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UE337 - Interdisciplinarité en pratique


Lieu et planning


  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    1er semestre / hebdomadaire, lundi 09:00-12:00
    du 12 octobre 2026 au 14 décembre 2026
    Nombre de séances : 8


Description


Dernière modification : 6 mai 2026 17:18:54

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Sylvain Laurens [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)

Souvent brandie comme un objectif louable, l’interdisciplinarité fonctionne-t-elle vraiment et produit-elle des résultats probants en sciences humaines ? Le parti pris pour répondre à cette question a été de proposer une approche relevant de l’histoire intellectuelle en se concentrant sur des séquences historiques où des écoles de pensée se réclamant de l’interdisciplinarité ont renouvelé l’approche de tel ou tel enjeu jusqu’ici traité dans le cadre d’une approche purement disciplinaire.

Le cours est articulé en neuf séances et propose un parcours autour de textes produits par des historiens, des sociologues, des anthropologues, des politistes, des économistes, des psychologues, des philosophes, des chercheurs en littérature. Ils ont des statuts différents (programmes de recherche, monographies, entretiens réflexifs sur des trajectoires intellectuelles). Ils ont été choisis pour aider à recontextualiser les pratiques de l’interdisciplinarité au plus près des configurations intellectuelles dont elles sont le produit. Ils peuvent être lus individuellement mais ils ont surtout vocation à être discutés collectivement et offrent des jalons pour un court voyage intellectuel. Ils offrent aussi l’occasion de se constituer une bibliothèque minimale sur la pratique de l’interdisciplinarité.

Introduction

Partie A - Disciplines, interdisciplinarité, « in / out » académique et « tension essentielle »

Partie B – Organisation du travail collectif 

 

Chapitre 1 : Des « sciences sociales » pour une « histoire problème » : Synthèse, Annales et EHESS. 

Partie A – Du projet durkheimien d’une science sociale unifiée à la genèse des Annales. 

Partie B - L’institutionnalisation et la « seconde génération » (Braudel et l’après-guerre). 

Partie C - Des sciences sociales intégrées dans une Ecole : histoire économique, sociale, anthropologique (années 1960–1970).

Partie D - Crises et recompositions : la “Nouvelle Histoire” et ses critiques (1970–2010). 

 

 

Chapitre 2 : Des « sciences sociales » pour nourrir une théorie critique : L’école de Francfort

Partie A – Une école pour enrichir le marxisme des apports empiriques des sciences humaines et sociales (années 1930). 

Partie B - Une école en exil : la critique pluri-disciplinaire de l’autorité fasciste. 

Partie C- Critique du capitalisme technique et de l’industrie culturelle d’après-guerre. 

Partie D - Héritages et discussions critiques. 

 

Chapitre 3 : Les Cultural Studies : des sciences sociales en discussion avec l’analyse littéraire et des produits culturels. 

Partie A – Analyser les produits culturels populaires avec la même rigueur que la littérature. 

Partie B – La culture comme terrain de bataille : les prolongements dans la superstructure de la lutte des classes. 

Partie C – Héritages et prolongements critiques. 

 

Chapitre 4 : Les Subaltern Studies : Des sciences sociales en discussion avec la critique de l’orientalisme et de l’européocentrisme.

Partie A - Naissance des Subaltern Studies : l’impact global du renouveau de l’historiographie indienne.

Partie B – Des subalternes dans d’autres contextes : Afrique et Amérique Latine. 

Partie C – Le développement de la théorie postcoloniale et le renouvellement de la critique européocentriste en anthropologie. 

Partie D -  Les Critiques marxistes et historiographiques adressées aux Subaltern Studies. 

 

Chapitre 5 : Le renouveau de la « sociologie politique » : La sociologie remède d’une science politique sortie du juridisme ?. 

Partie A : La découverte de la sociologie des champs par la science politique française. 

Partie B : L’analyse sociologique du vote et les résistances conservatrices au nom de la liberté politique du sujet.

Partie C : La revisite sociologique des rôles politiques, des institutions et des mobilisations. 

Partie D – Après la vague ? La structuration de la science politique française au début des années 2000.

