UE300 - Nos autres morts
Lieu et planning
Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant
(une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) :
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=300.
-
Campus Condorcet (bât. Recherche Sud)
Cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 3.122 (bât. Recherche Sud, 5 cours des Humanités)
annuel / mensuel, lundi 09:00-11:00
du 9 novembre 2026 au 14 juin 2027
Nombre de séances : 7- Lundi 9 novembre 2026
- Lundi 7 décembre 2026
- Lundi 11 janvier 2027
- Lundi 8 mars 2027
- Lundi xx avril 2027 (date fixée ultérieurement)
- Lundi 10 mai 2027
- Lundi 14 juin 2027
Description
Dernière modification : 15 oct. 2026 14:09:48
- Type d'UE
- Ateliers de doctorants
- Centres
- Institut des mondes africains (IMAF)
- Disciplines
- Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
- Page web
- -
- Langues
- français
- L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
- Mots-clés
- Anthropologie Mort Religieux (sciences sociales du)
- Aires culturelles
- Transnational/transfrontières Afrique Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Iranien (monde) Méditerranéens (mondes) Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s
- Céliende Lebon [référent·e] doctorante, EHESS / Institut des mondes africains (IMAF)
Les sociétés modernes tiennent des listes de leurs morts. Sur les monuments, dans les communiqués officiels d'une épidémie comme celle du Covid-19, dans les minutes de silence, mais aussi désormais sur les murs Facebook qui restent « à vie », ou dans les groupes WhatsApp des villages. Cette activité obstinée, à la fois bureaucratique, rituelle et numérique, a un envers. À côté de ceux et celles qu'on compte précisément, il y a ceux et celles qu'on dénombre approximativement (comme les corps repêchés en Méditerranée, recensés par des ONG faute d'État), ceux et celles qu'on enterre sans stèle, ceux et celles dont les proches attendent une dépouille qui ne reviendra pas, ou ceux et celles qui n'apparaissent dans aucun registre collectif officiel. Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils et elles n'appartiennent à aucun « nous » : le plus souvent, ils et elles relèvent de collectifs alternatifs, minoritaires, parfois clandestins, qui les revendiquent depuis les marges.
L'atelier voudrait travailler ces seuils différentiels de visibilité à partir d'une question simple à formuler et difficile à tenir : qu'est-ce qui fait qu'un défunt devient nôtre, et que produit, en retour, le travail de devenir le « nôtre » de quelqu'un ? Lorsqu'un État parle de « nos soldats tombés », ou une famille de « notre disparu », le possessif n'enregistre pas un lien préexistant : il l'institue, il le rend public, il le rend opposable. Inversement, les morts qui ne trouvent preneur dans aucun « nous » dominant sont l'objet d'une opération qui les soustrait aux revendications majoritaires, tout en ouvrant, par ce manque même, l'espace d'autres pratiques.
Nous voudrions saisir ce travail dans son épaisseur, en tenant ensemble trois mouvements. Un mouvement de soustraction, d'abord, par lequel certaines morts sont inscrites dans des catégories administratives qui les neutralisent (les « non-identifiés », les « anonymes »). Un mouvement de réappropriation, ensuite, par lequel des proches, des collectifs minoritaires, des diasporas ou des mouvements politiques reprennent ces défunts à l'opération qui les a soustraits. Et un mouvement de création, enfin, par lequel le moment liminaire qu'ouvre la mort, surtout lorsqu'elle est éloignée, retenue ou dépourvue de corps, devient catalyseur de pratiques nouvelles : rituels recomposés, hommages numériques durables, capacités d'agir reconstituées du côté des survivants et des survivantes. Nous verrons ce que la mort, en tant qu'événement social et biologique, permet de faire.
Les sciences sociales de la mort se sont historiquement organisées autour des rites funéraires, du deuil individuel ou de la biopolitique des populations. La question de savoir comment des collectifs s'approprient symboliquement certains défunts, en laissent d'autres au seuil de la visibilité, et comment ces opérations engendrent à leur tour des reprises et de nouvelles capacités d'agir, reste dispersée entre des espaces de recherche qui se parlent peu : migrations, conflits armés, sorties de dictature, diasporas, anthropologie du numérique.
