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UE352 - La lutte pour la reconnaissance : approches anthropologiques et politiques


Lieu et planning


Planning en cours de validation.


Description


Dernière modification : 11 mai 2026 19:35:25

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Philosophie et épistémologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Affects Animalité Anthropologie Domination Esthétique sociale Philosophie politique Philosophie sociale Valeur
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Barbara Carnevali [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre des savoirs sur le politique : recherches et analyses (CESPRA)
  • Christophe Bouton   professeur des universités, Université Bordeaux-Montaigne

Dans ce séminaire annuel de recherche, nous proposerons, à partir d’un dialogue étroit entre philosophie politique, anthropologie philosophique et théorie sociale, une introduction approfondie au thème de la reconnaissance et une relecture critique originale de ce concept.

Parmi les questions qui orienteront notre travail : quels sont les fondements anthropologiques – les conceptions de l’être humain – présupposés par les théories de la reconnaissance ? Le besoin de reconnaissance suppose‑t‑il nécessairement une rupture idéaliste avec la nature biologique de l’être humain, ou peut‑il être repensé sur des bases moins dualistes ? La reconnaissance n’a‑t‑elle pas aussi un versant obscur – conformisme, reconnaissance paternaliste ou idéologique, assujettissement du corps, mortification de la créativité axiologique et de la rébellion, à la fois collective et individuelle ? Quels en sont les enjeux politiques, en particulier les conceptions de l’État et de la société qui lui sont associées ? Quel rôle joue aujourd’hui la dimension esthétique de la reconnaissance en relation avec les demandes de visibilité et le rôle du corps ?

D’un point de vue historique, nous retracerons d’abord la genèse philosophique du concept d’Anerkennung chez Fichte et plus particulièrement Hegel au début du XIXᵉ siècle. Nous nous pencherons ensuite sur deux moments fondateurs de la « pré-histoire » moderne de ce problème : d’un côté Thomas Hobbes, avec sa théorie de la gloire et de la vanité (en dialogue avec l’interprétation de Leo Strauss et d’Alexandre Kojève), de l’autre Jean‑Jacques Rousseau, non seulement à travers la distinction entre amour‑propre et amour de soi, mais aussi en considérant la dimension autobiographique comme scène de revanche du « serviteur » sur les « maîtres ».

En suivant le fil de l’idéalisme allemand, nous arriverons à Alexandre Kojève, dont nous mettrons à l’épreuve la lecture de Hegel ainsi que la notion de « lutte à mort de pur prestige », en les confrontant de manière critique à l’anthropologie philosophique qui revendique une approche anti-dualiste de l'humain (notamment Max Scheler et Helmuth Plessner). Nous nous tournerons vers la théorie sociale du XXe siècle, en particulier vers l’œuvre d’Erving Goffman (son analyse du rituel d’interaction) et de Pierre Bourdieu (la question de la justification, la théorie du capital et de la violence symbolique, le rôle de l'esthétique), ainsi que sur la ligne critique qui va d’Althusser à Judith Butler et qui conteste les présupposés du paradigme hégélien sur la base du concept d’« interpellation ». Nous conclurons par l’examen de la pensée du plus influent théoricien contemporain de la reconnaissance, Axel Honneth, ainsi que par la discussion de deux conférences qu’Honneth lui-même donnera les 4 et 11 juin, consacrées aux nouvelles formes de lutte pour la reconnaissance dans les sociétés contemporaines.


Master


  • Séminaires de recherche – Philosophie - Philosophie sociale et politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
christophe.bouton33@orange.fr
Informations pratiques

écrire à barbara.carnevali@ehess.fr et christophe.bouton33@orange.fr 

Direction de travaux des étudiants

Sur RDV uniquement

Réception des candidats

Sur RDV uniquement

Pré-requis
-

Dernière modification : 11 mai 2026 19:35:25

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Philosophie et épistémologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Affects Animalité Anthropologie Domination Esthétique sociale Philosophie politique Philosophie sociale Valeur
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Barbara Carnevali [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre des savoirs sur le politique : recherches et analyses (CESPRA)
  • Christophe Bouton   professeur des universités, Université Bordeaux-Montaigne

Dans ce séminaire annuel de recherche, nous proposerons, à partir d’un dialogue étroit entre philosophie politique, anthropologie philosophique et théorie sociale, une introduction approfondie au thème de la reconnaissance et une relecture critique originale de ce concept.

Parmi les questions qui orienteront notre travail : quels sont les fondements anthropologiques – les conceptions de l’être humain – présupposés par les théories de la reconnaissance ? Le besoin de reconnaissance suppose‑t‑il nécessairement une rupture idéaliste avec la nature biologique de l’être humain, ou peut‑il être repensé sur des bases moins dualistes ? La reconnaissance n’a‑t‑elle pas aussi un versant obscur – conformisme, reconnaissance paternaliste ou idéologique, assujettissement du corps, mortification de la créativité axiologique et de la rébellion, à la fois collective et individuelle ? Quels en sont les enjeux politiques, en particulier les conceptions de l’État et de la société qui lui sont associées ? Quel rôle joue aujourd’hui la dimension esthétique de la reconnaissance en relation avec les demandes de visibilité et le rôle du corps ?

D’un point de vue historique, nous retracerons d’abord la genèse philosophique du concept d’Anerkennung chez Fichte et plus particulièrement Hegel au début du XIXᵉ siècle. Nous nous pencherons ensuite sur deux moments fondateurs de la « pré-histoire » moderne de ce problème : d’un côté Thomas Hobbes, avec sa théorie de la gloire et de la vanité (en dialogue avec l’interprétation de Leo Strauss et d’Alexandre Kojève), de l’autre Jean‑Jacques Rousseau, non seulement à travers la distinction entre amour‑propre et amour de soi, mais aussi en considérant la dimension autobiographique comme scène de revanche du « serviteur » sur les « maîtres ».

En suivant le fil de l’idéalisme allemand, nous arriverons à Alexandre Kojève, dont nous mettrons à l’épreuve la lecture de Hegel ainsi que la notion de « lutte à mort de pur prestige », en les confrontant de manière critique à l’anthropologie philosophique qui revendique une approche anti-dualiste de l'humain (notamment Max Scheler et Helmuth Plessner). Nous nous tournerons vers la théorie sociale du XXe siècle, en particulier vers l’œuvre d’Erving Goffman (son analyse du rituel d’interaction) et de Pierre Bourdieu (la question de la justification, la théorie du capital et de la violence symbolique, le rôle de l'esthétique), ainsi que sur la ligne critique qui va d’Althusser à Judith Butler et qui conteste les présupposés du paradigme hégélien sur la base du concept d’« interpellation ». Nous conclurons par l’examen de la pensée du plus influent théoricien contemporain de la reconnaissance, Axel Honneth, ainsi que par la discussion de deux conférences qu’Honneth lui-même donnera les 4 et 11 juin, consacrées aux nouvelles formes de lutte pour la reconnaissance dans les sociétés contemporaines.

  • Séminaires de recherche – Philosophie - Philosophie sociale et politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 12 ECTS
    MCC – fiche de lecture, exposé oral
Contacts additionnels
christophe.bouton33@orange.fr
Informations pratiques

écrire à barbara.carnevali@ehess.fr et christophe.bouton33@orange.fr 

Direction de travaux des étudiants

Sur RDV uniquement

Réception des candidats

Sur RDV uniquement

Pré-requis
-

Planning en cours de validation.