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UE495 - « Ultras » : formes de vie des « fafs » et autres mouvances politiques radicales


Lieu et planning


Planning en cours de validation.


Description


Dernière modification : 13 mai 2026 14:57:38

Type d'UE
Ateliers de doctorants
Centres
Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Ethnographie Interactions Milieu Mobilisation(s) Monde Morphologie Mouvements sociaux Nationalisme Politique Pratiques Réseaux sociaux Sociologie Violence
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Erwan Plurien [référent·e]   doctorant, EHESS / Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)

L'affaire Quentin Deranque a mis sous le feu des projecteurs médiatiques la vie quotidienne, notamment les pratiques de combat de rue, d'un ensemble de milieux sociaux interreliés, d'ordinaire opaques au regard public : le monde des groupuscules d'extrême droite - (auto-)désigné « faf » -, celui des antifascistes de rue (« afa ») et, au-delà, de tous ceux (supporters ultras et hooligans de football (« hools »), militants autonomes (« totos ») et « alternatifs » : punks, queers, raveurs, etc.) qui forment, pris ensemble, ce qu'une locution médiatique appela le « contexte lyonnais », bien qu'il trouve en fait à se déployer ailleurs. Ce sont tous ces milieux, que nous réunissons sous le concept de « mouvances », et d'abord le milieu « faf », qui retiendront l'attention de cet atelier doctoral. Il s'agira d'en décrire, dans un cadre interactionniste et en privilégiant une méthode ethnographique compréhensive, la logique de fonctionnement collective quotidienne ; c'est-à-dire la façon dont ces mondes sociaux peu institués, très fluides, trouvent à communiquer, communiser, communier autour de logiques d'action et d'économies morales propres, dessinant chacun leur propre forme de vie idéale-typique.

L'atelier propose une introduction à la vie quotidienne des groupuscules d'extrême droite, fondée sur nos propres recherches doctorales et notamment notre enquête ethnographique menée en ces milieux in extenso depuis fin 2020. Il situe le mouvement de montée en puissance et d'unification de cette mouvance au sein d'un écosystème global d'extrême droite lui-même en ascension rapide, tout en pointant, à revers, les nombreuses contraintes, fragilités et tiraillements qui donnent à ce monde un caractère morcelé et hétérogène. Il propose enfin un modèle d'analyse de la logique routinière de ce monde, qui s'essaie à se généraliser à toutes les mouvances pré-citées.

L'invitation, dans un second temps, d'intervenants extérieurs, aux disciplines et aux terrains divers, permettra de replacer le monde « faf » dans sa configuration et de mettre à l'épreuve des autres mouvances le modèle théorique proposé. Sociologues, mais aussi anthropologues, historiens du temps présent, politistes et philosophes sont conviés, pour essayer de couvrir les mondes d'extrême droite groupusculaires en France et à l'étranger, les mondes autonome et écologiste radical français, les mondes punks et ultras, ainsi que les services de police et de renseignement spécialisés dans la surveillance et la répression de ces mondes « subversifs ».

L'atelier se veut enfin un lieu de dialogue méthodologique entre tous les participants. Les mouvances radicales posent des contraintes d'enquête communes : dynamiques négatives d'enclicage, participation à la violence quotidienne, injonction à la prise de position éthique et politique. Les dernières séances sont donc consacrées aux modalités optimum de relations enquêteur/enquêtés.

L'atelier est ouvert à tous les participants, de quelques niveaux et disciplines qu'ils soient (il priorise l'approche sociologique, mais accueille anthropologues, historiens, politistes et philosophes). Il se place sous une triple exigence éthique de neutralité axiologique, d'approche compréhensive et internaliste et de respect d'une délicatesse due aux enquêtés ; lignes de mire à la mise en pratique sans cesse discutable et problématique, mais que nous estimons primordiales. Nous espérons aussi que l'atelier serve de lieu de sociabilité entre chercheurs aux terrains d'enquête, contraintes méthodologiques et intuitions analytiques convergents, participant à instituer une recherche sur ces sujets encore trop sectorisé.

