UE214 - Monuments et documents de l’Afrique ancienne : recherches en cours en histoire, histoire de l’art et archéologie
Lieu et planning
Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant
(une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) :
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=214.
-
Campus Condorcet-Centre de colloques
Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 3.06
annuel / bimensuel (2e/4e), vendredi 14:30-16:30
du 23 octobre 2026 au 28 mai 2027
Nombre de séances : 12
Description
Dernière modification : 21 sept. 2026 13:34:38
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Archéologie, Histoire, Signes, formes, représentations
- Page web
- https://imaf.cnrs.fr/spip.php?article8268
- Langues
- français anglais
- Mots-clés
- Archéologie Archives Arts Culture Culture matérielle Culture visuelle Écriture Histoire Histoire de l’art Moyen Âge Objets Textes
- Aires culturelles
- Afrique
Intervenant·e·s
- Claire Bosc-Tiessé [référent·e] directrice d'études, EHESS - directrice de recherche, CNRS / Institut des mondes africains (IMAF)
- Anaïs Wion directrice de recherche, CNRS / Institut des mondes africains (IMAF)
Ce séminaire teste et confronte hypothèses et méthodes pour montrer comment les sciences humaines et sociales écrivent aujourd’hui le passé de l’Afrique. L’objectif est de présenter et discuter les recherches en cours sur l’Afrique ancienne, entendue dans un sens très large de la préhistoire jusqu’au pré-contemporain, prenant en compte aussi bien les régions au sud du Sahara que celles qui sont au nord. Il s’agit non seulement d’établir une veille sur les tendances actuelles de la recherche mais surtout de voir comment celle-ci peut se faire en situation de pénurie documentaire dans une interdisciplinarité en acte. Ce séminaire permet aussi de mobiliser et rassembler les recherches sur l’Afrique pré-contemporaine pour créer un lieu d’échanges et dynamiser le champ.
Ce séminaire est organisé avec la collaboration de Marie-Laure Derat (CNRS, Orient & Méditerranée) et Amélie Chekroun (CNRS, IREMAM).
23 octobre 2026 : Hadrien Collet (CNRS, IREMAM), « L’An Mil en Afrique de l’Ouest »
Avec L’An Mil en Afrique de l’Ouest (PUF, 2026), Hadrien Collet s’interroge sur ce chrononyme, un de ces noms d'époque fabriqués par les historiens pour qualifier un morceau de temps, parfois à partir de l'histoire des sociétés étudiées, souvent à partir de leur interprétation du passé. Promu par l’historien médiéviste George Duby pour saisir les sociétés chrétiennes un millénaire après l'incarnation de leur seigneur, ou par le géographe médiéviste André Miquel pour rendre compte d'un monde islamique à son zénith impérial, l'An Mil évoque tour à tour l'enchâtellement, le féodalisme, la splendeur des cours des califes, ou encore des sociétés régulées par la vie religieuse... Bien qu'ayant été étendu, le rayonnement géographique de l'An Mil est resté confortablement confiné aux oekoumènes des deux grands monothéismes. L'An Mil, Afrique de l'Ouest dépayse volontairement les quelques familiarités attachées au chrononyme. Moment d'un premier optimum du commerce caravanier transsaharien, d'affirmation des traditions religieuses ouest-africaines mais aussi des débuts de l'islamisation au sud du Sahara... l'Ouest africain prit dans les rets de la science arabe médiévale émerge comme un centre majeur d'un An Mil mondialisé.
