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UE527 - Le privé et ses problèmes : comment renouveler sa critique sociologique ?
Lieu et planning
Planning en cours de validation.
Description
Dernière modification : 13 mai 2026 17:11:34
- Type d'UE
- Séminaires de centre
- Centres
- Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Disciplines
- Philosophie et épistémologie, Sociologie
- Page web
- -
- Langues
- français
- L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
- Mots-clés
- Philosophie politique Philosophie sociale Sociologie politique
- Aires culturelles
- -
Intervenant·e·s
- Pierre-Henri Castel [référent·e] directeur de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Titus Roché doctorant, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Valentin Rio docteur, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
L'ambition de ce séminaire interdisciplinaire est d’ouvrir l'architecture conceptuelle de la notion de « privé » telle qu'elle est employée en philosophie et en sociologie, ainsi que dans le langage ordinaire. Pour cela, il s’agira de repartir des différentes formes de partage entre le « privé » et le « politique » telles qu’on les trouve dans des travaux contemporains de philosophie et de sociologie. Le « privé », en effet, désigne une zone du social fréquemment définie par la négative, soit qu'il fasse obstacle aux luttes pour un progrès commun, soit qu'il soit activement menaçant pour le public et le bien commun. Dans tous les cas, le privé ne serait pas public : il serait par définition extérieur au social. Est-ce là la seule manière de critiquer le privé ? Peut-on envisager des formes de critique alternatives ?
Pour cela, il s’agira de repartir des différentes formes de partage entre le « privé » et le « politique » telles qu’on les trouve dans la littérature. On identifiera provisoirement à cette fin deux manières dont la littérature existante les aborde.
1) De nombreux écrits d’économie politique n’ont cessé de dénoncer les méfaits de la propriété privée sur la construction de systèmes de solidarité, de mise en commun des bénéfices, arguant d’une appropriation illégitime de ces bénéfices au motif de leur nature essentiellement « sociale » (Marx, 1996 ; Proudhon, 2024) ou commune (Dardot et Laval, 2014). Sur un autre versant, ils sont rejoints par des réflexions sur les apports considérables d’un espace public (Habermas, 1993) et des processus de constitution des publics (Dewey, 2010), lesquels permettent d’émanciper les individus des logiques de cloisonnement limitant le déploiement de la raison démocratique. Partageant ce même souci du bien public, des auteurs formulent le diagnostic inquiet d’une extension contemporaine du privé dans les espaces publics (Sennett, 1977), et plus largement dans les mœurs, contribuant à des formes pathologiques de repli sur soi (Lasch, 1979). Tous semblent en accord pour soutenir que le privé est contraire à l’intérêt général, que son existence, tolérée tant qu’elle reste séparée du « public », fait obstacle aux luttes pour un progrès commun.
2) Sur le plan de la solidarité sociale, le privé lui-même a pu être défini comme essentiellement désocialisant. Cette définition rejaillit alors non seulement sur la définition qu’on donne du public, mais aussi sur celle de ce qu’on entend par « social ». Chez Polanyi (1943), la « société » doit faire l’objet de protections parce que le type de solidarité qui la constitue se trouve menacé par l’extension progressive du marché. Celui-ci n’est pas un idéal de société, parce qu’il implique pour s’instituer une perturbation du rythme entre la transformation des conditions sociales par certains groupes cherchant leur intérêt privé, et l’adaptation d’autres groupes à ces conditions. De même, Robert Castel (1999) fait du social la norme au nom de laquelle est dénoncée la « désaffiliation », la rupture des liens d’appartenance entre les personnes et leurs groupes. Cette rupture est opérée par des groupes qui organisent le travail de manière inédite, à des échelles géographiques qui échappent à l’intégration locale.
Ces courants de pensée partagent un présupposé commun, selon lequel le privé serait non seulement l’antinomie du public mais aussi du social, voire du politique. Pourrait-on envisager, de manière alternative, que le privé soit lui-même socialement institué ? C’est ce que nombre de travaux semblent également présupposer, quoique de manière non explicite. Dans le cadre de la sociologie de la protection des données, c’est le privé lui-même qui doit être protégé contre les intrusions étatiques et économiques (G.T. Marx, 2014). Le privé étant alors un bien à défendre. Mais, à l’inverse, nombre de travaux sociologiques, notamment issus du féminisme, s’appuient sur l’idée que la sphère intime devrait être davantage politisée (Bereni, Laure, et Anne Revillard, 2008), dans la mesure où son cloisonnement limite gravement la compréhension des rapports sociaux qui la sous-tendent.
Comment comprendre cette pluralité de mobilisations de la notion ? Est-il possible de tirer des enseignements d’une véritable socialisation du privé, qui ferait droit à une interrogation renouvelée sur le rôle qu’il doit jouer dans l'organisation sociale ? Sous quelles formes nouvelles sa nécessaire critique peut-elle alors se formuler, eu égard à son ancrage social ?
