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UE280 - Produire les savoirs sur l’aire kurde : lectures croisées des « archives » impériales, coloniales et indigènes


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle A502
    annuel / bimensuel (1re/3e/5e), mardi 12:30-14:30
    du 20 octobre 2026 au 30 mars 2027
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 19 mai 2026 09:50:48

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Géographie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie politique Anthropologie sociale Archives Cartographie Diaspora Épistémologie Ethnographie Histoire intellectuelle Intellectuels Post-coloniales (études) Temps/temporalité Transnational Violence
Aires culturelles
Europe Méditerranéens (mondes) Musulmans (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Adnan Çelik [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)

En dépit du développement important des études kurdes au cours des dernières décennies, certains pans de l’histoire kurde, y compris très contemporaine, demeurent encore mal connus. En particulier, l’importance des décennies de l’après-Seconde Guerre mondiale - marquées par la guerre froide et la division du monde en deux « blocs », à laquelle s’est également ajoutée la catégorie du « tiers monde » - dans le façonnage et la formation des résistances intellectuelles, des organisations politiques ainsi que des mouvements armés kurdes, est souvent mésestimée. Par ailleurs, les différentes sources de production des connaissances sur l’aire kurde, ainsi que les biais propres à chacune d’elles, n’ont jusqu’à présent pas fait l’objet d’une étude systématique.

Nous proposons dans ce séminaire de distinguer trois sources principales de production de la connaissance utilisables pour combler les lacunes et approfondir notre connaissance historique, sociologique et anthropologique sur l’aire kurde. Premièrement : le savoir produit par des personnes (militants, intellectuels) à travers des écrits et recherches produits de manière autonome vis-à-vis des institutions officielles. Deuxièmement : le savoir académique, produit et validé par des institutions de recherche reconnues comme telles (universités des pays qui séparent l’aire kurde moyen-orientale – Turquie, Irak, Iran, Syrie, Arménie soviétique – universités des pays d’accueil de la diaspora kurde transnationale, instituts et centres de recherche en kurdologie). Troisièmement : les archives internes aux États concernés par la présence kurde ou l’activisme pro-kurde (rapports administratifs, militaires, de police, services secrets, statistiques…). Cette distinction nous permettra d’explorer comparativement les sources de production du savoir que l’on pourrait qualifier d’« autochtones » ou « indigènes » de celles qui relèveraient de la production du savoir colonial ou impérial, au regard de la documentation produite dans les institutions académiques. Ces dernières pourraient être considérées comme des « espaces liminaires » de production du savoir, où s’entrechoquent l’aspiration à la scientificité / à la neutralité et les limites et biais d’ampleur variable que leur impriment les environnements politiques et/ou géopolitiques dans lesquelles elles s’insèrent.

Nous étudierons des séries de sources issues de ces trois champs durant la période de la guerre froide précoce (de la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1970), décennies marquées par l’effervescence des mouvements de jeunesse et étudiants, les luttes de libération nationale ainsi que les mobilisations anticoloniales et anti-impérialistes à l’échelle mondiale.  Cette approche transversale et comparatiste mettra l’accent sur les échanges permanents et réciproques au sein de l’espace kurde transnational en construction, théâtre de circulation des acteurs, idées, lexiques, grilles de lecture et imaginaires qui nourriront le façonnage des résistances intellectuelles, politique et culturelles kurdes, la naissance des mouvements armés, des réseaux et des solidarités de l’époque. L’étude des mobilité et circulations, au sein de l’espace kurde et à travers les « trois mondes » (« Occident », « Bloc soviétique » et « Tiers-monde »), permettra en retour d’éclairer les contraintes et opportunités spécifiques attachées aux différents pays, institutions et réseaux concernés en matière de production de savoir dans le contexte spécifique de la guerre froide.

Nous nous appuierons sur un matériel abondant et hétéroclite rendu disponible par l’ouverture récente d’archives, tant institutionnelles que privées, pour explorer des questions historiographiques et méthodologiques relative à la lecture, à l’analyse et la restitution de documents d’archives de nature diverse, produits et conservés dans des conditions que l’aléatoire dispute souvent à l’arbitraire, voire à la déformation et à l’occultation volontaire (comme c’est le cas des archives étatiques dans les situations coloniales). Ce corpus constituera une matière à réflexion proposée aux étudiant.es sur ce que signifie lire une archive against the grain, along the grain, et les problématiques que ces différentes lectures supposent, encore davantage dans le cas de régions et populations pour lesquelles les connaissances demeurent encore lacunaires.

Validation : pour les étudiant·es souhaitant une validation, l’évaluation reposera sur un exposé oral portant sur un document d’archive ou un travail de référence en lien avec le sujet du séminaire (thèse, ouvrage ou article), choisi en concertation avec le référent du séminaire.

Le programme détaillé du séminaire sera communiqué ultérieurement.


