UE848 - Enquête collective. Voix de villes. Ethnographier les gestes vocaux dans les écologies sonores de Saint-Louis du Sénégal


Lieu et planning


Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=848.

  • Enquête collective, du 25 janvier 2027 au 5 février 2027 à Saint-Louis du Sénégal
     


Description


Dernière modification : 16 sept. 2026 13:22:39

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Anthropologie et linguistique Anthropologie urbaine Ethnographie Musique Religieux (sciences sociales du)
Aires culturelles
Afrique
Intervenant·e·s
  • Cécile Van Den Avenne [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherche sur les circulations, les liens et les échanges (CeRCLEs), Institut des mondes africains (IMAF)
  • Laura Centemeri   directrice de recherche, CNRS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

Une enquête collective à Saint-Louis du Sénégal, en partenariat avec l'Université Gaston-Berger, qui met en jeu une ethnographie sonore des espaces urbains. 

L’enquête proposée s’inscrit dans le domaine de l’ethnographie sensible des espaces urbains. Notre terrain d’investigation est la ville, appréhendée à travers ses « ambiances » (Thibaud, 2015) et, plus précisément, ses « écologies sonores » (Battesti et Puig, 2020). Nous y prêtons une attention particulière aux « présences vocales », c’est-à-dire aux formes de présence de la voix dans l’espace urbain, en nous intéressant à la diversité des vocalités qui s’y manifestent et à ce que les « gestes vocaux » nous révèlent des manières d’habiter, de co-exister, de s’approprier et de partager, ou pas, l’espace urbain (Féraud, 2010). Ces gestes vocaux offrent autant de prises vocales qui participent à la coordination des actions et des activités dans la ville.

Les gestes vocaux (cris, chants, appels, prières, murmures, conversations, slogans, interpellations, etc.) ne sont pas de simples sons : ce sont des actes sociaux et politiques qui structurent l’espace public et contribuent à l’identification des dynamiques de pouvoir, d’appartenance et d’exclusion qui le traversent. En nous inspirant des travaux d’Ana María Ochoa Gautier sur l’auralité (aurality), nous considérons la voix comme un médium actif de participation à la vie urbaine, où se jouent des luttes de légitimité, de visibilité et de reconnaissance (Ochoa Gautier, 2014).

Dans ce sens, les voix urbaines ne sont pas de simples éléments de « paysages sonores » (Schafer, 1977), mais des marqueurs de présence qui négocient l’appartenance à la ville et révèlent des tensions entre différentes visions du vivre ensemble.

Notre enquête sera guidée par plusieurs questions :

  • Quelles voix entend-on dans la ville, et selon les quartiers ? Comment les décrire ? Comment sont-elles qualifiées, classées et interprétées par les habitant·es ? Comment sont-elles perçues et décrites par celles et ceux qui ne sont pas familier.ère.s des lieux ? Comment construire un lexique des gestes vocaux qui fasse sens?
  • Quelles sources permettent de retracer l’histoire des présences vocales et leurs transformations ? (Archives sonores, récits oraux, documents administratifs, etc.)
  • Quelle est la pertinence de la distinction entre « voix parlée » et « voix chantée » et quels critères la structurent? Comment les voix enregistrées (radio, haut-parleurs) et les voix amplifiées (mégaphones, systèmes de sonorisation) transforment-elles les écologies sonores urbaines et la qualité perçue de la voix ? Et encore : qu’est-ce qui fait qu’une voix devient une « nuisance » ? Comment les normes sonores (légales, sociales, culturelles, religieuses) définissent-elles ce qui est acceptable ou inacceptable dans l’espace public ?
  • Comment les présences vocales sont-elles liées aux dynamiques sociales, culturelles, religieuses et politiques qui façonnent la ville ? Participent-elles à faire exister un territoire et un temps communs, ou au contraire, à fragmenter l’espace et le temps urbains ?
  • Existe-t-il un vocabulaire émique pour désigner les voix ? En jouant sur la polysémie du mot latin vox (voix humaine, mais aussi bruit d’animal, son des éléments naturels, son d’un instrument, prononciations et accents), nous nous demandons : quelles voix « autres» (animales, mécaniques, fantômatiques) participent à créer les écologies sonores d’une ville 