13 novembre 2026 : Abbie Hantgan-Sonko (CNRS, LACAAN/ERC BANG), « Langues, lignées et lieux: croiser linguistique historique, génétique et traditions locales autour du plateau de Bandiagara »
Le bangimé, langue généalogiquement singulière, est parlée par les Bangandé dans la région de Bandiagara, au Mali, au contact de langues dogon, mandé et peul. Cette singularité ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le lexique, les toponymes et les traditions locales font apparaître des échanges anciens avec les populations voisines, ainsi que des déplacements et des alliances dont les traces ne se recoupent pas toujours. Comment, dès lors, écrire une histoire à partir de ces indices partiels ? À partir du projet ERC BANG, cette présentation propose une réflexion méthodologique sur l’usage conjoint de la linguistique historique, de la génétique des populations, de l’archéologie et des savoirs locaux pour interroger le passé des sociétés ouest-africaines. Elle interrogera les rapports entre langues, lignées biologiques et identités sociales en prenant pour point de départ les recoupements partiels et les décalages entre ces différents types de transmission. Une langue peut conserver des traces de contacts qui ne correspondent pas nécessairement à des continuités génétiques. Les récits d’origine organisent parfois la mémoire sociale selon d’autres logiques que celles de la classification linguistique, tandis que les noms de lieux et de groupes peuvent survivre à des changements de langue, de statut ou d’affiliation. Ultimement, la communication posera la question de ce que peut être un « document » pour l’histoire ancienne de l’Afrique lorsque les archives écrites sont rares, fragmentaires ou extérieures aux sociétés concernées. L’objectif est de montrer comment les langues, les lignées, les lieux et les récits peuvent être lus ensemble comme des traces de transmissions multiples.
27 novembre 2026 : Pietro Repishti (Université Paris Cité/IMAF), « La divinité comme itinéraire. Processions vodun, mémoire et histoire urbaine à Porto-Novo (XVIIIe-XXe siècles) »
Les célébrations hùnwê constituent les principales cérémonies religieuses publiques organisées en l’honneur d’une divinité vodun familiale (hennovodun) dans le sud du Bénin. Au cours du hùnwê, d’autres divinités de la ville ou des villages environnants sont invitées à y participer et quittent physiquement leur temple pour être transportées jusqu’à celui de la divinité célébrée. Il ne s’agit pas d’un simple déplacement, mais d’une véritable procession réunissant les adeptes, les membres de la famille et parfois quelques touristes curieux. Ces parcours rituels réactivent ainsi temporairement une mémoire inscrite dans l’espace urbain, qui resterait autrement invisible. Cette intervention propose d’interroger ces processions comme sources pour l’histoire urbaine et religieuse. En suivant les déplacements des divinités, il devient possible de retrouver les traces éphémères de leurs pérégrinations passées et, par conséquent, celles des groupes humains qui s'en occupent. Enfin, il s’agira de réfléchir aux conditions méthodologiques permettant de faire d’une pratique performative contemporaine une source historique, en croisant observation ethnographique, traditions orales, topographie religieuse et documentation archivistique et cartographique.
11 décembre 2026 :
- Geoffroy Heimlich (IRD) et Clément Mambu Nsangathi (Institut des Musées Nationaux du Congo), « Recherches en cours dans le massif de Lovo (RD. Congo) »
Cette intervention portera sur les recherches en cours menées dans le massif de Lovo, une région savanicole située en bordure sud-ouest de la forêt équatoriale, dans l’actuelle République démocratique du Congo. Ce terrain, où se dressent des centaines de promontoires calcaires sur environ 430km2, fait aujourd’hui l’objet d’un programme interdisciplinaire, à l’interface des sciences humaines et de l’environnement, et dans une dynamique de recherche collaborative. Appréhender les relations des humains avec leur milieu de vie sur la longue durée constitue l’un des enjeux de ces recherches à Lovo, dans une démarche en écologie historique.
- Chloé Capel (CNRS, Orient & Méditerranée), « Bab al-Mansuriya : lumière sur un monument emblématique mais incompris de Sijilmassa »
À deux kilomètres au nord du tell archéologique de Sijilmassa (Maroc) se dressent les vestiges d'une porte monumentale, Bab al-Mansuriya, isolée, au milieu des champs de la palmeraie du Tafilalt. Devenu le principal emblème patrimonial d'une ville médiévale par ailleurs totalement disparue sous les sables du Sahara, cet édifice n'avait été jusqu'à récemment ni étudié précisément, ni compris clairement. Pourtant une analyse attentive, croisant étude du bâti, histoire des arts, archéologie du paysage et exploration d'archives coloniales, permet aujourd'hui de proposer une restitution assez sûre de la fonction et de la datation du monument.
