, Hélène Cixous.  

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Littératures – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
fabienne.durand-bogaert@orange.fr
Informations pratiques

Fabienne Durand-Bogaert par courriel.

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous pris lors d'un séminaire ou par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis

études littéraires préalables; connaissance de l'anglais indispensable ; d'autres langues, souhaitable.

  • 105 bd Raspail
    Salle 6
    105 bd Raspail 75006 Paris
    annuel / bimensuel (2e/4e), jeudi 11:00-13:00
    du 12 novembre 2020 au 10 juin 2021

L’ambition du séminaire, pour ce premier volet, était d’explorer la possibilité de traduction de ce qui, a priori, est perçu comme indicible – soit qu’il ne puisse se dire en vertu d’un interdit (le secret, par exemple), soit parce qu’il n’appartient pas à la sphère de la langue telle que nous la concevons : articulée, ordonnée par une syntaxe, une grammaire, une sémantique particulières (à cette catégorie ressortissent, par exemple, le cri et le silence, formes de langage mais pas de langue) ; soit encore que l’indicible soit cet « être de fuite » auquel fait allusion Virginia Woolf sous le nom d’ « âme » : « […] la vérité est qu’on ne peut rien écrire directement sur l’âme. Si on la cherche, elle s’évapore. » (Virginia Woolf, Journal intégral, 1915-1941, trad. Colette-Marie Huet et Marie-Ange Dutartre, Paris, Stock, 2008, p. 615). Dans ce dernier exemple, ce qui est en jeu, c’est précisément la tâche de l’écrivain en tant qu’il cherche à saisir un objet aussi immatériel qu’une sensation, une intuition, une impression, une onde sonore, pour la traduire en mots, au risque que, dans le passage du ressenti à l’expression, la sensation se perde, ne fasse l’objet, à ses yeux, que d’une traduction approximative, non satisfaisante.

Des études précises d’œuvres littéraires ont permis d’illustrer le propos et de confirmer la différence entre expression et traduction. Notamment To the Lighthouse, de Virginia Woolf (et ses diverses traductions en langue française), mais aussi Le nom sur le bout de la langue, Le Vœu de silence et Vie Secrète, (de Pascal Quignard).

La réflexion se poursuivra avec un deuxième volet en 2021-2022. D’autres auteurs seront abordés (Clarice Lispector et Hélène Cixous, en particulier) et l’exploration de plusieurs œuvres artistiques (notamment celle de Fabienne Verdier) permettront d’affiner le propos. Il n’est bien sûr pas nécessaire d’avoir suivi le séminaire de 2020-2021 pour profiter pleinement de celui de 2021-2022.

Publications
  • « Traduction et pouvoir heuristique : deux exemples de rassurante étrangeté », dans Penser la traduction, sous la dir. de F. Humphreys, Paris, Éditions de la M.S.H, 2021.
  • Art contemporain africain – Histoire(s) d’une notion par celles et ceux qui l’ont faite, Fondation A. de Galbert/ JRP éditions, 2021.
  • Simon Hantaï, sous la direction de Molly Warnock, coll. « Transatlantique », ER Publishing, 2021.