À partir de ces questions, notre enquête se focalise sur Saint-Louis du Sénégal. Fondée en1659, ancienne capitale coloniale de l’AOF, de la Mauritanie et du Sénégal jusqu’aux Indépendances, la ville est le lieu ardent d’un métissage historique entre l’Afrique noire, la civilisation arabo-berbère et la culture occidentale dont l’inscription dans les murs lui vaut d’être inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces identités multiples s’expriment dans des pratiques vocales éclectiques faisant vibrer la ville jour et nuit ; sabar, mbalax, thiant, chants religieux (notamment soufis), jazz et salsa sont autant de pratiques vocales collectives, improvisées, et ancrées dans des rituels ou des célébrations publiques. Le wolof, le pulaar, l’arabe, le français, et d’autres langues cohabitent, créant une écologie sonore multilingue où la voix porte des enjeux de pouvoir, d’identité et de résistance. Nous faisons l’hypothèse que ces dynamiques sociales, culturelles, religieuses et politiques conduisent à des présences vocales contrastées, révélatrices de modes distincts de faire participer les vocalités à l’espace public et à la régulation du vivre-ensemble.

Méthodes envisagées

Notre enquête combinera des méthodes qualitatives, sensorielles et participatives, adaptées à l’étude des écologies sonores et des gestes vocaux (cartes postales aurales, cartographie sonore, description ethnographique). Elle s’appuiera sur une dimension pédagogique forte, en formant les étudiant·es à des outils d’enquête sensible et à la recherche-création.

Pour guider la collecte, nous proposons une première catégorisation des lieux à enquêter, en nous concentrant sur quatre types de présences vocales :

  • Voix de la vie quotidienne : enregistrements sonores et ethnographies dans différents quartiers de la ville.
  • Voix de la fête : enregistrements sonores et ethnographies d’occasions festives (fêtes de quartier, concerts, cérémonies).
  • Voix du commerce : enregistrements sonores et ethnographies de marchés urbains. 
  • Voix du rite : enregistrements sonores et ethnographies de pratiques liées à des cultes (mosquées, églises, temples, lieux de culte, rues, plages). Notre intérêt sera ici de saisir la spécificité des voix rituelles et leur place dans l’espace public. Nous nous intéresserons à comment ces voix délimitent des territoires et aux conflits autour de leur audibilité.

Lors de l’enquête, chaque groupe d’étudiant·es (en trinôme) sera amené à se focaliser sur l’une de ces dimensions.

Plusieurs séances préparatoires en amont (séminaires - programme à venir) ; enquête de deux semaines (10 jours) sur le terrain


Master


  • Séminaires d'initiation/introduction – Arts, littératures et langages – M2/S4
    Suivi et validation – semestriel annuelle = 6 ECTS
    MCC – création sonore, dossier écrit
  • Séminaires d'initiation/introduction – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M2/S4
    Suivi et validation – semestriel annuelle = 6 ECTS
    MCC – création sonore, dossier écrit
  • Enquêtes collectives – Recherches comparatives en anthropologie, histoire et sociologie [Marseille] – M2/S4
    Suivi et validation – semestriel annuelle = 6 ECTS
    MCC – création sonore, dossier écrit

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

La participation à cette enquête est une autre manière de valider l’UE de professionnalisation. Les étudiant·es intéressé·es doivent envoyer un dossier de candidature avant le 30 octobre 2026 aux deux coordinatrices de l'enquête. Un CV ainsi qu'une lettre de motivaiton sont demandés. Un intérêt pour la prise de son et la création sonore est demandé, ainsi qu'une prise en compte de ces dimensions dans un projet de recherche. La maîtrise de langues du Sénégal sera valorisée (wolof, pulaar, sérère)

5 étudiant·es de l’EHESS (Paris, Marseille) seront sélectionné·es pour participer à l’enquête, avec 15 étudiant·es de l’Université Gaston-Berger (Saint-Louis du Sénégal). L’enquête aura lieu du 23 janvier au 7 février 2027.  

Des trinômes seront mis en place (deux étudiant·es sénégalais·es, un·e étudiant·e EHESS).

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis

La participation au séminaire « Ce que chanter veut dire. Écologies sonores, vocalités, circulations » (Laura Centemeri, Cécile Van den Avenne) est fortement conseillée. Certaines séances du séminaire sont considérées comme séances préparatoires à l’enquête.

Un intérêt pour la prise de son et la création sonore est demandé.

