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UE555 - La discipline au travail


Lieu et planning


  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, mardi 15:30-17:30
    du 19 janvier 2027 au 6 avril 2027
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 13 mai 2026 18:58:16

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Économie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Agriculture Collectifs Domination Droit, normes et société Dynamiques sociales Entreprises Esclavage Genre Histoire économique et sociale Industrie Marché Mouvements sociaux Professions Protection sociale Techniques Travail
Aires culturelles
Amérique du Nord Atlantiques (mondes) Europe France
Intervenant·e·s
  • Jérôme Bourdieu [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, INRAE / Paris School of Economics (PJSE)
  • Jean-Yves Grenier   directeur d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)

Le séminaire reprend cette année l’analyse de la dimension collective de l’organisation du travail, de la capacité productive qu’elle permet de libérer et des contraintes qu’elle fait peser sur ses participants. Le travail productif est d’abord un collectif de travail, et nous souhaitons mettre en évidence les formes variées que peuvent prendre ces collectifs ainsi que leurs modalités de constitution.

L’an dernier, l’accent a été mis sur la relation entre le travail comme collectif de production et la technique de production et, en particulier, sur l’élaboration de la relation entre le capital productif et l’organisation de la production. Plusieurs cas ont été envisagés : la division du travail dans les grandes fermes cisterciennes, les modes de production agricole collective (openfield, mir), la plantation esclavagiste, l’entreprise comme bureaucratie dans le cas de l’Ansaldo, la surveillance du travail et le rôle des contremaîtres, la taylorisation et le travail à la chaîne, participation des femmes à la production pendant la Première Guerre mondiale. Nous souhaitons reprendre cette réflexion, éventuellement à partir d’autres objets, et montrer comment l’organisation du travail, comme technique de définition et de coordination des tâches, peut être pensée, dans un premier temps, en fonction de la technique de production et des contraintes qui lui sont propres. Cependant, dans un second temps, on peut concevoir la capacité à organiser le travail et les conditions qui rendent possible la mise en œuvre d’une forme d’organisation comme une source de pouvoir agissant sur l’usage de la technique et donc sur le choix du fonctionnement technique de la production. Cela fait de la capacité d’organiser une forme de pouvoir sur la main-d’œuvre et donc un enjeu de lutte entre ceux qui travaillent et ceux dont le travail consiste à organiser la production en fonction d’intérêts qui sont le plus souvent ceux des détenteurs du capital. Cette tension constituera une dimension importante du séminaire.

Dans le cas des grandes entreprises, les fonctions de coordination nécessaires à la mobilisation collective des travailleurs affectent le choix des techniques de production, la définition des tâches et des postes, et impliquent une division, notamment sexuelle, du travail ainsi qu’une hiérarchie des tâches, de leur exécution et du contrôle de cette exécution. Ces fonctions de coordination, ainsi que les dispositifs permettant leur mise en œuvre, font l’objet de contestations, de résistances et de remises en cause qui ne dépendent pas seulement des contraintes liées aux caractéristiques des techniques de production.

Toutes les formes de coordination ne sont pas le produit de l’expression d’une volonté d’organisation explicite et ni parfois même objectivée. Nous nous intéresserons aux formes de coordination et de fonctionnement collectif qui sont implicites. On portera particulièrement attention à la manière dont il dépend des femmes à la fois à l’extérieur des organisations marchandes (ménages) et dans ces organisations. De plus, elles ne sont pas définies seulement au niveau de l’entreprise, mais renvoient éventuellement à des formes de coordination établies à une échelle plus large. Nous aborderons ces questions à travers différents cas : les métiers et corporations professionnelles, différentes formes d’organisations collectives des travailleurs (syndicats, friendly societies, unions, caisses ouvrières, etc.). Nous évoquerons aussi, dans cette perspective, les mouvements coopératifs et les formes d’autogestion. Mais d’autres formes d’organisation, peut-être moins évidentes, seront également envisagées : la standardisation de la production et ses effets sur l’organisation du travail, la gestion de l’ajustement de l’offre et de la demande de travail par les Bourses du travail, la question de l’apprentissage et de la définition de la qualification, la place accordée aux femmes dans l’organisation du travail.

Cela conduit à faire apparaître que la coordination du travail collectif ne se fait pas seulement à l’échelle du lieu de production ou de l’entreprise, mais qu’elle est aussi liée à des institutions de coordination ou de régulation, publiques ou privées, agissant à des échelles diverses (locales ou internationales) et différentes de celles des agents sociaux qu’elles visent à réguler. L’objectif est d’examiner cette dimension collective aux échelles les plus variées, en partant du ménage comme unité élémentaire de production collective et en allant jusqu’à la capacité de production que représentent les travailleurs d’une nation. Comme les années précédentes, nous adoptons une approche comparatiste (dans l’espace et dans le temps) afin d’examiner des questions générales à partir de cas précis. Si, du fait de nos recherches propres, nous accorderons une attention particulière au cas de l’Europe moderne et contemporaine, nous aborderons également d’autres territoires et d’autres périodes.

