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UE327 - Micro-histoires d'un espace en mutation : migrations, (post)empires et (post)esclavages dans les Caraïbes (1790-1900)


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle A402
    annuel / bimensuel (2e/4e/5e), mardi 15:30-17:30
    du 13 octobre 2026 au 25 mai 2027
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 11 mai 2026 17:45:26

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
-
Aires culturelles
Amériques
Intervenant·e·s
  • Thomas Mareite [référent·e]   contrat postdoctoral, EHESS / Mondes américains (MONDA)
  • Romy Sánchez   chargée de recherche, CNRS / Mondes américains (MONDA)

Ce séminaire entend analyser les recompositions de l’espace caribéen sur le long XIXe siècle. Il s’agira de travailler à l’intersection de trois champs d’étude étroitement liés : 1) expériences de migrations politiques et régimes de refuge coloniaux et post-coloniaux ; 2) évolutions et réflexions autour des régimes de travail entre esclavage et post-esclavage ; et 3) reconfigurations politiques et sociales liées aux diverses « révolutions impériales » et post-impériales transformant cet espace. Sur le plan méthodologique, le séminaire privilégiera une approche microhistorique, biographique et prosopographique – dans un cadre d’analyse résolument transimpérial et transnational – afin de concrètement matérialiser les multiples imbrications de ces trois objets d’enquête à travers des expériences individuelles et collectives. Le séminaire proposera tout d’abord d’interroger la formation de régimes de refuge – ou de non-refuge – nés de l’exacerbation des migrations politiques dans un cadre colonial et post-colonial lors de l’âge des révolutions. Cette perspective conduira à examiner les définitions locales du « réfugié » et les catégories employées pour qualifier ces populations, ainsi que les critères et hiérarchies – statuts raciaux, propriété, « utilité » économique, loyauté politique – qui conditionnaient l’accès, ou non, aux protections et privilèges associés au statut de « réfugié ». Cette emphase sur les migrations politiques, comprises sur un large spectre, nous conduira sur un riche terrain lexical entre « exils », « expulsions », « déportations », « relégations », ou encore « transportations ». Il conviendra de situer ces diverses migrations politiques à l’intersection (et comme catalyseurs) d’autres formes de mobilités, qu’elles soient contraintes ou semi-contraintes (traite transatlantique et intra-caribéenne des esclavisés, engagismes) ou volontaires (immigrations européennes et extra-européennes). Les liens étroits entre migrations politiques et l’alternative esclavage/post-esclavage – question si cruciale dans la refonte des empires ou de leur dépassement dans l’espace caribéen constitueront un volet important de ce séminaire. Il s’agira notamment de comprendre comment l’expansion de régimes esclavagistes ou leur effondrement – des suites par exemple de la révolution haïtienne (1791-1804) ou de la guerre de Sécession (1861-1865)  générèrent un ensemble de migrations politiques donnant chair à de profondes mutations impériales et post-impériales. L’attention portée aussi bien aux esclavisés dits « fugitifs » qu’aux propriétaires esclavagistes en exil mettra en évidence la polarisation entre espaces où l’esclavage se renforça (Cuba et sud des États-Unis comme épicentres caribéens du « second esclavage ») et espaces post-esclavagistes dits de « sol libre » (comme Haïti et le Mexique, où les esclavisés étrangers furent déclarés libres et protégés de l’extradition). Cette perspective permettra également d’explorer les contrastes entre migrations anti-esclavagistes (par ex. d’afro-étatsuniens libres vers Haïti) et migrations pro-esclavagistes (par ex. Cuba comme terre de refuge pour esclavagistes en exil). Les migrations politiques constituent en outre un prisme pour analyser les recompositions des identités et appartenances politiques se déployant au-delà de cadres strictement intra-impériaux et nationaux – avec comme fréquent arrière fond la dialectique tant débattue entre esclavage et post-esclavage. Les tensions entre loyalisme, indépendantisme et annexionnisme, ainsi que l’émergence d’un nativisme caribéen dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle s’inscrivent pleinement dans ces dynamiques. L’imbrication « par le bas » de ces trois grands objets d’étude nous permettra en outre de restituer à échelle humaine la recomposition des empires, en particulier la refonte des modes de gouvernance impériale et des relations colonie-métropole, ainsi que les (re)définitions de la sujétion et de la citoyenneté. En somme, ce séminaire invite à considérer l’intersection entre migrations politiques, esclavage/post-esclavage, et « révolutions impériales »/post-impériales comme prisme critique pour analyser la refonte sociale et politique de l’espace caribéen au cours du long XIXᵉ siècle.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 11 mai 2026 17:45:26