La maîtrise de langues du Sénégal sera valorisée (wolof, pulaar, sérère)

Dernière modification : 16 sept. 2026 13:22:39

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Anthropologie et linguistique Anthropologie urbaine Ethnographie Musique Religieux (sciences sociales du)
Aires culturelles
Afrique
Intervenant·e·s
  • Cécile Van Den Avenne [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherche sur les circulations, les liens et les échanges (CeRCLEs), Institut des mondes africains (IMAF)
  • Laura Centemeri   directrice de recherche, CNRS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)

Une enquête collective à Saint-Louis du Sénégal, en partenariat avec l'Université Gaston-Berger, qui met en jeu une ethnographie sonore des espaces urbains. 

L’enquête proposée s’inscrit dans le domaine de l’ethnographie sensible des espaces urbains. Notre terrain d’investigation est la ville, appréhendée à travers ses « ambiances » (Thibaud, 2015) et, plus précisément, ses « écologies sonores » (Battesti et Puig, 2020). Nous y prêtons une attention particulière aux « présences vocales », c’est-à-dire aux formes de présence de la voix dans l’espace urbain, en nous intéressant à la diversité des vocalités qui s’y manifestent et à ce que les « gestes vocaux » nous révèlent des manières d’habiter, de co-exister, de s’approprier et de partager, ou pas, l’espace urbain (Féraud, 2010). Ces gestes vocaux offrent autant de prises vocales qui participent à la coordination des actions et des activités dans la ville.

Les gestes vocaux (cris, chants, appels, prières, murmures, conversations, slogans, interpellations, etc.) ne sont pas de simples sons : ce sont des actes sociaux et politiques qui structurent l’espace public et contribuent à l’identification des dynamiques de pouvoir, d’appartenance et d’exclusion qui le traversent. En nous inspirant des travaux d’Ana María Ochoa Gautier sur l’auralité (aurality), nous considérons la voix comme un médium actif de participation à la vie urbaine, où se jouent des luttes de légitimité, de visibilité et de reconnaissance (Ochoa Gautier, 2014).

Dans ce sens, les voix urbaines ne sont pas de simples éléments de « paysages sonores » (Schafer, 1977), mais des marqueurs de présence qui négocient l’appartenance à la ville et révèlent des tensions entre différentes visions du vivre ensemble.

Notre enquête sera guidée par plusieurs questions :

  • Quelles voix entend-on dans la ville, et selon les quartiers ? Comment les décrire ? Comment sont-elles qualifiées, classées et interprétées par les habitant·es ? Comment sont-elles perçues et décrites par celles et ceux qui ne sont pas familier.ère.s des lieux ? Comment construire un lexique des gestes vocaux qui fasse sens?
  • Quelles sources permettent de retracer l’histoire des présences vocales et leurs transformations ? (Archives sonores, récits oraux, documents administratifs, etc.)
  • Quelle est la pertinence de la distinction entre « voix parlée » et « voix chantée » et quels critères la structurent? Comment les voix enregistrées (radio, haut-parleurs) et les voix amplifiées (mégaphones, systèmes de sonorisation) transforment-elles les écologies sonores urbaines et la qualité perçue de la voix ? Et encore : qu’est-ce qui fait qu’une voix devient une « nuisance » ? Comment les normes sonores (légales, sociales, culturelles, religieuses) définissent-elles ce qui est acceptable ou inacceptable dans l’espace public ?
  • Comment les présences vocales sont-elles liées aux dynamiques sociales, culturelles, religieuses et politiques qui façonnent la ville ? Participent-elles à faire exister un territoire et un temps communs, ou au contraire, à fragmenter l’espace et le temps urbains ?
  • Existe-t-il un vocabulaire émique pour désigner les voix ? En jouant sur la polysémie du mot latin vox (voix humaine, mais aussi bruit d’animal, son des éléments naturels, son d’un instrument, prononciations et accents), nous nous demandons : quelles voix « autres» (animales, mécaniques, fantômatiques) participent à créer les écologies sonores d’une ville 

