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UE536 - Psychanalyse et philosophie de la psychanalyse


Lieu et planning


  • CMP Claude Bernard
    20 rue Larrey 75015, Paris
    annuel / mensuel (2e), jeudi 20:30-21:30
    du 8 octobre 2026 au 10 juin 2027
    Nombre de séances : 10


Description


Dernière modification : 13 mai 2026 18:10:21

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
Disciplines
Anthropologie historique, Philosophie et épistémologie
Page web
http://pierrehenri.castel.free.fr 
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Philosophie sociale Psychanalyse Psychiatrie Religieux (sciences sociales du) Témoignage
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Pierre-Henri Castel [référent·e]   directeur de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)

Le séminaire portera cette année sur une lecture d'un des documents les plus célèbres de l'histoire de la psychiatrie, Les Farfadets de Berbiguier. Il sera guidé par trois grandes questions. Les formes de la folie (et pas seulement ses contenus délirants ou hallucinatoires) sont-ils ou non sensibles à l'histoire ? Mais si oui, à quoi, au juste, dans l'histoire ? Comment (et avec quelles conséquences) peut-on historiciser-dénaturaliser certains grands invariants formels de la psychose hérités de la psychiatrie et de la psychanalyse ? Quelle place enfin continuer à faire à la folie comme phénomène significatif dans les transformations majeures des sociétés modernes ?

On y combinera annthropologie, micro-histoire et réflexion générale sur la philosophie des sciences sociales aux frontières des savoirs « psy ».

Si les Mémoires d'un névropathe du président Schreber constituent encore la référence centrale des réflexions psychanalytiques sur la psychose, et notamment du fait de leur reprise particulièrement fouillée par Lacan, Les Farfadets, où tous les démons ne sont pas de l'autre monde, de Berbiguier (1764-1861), leur offre un pendant cliniquement au moins aussi riche. Henri Ey, qui en a tiré certains éléments-clés de la doctrine française de l'hallucination psychotique, les considérait même comme plus intéressants encore !

Or on sait qu'un enjeu capital de la théorie standard de la psychose en psychanalyse (et avant elle dans la psychiatrie classique) est qu'elle aurait une sorte d'invariance qui l'immuniserait contre la variabilité historique et culturelle, ou réduirait cette dernière à une simple variation des matériaux et des circonstances des hallucinations et des délires. Cette invariance a été radicalisée d'un point de vue formel justement par Lacan, qui fait de la psychose, lorsqu'il lit Schreber, un ratage particulier de l'articulation du sujet parlant en général au symbolique en général. Du point de vue de la philosophie des sciences sociales, c'est même une instanciation exemplaire, sinon une preuve de la théorie symbolique du social (Lévi-Strauss), par contraste avec toute théorie sociale du symbolique (Durkheim et Mauss). La "forclusion du Nom-du-Père" apparaît comme transsociale et transhistorique.

Rouvrir le dossier Berbiguier, c'est reprendre ce problème au fondement. Car il n'est pas complètement impossible de ramener son délire aux coordonnées standards de la théorie lacanienne de la psychose. Toutefois, on défendra une position sensiblement divergente. Si Berbiguier a déliré dans les termes dans lesquels il a déliré, ce ne serait pas comme un cas d'espèce de la subjectivité humaine confrontée à des accidents symboliques communs, toujours identifiables aujourd'hui « en structure », mais parce que sa folie porte témoignage d'une crise constitutive de l'individu et de son « moi » à la charnière de l'Ancien régime et de la Révolution (et de l'Empire). La Restauration n'est pas n'importe quelle période à cet égard, et le délire de Berbiguier peut se décrire comme un « délire de restauration » sur le fond d'un monde disparu. On soutiendra à la fois que c'est un des premiers délires vraiment modernes, et qu'il est cependant distinct de celui de Schreber.

Qu'est-ce qui, dans l'histoire, affecte donc la vie psychique (l'appareil psychique sous contrainte de socialisation) en sorte de donner une certaine forme à la folie ? Et quelles conséquences pratiques peut en tirer le clinicien, s'il veut bien envisager les faits de la folie (de la psychose) selon des paramètres socio-historiques qui ne seraient pas qu'un décor changeant pour des invariants abstraits ? Quelle place enfin continuer à faire à la folie dans les transformations majeures des sociétés modernes ?