Cet atelier doctoral voudrait ouvrir les discussions autour de la mort en sciences sociales en assumant la rencontre, et parfois la friction productive, entre approches sociologiques et anthropologiques, et en réunissant des enquêtes situées dont la dissemblance même rend possible une grammaire comparée de ces appropriations collectives.
L'atelier est co-organisé et animé par Céliende Lebon (EHESS - IMAF) et A. Kaan Doğanok (MESOPOLHIS), qui en assureront la modération.
Lundi 9 novembre 2026 : Sepideh Parsapajouh, « Nos morts et nous : pratiques, histoire et mémoire au cimetière de Behesht Zahra »
Lundi 7 décembre 2026 : Julie Alev Dilmaç, « La mort en partage, la mémoire en conflit : espaces et récits commémoratifs fragmentés à Chypre »
Lundi 11 janvier 2027 :
Jordi Moreras, « Trier ce n'est pas trahir. Alternatives au rapatriement des défunts parmi les Marocains en Espagne »
Valérie Cuzol, « Les ritualités funéraires musulmanes en France. Acteurs, pratiques et dynamiques sociales et professionnelles »
Lundi 8 mars 2027 : Sophie Gleizes, « Réflexions sur un rite compassionnel pour les déserteurs à la frontière roumano-ukrainienne »
Lundi xx avril 2027 :
Stéphanie Latte Abdallah (titre de l’intervention à confirmer)
Clémence Vendryes, « S'obstiner à détruire et à réinventer un cimetière palestinien : confrontation spatiale et actorielle à Al-Shuhada (Jérusalem-Est) »
Lundi 10 mai 2027 : Ana Militaru, « Sculpter un visage sans regard »
Lundi 14 juin 2027 : Delphine Moreau-Plachy, « Dire le deuil sur les réseaux sociaux : reconfigurations normatives entre relations et plateformes »
Master
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
Renseignements
- Contacts additionnels
- k.doganok@gmail.com
- Informations pratiques
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- Pré-requis
Auncun
Dernière modification : 15 oct. 2026 14:09:48
- Type d'UE
- Ateliers de doctorants
- Centres
- Institut des mondes africains (IMAF)
- Disciplines
- Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
- Page web
- -
- Langues
- français
- L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
- Mots-clés
- Anthropologie Mort Religieux (sciences sociales du)
- Aires culturelles
- Transnational/transfrontières Afrique Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Iranien (monde) Méditerranéens (mondes) Musulmans (mondes)
Intervenant·e·s
- Céliende Lebon [référent·e] doctorante, EHESS / Institut des mondes africains (IMAF)
Les sociétés modernes tiennent des listes de leurs morts. Sur les monuments, dans les communiqués officiels d'une épidémie comme celle du Covid-19, dans les minutes de silence, mais aussi désormais sur les murs Facebook qui restent « à vie », ou dans les groupes WhatsApp des villages. Cette activité obstinée, à la fois bureaucratique, rituelle et numérique, a un envers. À côté de ceux et celles qu'on compte précisément, il y a ceux et celles qu'on dénombre approximativement (comme les corps repêchés en Méditerranée, recensés par des ONG faute d'État), ceux et celles qu'on enterre sans stèle, ceux et celles dont les proches attendent une dépouille qui ne reviendra pas, ou ceux et celles qui n'apparaissent dans aucun registre collectif officiel. Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils et elles n'appartiennent à aucun « nous » : le plus souvent, ils et elles relèvent de collectifs alternatifs, minoritaires, parfois clandestins, qui les revendiquent depuis les marges.
L'atelier voudrait travailler ces seuils différentiels de visibilité à partir d'une question simple à formuler et difficile à tenir : qu'est-ce qui fait qu'un défunt devient nôtre, et que produit, en retour, le travail de devenir le « nôtre » de quelqu'un ? Lorsqu'un État parle de « nos soldats tombés », ou une famille de « notre disparu », le possessif n'enregistre pas un lien préexistant : il l'institue, il le rend public, il le rend opposable. Inversement, les morts qui ne trouvent preneur dans aucun « nous » dominant sont l'objet d'une opération qui les soustrait aux revendications majoritaires, tout en ouvrant, par ce manque même, l'espace d'autres pratiques.
