Attention, les informations que vous consultez actuellement ne sont pas celles de l'année universitaire en cours. Consulter l'année universitaire 2025-2026.

UE618 - La démocratisation négative : approche socio-historique d’un paradoxe moderne


Lieu et planning


Planning en cours de validation.


Description


Dernière modification : 15 mai 2026 15:21:02

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Philosophie et épistémologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Dominique Linhardt [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
  • Julia Christ   chargée de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
  • Cédric Moreau de Bellaing   maître de conférences, ENS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)

La tradition sociologique repose sur une hypothèse fondatrice : la modernisation des sociétés va de pair avec leur démocratisation. Le passage d’une « société d’ordres » à une « société de classes », rendu possible par les avancées de l’intégration fonctionnelle, aurait ouvert la voie à des formes d’organisation plus égalitaires et plus émancipatrices. Les sciences sociales elles-mêmes ont longtemps été considérées comme un élément de cette transformation.

Les ruptures historiques du vingtième siècle ont ébranlé ce schéma, sans pour autant conduire à son abandon. L’explication dominante a consisté à identifier des facteurs réputés « extérieurs » au processus de démocratisation – crises économiques, résurgences nationalistes, dysfonctionnements institutionnels, désencastrement du capitalisme – faisant obstacle à son cours « normal ». Ce séminaire se propose d’explorer une hypothèse différente, qui prend la forme d’un paradoxe : la dynamique de la démocratisation elle-même peut, sous certaines conditions, susciter des attitudes et favoriser des tendances antidémocratiques. Cette « démocratisation négative » ne se substitue pas à la « démocratisation positive » ; elle coexiste avec elle, définissant ainsi un type de conflictualité caractéristique des sociétés modernes.

Une fois cette notion caractérisée théoriquement, elle sera mise à l’épreuve à travers des analyses socio-historiques cherchant à articuler trois plans. Tout d’abord, celui de l’intellectualisation : comment certaines formes de savoir et de discours se retournent-elles contre les principes égalitaires dont elles procèdent ? Ensuite, celui de la politisation : par quels mécanismes des revendications formulées au nom de la liberté ou de la dignité servent-elles des projets de restauration hiérarchique, voire nourrissent-elles l’expression de nouvelles formes de sentiments de supériorité ? Enfin, celui de l’institutionnalisation : comment des règles censées garantir la commune appartenance en viennent-elles à produire des effets de fermeture et de distinction ?

Cette structure conflictuelle gagne aujourd’hui en prégnance à une échelle inédite et fait l’objet de développements convergents dans la recherche internationale. Dans ce contexte, la question porte non seulement sur la façon dont les sciences sociales appréhendent ce phénomène, mais aussi sur la façon dont elles parviennent à exercer leur fonction critique face à un processus dont elles sont partie prenante.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études interdisciplinaires du politique – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – écrit ou oral de validation
  • Séminaires de recherche – Philosophie - Philosophie sociale et politique – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – écrit ou oral de validation
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales - Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – écrit ou oral de validation
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – écrit ou oral de validation

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 15 mai 2026 15:21:02

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Philosophie et épistémologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Dominique Linhardt [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
  • Julia Christ   chargée de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
  • Cédric Moreau de Bellaing   maître de conférences, ENS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)

La tradition sociologique repose sur une hypothèse fondatrice : la modernisation des sociétés va de pair avec leur démocratisation. Le passage d’une « société d’ordres » à une « société de classes », rendu possible par les avancées de l’intégration fonctionnelle, aurait ouvert la voie à des formes d’organisation plus égalitaires et plus émancipatrices. Les sciences sociales elles-mêmes ont longtemps été considérées comme un élément de cette transformation.

Les ruptures historiques du vingtième siècle ont ébranlé ce schéma, sans pour autant conduire à son abandon. L’explication dominante a consisté à identifier des facteurs réputés « extérieurs » au processus de démocratisation – crises économiques, résurgences nationalistes, dysfonctionnements institutionnels, désencastrement du capitalisme – faisant obstacle à son cours « normal ». Ce séminaire se propose d’explorer une hypothèse différente, qui prend la forme d’un paradoxe : la dynamique de la démocratisation elle-même peut, sous certaines conditions, susciter des attitudes et favoriser des tendances antidémocratiques. Cette « démocratisation négative » ne se substitue pas à la « démocratisation positive » ; elle coexiste avec elle, définissant ainsi un type de conflictualité caractéristique des sociétés modernes.

Une fois cette notion caractérisée théoriquement, elle sera mise à l’épreuve à travers des analyses socio-historiques cherchant à articuler trois plans. Tout d’abord, celui de l’intellectualisation : comment certaines formes de savoir et de discours se retournent-elles contre les principes égalitaires dont elles procèdent ? Ensuite, celui de la politisation : par quels mécanismes des revendications formulées au nom de la liberté ou de la dignité servent-elles des projets de restauration hiérarchique, voire nourrissent-elles l’expression de nouvelles formes de sentiments de supériorité ? Enfin, celui de l’institutionnalisation : comment des règles censées garantir la commune appartenance en viennent-elles à produire des effets de fermeture et de distinction ?

Cette structure conflictuelle gagne aujourd’hui en prégnance à une échelle inédite et fait l’objet de développements convergents dans la recherche internationale. Dans ce contexte, la question porte non seulement sur la façon dont les sciences sociales appréhendent ce phénomène, mais aussi sur la façon dont elles parviennent à exercer leur fonction critique face à un processus dont elles sont partie prenante.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études interdisciplinaires du politique – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – écrit ou oral de validation
  • Séminaires de recherche – Philosophie - Philosophie sociale et politique – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – écrit ou oral de validation
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales - Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – écrit ou oral de validation
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – écrit ou oral de validation
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Planning en cours de validation.