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UE756 - Des « ethno » aux « anthropo-choses » : épistémologie et anthropologie des savoirs pratiques
Lieu et planning
-
Vieille-Charité
Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille
annuel / mensuel (2e), lundi 14:00-17:30
du 12 octobre 2026 au 14 juin 2027
Nombre de séances : 5
Description
Dernière modification : 18 mai 2026 15:39:00
- Type d'UE
- Séminaires collectifs de recherche
- Disciplines
- Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Signes, formes, représentations
- Page web
- https://pacific-credo.fr/les-seminaires/le-seminaire-ehess-credo/
- Langues
- anglais français
- Mots-clés
- Anthropologie Anthropologie culturelle Comparatisme Épistémologie Ethnologie Ethnomusicologie Histoire des sciences et des techniques
- Aires culturelles
- -
Intervenant·e·s
- Eric Vandendriessche [référent·e] chargé de recherche, CNRS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
- Frédéric Joulian maître de conférences, EHESS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
- Sébastien Galliot chargé de recherche, CNRS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
Depuis une soixantaine d’années, nous assistons au développement de nouveaux champs d’étude sous des appellations formées à partir du même préfixe « ethno- » : ethnoécologie, ethnobotanique, ethnomathématique, ethnoastronomie, ethnogéographie, etc. Ces différents champs de recherche partagent le projet d’étudier des pratiques et des savoirs présentant une « ressemblance de famille » (Wittgenstein, 1953) avec des disciplines scientifiques (« reconnues » comme telles), bien que développés hors des champs savants et institutionnels, dans divers contextes culturels, et tout particulièrement dans des sociétés « dites » autochtones.
De ce fait, la catégorie même d’« ethnoscience » n’est pas sans poser problème dans la mesure où elle présuppose, pour certaines catégories d’ « ethno-trucs », une potentialité universellement partagée (mais pas toujours actualisée) à objectiver la nature et à opérer le passage du sensible à l’intelligible (Levi-Strauss, 1961). Par ailleurs, lorsqu’il s’agit des sociétés autochtones (souvent de tradition orale), il n’y a (ou avait) généralement guère de sens à parler de « science » (ou d’art) comme champ de savoirs et de pratiques autonome et indépendant des autres domaines de la vie sociale. C’est pourquoi notamment, l’anthropologue Philippe Descola critiquait cette tendance à « réifier certains pans des savoirs indigènes en les rendant compatibles avec la division moderne des sciences » (Par-delà nature et culture, 2005). Serait ainsi revenu « aux spécialistes des ethnosciences la mise au jour des classifications et des savoirs populaires » et aux « spécialistes de la culture, l’étude du symbolisme, des croyances et des rituels », opérant ainsi une distinction « tranchée » entre « savoir pratique et représentations symboliques ».
Ce séminaire vise à interroger la façon dont ces nouveaux champs d’étude ont répondu à cette critique, en se libérant des méthodes taxonomiques (Conklin, 1962), et en croisant différentes approches disciplinaires pour étudier des pratiques à caractère scientifique dans leurs liens avec des systèmes culturels et symboliques spécifiques. Plus précisément, il s’agit de faire un état des lieux et de comparer les questions et les méthodes qui ont été développées par ces ethno-« sciences » depuis quelques décennies. Cette année, le séminaire se penchera plus particulièrement sur des travaux menés dans le champ de l’ethnopharmacologie (Odonne, 2018 ; Chassagne et al., 2025…) et celui de l’ethnoastronomie (Ruggles, 2015 ; Cardoso, 2016…) et sur la question animale prise depuis l'ethnozoologie et anthropologie historique jusqu'à ses ramifications contemporaines avec les travaux de Pierre-Olivier Dittmar, Sandra Revolon, Anne Di-Piazza ou Frédéric Laugrand (2026).
Dans la continuité de discussions engagées sur l’ethnomusicologie et l’ethnoarchéologie, nous continuerons à interroger les programmes scientifiques nés de l’association de différentes disciplines qui ont fusionné de façon exemplaire, comme l’ethnolinguistique par exemple. Plus largement, une attention particulière sera portée à la façon dont certains savoirs pratiques sont/ont été étudiés par différentes disciplines, des sciences humaines aux mathématiques, comme c’est le cas de la mise en œuvre de « systèmes de parenté » notamment (Lévi-Strauss, 1949 ; Ascher, 1991 ; Hage & Harary, 1996 ; Rauff, 2016 ; Hamberger, 2018, Dousset, Park & Guille- Escuret, 2019…).
Au final, seront ainsi présentés des travaux s’inscrivant dans différents champs interdisciplinaires, à la croisée de l’anthropologie, de l’épistémologie, de l’histoire des sciences et des sciences cognitives et naturelles avec pour objectif principal d’élargir notre point de vue sur les pratiques et les savoirs scientifiques.
En particulier, et en filigrane tout au long des séances, nous chercherons à mieux cerner les éléments de la cognition (en lien avec les mécanismes du raisonnement notamment) qui interviendraient dans la recherche de traits communs voire des fondements universels des conduites humaines, et cela par-delà les variabilités historiques ou socioculturelles. Nous revisiterons les notions d’invariants et d’universels en faisant appel à des auteurs variés (Merleau Ponty, 1960 ; Dennett, 1990 ; Taylor, 2002 ; Lenclud, 2013 ; Diagne, 2024…) et tenterons d’en saisir la portée dans le contexte intellectuel et scientifique actuel.
Ce séminaire visera enfin à comprendre la façon dont l’épistémologie et l’histoire des sciences sont regardées depuis les sociétés autochtones, et la place de ces points de vue vernaculaires dans les processus de décolonisation des savoirs engagés par bon nombre de sociétés anciennement colonisées.