Nous voudrions saisir ce travail dans son épaisseur, en tenant ensemble trois mouvements. Un mouvement de soustraction, d'abord, par lequel certaines morts sont inscrites dans des catégories administratives qui les neutralisent (les « non-identifiés », les « anonymes »). Un mouvement de réappropriation, ensuite, par lequel des proches, des collectifs minoritaires, des diasporas ou des mouvements politiques reprennent ces défunts à l'opération qui les a soustraits. Et un mouvement de création, enfin, par lequel le moment liminaire qu'ouvre la mort, surtout lorsqu'elle est éloignée, retenue ou dépourvue de corps, devient catalyseur de pratiques nouvelles : rituels recomposés, hommages numériques durables, capacités d'agir reconstituées du côté des survivants et des survivantes. Nous verrons ce que la mort, en tant qu'événement social et biologique, permet de faire.
Les sciences sociales de la mort se sont historiquement organisées autour des rites funéraires, du deuil individuel ou de la biopolitique des populations. La question de savoir comment des collectifs s'approprient symboliquement certains défunts, en laissent d'autres au seuil de la visibilité, et comment ces opérations engendrent à leur tour des reprises et de nouvelles capacités d'agir, reste dispersée entre des espaces de recherche qui se parlent peu : migrations, conflits armés, sorties de dictature, diasporas, anthropologie du numérique.
Cet atelier doctoral voudrait ouvrir les discussions autour de la mort en sciences sociales en assumant la rencontre, et parfois la friction productive, entre approches sociologiques et anthropologiques, et en réunissant des enquêtes situées dont la dissemblance même rend possible une grammaire comparée de ces appropriations collectives.
L'atelier est co-organisé et animé par Céliende Lebon (EHESS - IMAF) et A. Kaan Doğanok (MESOPOLHIS), qui en assureront la modération.
Lundi 9 novembre 2026 : Sepideh Parsapajouh, « Nos morts et nous : pratiques, histoire et mémoire au cimetière de Behesht Zahra »
Lundi 7 décembre 2026 : Julie Alev Dilmaç, « La mort en partage, la mémoire en conflit : espaces et récits commémoratifs fragmentés à Chypre »
Lundi 11 janvier 2027 :
Jordi Moreras, « Trier ce n'est pas trahir. Alternatives au rapatriement des défunts parmi les Marocains en Espagne »
Valérie Cuzol, « Les ritualités funéraires musulmanes en France. Acteurs, pratiques et dynamiques sociales et professionnelles »
Lundi 8 mars 2027 : Sophie Gleizes, « Réflexions sur un rite compassionnel pour les déserteurs à la frontière roumano-ukrainienne »
Lundi xx avril 2027 :
Stéphanie Latte Abdallah (titre de l’intervention à confirmer)
Clémence Vendryes, « S'obstiner à détruire et à réinventer un cimetière palestinien : confrontation spatiale et actorielle à Al-Shuhada (Jérusalem-Est) »
Lundi 10 mai 2027 : Ana Militaru, « Sculpter un visage sans regard »
Lundi 14 juin 2027 : Delphine Moreau-Plachy, « Dire le deuil sur les réseaux sociaux : reconfigurations normatives entre relations et plateformes »
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
- Contacts additionnels
- k.doganok@gmail.com
- Informations pratiques
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- Pré-requis
Auncun
Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant
(une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) :
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=300.
-
Campus Condorcet (bât. Recherche Sud)
Cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 3.122 (bât. Recherche Sud, 5 cours des Humanités)
annuel / mensuel, lundi 09:00-11:00
du 9 novembre 2026 au 14 juin 2027
Nombre de séances : 7- Lundi 9 novembre 2026
- Lundi 7 décembre 2026
- Lundi 11 janvier 2027
- Lundi 8 mars 2027
- Lundi xx avril 2027 (date fixée ultérieurement)
- Lundi 10 mai 2027
- Lundi 14 juin 2027