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UE812 - Recomposition du politique : quelles nouvelles cosmologies pour la transition écologique ?


Lieu et planning


Planning en cours de validation.


Description


Dernière modification : 1 juin 2026 11:18:22

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Droit et société, Économie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Action publique Agriculture Alimentation Anthropologie politique Capitalisme Domination Droit, normes et société Économie politique Environnement Épistémologie Minorités Socio-économie Sociologie politique
Aires culturelles
Amériques Asie sud-orientale Chine Contemporain (anthropologie du, monde) Europe
Intervenant·e·s

Les rapports mesurant les conséquences concrètes de l’ontologie naturaliste (Descola, 2018) sur les différents milieux et les êtres qui les peuplent, humains et non humains, s’accumulent. De même, considérant que notre avenir semble dépendre très directement de notre capacité à traiter différemment ces entités non humaines, nombreux sont les travaux s’interrogeant sur la manière de leur accorder un sort meilleur (Toledo, 2021 ; Lagrange et Le Guern 2023 : Wanneau et al., 2025). Pour autant, il semble que nous achoppons sans cesse sur la question de savoir comment basculer d’une cosmologie où l’homme est en position de surplomb face à la nature, à une nouvelle cosmologie où l’homme comprend qu’il est partie prenante d’un ensemble structuré par des relations d’interdépendances qui appellent à une profonde reconfiguration des rapports sociaux, politiques, économiques, écologiques et de l’épistémologie. L’objectif du présent séminaire est de contribuer à cette réflexion à partir d’ancrages aréaux, inscrits notamment dans les configurations européennes, sud-est asiatiques, chinoises, centrale-américaines ou boréales. Il s’agit de retracer à partir d’études de cas, comment, dans divers champs du savoir (anthropologie, philosophie, sociologie, arts, économie, droit) s’effectue actuellement une transformation d’épistémés (ontologic turn) qui esquisse un renouveau du politique désigné par différents termes : « cosmic diplomacy » (Kohn 2015), « planetary communs » (Rockström, Kotzé, Milutinovic, Steffen, 2024), etc.

Pour penser l’idée de changement cosmologique, de nombreux auteurs ont pris position, de Andreas Malm qui revendique un communisme de guerre et la réhabilitation des stratégies de sabotage (2020) à David Abram (2013), empruntant à Husserl et à Merleau-Ponty pour proposer de « réactiver la base organique de nos pensées » dans une forme d’animisme défini comme capacité à entendre des paroles surgir d’êtres ou de choses, et de restaurer un sensualisme susceptible de nous reconnecter au monde « plus qu’humain », en passant par Bruno Latour, qui à la coupure entre culture et nature oppose une biopolitique des attachements, c’est-à-dire des interdépendances, laquelle suppose à son tour une représentation de ces non humains par des porte-paroles (Stone, 1972, Toledo 2021).

Entre les deux polarités de la théorisation et de la mise en œuvre de tactiques de combat d’un côté et la reconnexion sensualiste avec une multitude d’actants animant le monde de l’autre, diverses propositions ont été énoncées : politiser le vivant, c’est-à-dire « interroger les modes d’existence du ou des vivants sous leurs différentes formes et explorer les enjeux politiques qui en découlent » (Wanneau, Fabri et Arantes 2025, p. 22) ; pratiquer la diplomatie inter-espèces et préférer l’analogie à l’anthropomorphisme pour saisir ce qu’il y a de spécifique chez l’animal (Morizot 2016) ; postuler un droit attribuable aux non humains et à la nature (Petel 2018, Billet 2019), qui suppose qu’on définisse leurs intérêts propres et qu’on règle la question de la traduction de ces justiciables non-humains (Hermitte 2011) ; étendre le champ de considération morale aux animaux, et plus largement à l’ensemble des entités qui composent notre environnement ; Décoloniser le droit (Calmet 2024) qui sous-tend l’extractivisme et les activités destructrices de l’environnement et procéder à la reconnaissance d’un droit autochtone ; ou raconter l’histoire des processus d’adaptation du droit pour instituer « le codage capitaliste de la terre » (Pistor 2023). Penser la créativité de cultures extra occidentales qui réactualisent des formes de sagesse ancestrale (Glowczewski, 2021). Ou bien, voir comment l’art contemporain peut fonder une écologie politique post-anthropocentrique (T.J. Demos, 2016). Si chacune de ces orientations ne garantit pas à elle seule que le désastre annoncé soit freiné, elles indiquent toutes la nécessité de nouveaux récits, de nouveaux imaginaires et de nouvelles sensibilités, désengagés de ce qui constitue le socle de la crise environnementale : la logique d’accumulation sans limites, dont les effets mortifères se font aujourd’hui sentir de manière aigüe, délitant notamment la démocratie, le sens de la justice et des solidarité, jusqu’à l’habitabilité même de la planète.

