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UE240 - L'optimisme et ses envers. Anthropologie comparée


Lieu et planning


Planning en cours de validation.


Description


Dernière modification : 8 mai 2026 19:02:25

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Anthropologie visuelle Arts Biopolitique Collectifs Corps Émotions Religieux (sciences sociales du) Temps/temporalité Théâtre Violence
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde)
Intervenant·e·s
  • Nathalie Luca [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)

L'optimisme est devenu, dans nos sociétés néolibérales, une injonction adressée à l'individu sommé de se faire entrepreneur de lui-même. Pensée positive, méthode Coué, coaching, développement personnel : tout un appareillage produit ce que l'on pourrait appeler un optimisme idéologique, attribut indispensable de la fabrique du sujet adapté aux exigences de réussite contemporaines.

Ce séminaire propose de prendre l'optimisme au sérieux comme objet anthropologique en le déplaçant radicalement de cette première figure. Contre l'hypothèse, courante en psychologie sociale, selon laquelle la privation amoindrirait la disposition à l'optimisme, il fait l'hypothèse inverse : l'optimisme se construit d'abord chez ceux qui sont privés des autres capitaux. Il est alors moins une disposition psychologique qu'un capital collectif, hérité et socialement construit, qui agrège et qui divise. Il est une force vive, proche du conatus spinoziste, mobilisée par les populations en difficulté pour s'inventer un futur — une puissance d'agir contre les assignations négatives qui les réduisent au statut de victimes passives.

Le séminaire articule cette hypothèse à un examen de ses envers. La figure-limite du mélancolique-cynique, construite comme idéal-type wébérien, sert de point de fuite : elle nomme la position où la lucidité, poussée jusqu'au verrouillage cynique, défait la possibilité même de l'élan. Entre l'optimisme néolibéral comme injonction et le cynisme mélancolique comme renoncement argumenté, il s'agit de cartographier les configurations réelles où des sujets et des collectifs tiennent au monde par des dispositifs concrets — gestes, présences, rythmes, rituels improvisés, créations artistiques, communautés d'entraide.

Trois familles de terrains seront mises en dialogue : les institutions qui font métier de produire de l'optimisme (mégaéglises sud-coréennes, réseaux MLM, accélérateurs de startups), les contextes d'extrême difficulté où l'optimisme se manifeste comme résistance (Haïti et sa diaspora, contextes migratoires, situations post-traumatiques), et les trajectoires biographiques singulières où s'inventent des reprises (artistes, survivants de violences, pratiques corporelles de réapprentissage).

Une attention méthodologique particulière est portée à la cinéthnographie, terme proposé par Laurent Van Lancker pour désigner une pratique audiovisuelle des sciences sociales qui ne se réduit ni au film ethnographique classique ni à l'illustration documentaire d'un savoir préalablement constitué : la cinéthnographie engage une pensée par l'image qui produit du savoir au cours même du tournage et du montage. Cette approche est ici mobilisée parce que l'optimisme se donne moins à entendre qu'à voir : il est l'espoir mis en acte, et l'image filmée constitue un instrument privilégié pour saisir cette mise en acte dans sa durée et sa matérialité.

Plusieurs séances seront animées par des chercheuses et chercheurs invité·es, dont les terrains respectifs viendront enrichir le dialogue comparatif.

Module I — Construire l'objet

S1. Présentation du séminaire

S2. La figure-limite : le mélancolique-cynique

S3. Optimisme cruel et entre-deux du croire

Module II — Traversées et reprises : approches ethnographiques

S4. Rites, passages, mort symbolique

S5. Vivre après. Violences et reprise de l'ordinaire

S6. Croire encore. Religieux et reconfigurations subjectives

S7. Résistances. L'agir collectif des laissés-pour-compte

Module III — Terrains comparés

S8. Mégaéglises et économies de l'espérance

S9. MLM, accélérateurs et fabrique néolibérale de l'élan

S10. Pratiques incarnées. L'art et le corps comme reprise

Module IV — Restitutions et synthèse

S11. Présentations des travaux d'étudiantes et d'étudiants

S12. Vers une anthropologie de l'optimisme par l'action


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie - Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Pour tout renseignement, contacter: nathalie.luca@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