Bibliographie indicative

  • BEY Hakim, TAZ. Zone Autonome Temporaire, Paris, L'Eclat, 1997 (1991), 90 p.
  • BULLE Sylvaine, Irréductibles. Enquête sur des milieux de vie, de Bure à Notre-Dame des Landes, Grenoble, UGA, 2021, 352 p.
  • CASAJUS Emmanuel, Style et violence à l'extrême droite radicale, Paris, Cerf, 2023, 312 p.
  • CODACCIONI Vanessa, Comment les États répriment. Une courte histoire du pouvoir de punir, Paris, Divergences, 2025, 176 p.
  • DEBORD Guy, « Cette mauvaise réputation... », Paris, NRF, 1993, 144 p.
  • DELEUZE Gilles & GUATTARI Félix, Rhizome, Paris, Minuit, 1973, 74 p.
  • GAUTIER Jean-Paul, Les extrêmes droites en France. De 1945 à nos jours, Paris, Syllepse, « Mauvais temps », 2017, 528 p.
  • GRIFFIN Roger, « From Slime Mould to Rhizome. An Introduction to the Groupuscular Right », Patterns of Prejudice, 2003/1 (n° 37), p. 27 – 50.
  • GROSSETTI Michel, Matière sociale. Esquisse d'une ontologie pour les sciences sociales, Paris, Herrmann, « Métaphysique et sciences », 2022, 332 p.
  • KATZ Jack, Seductions of Crime. Moral and Sensual Attractions in Doing Evil, New Yor, Basic Books, 1988, 376 p.
  • LEBOURG Nicolas, « Quels matériaux et quelle démarche pour l'étude d'une marge violente ? », Parlement(s), 2018/2 (n° 28), p. 159 – 168.
  • SAUVADET Thomas, Le capital guerrier. Concurrence et solidarité entre jeunes de cités, Paris, Armand Colin, « Sociétales », 2006, 303 p.
  • SOMMIER Isabelle, « Aux antipodes des extrémistes d'hier, les radicaux d'aujourd'hui », Pouvoirs, 2021/4 (n° 179), p. 103 – 113.
  • VARDON-RAYBAUD Philippe, Éléments pour une contre-culture identitaire, Paris, IDées, 2011, 306 p.
  • WHITE Harrison, Identité et contrôle. Une théorie de l'émergence des formations sociales, Paris, EHESS, « Translations », 2011 (1991), 493 p.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 13 mai 2026 14:57:38

Type d'UE
Ateliers de doctorants
Centres
Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Sociologie
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Ethnographie Interactions Milieu Mobilisation(s) Monde Morphologie Mouvements sociaux Nationalisme Politique Pratiques Réseaux sociaux Sociologie Violence
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Erwan Plurien [référent·e]   doctorant, EHESS / Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)

L'affaire Quentin Deranque a mis sous le feu des projecteurs médiatiques la vie quotidienne, notamment les pratiques de combat de rue, d'un ensemble de milieux sociaux interreliés, d'ordinaire opaques au regard public : le monde des groupuscules d'extrême droite - (auto-)désigné « faf » -, celui des antifascistes de rue (« afa ») et, au-delà, de tous ceux (supporters ultras et hooligans de football (« hools »), militants autonomes (« totos ») et « alternatifs » : punks, queers, raveurs, etc.) qui forment, pris ensemble, ce qu'une locution médiatique appela le « contexte lyonnais », bien qu'il trouve en fait à se déployer ailleurs. Ce sont tous ces milieux, que nous réunissons sous le concept de « mouvances », et d'abord le milieu « faf », qui retiendront l'attention de cet atelier doctoral. Il s'agira d'en décrire, dans un cadre interactionniste et en privilégiant une méthode ethnographique compréhensive, la logique de fonctionnement collective quotidienne ; c'est-à-dire la façon dont ces mondes sociaux peu institués, très fluides, trouvent à communiquer, communiser, communier autour de logiques d'action et d'économies morales propres, dessinant chacun leur propre forme de vie idéale-typique.

L'atelier propose une introduction à la vie quotidienne des groupuscules d'extrême droite, fondée sur nos propres recherches doctorales et notamment notre enquête ethnographique menée en ces milieux in extenso depuis fin 2020. Il situe le mouvement de montée en puissance et d'unification de cette mouvance au sein d'un écosystème global d'extrême droite lui-même en ascension rapide, tout en pointant, à revers, les nombreuses contraintes, fragilités et tiraillements qui donnent à ce monde un caractère morcelé et hétérogène. Il propose enfin un modèle d'analyse de la logique routinière de ce monde, qui s'essaie à se généraliser à toutes les mouvances pré-citées.