Portage collectif

Séminaire proposé par Elsa Lafaye de Micheaux (PU, CASE, Inalco), Philippe Le Guern (PU, Rennes 2), Jean-Paul Vanderlinden (PU, CEARC, Université Paris-Saclay /ERC PREFER), Cher Hui Yun (Post Doc, ARI, NUS, Singapour), Gilles Lhuilier (professeur des universités en droit, membre de l'IUF).

Ce séminaire mensuel de huit séances annuelles problématisées et construites autour d’études de cas, dissèquera méthodiquement le renouvellement des approches scientifiques en sciences sociales et participera aussi au renouvellement des discours politiques de la transition écologique. La première année -2025-2026- a été consacrée aux implications ontologiques, éthiques, théoriques et épistémologiques d’un non humain « discret » et menacé, réparti dans toutes les aires géographiques : le lombric. Composant 80% du poids des animaux terrestres et occupant la 4e place mondiale des « producteurs agricoles », égalant la Russie, celui-ci s’inscrit en effet au cœur d’enjeux aussi importants que la notion d’impact dans la chaîne de valeur agroalimentaire, le blanchiment d’argent mafieux dans les sociétés de recyclage ou encore la symbolique du lombricompostage et sa nouvelle valeur sociale. On a démontré comment la question du simple lombric permet la mise en discussion de la pensée de la transition écologique, esquissant de nouvelles interfaces entre champs scientifiques trop souvent séparés (droit, philosophie, économie, sociologie, anthropologie, économique politique internationale) et de nouveaux thèmes du politique.

Au cours de cette deuxième année 2026-2027 où le lombric continuera de nous accompagner, puis nous intéresserons à la notion d'habitabilité mais surtout aux arbres et aux « terres rares » devenues stratégiques », et présentes tant dans les objets du capitalisme industriel, numérique que de la dite transition écologique : ces terres obligent à penser le politique incorporé aux choses du quotidien mais aussi à leur dimension géopolitique, la chaine de valeur, qui recompose certes géographie, politique, économie, mais plus encore, cosmologies ou ontologies. 

Références

Abram, David, Comment la terre s’est tue, La Découverte, (1997) 2013.

Bonneuil, Christophe, « Capitalocène. Réflexions sur l’échange écologique inégal et le crime climatique à l’âge de l’Anthropocène », EcoRev’, vol. 44, n° 1, 2017, pp. 52-60.

Billet, Philippe, « L'animal, prétexte d'une analyse renouvelée des relations juridiques entre l'homme et l'environnement ». Les Cahiers de la Justice, 2019/4 N° 4, 2019. p.695-704.

Calmet, Marine, Décoloniser le droit, Wild Project, 2024.

Charrasse, Fanny, « Peut-on ne pas être naturaliste ? : Du traitement des non-humains surnaturels par quelques anthropologues “classiques” ». Politiques de communication, 2023/HS2 Hors série N° 2, 2023. p.55-83.

Descola, Philippe, « l’anthropisation et l’anthropocène sont des choses bien différentes », 2018. http://lantb.net/figure/?p=4904

Hartley, Daniel in Moore J. (ed.), Anthropocene or Capitalocene? Nature, History, and the Crisis of Capitalism, PM Press, 2016.

Hermitte, Marie-Angèle, « La nature, sujet de droit ? », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 66e année(1), 2011, p. 173-212.