 

Chapitre 6 : Epistémologies féministes et sciences sociales : de la marginalisation à l’intégration à la boite à outils généraliste du social scientist. 

Partie A - Une épistémologie objective ?  La critique féministe du savoir. 

Partie B – Une institutionnalisation académique incertaine : Backlash(s), science war et transmission des savoirs construits. 

Partie C – Genre et renouvellement historiographique. 

Partie D – Une anthropologie et une sociologie féministes. 

Partie E- Routinisation méthodologique et réflexivité éthique au sein d’une communauté épistémique.

 

Chapitre 7 : La revue Genèses : des sciences sociales réunifiées autour de la socio-histoire et de l’enquête de terrain ?. 

Partie A – De l’histoire sociale à la socio-histoire.

Partie B – La défense d’une anthropologie des pratiques et non exotique contre le culturalisme. 

Partie C – Une sociologie remise en relation avec les méthodes anthropologiques et historiques. 

Partie D – Héritage et divergences. 

 

Chapitre 8 : La socio-économie : un salut interdisciplinaire pour l’hétérodoxie économique ?

Partie A – « Les fils rebelles d’Althusser et de Pierre Massé » (Alain Lipietz) :des économistes de gauche pour une économie régulée (1968-1982)

Partie B- Le reflux vers l’université : la consolidation théorique de la régulation post 1983

Partie C – Diversité des capitalismes, institutions et construction des marchés : le rapprochement avec l’approche par champs et le néo-institutionnalisme US. 

Partie D – La convention comme « micro » de la régulation : économie régulationniste et économie conventionnaliste. 

Partie E - Héritages pour la socio-économie et crise de reproduction de la régulation.. 

 

Chapitre 9 : Des sciences sociales ‘intersectionnelles’ ?.

Partie A – Du champ de l’aide juridique à un renouvellement épistémologique.

Partie B - L’intersectionnalité dans les sciences sociales. 

Partie C « Les intersectionnels » comme panique morale. 

 


Master


  • Tronc commun – Sciences sociales - Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 6 mai 2026 17:18:54

Type d'UE
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Disciplines
Sociologie
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Langues
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Mots-clés
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Aires culturelles
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Intervenant·e·s
  • Sylvain Laurens [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)

Souvent brandie comme un objectif louable, l’interdisciplinarité fonctionne-t-elle vraiment et produit-elle des résultats probants en sciences humaines ? Le parti pris pour répondre à cette question a été de proposer une approche relevant de l’histoire intellectuelle en se concentrant sur des séquences historiques où des écoles de pensée se réclamant de l’interdisciplinarité ont renouvelé l’approche de tel ou tel enjeu jusqu’ici traité dans le cadre d’une approche purement disciplinaire.

Le cours est articulé en neuf séances et propose un parcours autour de textes produits par des historiens, des sociologues, des anthropologues, des politistes, des économistes, des psychologues, des philosophes, des chercheurs en littérature. Ils ont des statuts différents (programmes de recherche, monographies, entretiens réflexifs sur des trajectoires intellectuelles). Ils ont été choisis pour aider à recontextualiser les pratiques de l’interdisciplinarité au plus près des configurations intellectuelles dont elles sont le produit. Ils peuvent être lus individuellement mais ils ont surtout vocation à être discutés collectivement et offrent des jalons pour un court voyage intellectuel. Ils offrent aussi l’occasion de se constituer une bibliothèque minimale sur la pratique de l’interdisciplinarité.

Introduction

Partie A - Disciplines, interdisciplinarité, « in / out » académique et « tension essentielle »

Partie B – Organisation du travail collectif 

 

Chapitre 1 : Des « sciences sociales » pour une « histoire problème » : Synthèse, Annales et EHESS. 

Partie A – Du projet durkheimien d’une science sociale unifiée à la genèse des Annales. 

Partie B - L’institutionnalisation et la « seconde génération » (Braudel et l’après-guerre). 

Partie C - Des sciences sociales intégrées dans une Ecole : histoire économique, sociale, anthropologique (années 1960–1970).

Partie D - Crises et recompositions : la “Nouvelle Histoire” et ses critiques (1970–2010). 