Non disponible


Master


  • Séminaires de recherche – Analyse et politique économiques – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 13 mai 2026 18:58:16

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Économie, Histoire
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Agriculture Collectifs Domination Droit, normes et société Dynamiques sociales Entreprises Esclavage Genre Histoire économique et sociale Industrie Marché Mouvements sociaux Professions Protection sociale Techniques Travail
Aires culturelles
Amérique du Nord Atlantiques (mondes) Europe France
Intervenant·e·s
  • Jérôme Bourdieu [référent·e]   directeur d'études, EHESS - directeur de recherche, INRAE / Paris School of Economics (PJSE)
  • Jean-Yves Grenier   directeur d'études, EHESS / Centre de recherches historiques (CRH)

Le séminaire reprend cette année l’analyse de la dimension collective de l’organisation du travail, de la capacité productive qu’elle permet de libérer et des contraintes qu’elle fait peser sur ses participants. Le travail productif est d’abord un collectif de travail, et nous souhaitons mettre en évidence les formes variées que peuvent prendre ces collectifs ainsi que leurs modalités de constitution.

L’an dernier, l’accent a été mis sur la relation entre le travail comme collectif de production et la technique de production et, en particulier, sur l’élaboration de la relation entre le capital productif et l’organisation de la production. Plusieurs cas ont été envisagés : la division du travail dans les grandes fermes cisterciennes, les modes de production agricole collective (openfield, mir), la plantation esclavagiste, l’entreprise comme bureaucratie dans le cas de l’Ansaldo, la surveillance du travail et le rôle des contremaîtres, la taylorisation et le travail à la chaîne, participation des femmes à la production pendant la Première Guerre mondiale. Nous souhaitons reprendre cette réflexion, éventuellement à partir d’autres objets, et montrer comment l’organisation du travail, comme technique de définition et de coordination des tâches, peut être pensée, dans un premier temps, en fonction de la technique de production et des contraintes qui lui sont propres. Cependant, dans un second temps, on peut concevoir la capacité à organiser le travail et les conditions qui rendent possible la mise en œuvre d’une forme d’organisation comme une source de pouvoir agissant sur l’usage de la technique et donc sur le choix du fonctionnement technique de la production. Cela fait de la capacité d’organiser une forme de pouvoir sur la main-d’œuvre et donc un enjeu de lutte entre ceux qui travaillent et ceux dont le travail consiste à organiser la production en fonction d’intérêts qui sont le plus souvent ceux des détenteurs du capital. Cette tension constituera une dimension importante du séminaire.

Dans le cas des grandes entreprises, les fonctions de coordination nécessaires à la mobilisation collective des travailleurs affectent le choix des techniques de production, la définition des tâches et des postes, et impliquent une division, notamment sexuelle, du travail ainsi qu’une hiérarchie des tâches, de leur exécution et du contrôle de cette exécution. Ces fonctions de coordination, ainsi que les dispositifs permettant leur mise en œuvre, font l’objet de contestations, de résistances et de remises en cause qui ne dépendent pas seulement des contraintes liées aux caractéristiques des techniques de production.

Toutes les formes de coordination ne sont pas le produit de l’expression d’une volonté d’organisation explicite et ni parfois même objectivée. Nous nous intéresserons aux formes de coordination et de fonctionnement collectif qui sont implicites. On portera particulièrement attention à la manière dont il dépend des femmes à la fois à l’extérieur des organisations marchandes (ménages) et dans ces organisations. De plus, elles ne sont pas définies seulement au niveau de l’entreprise, mais renvoient éventuellement à des formes de coordination établies à une échelle plus large. Nous aborderons ces questions à travers différents cas : les métiers et corporations professionnelles, différentes formes d’organisations collectives des travailleurs (syndicats, friendly societies, unions, caisses ouvrières, etc.). Nous évoquerons aussi, dans cette perspective, les mouvements coopératifs et les formes d’autogestion. Mais d’autres formes d’organisation, peut-être moins évidentes, seront également envisagées : la standardisation de la production et ses effets sur l’organisation du travail, la gestion de l’ajustement de l’offre et de la demande de travail par les Bourses du travail, la question de l’apprentissage et de la définition de la qualification, la place accordée aux femmes dans l’organisation du travail.

Cela conduit à faire apparaître que la coordination du travail collectif ne se fait pas seulement à l’échelle du lieu de production ou de l’entreprise, mais qu’elle est aussi liée à des institutions de coordination ou de régulation, publiques ou privées, agissant à des échelles diverses (locales ou internationales) et différentes de celles des agents sociaux qu’elles visent à réguler. L’objectif est d’examiner cette dimension collective aux échelles les plus variées, en partant du ménage comme unité élémentaire de production collective et en allant jusqu’à la capacité de production que représentent les travailleurs d’une nation. Comme les années précédentes, nous adoptons une approche comparatiste (dans l’espace et dans le temps) afin d’examiner des questions générales à partir de cas précis. Si, du fait de nos recherches propres, nous accorderons une attention particulière au cas de l’Europe moderne et contemporaine, nous aborderons également d’autres territoires et d’autres périodes.

Non disponible

  • Séminaires de recherche – Analyse et politique économiques – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    2nd semestre / hebdomadaire, mardi 15:30-17:30
    du 19 janvier 2027 au 6 avril 2027
    Nombre de séances : 12