Kohn Eduardo, « Anthropology as Cosmic Diplomacy: Toward an Ecological Ethics for Times of Environmental Fragmentation », in Sam Mickey, Mary Evelyn Tucker, John Grim ed. Living Earth Community. Multiple Ways of Being and Knowing, OpenBookpublishers, 2015

Rockström J., Kotzé L., Milutinović S., Biermann F.,. Brovkin V, Donges J., Ebbesson J., French D., Gupta J., Kim R., Lenton T., Lenzi D., Nakicenovic N., Neumann B.,. Schuppert F, Winkelmann R., Bosselmann K., Folke C., Lucht W., Schlosberg D., Richardson K., & Steffen W., The planetary commons: A new paradigm for safeguarding Earth-regulating systems in the Anthropocene, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 121 (5) e2301531121, https://doi.org/10.1073/pnas.2301531121  (2024).

Lagrange, Pierre et Le Guern, Philippe (dir.), « Politique des non-humains », Politiques de communication, 2, Presses Universitaires de Grenoble, 2023, (HS2)

Larrère, Catherine, « Transition écologique, justice sociale et démocratie », AOC, 2023. https://aoc.media/analyse/2023/11/29/transition-ecologique-justice-sociale-et-democratie/

Latour, Bruno et Schultz, Nikolaj, Mémo sur la nouvelle classe écologique, La Découverte, 2022.

Levy-Bruhl, Sacha, « Changer de cosmologie ou refaire du socialisme ? », AOC, 2022. https://aoc.media/opinion/2022/07/12/changer-de-cosmologie-ou-refaire-du-socialisme/

Lhuilier, Gilles, (2024). Greenwashing. Une contribution aux Law and Science Studies à partir du cas de Decathlon. Droit et société, 117(2), 271-291.https://doi.org/10.3917/drs1.117.0255

Malm, Andréas, La chauve-souris et le capital. Stratégie pour l’urgence chronique, La Fabrique éditions, 2020.

Morizot, Baptiste, Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, Wild Project, 2016.

Petel, Matthias, « La nature : d’un objet d’appropriation à un sujet de droit. Réflexions pour un nouveau modèle de société », Revue interdisciplinaire d'études juridiques, Volume 80(1), 2018, p.207-239.2023.

Rosa, Hartmut, Rendre le monde indisponible, La Découverte, 2020.

Sahlins, Marshall, La Nature humaine: une illusion occidentale. Réflexions sur l'histoire des concepts de hiérarchie, et d'égalité, sur la sublimation de l'anarchie en Occident, et essais de comparaison avec d'autres conceptions de la condition humaine, éditions de l'Eclat, collection Terra Cognita, 2009.

Stone, Christopher, « Should Trees Have Standing ? Towards Legal Rights for Natural Objects », Southern California Law Review, 1972.

Thériault, Sophie. « Les droits des peuples autochtones et la justice environnementale à l’ère de l’Anthropocène. Réflexions autour de la gestion du rayonnement solaire ». Construire le droit des ingénieries climatiques, édité par Alexandra Langlais et Marion Lemoine-Schonne, UGA Éditions, 2024, pp. 371-390

Toledo, Camille de (dir.), Le Fleuve qui voulait écrire. Les auditions du parlement de Loire, Manuella-Les Liens qui libèrent, 2021.

Vanderlinden, Jean-Paul. La forge numérique. (2023, 25 mai). Épisodes cosmologiques et risques existentiels : la boussole des possibles comme dispositif de création de sens, in Mireille Delmas-Marty :la boussole des possibles. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/144365

Wanneau, Krystel, Fabri, Eric, Arantes, Virginie (dir.), Rendre le vivant politique, Editions de l'Université de Bruxelles, 2025.


Master


  • Séminaires de recherche – Environnement et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques - Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Philosophie - Philosophie sociale et politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Sciences économiques et sociales - Économie et société – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Hui Yun Cher, NUS, Singapore. Terres rares, économie politique du secteur minier, histoire environnementale (Malaisie, Asie du Sud-Est)

email:  huiyun@nus.edu.sg

Direction de travaux des étudiants

Oui. S'adresser directement à l'enseignant de l'équipe le plus proche de vos méthodes/ sujets. Par email. Merci.

Réception des candidats

Prendre RV par email, merci.