8 janvier 2027 : Margaux Lefèvre (EHESS, IMAF), « Objets du Gabon et du Congo rapportés lors de l'exploration française au XIXe siècle. La genèse d'une mise en collection institutionnelle »
La littérature de voyage et l'archive coloniale retracent les premières remontées du fleuve Ogooué par les Européens à partir des années 1870. Cette histoire de l'exploration correspond à la constitution des premières collections ethnographiques françaises, peu étudiées et pourtant au fondement des savoirs sur les sociétés précontemporaines du Gabon et de la République du Congo.
Au centre de son projet colonial, le gouvernement français lance la Mission de l'Ouest africain (1883-1886) - dirigée par Pierre Savorgnan de Brazza - qui fait du musée d'ethnographie du Trocadéro l'une des vitrines de la partie scientifique de la mission. A mesure que les acteurs de cette histoire coloniale se multiplient, d'autres objets sont collectés et rapportés, aujourd'hui pour la plupart peu documentés et, soumis à une visibilité réduite dans le champ des arts africains.
Les recherches présentées ici reconstituent l'histoire de ces collections et par extension, la singularité d'une culture matérielle régionale à la veille de l'établissement des colonies. En partant des pionniers de l'exploration côtière à l'accession au fleuve Congo, Marguax Lefèvre tente de recouper ces récits de la seconde moitié du XIXe siècle avec les vestiges des collections ethnographiques publiques pour une histoire renouvelée de ces sociétés.
22 janvier 2027 : Séance de présentation des travaux des étudiant·es en master 1 et 2
26 février 2027 : François-Xavier Fauvelle (Collège de France), « Les sociétés africaines au Moyen Âge. Une nouvelle histoire »
Avec Les Sociétés africaines au Moyen Âge. Une nouvelle histoire (Gallimard, 2026), François-Xavier Fauvelle livre la première synthèse sur l’Afrique médiévale à l’échelle du continent africain. S’appuyant sur les nombreux travaux récents en archéologie aussi bien qu’en linguistique, en anthropologie et en d’autres disciplines, il montre comment des formations politiques originales se sont développées en des régions très diverses d’Afrique, entretenant avec les mondes extérieurs une conversation marchande, religieuse, intellectuelle et esthétique.
12 mars 2027 : Mitiku Tesfaye (EHESS, IMAF), « The Kunama of Adyabo in travellers’ accounts: colonial cartography and imperial domination in early mid-19th-century Ethiopia »
When European travellers, cartographers and explorers documented the lands, peoples and cultures of the region they knew as Abyssinia (present-day Ethiopia and Eritrea) in the 19th century, their knowledge of the area was limited. By the mid-19th century, however, early European knowledge of the region had grown significantly. By the end of the century, this process was complete, with territories, peoples, cultures, and political entities clearly defined. This presentation will explore the Kunama people's territories and their representation in the 19th century. Although explorers, missionaries and other travellers had comprehensive knowledge of the Kunama people (mostly linguistic), many of their territories were still considered 'unknown' by Europeans and were often vaguely represented on European maps. This continued until the end of the century, when Italian colonial interest in the Kunama matured and imperial Ethiopia exerted influence over the wider region.
26 mars 2026 :
- Caroline Robion Brunner (CNRS, TRACES) & Gabriel Munteanu, « Techniques, espaces et temporalités de l’extraction du fer dans le sud du Bénin médiéval »
Dans un contexte où les travaux miniers anciens demeurent encore rarement documentés par la fouille archéologique en Afrique de l’Ouest, l’étude d’un réseau minier de la commune d’Aplahoué, au sud-ouest du Bénin, constitue une démarche pionnière pour appréhender les pratiques d’extraction du minerai de fer. La fouille d’un ensemble composé de puits, de galeries et de chambres d’exploitation permet de restituer une mine organisée, planifiée et adaptée aux contraintes du milieu souterrain. Les données morphologiques, stratigraphiques et topographiques mettent notamment en évidence des conduits d’accès normalisés, des espaces de circulation, des piliers rocheux conservés ainsi que des indices de dispositifs de soutènement en bois. Elles permettent également de discuter les modalités de reconnaissance et d’exploitation du gisement, l’abattage du minerai, la gestion des déblais et l’évacuation des eaux. À travers ce cas d’étude, il s’agira enfin d’interroger la place des travaux miniers dans les chaînes opératoires sidérurgiques et dans les dynamiques territoriales de l’Afrique de l’Ouest médiévale.