À partir de ces questions, notre enquête se focalise sur Saint-Louis du Sénégal. Fondée en1659, ancienne capitale coloniale de l’AOF, de la Mauritanie et du Sénégal jusqu’aux Indépendances, la ville est le lieu ardent d’un métissage historique entre l’Afrique noire, la civilisation arabo-berbère et la culture occidentale dont l’inscription dans les murs lui vaut d’être inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces identités multiples s’expriment dans des pratiques vocales éclectiques faisant vibrer la ville jour et nuit ; sabar, mbalax, thiant, chants religieux (notamment soufis), jazz et salsa sont autant de pratiques vocales collectives, improvisées, et ancrées dans des rituels ou des célébrations publiques. Le wolof, le pulaar, l’arabe, le français, et d’autres langues cohabitent, créant une écologie sonore multilingue où la voix porte des enjeux de pouvoir, d’identité et de résistance. Nous faisons l’hypothèse que ces dynamiques sociales, culturelles, religieuses et politiques conduisent à des présences vocales contrastées, révélatrices de modes distincts de faire participer les vocalités à l’espace public et à la régulation du vivre-ensemble.

Méthodes envisagées

Notre enquête combinera des méthodes qualitatives, sensorielles et participatives, adaptées à l’étude des écologies sonores et des gestes vocaux (cartes postales aurales, cartographie sonore, description ethnographique). Elle s’appuiera sur une dimension pédagogique forte, en formant les étudiant·es à des outils d’enquête sensible et à la recherche-création.

Pour guider la collecte, nous proposons une première catégorisation des lieux à enquêter, en nous concentrant sur quatre types de présences vocales :

  • Voix de la vie quotidienne : enregistrements sonores et ethnographies dans différents quartiers de la ville.
  • Voix de la fête : enregistrements sonores et ethnographies d’occasions festives (fêtes de quartier, concerts, cérémonies).
  • Voix du commerce : enregistrements sonores et ethnographies de marchés urbains. 
  • Voix du rite : enregistrements sonores et ethnographies de pratiques liées à des cultes (mosquées, églises, temples, lieux de culte, rues, plages). Notre intérêt sera ici de saisir la spécificité des voix rituelles et leur place dans l’espace public. Nous nous intéresserons à comment ces voix délimitent des territoires et aux conflits autour de leur audibilité.

Lors de l’enquête, chaque groupe d’étudiant·es (en trinôme) sera amené à se focaliser sur l’une de ces dimensions.

Plusieurs séances préparatoires en amont (séminaires - programme à venir) ; enquête de deux semaines (10 jours) sur le terrain

  • Séminaires d'initiation/introduction – Arts, littératures et langages – M2/S4
    Suivi et validation – semestriel annuelle = 6 ECTS
    MCC – création sonore, dossier écrit
  • Séminaires d'initiation/introduction – Sciences des religions et société-Sciences sociales des religions – M2/S4
    Suivi et validation – semestriel annuelle = 6 ECTS
    MCC – création sonore, dossier écrit
  • Enquêtes collectives – Recherches comparatives en anthropologie, histoire et sociologie [Marseille] – M2/S4
    Suivi et validation – semestriel annuelle = 6 ECTS
    MCC – création sonore, dossier écrit
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

La participation à cette enquête est une autre manière de valider l’UE de professionnalisation. Les étudiant·es intéressé·es doivent envoyer un dossier de candidature avant le 30 octobre 2026 aux deux coordinatrices de l'enquête. Un CV ainsi qu'une lettre de motivaiton sont demandés. Un intérêt pour la prise de son et la création sonore est demandé, ainsi qu'une prise en compte de ces dimensions dans un projet de recherche. La maîtrise de langues du Sénégal sera valorisée (wolof, pulaar, sérère)

5 étudiant·es de l’EHESS (Paris, Marseille) seront sélectionné·es pour participer à l’enquête, avec 15 étudiant·es de l’Université Gaston-Berger (Saint-Louis du Sénégal). L’enquête aura lieu du 23 janvier au 7 février 2027.  

Des trinômes seront mis en place (deux étudiant·es sénégalais·es, un·e étudiant·e EHESS).

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis

La participation au séminaire « Ce que chanter veut dire. Écologies sonores, vocalités, circulations » (Laura Centemeri, Cécile Van den Avenne) est fortement conseillée. Certaines séances du séminaire sont considérées comme séances préparatoires à l’enquête.

Un intérêt pour la prise de son et la création sonore est demandé.

La maîtrise de langues du Sénégal sera valorisée (wolof, pulaar, sérère)

Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=848.

  • Enquête collective, du 25 janvier 2027 au 5 février 2027 à Saint-Louis du Sénégal