Pré-requis
-

Dernière modification : 1 juin 2026 11:18:22

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Droit et société, Économie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Action publique Agriculture Alimentation Anthropologie politique Capitalisme Domination Droit, normes et société Économie politique Environnement Épistémologie Minorités Socio-économie Sociologie politique
Aires culturelles
Amériques Asie sud-orientale Chine Contemporain (anthropologie du, monde) Europe
Intervenant·e·s

Les rapports mesurant les conséquences concrètes de l’ontologie naturaliste (Descola, 2018) sur les différents milieux et les êtres qui les peuplent, humains et non humains, s’accumulent. De même, considérant que notre avenir semble dépendre très directement de notre capacité à traiter différemment ces entités non humaines, nombreux sont les travaux s’interrogeant sur la manière de leur accorder un sort meilleur (Toledo, 2021 ; Lagrange et Le Guern 2023 : Wanneau et al., 2025). Pour autant, il semble que nous achoppons sans cesse sur la question de savoir comment basculer d’une cosmologie où l’homme est en position de surplomb face à la nature, à une nouvelle cosmologie où l’homme comprend qu’il est partie prenante d’un ensemble structuré par des relations d’interdépendances qui appellent à une profonde reconfiguration des rapports sociaux, politiques, économiques, écologiques et de l’épistémologie. L’objectif du présent séminaire est de contribuer à cette réflexion à partir d’ancrages aréaux, inscrits notamment dans les configurations européennes, sud-est asiatiques, chinoises, centrale-américaines ou boréales. Il s’agit de retracer à partir d’études de cas, comment, dans divers champs du savoir (anthropologie, philosophie, sociologie, arts, économie, droit) s’effectue actuellement une transformation d’épistémés (ontologic turn) qui esquisse un renouveau du politique désigné par différents termes : « cosmic diplomacy » (Kohn 2015), « planetary communs » (Rockström, Kotzé, Milutinovic, Steffen, 2024), etc.

Pour penser l’idée de changement cosmologique, de nombreux auteurs ont pris position, de Andreas Malm qui revendique un communisme de guerre et la réhabilitation des stratégies de sabotage (2020) à David Abram (2013), empruntant à Husserl et à Merleau-Ponty pour proposer de « réactiver la base organique de nos pensées » dans une forme d’animisme défini comme capacité à entendre des paroles surgir d’êtres ou de choses, et de restaurer un sensualisme susceptible de nous reconnecter au monde « plus qu’humain », en passant par Bruno Latour, qui à la coupure entre culture et nature oppose une biopolitique des attachements, c’est-à-dire des interdépendances, laquelle suppose à son tour une représentation de ces non humains par des porte-paroles (Stone, 1972, Toledo 2021).

Entre les deux polarités de la théorisation et de la mise en œuvre de tactiques de combat d’un côté et la reconnexion sensualiste avec une multitude d’actants animant le monde de l’autre, diverses propositions ont été énoncées : politiser le vivant, c’est-à-dire « interroger les modes d’existence du ou des vivants sous leurs différentes formes et explorer les enjeux politiques qui en découlent » (Wanneau, Fabri et Arantes 2025, p. 22) ; pratiquer la diplomatie inter-espèces et préférer l’analogie à l’anthropomorphisme pour saisir ce qu’il y a de spécifique chez l’animal (Morizot 2016) ; postuler un droit attribuable aux non humains et à la nature (Petel 2018, Billet 2019), qui suppose qu’on définisse leurs intérêts propres et qu’on règle la question de la traduction de ces justiciables non-humains (Hermitte 2011) ; étendre le champ de considération morale aux animaux, et plus largement à l’ensemble des entités qui composent notre environnement ; Décoloniser le droit (Calmet 2024) qui sous-tend l’extractivisme et les activités destructrices de l’environnement et procéder à la reconnaissance d’un droit autochtone ; ou raconter l’histoire des processus d’adaptation du droit pour instituer « le codage capitaliste de la terre » (Pistor 2023). Penser la créativité de cultures extra occidentales qui réactualisent des formes de sagesse ancestrale (Glowczewski, 2021). Ou bien, voir comment l’art contemporain peut fonder une écologie politique post-anthropocentrique (T.J. Demos, 2016). Si chacune de ces orientations ne garantit pas à elle seule que le désastre annoncé soit freiné, elles indiquent toutes la nécessité de nouveaux récits, de nouveaux imaginaires et de nouvelles sensibilités, désengagés de ce qui constitue le socle de la crise environnementale : la logique d’accumulation sans limites, dont les effets mortifères se font aujourd’hui sentir de manière aigüe, délitant notamment la démocratie, le sens de la justice et des solidarité, jusqu’à l’habitabilité même de la planète.