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
-
Aires culturelles
Amériques
Intervenant·e·s
  • Thomas Mareite [référent·e]   contrat postdoctoral, EHESS / Mondes américains (MONDA)
  • Romy Sánchez   chargée de recherche, CNRS / Mondes américains (MONDA)

Ce séminaire entend analyser les recompositions de l’espace caribéen sur le long XIXe siècle. Il s’agira de travailler à l’intersection de trois champs d’étude étroitement liés : 1) expériences de migrations politiques et régimes de refuge coloniaux et post-coloniaux ; 2) évolutions et réflexions autour des régimes de travail entre esclavage et post-esclavage ; et 3) reconfigurations politiques et sociales liées aux diverses « révolutions impériales » et post-impériales transformant cet espace. Sur le plan méthodologique, le séminaire privilégiera une approche microhistorique, biographique et prosopographique – dans un cadre d’analyse résolument transimpérial et transnational – afin de concrètement matérialiser les multiples imbrications de ces trois objets d’enquête à travers des expériences individuelles et collectives. Le séminaire proposera tout d’abord d’interroger la formation de régimes de refuge – ou de non-refuge – nés de l’exacerbation des migrations politiques dans un cadre colonial et post-colonial lors de l’âge des révolutions. Cette perspective conduira à examiner les définitions locales du « réfugié » et les catégories employées pour qualifier ces populations, ainsi que les critères et hiérarchies – statuts raciaux, propriété, « utilité » économique, loyauté politique – qui conditionnaient l’accès, ou non, aux protections et privilèges associés au statut de « réfugié ». Cette emphase sur les migrations politiques, comprises sur un large spectre, nous conduira sur un riche terrain lexical entre « exils », « expulsions », « déportations », « relégations », ou encore « transportations ». Il conviendra de situer ces diverses migrations politiques à l’intersection (et comme catalyseurs) d’autres formes de mobilités, qu’elles soient contraintes ou semi-contraintes (traite transatlantique et intra-caribéenne des esclavisés, engagismes) ou volontaires (immigrations européennes et extra-européennes). Les liens étroits entre migrations politiques et l’alternative esclavage/post-esclavage – question si cruciale dans la refonte des empires ou de leur dépassement dans l’espace caribéen constitueront un volet important de ce séminaire. Il s’agira notamment de comprendre comment l’expansion de régimes esclavagistes ou leur effondrement – des suites par exemple de la révolution haïtienne (1791-1804) ou de la guerre de Sécession (1861-1865)  générèrent un ensemble de migrations politiques donnant chair à de profondes mutations impériales et post-impériales. L’attention portée aussi bien aux esclavisés dits « fugitifs » qu’aux propriétaires esclavagistes en exil mettra en évidence la polarisation entre espaces où l’esclavage se renforça (Cuba et sud des États-Unis comme épicentres caribéens du « second esclavage ») et espaces post-esclavagistes dits de « sol libre » (comme Haïti et le Mexique, où les esclavisés étrangers furent déclarés libres et protégés de l’extradition). Cette perspective permettra également d’explorer les contrastes entre migrations anti-esclavagistes (par ex. d’afro-étatsuniens libres vers Haïti) et migrations pro-esclavagistes (par ex. Cuba comme terre de refuge pour esclavagistes en exil). Les migrations politiques constituent en outre un prisme pour analyser les recompositions des identités et appartenances politiques se déployant au-delà de cadres strictement intra-impériaux et nationaux – avec comme fréquent arrière fond la dialectique tant débattue entre esclavage et post-esclavage. Les tensions entre loyalisme, indépendantisme et annexionnisme, ainsi que l’émergence d’un nativisme caribéen dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle s’inscrivent pleinement dans ces dynamiques. L’imbrication « par le bas » de ces trois grands objets d’étude nous permettra en outre de restituer à échelle humaine la recomposition des empires, en particulier la refonte des modes de gouvernance impériale et des relations colonie-métropole, ainsi que les (re)définitions de la sujétion et de la citoyenneté. En somme, ce séminaire invite à considérer l’intersection entre migrations politiques, esclavage/post-esclavage, et « révolutions impériales »/post-impériales comme prisme critique pour analyser la refonte sociale et politique de l’espace caribéen au cours du long XIXᵉ siècle.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
Contacts additionnels
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Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle A402
    annuel / bimensuel (2e/4e/5e), mardi 15:30-17:30
    du 13 octobre 2026 au 25 mai 2027
    Nombre de séances : 12