La méthode de l'enquête, grâce aux réflexions et aux documents d'archive inédits découverts par Stéphane Bacciochi, prendra pour référence la micro-histoire. On mobilisera aussi diverses ressources ethnographiques et littéraires et, bien sûr, l'histoire et l'épistémologie de la psychiatrie, mais toujours avec pour fil conducteur la « pensée sociologique » travaillant en profondeur les savoirs psychologiques.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Me contacter impérativement pour accéder aux locaux du CMP Claude Bernard

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats

Me contacter

Pré-requis
-

Dernière modification : 13 mai 2026 18:10:21

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Séminaires de centre
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Mots-clés
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Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Pierre-Henri Castel [référent·e]   directeur de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)

Le séminaire portera cette année sur une lecture d'un des documents les plus célèbres de l'histoire de la psychiatrie, Les Farfadets de Berbiguier. Il sera guidé par trois grandes questions. Les formes de la folie (et pas seulement ses contenus délirants ou hallucinatoires) sont-ils ou non sensibles à l'histoire ? Mais si oui, à quoi, au juste, dans l'histoire ? Comment (et avec quelles conséquences) peut-on historiciser-dénaturaliser certains grands invariants formels de la psychose hérités de la psychiatrie et de la psychanalyse ? Quelle place enfin continuer à faire à la folie comme phénomène significatif dans les transformations majeures des sociétés modernes ?

On y combinera annthropologie, micro-histoire et réflexion générale sur la philosophie des sciences sociales aux frontières des savoirs « psy ».

Si les Mémoires d'un névropathe du président Schreber constituent encore la référence centrale des réflexions psychanalytiques sur la psychose, et notamment du fait de leur reprise particulièrement fouillée par Lacan, Les Farfadets, où tous les démons ne sont pas de l'autre monde, de Berbiguier (1764-1861), leur offre un pendant cliniquement au moins aussi riche. Henri Ey, qui en a tiré certains éléments-clés de la doctrine française de l'hallucination psychotique, les considérait même comme plus intéressants encore !

Or on sait qu'un enjeu capital de la théorie standard de la psychose en psychanalyse (et avant elle dans la psychiatrie classique) est qu'elle aurait une sorte d'invariance qui l'immuniserait contre la variabilité historique et culturelle, ou réduirait cette dernière à une simple variation des matériaux et des circonstances des hallucinations et des délires. Cette invariance a été radicalisée d'un point de vue formel justement par Lacan, qui fait de la psychose, lorsqu'il lit Schreber, un ratage particulier de l'articulation du sujet parlant en général au symbolique en général. Du point de vue de la philosophie des sciences sociales, c'est même une instanciation exemplaire, sinon une preuve de la théorie symbolique du social (Lévi-Strauss), par contraste avec toute théorie sociale du symbolique (Durkheim et Mauss). La "forclusion du Nom-du-Père" apparaît comme transsociale et transhistorique.

Rouvrir le dossier Berbiguier, c'est reprendre ce problème au fondement. Car il n'est pas complètement impossible de ramener son délire aux coordonnées standards de la théorie lacanienne de la psychose. Toutefois, on défendra une position sensiblement divergente. Si Berbiguier a déliré dans les termes dans lesquels il a déliré, ce ne serait pas comme un cas d'espèce de la subjectivité humaine confrontée à des accidents symboliques communs, toujours identifiables aujourd'hui « en structure », mais parce que sa folie porte témoignage d'une crise constitutive de l'individu et de son « moi » à la charnière de l'Ancien régime et de la Révolution (et de l'Empire). La Restauration n'est pas n'importe quelle période à cet égard, et le délire de Berbiguier peut se décrire comme un « délire de restauration » sur le fond d'un monde disparu. On soutiendra à la fois que c'est un des premiers délires vraiment modernes, et qu'il est cependant distinct de celui de Schreber.

Qu'est-ce qui, dans l'histoire, affecte donc la vie psychique (l'appareil psychique sous contrainte de socialisation) en sorte de donner une certaine forme à la folie ? Et quelles conséquences pratiques peut en tirer le clinicien, s'il veut bien envisager les faits de la folie (de la psychose) selon des paramètres socio-historiques qui ne seraient pas qu'un décor changeant pour des invariants abstraits ? Quelle place enfin continuer à faire à la folie dans les transformations majeures des sociétés modernes ?

La méthode de l'enquête, grâce aux réflexions et aux documents d'archive inédits découverts par Stéphane Bacciochi, prendra pour référence la micro-histoire. On mobilisera aussi diverses ressources ethnographiques et littéraires et, bien sûr, l'histoire et l'épistémologie de la psychiatrie, mais toujours avec pour fil conducteur la « pensée sociologique » travaillant en profondeur les savoirs psychologiques.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

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-
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  • CMP Claude Bernard
    20 rue Larrey 75015, Paris
    annuel / mensuel (2e), jeudi 20:30-21:30
    du 8 octobre 2026 au 10 juin 2027
    Nombre de séances : 10