Portage collectif

Séminaire proposé par Elsa Lafaye de Micheaux (PU, CASE, Inalco), Philippe Le Guern (PU, Rennes 2), Jean-Paul Vanderlinden (PU, CEARC, Université Paris-Saclay /ERC PREFER), Cher Hui Yun (Post Doc, ARI, NUS, Singapour), Gilles Lhuilier (professeur des universités en droit, membre de l'IUF).

Ce séminaire mensuel de huit séances annuelles problématisées et construites autour d’études de cas, dissèquera méthodiquement le renouvellement des approches scientifiques en sciences sociales et participera aussi au renouvellement des discours politiques de la transition écologique. La première année -2025-2026- a été consacrée aux implications ontologiques, éthiques, théoriques et épistémologiques d’un non humain « discret » et menacé, réparti dans toutes les aires géographiques : le lombric. Composant 80% du poids des animaux terrestres et occupant la 4e place mondiale des « producteurs agricoles », égalant la Russie, celui-ci s’inscrit en effet au cœur d’enjeux aussi importants que la notion d’impact dans la chaîne de valeur agroalimentaire, le blanchiment d’argent mafieux dans les sociétés de recyclage ou encore la symbolique du lombricompostage et sa nouvelle valeur sociale. On a démontré comment la question du simple lombric permet la mise en discussion de la pensée de la transition écologique, esquissant de nouvelles interfaces entre champs scientifiques trop souvent séparés (droit, philosophie, économie, sociologie, anthropologie, économique politique internationale) et de nouveaux thèmes du politique.

Au cours de cette deuxième année 2026-2027 où le lombric continuera de nous accompagner, puis nous intéresserons à la notion d'habitabilité mais surtout aux arbres et aux « terres rares » devenues stratégiques », et présentes tant dans les objets du capitalisme industriel, numérique que de la dite transition écologique : ces terres obligent à penser le politique incorporé aux choses du quotidien mais aussi à leur dimension géopolitique, la chaine de valeur, qui recompose certes géographie, politique, économie, mais plus encore, cosmologies ou ontologies. 

Références

Abram, David, Comment la terre s’est tue, La Découverte, (1997) 2013.

Bonneuil, Christophe, « Capitalocène. Réflexions sur l’échange écologique inégal et le crime climatique à l’âge de l’Anthropocène », EcoRev’, vol. 44, n° 1, 2017, pp. 52-60.

Billet, Philippe, « L'animal, prétexte d'une analyse renouvelée des relations juridiques entre l'homme et l'environnement ». Les Cahiers de la Justice, 2019/4 N° 4, 2019. p.695-704.

Calmet, Marine, Décoloniser le droit, Wild Project, 2024.

Charrasse, Fanny, « Peut-on ne pas être naturaliste ? : Du traitement des non-humains surnaturels par quelques anthropologues “classiques” ». Politiques de communication, 2023/HS2 Hors série N° 2, 2023. p.55-83.

Descola, Philippe, « l’anthropisation et l’anthropocène sont des choses bien différentes », 2018. http://lantb.net/figure/?p=4904

Hartley, Daniel in Moore J. (ed.), Anthropocene or Capitalocene? Nature, History, and the Crisis of Capitalism, PM Press, 2016.

Hermitte, Marie-Angèle, « La nature, sujet de droit ? », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 66e année(1), 2011, p. 173-212.