Le programme détaillé n'est pas disponible.
Master
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
- -
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- -
- Pré-requis
- -
Dernière modification : 18 mai 2026 15:39:00
- Type d'UE
- Séminaires collectifs de recherche
- Disciplines
- Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Signes, formes, représentations
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- Langues
- anglais français
- Mots-clés
- Anthropologie Anthropologie culturelle Comparatisme Épistémologie Ethnologie Ethnomusicologie Histoire des sciences et des techniques
- Aires culturelles
- -
Intervenant·e·s
- Eric Vandendriessche [référent·e] chargé de recherche, CNRS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
- Frédéric Joulian maître de conférences, EHESS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
- Sébastien Galliot chargé de recherche, CNRS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
Depuis une soixantaine d’années, nous assistons au développement de nouveaux champs d’étude sous des appellations formées à partir du même préfixe « ethno- » : ethnoécologie, ethnobotanique, ethnomathématique, ethnoastronomie, ethnogéographie, etc. Ces différents champs de recherche partagent le projet d’étudier des pratiques et des savoirs présentant une « ressemblance de famille » (Wittgenstein, 1953) avec des disciplines scientifiques (« reconnues » comme telles), bien que développés hors des champs savants et institutionnels, dans divers contextes culturels, et tout particulièrement dans des sociétés « dites » autochtones.
De ce fait, la catégorie même d’« ethnoscience » n’est pas sans poser problème dans la mesure où elle présuppose, pour certaines catégories d’ « ethno-trucs », une potentialité universellement partagée (mais pas toujours actualisée) à objectiver la nature et à opérer le passage du sensible à l’intelligible (Levi-Strauss, 1961). Par ailleurs, lorsqu’il s’agit des sociétés autochtones (souvent de tradition orale), il n’y a (ou avait) généralement guère de sens à parler de « science » (ou d’art) comme champ de savoirs et de pratiques autonome et indépendant des autres domaines de la vie sociale. C’est pourquoi notamment, l’anthropologue Philippe Descola critiquait cette tendance à « réifier certains pans des savoirs indigènes en les rendant compatibles avec la division moderne des sciences » (Par-delà nature et culture, 2005). Serait ainsi revenu « aux spécialistes des ethnosciences la mise au jour des classifications et des savoirs populaires » et aux « spécialistes de la culture, l’étude du symbolisme, des croyances et des rituels », opérant ainsi une distinction « tranchée » entre « savoir pratique et représentations symboliques ».
Ce séminaire vise à interroger la façon dont ces nouveaux champs d’étude ont répondu à cette critique, en se libérant des méthodes taxonomiques (Conklin, 1962), et en croisant différentes approches disciplinaires pour étudier des pratiques à caractère scientifique dans leurs liens avec des systèmes culturels et symboliques spécifiques. Plus précisément, il s’agit de faire un état des lieux et de comparer les questions et les méthodes qui ont été développées par ces ethno-« sciences » depuis quelques décennies. Cette année, le séminaire se penchera plus particulièrement sur des travaux menés dans le champ de l’ethnopharmacologie (Odonne, 2018 ; Chassagne et al., 2025…) et celui de l’ethnoastronomie (Ruggles, 2015 ; Cardoso, 2016…) et sur la question animale prise depuis l'ethnozoologie et anthropologie historique jusqu'à ses ramifications contemporaines avec les travaux de Pierre-Olivier Dittmar, Sandra Revolon, Anne Di-Piazza ou Frédéric Laugrand (2026).
Dans la continuité de discussions engagées sur l’ethnomusicologie et l’ethnoarchéologie, nous continuerons à interroger les programmes scientifiques nés de l’association de différentes disciplines qui ont fusionné de façon exemplaire, comme l’ethnolinguistique par exemple. Plus largement, une attention particulière sera portée à la façon dont certains savoirs pratiques sont/ont été étudiés par différentes disciplines, des sciences humaines aux mathématiques, comme c’est le cas de la mise en œuvre de « systèmes de parenté » notamment (Lévi-Strauss, 1949 ; Ascher, 1991 ; Hage & Harary, 1996 ; Rauff, 2016 ; Hamberger, 2018, Dousset, Park & Guille- Escuret, 2019…).
Au final, seront ainsi présentés des travaux s’inscrivant dans différents champs interdisciplinaires, à la croisée de l’anthropologie, de l’épistémologie, de l’histoire des sciences et des sciences cognitives et naturelles avec pour objectif principal d’élargir notre point de vue sur les pratiques et les savoirs scientifiques.
En particulier, et en filigrane tout au long des séances, nous chercherons à mieux cerner les éléments de la cognition (en lien avec les mécanismes du raisonnement notamment) qui interviendraient dans la recherche de traits communs voire des fondements universels des conduites humaines, et cela par-delà les variabilités historiques ou socioculturelles. Nous revisiterons les notions d’invariants et d’universels en faisant appel à des auteurs variés (Merleau Ponty, 1960 ; Dennett, 1990 ; Taylor, 2002 ; Lenclud, 2013 ; Diagne, 2024…) et tenterons d’en saisir la portée dans le contexte intellectuel et scientifique actuel.
Ce séminaire visera enfin à comprendre la façon dont l’épistémologie et l’histoire des sciences sont regardées depuis les sociétés autochtones, et la place de ces points de vue vernaculaires dans les processus de décolonisation des savoirs engagés par bon nombre de sociétés anciennement colonisées.
Le programme détaillé n'est pas disponible.
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
- Contacts additionnels
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- Informations pratiques
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- Direction de travaux des étudiants
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- Réception des candidats
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- Pré-requis
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Vieille-Charité
Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille
annuel / mensuel (2e), lundi 14:00-17:30
du 12 octobre 2026 au 14 juin 2027
Nombre de séances : 5