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie - Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études interdisciplinaires du politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 19 mai 2026 09:50:48

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Géographie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie politique Anthropologie sociale Archives Cartographie Diaspora Épistémologie Ethnographie Histoire intellectuelle Intellectuels Post-coloniales (études) Temps/temporalité Transnational Violence
Aires culturelles
Europe Méditerranéens (mondes) Musulmans (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Adnan Çelik [référent·e]   maître de conférences, EHESS / Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)

En dépit du développement important des études kurdes au cours des dernières décennies, certains pans de l’histoire kurde, y compris très contemporaine, demeurent encore mal connus. En particulier, l’importance des décennies de l’après-Seconde Guerre mondiale - marquées par la guerre froide et la division du monde en deux « blocs », à laquelle s’est également ajoutée la catégorie du « tiers monde » - dans le façonnage et la formation des résistances intellectuelles, des organisations politiques ainsi que des mouvements armés kurdes, est souvent mésestimée. Par ailleurs, les différentes sources de production des connaissances sur l’aire kurde, ainsi que les biais propres à chacune d’elles, n’ont jusqu’à présent pas fait l’objet d’une étude systématique.

Nous proposons dans ce séminaire de distinguer trois sources principales de production de la connaissance utilisables pour combler les lacunes et approfondir notre connaissance historique, sociologique et anthropologique sur l’aire kurde. Premièrement : le savoir produit par des personnes (militants, intellectuels) à travers des écrits et recherches produits de manière autonome vis-à-vis des institutions officielles. Deuxièmement : le savoir académique, produit et validé par des institutions de recherche reconnues comme telles (universités des pays qui séparent l’aire kurde moyen-orientale – Turquie, Irak, Iran, Syrie, Arménie soviétique – universités des pays d’accueil de la diaspora kurde transnationale, instituts et centres de recherche en kurdologie). Troisièmement : les archives internes aux États concernés par la présence kurde ou l’activisme pro-kurde (rapports administratifs, militaires, de police, services secrets, statistiques…). Cette distinction nous permettra d’explorer comparativement les sources de production du savoir que l’on pourrait qualifier d’« autochtones » ou « indigènes » de celles qui relèveraient de la production du savoir colonial ou impérial, au regard de la documentation produite dans les institutions académiques. Ces dernières pourraient être considérées comme des « espaces liminaires » de production du savoir, où s’entrechoquent l’aspiration à la scientificité / à la neutralité et les limites et biais d’ampleur variable que leur impriment les environnements politiques et/ou géopolitiques dans lesquelles elles s’insèrent.

Nous étudierons des séries de sources issues de ces trois champs durant la période de la guerre froide précoce (de la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1970), décennies marquées par l’effervescence des mouvements de jeunesse et étudiants, les luttes de libération nationale ainsi que les mobilisations anticoloniales et anti-impérialistes à l’échelle mondiale.  Cette approche transversale et comparatiste mettra l’accent sur les échanges permanents et réciproques au sein de l’espace kurde transnational en construction, théâtre de circulation des acteurs, idées, lexiques, grilles de lecture et imaginaires qui nourriront le façonnage des résistances intellectuelles, politique et culturelles kurdes, la naissance des mouvements armés, des réseaux et des solidarités de l’époque. L’étude des mobilité et circulations, au sein de l’espace kurde et à travers les « trois mondes » (« Occident », « Bloc soviétique » et « Tiers-monde »), permettra en retour d’éclairer les contraintes et opportunités spécifiques attachées aux différents pays, institutions et réseaux concernés en matière de production de savoir dans le contexte spécifique de la guerre froide.

Nous nous appuierons sur un matériel abondant et hétéroclite rendu disponible par l’ouverture récente d’archives, tant institutionnelles que privées, pour explorer des questions historiographiques et méthodologiques relative à la lecture, à l’analyse et la restitution de documents d’archives de nature diverse, produits et conservés dans des conditions que l’aléatoire dispute souvent à l’arbitraire, voire à la déformation et à l’occultation volontaire (comme c’est le cas des archives étatiques dans les situations coloniales). Ce corpus constituera une matière à réflexion proposée aux étudiant.es sur ce que signifie lire une archive against the grain, along the grain, et les problématiques que ces différentes lectures supposent, encore davantage dans le cas de régions et populations pour lesquelles les connaissances demeurent encore lacunaires.

Validation : pour les étudiant·es souhaitant une validation, l’évaluation reposera sur un exposé oral portant sur un document d’archive ou un travail de référence en lien avec le sujet du séminaire (thèse, ouvrage ou article), choisi en concertation avec le référent du séminaire.

Le programme détaillé du séminaire sera communiqué ultérieurement.

  • Séminaires de recherche – Anthropologie - Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études interdisciplinaires du politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle A502
    annuel / bimensuel (1re/3e/5e), mardi 12:30-14:30
    du 20 octobre 2026 au 30 mars 2027
    Nombre de séances : 12