Kohn Eduardo, « Anthropology as Cosmic Diplomacy: Toward an Ecological Ethics for Times of Environmental Fragmentation », in Sam Mickey, Mary Evelyn Tucker, John Grim ed. Living Earth Community. Multiple Ways of Being and Knowing, OpenBookpublishers, 2015

Rockström J., Kotzé L., Milutinović S., Biermann F.,. Brovkin V, Donges J., Ebbesson J., French D., Gupta J., Kim R., Lenton T., Lenzi D., Nakicenovic N., Neumann B.,. Schuppert F, Winkelmann R., Bosselmann K., Folke C., Lucht W., Schlosberg D., Richardson K., & Steffen W., The planetary commons: A new paradigm for safeguarding Earth-regulating systems in the Anthropocene, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 121 (5) e2301531121, https://doi.org/10.1073/pnas.2301531121  (2024).

Lagrange, Pierre et Le Guern, Philippe (dir.), « Politique des non-humains », Politiques de communication, 2, Presses Universitaires de Grenoble, 2023, (HS2)

Larrère, Catherine, « Transition écologique, justice sociale et démocratie », AOC, 2023. https://aoc.media/analyse/2023/11/29/transition-ecologique-justice-sociale-et-democratie/

Latour, Bruno et Schultz, Nikolaj, Mémo sur la nouvelle classe écologique, La Découverte, 2022.

Levy-Bruhl, Sacha, « Changer de cosmologie ou refaire du socialisme ? », AOC, 2022. https://aoc.media/opinion/2022/07/12/changer-de-cosmologie-ou-refaire-du-socialisme/

Lhuilier, Gilles, (2024). Greenwashing. Une contribution aux Law and Science Studies à partir du cas de Decathlon. Droit et société, 117(2), 271-291.https://doi.org/10.3917/drs1.117.0255

Malm, Andréas, La chauve-souris et le capital. Stratégie pour l’urgence chronique, La Fabrique éditions, 2020.

Morizot, Baptiste, Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, Wild Project, 2016.

Petel, Matthias, « La nature : d’un objet d’appropriation à un sujet de droit. Réflexions pour un nouveau modèle de société », Revue interdisciplinaire d'études juridiques, Volume 80(1), 2018, p.207-239.2023.

Rosa, Hartmut, Rendre le monde indisponible, La Découverte, 2020.

Sahlins, Marshall, La Nature humaine: une illusion occidentale. Réflexions sur l'histoire des concepts de hiérarchie, et d'égalité, sur la sublimation de l'anarchie en Occident, et essais de comparaison avec d'autres conceptions de la condition humaine, éditions de l'Eclat, collection Terra Cognita, 2009.

Stone, Christopher, « Should Trees Have Standing ? Towards Legal Rights for Natural Objects », Southern California Law Review, 1972.

Thériault, Sophie. « Les droits des peuples autochtones et la justice environnementale à l’ère de l’Anthropocène. Réflexions autour de la gestion du rayonnement solaire ». Construire le droit des ingénieries climatiques, édité par Alexandra Langlais et Marion Lemoine-Schonne, UGA Éditions, 2024, pp. 371-390

Toledo, Camille de (dir.), Le Fleuve qui voulait écrire. Les auditions du parlement de Loire, Manuella-Les Liens qui libèrent, 2021.

Vanderlinden, Jean-Paul. La forge numérique. (2023, 25 mai). Épisodes cosmologiques et risques existentiels : la boussole des possibles comme dispositif de création de sens, in Mireille Delmas-Marty :la boussole des possibles. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/144365

Wanneau, Krystel, Fabri, Eric, Arantes, Virginie (dir.), Rendre le vivant politique, Editions de l'Université de Bruxelles, 2025.

  • Séminaires de recherche – Environnement et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques - Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Philosophie - Philosophie sociale et politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral
  • Séminaires de recherche – Sciences économiques et sociales - Économie et société – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel annuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Hui Yun Cher, NUS, Singapore. Terres rares, économie politique du secteur minier, histoire environnementale (Malaisie, Asie du Sud-Est)

email:  huiyun@nus.edu.sg

Direction de travaux des étudiants

Oui. S'adresser directement à l'enseignant de l'équipe le plus proche de vos méthodes/ sujets. Par email. Merci.

Réception des candidats

Prendre RV par email, merci.

Pré-requis
-

Planning en cours de validation.