UE1002 - Genèse de la sociologie religieuse de Durkheim : autour de la « révélation » de 1895

Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
Droit, normes et société Histoire du droit Historiographie Religieux (sciences sociales du) Sociologie
Aires culturelles
-

En réponse aux attaques du polémiste catholique Simon Deploige, Durkheim écrivit en 1907 qu’il avait eu une « révélation » en 1895, et qu’il avait dû reprendre à nouveaux frais tous ses travaux antérieurs. 1894/1895 est la date de son premier cours de sociologie religieuse, perdu. À l’occasion de ce séminaire, on se propose de le recomposer à partir des nouveaux matériaux amassés depuis une dizaine d’années : cours de sociologie criminelle de 1893, emprunts de Durkheim dans les bibliothèques depuis ses études à l’École normale supérieure, cours de Bordeaux en général, références bibliographiques de sa thèse soutenue en 1893. Le but est de revenir en arrière, d’essayer de reconstituer ses cheminements, ses « tâtonnements » comme il le disait lui-même, qui l’ont mené à placer le religieux au cœur de son entreprise de fondation de la sociologie, et cela bien avant la parution des Formes élémentaires.

Suite à l’année 1 du séminaire (2019-2020), nous poursuivons notre travail généalogique sur les sources et les auteurs ayant compté dans le cheminement de Durkheim, qui l’ont mené possiblement vers sa « révélation » concernant le caractère fondamental du religieux. Après deux séances introductives consacrées à l’objectif et à la méthodologie du thème de notre séminaire, on a notamment pu découvrir l’influence du philosophe Charles Renouvier (séance de février 2020 avec Marie-Claude Blais) et de l’historien Gabriel Monod (séance de février 2020 aussi avec Yann Potin). L’année 1 était très bien partie, un public fidèle et nombreux était avec nous, mais elle a été perturbée par les grèves de décembre et janvier, puis brutalement achevée par le confinement… et finalement amputée de la moitié des séances programmées. Giovanni Paoletti, Philippe Steiner et Jean-Louis Fabiani seront à nouveau sollicités cette année, ils ont accepté de se reprogrammer avec plaisir. 

Cette seconde année comprendra 8 séances. Les premières seront consacrées à certains auteurs (Auguste Comte, Wilhelm Wundt, Théodule Ribot…), puis on abordera successivement certaines sources collectives (les philosophes au programme de philosophie en 1890, les lectures de Durkheim à l’ENS pendant sa formation), certaines disciplines connexes (la psychologie expérimentale portée par Ribot en France, par Wundt en Allemagne, ou le droit pénal avec Jean-Joseph Thonissen, Georg Jellinek, l’histoire avec Numa Fustel de Coulanges). L’influence de ces disciplines sur le jeune Durkheim a pesé lourd dans sa manière de se saisir de l’objet religieux, c’est une évidence peu contestée mais rarement étudiée. On insistera sur la relation entre la sociologie criminelle, la philosophie pénale, et la pensée du religieux, cela en relation avec notre édition scientifique du cours de sociologie criminelle (1892/93), prévue pour 2021.

Une séance débat autour de l’ouvrage de Wiktor Stockzowski La science sociale comme vision du monde. Durkheim et le mirage du salut, Gallimard, 2019, également prévue l’année précédente est ajoutée en début d’année universitaire

L’ordre des séances n’est pas encore établi. Elles auront lieu les jeudis 26 novembre, 17 décembre 2020, les 14 et 28 janvier, 4 et 18 mars, 20 et 27 mai 2021, de 11 h à 13 h.

Séance : Auguste Comte et la religion

Quelle fut l’influence de Comte, notamment sur les questions de religion? Portée des écrits de Comte et du positivisme en relation avec la « révélation » ?

  • Intervenant : Philippe Steiner, Sorbonne

Séance : le programme de philosophie autour de 1890 et la question des religions

Quels étaient les grands auteurs et les grands thèmes au programme de philosophie qui ont pu orienter Durkheim dans ses réflexions philosophiques sur la religion ?