Uniquement sur rendez-vous

Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 8 mai 2026 19:02:25

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie Anthropologie visuelle Arts Biopolitique Collectifs Corps Émotions Religieux (sciences sociales du) Temps/temporalité Théâtre Violence
Aires culturelles
Contemporain (anthropologie du, monde)
Intervenant·e·s
  • Nathalie Luca [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor)

L'optimisme est devenu, dans nos sociétés néolibérales, une injonction adressée à l'individu sommé de se faire entrepreneur de lui-même. Pensée positive, méthode Coué, coaching, développement personnel : tout un appareillage produit ce que l'on pourrait appeler un optimisme idéologique, attribut indispensable de la fabrique du sujet adapté aux exigences de réussite contemporaines.

Ce séminaire propose de prendre l'optimisme au sérieux comme objet anthropologique en le déplaçant radicalement de cette première figure. Contre l'hypothèse, courante en psychologie sociale, selon laquelle la privation amoindrirait la disposition à l'optimisme, il fait l'hypothèse inverse : l'optimisme se construit d'abord chez ceux qui sont privés des autres capitaux. Il est alors moins une disposition psychologique qu'un capital collectif, hérité et socialement construit, qui agrège et qui divise. Il est une force vive, proche du conatus spinoziste, mobilisée par les populations en difficulté pour s'inventer un futur — une puissance d'agir contre les assignations négatives qui les réduisent au statut de victimes passives.

Le séminaire articule cette hypothèse à un examen de ses envers. La figure-limite du mélancolique-cynique, construite comme idéal-type wébérien, sert de point de fuite : elle nomme la position où la lucidité, poussée jusqu'au verrouillage cynique, défait la possibilité même de l'élan. Entre l'optimisme néolibéral comme injonction et le cynisme mélancolique comme renoncement argumenté, il s'agit de cartographier les configurations réelles où des sujets et des collectifs tiennent au monde par des dispositifs concrets — gestes, présences, rythmes, rituels improvisés, créations artistiques, communautés d'entraide.

Trois familles de terrains seront mises en dialogue : les institutions qui font métier de produire de l'optimisme (mégaéglises sud-coréennes, réseaux MLM, accélérateurs de startups), les contextes d'extrême difficulté où l'optimisme se manifeste comme résistance (Haïti et sa diaspora, contextes migratoires, situations post-traumatiques), et les trajectoires biographiques singulières où s'inventent des reprises (artistes, survivants de violences, pratiques corporelles de réapprentissage).

Une attention méthodologique particulière est portée à la cinéthnographie, terme proposé par Laurent Van Lancker pour désigner une pratique audiovisuelle des sciences sociales qui ne se réduit ni au film ethnographique classique ni à l'illustration documentaire d'un savoir préalablement constitué : la cinéthnographie engage une pensée par l'image qui produit du savoir au cours même du tournage et du montage. Cette approche est ici mobilisée parce que l'optimisme se donne moins à entendre qu'à voir : il est l'espoir mis en acte, et l'image filmée constitue un instrument privilégié pour saisir cette mise en acte dans sa durée et sa matérialité.

Plusieurs séances seront animées par des chercheuses et chercheurs invité·es, dont les terrains respectifs viendront enrichir le dialogue comparatif.

Module I — Construire l'objet

S1. Présentation du séminaire

S2. La figure-limite : le mélancolique-cynique

S3. Optimisme cruel et entre-deux du croire

Module II — Traversées et reprises : approches ethnographiques

S4. Rites, passages, mort symbolique

S5. Vivre après. Violences et reprise de l'ordinaire

S6. Croire encore. Religieux et reconfigurations subjectives

S7. Résistances. L'agir collectif des laissés-pour-compte

Module III — Terrains comparés

S8. Mégaéglises et économies de l'espérance

S9. MLM, accélérateurs et fabrique néolibérale de l'élan

S10. Pratiques incarnées. L'art et le corps comme reprise

Module IV — Restitutions et synthèse

S11. Présentations des travaux d'étudiantes et d'étudiants

S12. Vers une anthropologie de l'optimisme par l'action

  • Séminaires de recherche – Anthropologie - Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Pour tout renseignement, contacter: nathalie.luca@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

Uniquement sur rendez-vous

Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Planning en cours de validation.