L'invitation, dans un second temps, d'intervenants extérieurs, aux disciplines et aux terrains divers, permettra de replacer le monde « faf » dans sa configuration et de mettre à l'épreuve des autres mouvances le modèle théorique proposé. Sociologues, mais aussi anthropologues, historiens du temps présent, politistes et philosophes sont conviés, pour essayer de couvrir les mondes d'extrême droite groupusculaires en France et à l'étranger, les mondes autonome et écologiste radical français, les mondes punks et ultras, ainsi que les services de police et de renseignement spécialisés dans la surveillance et la répression de ces mondes « subversifs ».

L'atelier se veut enfin un lieu de dialogue méthodologique entre tous les participants. Les mouvances radicales posent des contraintes d'enquête communes : dynamiques négatives d'enclicage, participation à la violence quotidienne, injonction à la prise de position éthique et politique. Les dernières séances sont donc consacrées aux modalités optimum de relations enquêteur/enquêtés.

L'atelier est ouvert à tous les participants, de quelques niveaux et disciplines qu'ils soient (il priorise l'approche sociologique, mais accueille anthropologues, historiens, politistes et philosophes). Il se place sous une triple exigence éthique de neutralité axiologique, d'approche compréhensive et internaliste et de respect d'une délicatesse due aux enquêtés ; lignes de mire à la mise en pratique sans cesse discutable et problématique, mais que nous estimons primordiales. Nous espérons aussi que l'atelier serve de lieu de sociabilité entre chercheurs aux terrains d'enquête, contraintes méthodologiques et intuitions analytiques convergents, participant à instituer une recherche sur ces sujets encore trop sectorisé.

Bibliographie indicative

  • BEY Hakim, TAZ. Zone Autonome Temporaire, Paris, L'Eclat, 1997 (1991), 90 p.
  • BULLE Sylvaine, Irréductibles. Enquête sur des milieux de vie, de Bure à Notre-Dame des Landes, Grenoble, UGA, 2021, 352 p.
  • CASAJUS Emmanuel, Style et violence à l'extrême droite radicale, Paris, Cerf, 2023, 312 p.
  • CODACCIONI Vanessa, Comment les États répriment. Une courte histoire du pouvoir de punir, Paris, Divergences, 2025, 176 p.
  • DEBORD Guy, « Cette mauvaise réputation... », Paris, NRF, 1993, 144 p.
  • DELEUZE Gilles & GUATTARI Félix, Rhizome, Paris, Minuit, 1973, 74 p.
  • GAUTIER Jean-Paul, Les extrêmes droites en France. De 1945 à nos jours, Paris, Syllepse, « Mauvais temps », 2017, 528 p.
  • GRIFFIN Roger, « From Slime Mould to Rhizome. An Introduction to the Groupuscular Right », Patterns of Prejudice, 2003/1 (n° 37), p. 27 – 50.
  • GROSSETTI Michel, Matière sociale. Esquisse d'une ontologie pour les sciences sociales, Paris, Herrmann, « Métaphysique et sciences », 2022, 332 p.
  • KATZ Jack, Seductions of Crime. Moral and Sensual Attractions in Doing Evil, New Yor, Basic Books, 1988, 376 p.
  • LEBOURG Nicolas, « Quels matériaux et quelle démarche pour l'étude d'une marge violente ? », Parlement(s), 2018/2 (n° 28), p. 159 – 168.
  • SAUVADET Thomas, Le capital guerrier. Concurrence et solidarité entre jeunes de cités, Paris, Armand Colin, « Sociétales », 2006, 303 p.
  • SOMMIER Isabelle, « Aux antipodes des extrémistes d'hier, les radicaux d'aujourd'hui », Pouvoirs, 2021/4 (n° 179), p. 103 – 113.
  • VARDON-RAYBAUD Philippe, Éléments pour une contre-culture identitaire, Paris, IDées, 2011, 306 p.
  • WHITE Harrison, Identité et contrôle. Une théorie de l'émergence des formations sociales, Paris, EHESS, « Translations », 2011 (1991), 493 p.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
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Informations pratiques
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Direction de travaux des étudiants
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Réception des candidats
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Pré-requis
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Planning en cours de validation.