  • Intervenant : Jean-Louis Fabiani, EHESS

Séance : Durkheim et les allemands autour de 1886 (Wundt, Tönnies, Simmel, Schaeffel…)

Durkheim lisait beaucoup les auteurs allemands. Il est parti étudier l’enseignement des sciences sociales dans les Universités en Allemagne au second semestre 1886 (printemps et été). Quelle purent être les leçons qu’il en tira ? Notamment Wundt (en psychologie/anthropologie au sens large), les juristes, les économistes, Albert Shaeffle, Ferdinand Tönnies… voire les anthropologues (Georg Waitz et son anthropologie des Naturvolker)

  • Intervenante : Cécile Rol (Université allemande) sur Wundt et la question des religions

Séance : famille, religion, histoire : Fustel de Coulanges

Quelle fut l’influence de Fustel de Coulanges sur Durkheim ? Méthode, théorie, épistémologie (rapports entre l’histoire et la sociologie). Notamment, autour de la question centrale de la religion, liée à la famille.

  • Intervenant (pressenti) : François Héran, Collège de France

Séance : Droit et religion

Mettre en perspective le droit pénal, son histoire, les auteurs autour de la fin du XIXè (Jean-Joseph Thonissen, Raymond Saleilles, …) et la question de la religion. Origines religieuses du droit pénal, nature religieuse du droit.

  • Intervenant : Jean-Louis Halperin, ENS

Séance : La peine, le droit, la religion, le crime

Mettre en perspective les liens entre pensée de la criminalité, du crime, de la peine, de la responsabilité, et question de la religion chez Durkheim. Notamment en rapport avec le cours sur le crime (1892/93)

  • Intervenant : Matthieu Béra

Séance : psychologie et psychologie des religions. Autour de Théodule Ribot

L’idée est ici de mettre ne perspective les travaux de psychologie qui aient pu influencer Durkheim autour de 1885/95, dont Ribot est un porteur majeur. La psychologie de la religion est très importante.

  • Intervenant : Pierre Nicolas, professeur de psychologie (Paris Descartes) auteur de Ribot (à confirmer)

+ Séance débat autour de l’ouvrage de W. Stoczkowski, La science sociale comme vision du monde. Durkheim et le mirage du salut, Gallimard, 2019

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

  • Matthieu Béra [référent·e]   maître de conférences, Université de Bordeaux /
  • Dominique Iogna-Prat   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, CNRS (retraité·e) / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
  • Pierre Lassave   directeur de recherche, CNRS (émérite) / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
Contacts additionnels
d.iogna-prat@wanado.fr
Informations pratiques

pour tous renseignements pratiques contacter Dominique Iogna-Prat par courriel.

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Aucun planning disponible.


Intervenant·e·s


  • Matthieu Béra [référent·e]   maître de conférences, Université de Bordeaux /
  • Dominique Iogna-Prat   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, CNRS (retraité·e) / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)
  • Pierre Lassave   directeur de recherche, CNRS (émérite) / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)

Planning


Aucun planning disponible.


Description


Type d'UE
Séminaires collectifs de recherche
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
Droit, normes et société Histoire du droit Historiographie Religieux (sciences sociales du) Sociologie
Aires culturelles
-

En réponse aux attaques du polémiste catholique Simon Deploige, Durkheim écrivit en 1907 qu’il avait eu une « révélation » en 1895, et qu’il avait dû reprendre à nouveaux frais tous ses travaux antérieurs. 1894/1895 est la date de son premier cours de sociologie religieuse, perdu. À l’occasion de ce séminaire, on se propose de le recomposer à partir des nouveaux matériaux amassés depuis une dizaine d’années : cours de sociologie criminelle de 1893, emprunts de Durkheim dans les bibliothèques depuis ses études à l’École normale supérieure, cours de Bordeaux en général, références bibliographiques de sa thèse soutenue en 1893. Le but est de revenir en arrière, d’essayer de reconstituer ses cheminements, ses « tâtonnements » comme il le disait lui-même, qui l’ont mené à placer le religieux au cœur de son entreprise de fondation de la sociologie, et cela bien avant la parution des Formes élémentaires.

Suite à l’année 1 du séminaire (2019-2020), nous poursuivons notre travail généalogique sur les sources et les auteurs ayant compté dans le cheminement de Durkheim, qui l’ont mené possiblement vers sa « révélation » concernant le caractère fondamental du religieux. Après deux séances introductives consacrées à l’objectif et à la méthodologie du thème de notre séminaire, on a notamment pu découvrir l’influence du philosophe Charles Renouvier (séance de février 2020 avec Marie-Claude Blais) et de l’historien Gabriel Monod (séance de février 2020 aussi avec Yann Potin). L’année 1 était très bien partie, un public fidèle et nombreux était avec nous, mais elle a été perturbée par les grèves de décembre et janvier, puis brutalement achevée par le confinement… et finalement amputée de la moitié des séances programmées. Giovanni Paoletti, Philippe Steiner et Jean-Louis Fabiani seront à nouveau sollicités cette année, ils ont accepté de se reprogrammer avec plaisir. 