 

 

Chapitre 2 : Des « sciences sociales » pour nourrir une théorie critique : L’école de Francfort

Partie A – Une école pour enrichir le marxisme des apports empiriques des sciences humaines et sociales (années 1930). 

Partie B - Une école en exil : la critique pluri-disciplinaire de l’autorité fasciste. 

Partie C- Critique du capitalisme technique et de l’industrie culturelle d’après-guerre. 

Partie D - Héritages et discussions critiques. 

 

Chapitre 3 : Les Cultural Studies : des sciences sociales en discussion avec l’analyse littéraire et des produits culturels. 

Partie A – Analyser les produits culturels populaires avec la même rigueur que la littérature. 

Partie B – La culture comme terrain de bataille : les prolongements dans la superstructure de la lutte des classes. 

Partie C – Héritages et prolongements critiques. 

 

Chapitre 4 : Les Subaltern Studies : Des sciences sociales en discussion avec la critique de l’orientalisme et de l’européocentrisme.

Partie A - Naissance des Subaltern Studies : l’impact global du renouveau de l’historiographie indienne.

Partie B – Des subalternes dans d’autres contextes : Afrique et Amérique Latine. 

Partie C – Le développement de la théorie postcoloniale et le renouvellement de la critique européocentriste en anthropologie. 

Partie D -  Les Critiques marxistes et historiographiques adressées aux Subaltern Studies. 

 

Chapitre 5 : Le renouveau de la « sociologie politique » : La sociologie remède d’une science politique sortie du juridisme ?. 

Partie A : La découverte de la sociologie des champs par la science politique française. 

Partie B : L’analyse sociologique du vote et les résistances conservatrices au nom de la liberté politique du sujet.

Partie C : La revisite sociologique des rôles politiques, des institutions et des mobilisations. 

Partie D – Après la vague ? La structuration de la science politique française au début des années 2000.

 

Chapitre 6 : Epistémologies féministes et sciences sociales : de la marginalisation à l’intégration à la boite à outils généraliste du social scientist. 

Partie A - Une épistémologie objective ?  La critique féministe du savoir. 

Partie B – Une institutionnalisation académique incertaine : Backlash(s), science war et transmission des savoirs construits. 

Partie C – Genre et renouvellement historiographique. 

Partie D – Une anthropologie et une sociologie féministes. 

Partie E- Routinisation méthodologique et réflexivité éthique au sein d’une communauté épistémique.

 

Chapitre 7 : La revue Genèses : des sciences sociales réunifiées autour de la socio-histoire et de l’enquête de terrain ?. 

Partie A – De l’histoire sociale à la socio-histoire.

Partie B – La défense d’une anthropologie des pratiques et non exotique contre le culturalisme. 

Partie C – Une sociologie remise en relation avec les méthodes anthropologiques et historiques. 

Partie D – Héritage et divergences. 

 

Chapitre 8 : La socio-économie : un salut interdisciplinaire pour l’hétérodoxie économique ?

Partie A – « Les fils rebelles d’Althusser et de Pierre Massé » (Alain Lipietz) :des économistes de gauche pour une économie régulée (1968-1982)

Partie B- Le reflux vers l’université : la consolidation théorique de la régulation post 1983

Partie C – Diversité des capitalismes, institutions et construction des marchés : le rapprochement avec l’approche par champs et le néo-institutionnalisme US. 

Partie D – La convention comme « micro » de la régulation : économie régulationniste et économie conventionnaliste. 

Partie E - Héritages pour la socio-économie et crise de reproduction de la régulation.. 

 

Chapitre 9 : Des sciences sociales ‘intersectionnelles’ ?.

Partie A – Du champ de l’aide juridique à un renouvellement épistémologique.

Partie B - L’intersectionnalité dans les sciences sociales. 

Partie C « Les intersectionnels » comme panique morale. 

 

  • Tronc commun – Sciences sociales - Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • 48 bd Jourdan
    48 bd Jourdan 75014 Paris
    1er semestre / hebdomadaire, lundi 09:00-12:00
    du 12 octobre 2026 au 14 décembre 2026
    Nombre de séances : 8