- Gérard Kouagou (Musée du Quai Branly, Université d’Abomey), « Fer et résistance : le rôle des métallurgistes de l'Atakora dans la lutte anticoloniale au Dahomey (1914-1917) »
L'histoire des résistances à la colonisation en Afrique de l'Ouest a longtemps privilégié les figures politiques et militaires, au détriment des acteurs techniques et des systèmes productifs qui ont pourtant rendu ces mobilisations matériellement possibles. Cette communication propose de réexaminer la résistance anticolonialiste conduite par Kaba entre 1914 et 1917, au nord-ouest du Dahomey, en interrogeant le rôle stratégique des métallurgistes de la région. L'activité sidérurgique de l'Atakora remonte au IIIe siècle de notre ère et connaît, à partir du XVIe siècle, une nette intensification dans un contexte régional marqué par les razzias, les recompositions politiques et l'insécurité. Le fer y devient une ressource stratégique, conférant aux métallurgistes une position sociale et symbolique particulière, à la croisée des savoir-faire techniques spécialisés et de formes d'autorité communautaire. En croisant données archéologiques, sources orales et archives coloniales, cette communication montrera comment les ateliers sidérurgiques, notamment celui de Datawori – lieu du dernier combat de Kaba en avril 1917 – ont pu constituer de véritables infrastructures de guerre. Ils participaient à la production d'armes (flèches, lances, couteaux, poignards), tout en étant insérés dans des réseaux d'approvisionnement et de renseignement. Les estimations quantitatives disponibles permettent de mesurer l'ampleur de la production métallurgique et invitent à restituer la révolte de Kaba comme une économie de guerre structurée, plutôt que comme une simple insurrection de repli montagnard. Il s'agira enfin d’examiner comment l'implication des métallurgistes dans la résistance a conduit à leur répression par l'administration coloniale. Celle-ci a contribué au recul, puis à la disparition progressive de la métallurgie traditionnelle dans la région vers 1940. Cette étude invite ainsi à réintégrer pleinement les acteurs techniques, les savoir-faire et les infrastructures productives dans l'histoire politique des résistances ouest-africaines à la colonisation.
23 avril 2027 : Héloïse Mercier (Paris1, Orient & Méditerranée), « “Le temps où la mère mangea son enfant” : la famine de 1890-1892 dans la province de Harar dans le contexte de l'expansion impériale éthiopienne »
14 mai 2027 : Léa Roth (Orient & Méditerranée), « 20 ans après Frank Willett : Pour une réédition critique et augmentée de The Art of Ife et une réévaluation de l’histoire et de l’archéologie d’une cité médiévale du Nigéria »
Cette présentation posera les premiers jalons d'un projet de réedition critique et augmentée de The Art of Ife: A Descriptive Catalogue and Database (2004), référence incontournable sur la culture matérielle du centre urbain médiéval d'Ife (Nigéria, ca. XIe-XVe siècles), aujourd'hui inaccessible du fait de l’obsolescence du support CD-ROM sur lequel il fut publié.
Conçu dans une démarche documentaire, ce catalogue raisonné témoigne aussi d'une préoccupation précoce pour le sort des objets volés ou disparus et pour les enjeux du trafic illicite d’antiquités. Vingt ans après le décès de son auteur, l’archéologue britannique Frank Willett (1925-2006), cet ouvrage demeure la somme la plus complète sur la culture matérielle et l'archéologie du site d'Ife. Frank Willett avait pourtant prévu de lui donner un pendant proprement archéologique, en publiant séparément ses données de fouilles ; sa disparition prématurée laissa cette publication inachevée, dont les détails ne peuvent aujourd'hui être restitués qu'à travers ses archives.
Resituer la culture matérielle d'Ife dans ses contextes archéologiques, historiques et muséaux suppose d'abord d'actualiser cet ouvrage fondateur. Cette entreprise répond à un double impératif : tenir compte des recompositions du paysage muséal et des avancées de la recherche archéologique dans la région, mais aussi assurer la pérennité et l'accessibilité de données aujourd'hui menacées d'oubli.