Cette seconde année comprendra 8 séances. Les premières seront consacrées à certains auteurs (Auguste Comte, Wilhelm Wundt, Théodule Ribot…), puis on abordera successivement certaines sources collectives (les philosophes au programme de philosophie en 1890, les lectures de Durkheim à l’ENS pendant sa formation), certaines disciplines connexes (la psychologie expérimentale portée par Ribot en France, par Wundt en Allemagne, ou le droit pénal avec Jean-Joseph Thonissen, Georg Jellinek, l’histoire avec Numa Fustel de Coulanges). L’influence de ces disciplines sur le jeune Durkheim a pesé lourd dans sa manière de se saisir de l’objet religieux, c’est une évidence peu contestée mais rarement étudiée. On insistera sur la relation entre la sociologie criminelle, la philosophie pénale, et la pensée du religieux, cela en relation avec notre édition scientifique du cours de sociologie criminelle (1892/93), prévue pour 2021.

Une séance débat autour de l’ouvrage de Wiktor Stockzowski La science sociale comme vision du monde. Durkheim et le mirage du salut, Gallimard, 2019, également prévue l’année précédente est ajoutée en début d’année universitaire

L’ordre des séances n’est pas encore établi. Elles auront lieu les jeudis 26 novembre, 17 décembre 2020, les 14 et 28 janvier, 4 et 18 mars, 20 et 27 mai 2021, de 11 h à 13 h.

Séance : Auguste Comte et la religion

Quelle fut l’influence de Comte, notamment sur les questions de religion? Portée des écrits de Comte et du positivisme en relation avec la « révélation » ?

  • Intervenant : Philippe Steiner, Sorbonne

Séance : le programme de philosophie autour de 1890 et la question des religions

Quels étaient les grands auteurs et les grands thèmes au programme de philosophie qui ont pu orienter Durkheim dans ses réflexions philosophiques sur la religion ?

  • Intervenant : Jean-Louis Fabiani, EHESS

Séance : Durkheim et les allemands autour de 1886 (Wundt, Tönnies, Simmel, Schaeffel…)

Durkheim lisait beaucoup les auteurs allemands. Il est parti étudier l’enseignement des sciences sociales dans les Universités en Allemagne au second semestre 1886 (printemps et été). Quelle purent être les leçons qu’il en tira ? Notamment Wundt (en psychologie/anthropologie au sens large), les juristes, les économistes, Albert Shaeffle, Ferdinand Tönnies… voire les anthropologues (Georg Waitz et son anthropologie des Naturvolker)

  • Intervenante : Cécile Rol (Université allemande) sur Wundt et la question des religions

Séance : famille, religion, histoire : Fustel de Coulanges

Quelle fut l’influence de Fustel de Coulanges sur Durkheim ? Méthode, théorie, épistémologie (rapports entre l’histoire et la sociologie). Notamment, autour de la question centrale de la religion, liée à la famille.

  • Intervenant (pressenti) : François Héran, Collège de France

Séance : Droit et religion

Mettre en perspective le droit pénal, son histoire, les auteurs autour de la fin du XIXè (Jean-Joseph Thonissen, Raymond Saleilles, …) et la question de la religion. Origines religieuses du droit pénal, nature religieuse du droit.

  • Intervenant : Jean-Louis Halperin, ENS

Séance : La peine, le droit, la religion, le crime

Mettre en perspective les liens entre pensée de la criminalité, du crime, de la peine, de la responsabilité, et question de la religion chez Durkheim. Notamment en rapport avec le cours sur le crime (1892/93)

  • Intervenant : Matthieu Béra

Séance : psychologie et psychologie des religions. Autour de Théodule Ribot

L’idée est ici de mettre ne perspective les travaux de psychologie qui aient pu influencer Durkheim autour de 1885/95, dont Ribot est un porteur majeur. La psychologie de la religion est très importante.

  • Intervenant : Pierre Nicolas, professeur de psychologie (Paris Descartes) auteur de Ribot (à confirmer)

+ Séance débat autour de l’ouvrage de W. Stoczkowski, La science sociale comme vision du monde. Durkheim et le mirage du salut, Gallimard, 2019


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
d.iogna-prat@wanado.fr
Informations pratiques

pour tous renseignements pratiques contacter Dominique Iogna-Prat par courriel.

Direction de travaux des étudiants
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Réception des candidats
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Pré-requis
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