Le programme détaillé n'est pas disponible.
Master
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
- -
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- -
- Pré-requis
- -
Dernière modification : 13 mai 2026 17:11:34
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Intervenant·e·s
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- Titus Roché doctorant, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Valentin Rio docteur, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
L'ambition de ce séminaire interdisciplinaire est d’ouvrir l'architecture conceptuelle de la notion de « privé » telle qu'elle est employée en philosophie et en sociologie, ainsi que dans le langage ordinaire. Pour cela, il s’agira de repartir des différentes formes de partage entre le « privé » et le « politique » telles qu’on les trouve dans des travaux contemporains de philosophie et de sociologie. Le « privé », en effet, désigne une zone du social fréquemment définie par la négative, soit qu'il fasse obstacle aux luttes pour un progrès commun, soit qu'il soit activement menaçant pour le public et le bien commun. Dans tous les cas, le privé ne serait pas public : il serait par définition extérieur au social. Est-ce là la seule manière de critiquer le privé ? Peut-on envisager des formes de critique alternatives ?
Pour cela, il s’agira de repartir des différentes formes de partage entre le « privé » et le « politique » telles qu’on les trouve dans la littérature. On identifiera provisoirement à cette fin deux manières dont la littérature existante les aborde.
1) De nombreux écrits d’économie politique n’ont cessé de dénoncer les méfaits de la propriété privée sur la construction de systèmes de solidarité, de mise en commun des bénéfices, arguant d’une appropriation illégitime de ces bénéfices au motif de leur nature essentiellement « sociale » (Marx, 1996 ; Proudhon, 2024) ou commune (Dardot et Laval, 2014). Sur un autre versant, ils sont rejoints par des réflexions sur les apports considérables d’un espace public (Habermas, 1993) et des processus de constitution des publics (Dewey, 2010), lesquels permettent d’émanciper les individus des logiques de cloisonnement limitant le déploiement de la raison démocratique. Partageant ce même souci du bien public, des auteurs formulent le diagnostic inquiet d’une extension contemporaine du privé dans les espaces publics (Sennett, 1977), et plus largement dans les mœurs, contribuant à des formes pathologiques de repli sur soi (Lasch, 1979). Tous semblent en accord pour soutenir que le privé est contraire à l’intérêt général, que son existence, tolérée tant qu’elle reste séparée du « public », fait obstacle aux luttes pour un progrès commun.
2) Sur le plan de la solidarité sociale, le privé lui-même a pu être défini comme essentiellement désocialisant. Cette définition rejaillit alors non seulement sur la définition qu’on donne du public, mais aussi sur celle de ce qu’on entend par « social ». Chez Polanyi (1943), la « société » doit faire l’objet de protections parce que le type de solidarité qui la constitue se trouve menacé par l’extension progressive du marché. Celui-ci n’est pas un idéal de société, parce qu’il implique pour s’instituer une perturbation du rythme entre la transformation des conditions sociales par certains groupes cherchant leur intérêt privé, et l’adaptation d’autres groupes à ces conditions. De même, Robert Castel (1999) fait du social la norme au nom de laquelle est dénoncée la « désaffiliation », la rupture des liens d’appartenance entre les personnes et leurs groupes. Cette rupture est opérée par des groupes qui organisent le travail de manière inédite, à des échelles géographiques qui échappent à l’intégration locale.
Ces courants de pensée partagent un présupposé commun, selon lequel le privé serait non seulement l’antinomie du public mais aussi du social, voire du politique. Pourrait-on envisager, de manière alternative, que le privé soit lui-même socialement institué ? C’est ce que nombre de travaux semblent également présupposer, quoique de manière non explicite. Dans le cadre de la sociologie de la protection des données, c’est le privé lui-même qui doit être protégé contre les intrusions étatiques et économiques (G.T. Marx, 2014). Le privé étant alors un bien à défendre. Mais, à l’inverse, nombre de travaux sociologiques, notamment issus du féminisme, s’appuient sur l’idée que la sphère intime devrait être davantage politisée (Bereni, Laure, et Anne Revillard, 2008), dans la mesure où son cloisonnement limite gravement la compréhension des rapports sociaux qui la sous-tendent.
Comment comprendre cette pluralité de mobilisations de la notion ? Est-il possible de tirer des enseignements d’une véritable socialisation du privé, qui ferait droit à une interrogation renouvelée sur le rôle qu’il doit jouer dans l'organisation sociale ? Sous quelles formes nouvelles sa nécessaire critique peut-elle alors se formuler, eu égard à son ancrage social ?
Le programme détaillé n'est pas disponible.
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