28 mai 2027 : Maxine Huguet (Paris-1, Orient & Méditerranée), « Une communauté textuelle stéphanite ? La bibliothèque du monastère de Gundä Gunde, Éthiopie, XVe-XIXe siècle »
La reconstruction de la bibliothèque du monastère de Gundä Gunde est aujourd’hui rendue possible par les progrès de la numérisation. L’analyse des manuscrits dans la perspective de leur appartenance à une bibliothèque, en tant que collection fluctuante et vivante, fait ressurgir les liens étroits qui les unissent à la communauté monastique. Celle-ci, fondée par Ǝsṭifanos au XVe siècle est taxée d’hérésie par le pouvoir royal et en subit les persécutions. Cette communication se propose de questionner le lien des acteurs de la copie et de la transmission à la communauté stéphanite et le rôle des pratiques de l’écrit dans la structuration même de la communauté.
Master
-
Séminaires de recherche
– Arts, littératures et langages
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral, fiche de lecture, contrôle continu -
Séminaires de recherche
– Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral, fiche de lecture, contrôle continu -
Séminaires de recherche
– Histoire - Histoire et sciences sociales
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – contrôle continu, exposé oral, fiche de lecture
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
- -
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- -
- Pré-requis
- -
Dernière modification : 21 sept. 2026 13:34:38
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Archéologie, Histoire, Signes, formes, représentations
- Page web
- https://imaf.cnrs.fr/spip.php?article8268
- Langues
- français anglais
- Mots-clés
- Archéologie Archives Arts Culture Culture matérielle Culture visuelle Écriture Histoire Histoire de l’art Moyen Âge Objets Textes
- Aires culturelles
- Afrique
Intervenant·e·s
- Claire Bosc-Tiessé [référent·e] directrice d'études, EHESS - directrice de recherche, CNRS / Institut des mondes africains (IMAF)
- Anaïs Wion directrice de recherche, CNRS / Institut des mondes africains (IMAF)
Ce séminaire teste et confronte hypothèses et méthodes pour montrer comment les sciences humaines et sociales écrivent aujourd’hui le passé de l’Afrique. L’objectif est de présenter et discuter les recherches en cours sur l’Afrique ancienne, entendue dans un sens très large de la préhistoire jusqu’au pré-contemporain, prenant en compte aussi bien les régions au sud du Sahara que celles qui sont au nord. Il s’agit non seulement d’établir une veille sur les tendances actuelles de la recherche mais surtout de voir comment celle-ci peut se faire en situation de pénurie documentaire dans une interdisciplinarité en acte. Ce séminaire permet aussi de mobiliser et rassembler les recherches sur l’Afrique pré-contemporaine pour créer un lieu d’échanges et dynamiser le champ.
Ce séminaire est organisé avec la collaboration de Marie-Laure Derat (CNRS, Orient & Méditerranée) et Amélie Chekroun (CNRS, IREMAM).
23 octobre 2026 : Hadrien Collet (CNRS, IREMAM), « L’An Mil en Afrique de l’Ouest »
Avec L’An Mil en Afrique de l’Ouest (PUF, 2026), Hadrien Collet s’interroge sur ce chrononyme, un de ces noms d'époque fabriqués par les historiens pour qualifier un morceau de temps, parfois à partir de l'histoire des sociétés étudiées, souvent à partir de leur interprétation du passé. Promu par l’historien médiéviste George Duby pour saisir les sociétés chrétiennes un millénaire après l'incarnation de leur seigneur, ou par le géographe médiéviste André Miquel pour rendre compte d'un monde islamique à son zénith impérial, l'An Mil évoque tour à tour l'enchâtellement, le féodalisme, la splendeur des cours des califes, ou encore des sociétés régulées par la vie religieuse... Bien qu'ayant été étendu, le rayonnement géographique de l'An Mil est resté confortablement confiné aux oekoumènes des deux grands monothéismes. L'An Mil, Afrique de l'Ouest dépayse volontairement les quelques familiarités attachées au chrononyme. Moment d'un premier optimum du commerce caravanier transsaharien, d'affirmation des traditions religieuses ouest-africaines mais aussi des débuts de l'islamisation au sud du Sahara... l'Ouest africain prit dans les rets de la science arabe médiévale émerge comme un centre majeur d'un An Mil mondialisé.
13 novembre 2026 : Abbie Hantgan-Sonko (CNRS, LACAAN/ERC BANG), « Langues, lignées et lieux: croiser linguistique historique, génétique et traditions locales autour du plateau de Bandiagara »
Le bangimé, langue généalogiquement singulière, est parlée par les Bangandé dans la région de Bandiagara, au Mali, au contact de langues dogon, mandé et peul. Cette singularité ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le lexique, les toponymes et les traditions locales font apparaître des échanges anciens avec les populations voisines, ainsi que des déplacements et des alliances dont les traces ne se recoupent pas toujours. Comment, dès lors, écrire une histoire à partir de ces indices partiels ? À partir du projet ERC BANG, cette présentation propose une réflexion méthodologique sur l’usage conjoint de la linguistique historique, de la génétique des populations, de l’archéologie et des savoirs locaux pour interroger le passé des sociétés ouest-africaines. Elle interrogera les rapports entre langues, lignées biologiques et identités sociales en prenant pour point de départ les recoupements partiels et les décalages entre ces différents types de transmission. Une langue peut conserver des traces de contacts qui ne correspondent pas nécessairement à des continuités génétiques. Les récits d’origine organisent parfois la mémoire sociale selon d’autres logiques que celles de la classification linguistique, tandis que les noms de lieux et de groupes peuvent survivre à des changements de langue, de statut ou d’affiliation. Ultimement, la communication posera la question de ce que peut être un « document » pour l’histoire ancienne de l’Afrique lorsque les archives écrites sont rares, fragmentaires ou extérieures aux sociétés concernées. L’objectif est de montrer comment les langues, les lignées, les lieux et les récits peuvent être lus ensemble comme des traces de transmissions multiples.
27 novembre 2026 : Pietro Repishti (Université Paris Cité/IMAF), « La divinité comme itinéraire. Processions vodun, mémoire et histoire urbaine à Porto-Novo (XVIIIe-XXe siècles) »
Les célébrations hùnwê constituent les principales cérémonies religieuses publiques organisées en l’honneur d’une divinité vodun familiale (hennovodun) dans le sud du Bénin. Au cours du hùnwê, d’autres divinités de la ville ou des villages environnants sont invitées à y participer et quittent physiquement leur temple pour être transportées jusqu’à celui de la divinité célébrée. Il ne s’agit pas d’un simple déplacement, mais d’une véritable procession réunissant les adeptes, les membres de la famille et parfois quelques touristes curieux. Ces parcours rituels réactivent ainsi temporairement une mémoire inscrite dans l’espace urbain, qui resterait autrement invisible. Cette intervention propose d’interroger ces processions comme sources pour l’histoire urbaine et religieuse. En suivant les déplacements des divinités, il devient possible de retrouver les traces éphémères de leurs pérégrinations passées et, par conséquent, celles des groupes humains qui s'en occupent. Enfin, il s’agira de réfléchir aux conditions méthodologiques permettant de faire d’une pratique performative contemporaine une source historique, en croisant observation ethnographique, traditions orales, topographie religieuse et documentation archivistique et cartographique.
11 décembre 2026 :
- Geoffroy Heimlich (IRD) et Clément Mambu Nsangathi (Institut des Musées Nationaux du Congo), « Recherches en cours dans le massif de Lovo (RD. Congo) »
Cette intervention portera sur les recherches en cours menées dans le massif de Lovo, une région savanicole située en bordure sud-ouest de la forêt équatoriale, dans l’actuelle République démocratique du Congo. Ce terrain, où se dressent des centaines de promontoires calcaires sur environ 430km2, fait aujourd’hui l’objet d’un programme interdisciplinaire, à l’interface des sciences humaines et de l’environnement, et dans une dynamique de recherche collaborative. Appréhender les relations des humains avec leur milieu de vie sur la longue durée constitue l’un des enjeux de ces recherches à Lovo, dans une démarche en écologie historique.
- Chloé Capel (CNRS, Orient & Méditerranée), « Bab al-Mansuriya : lumière sur un monument emblématique mais incompris de Sijilmassa »
À deux kilomètres au nord du tell archéologique de Sijilmassa (Maroc) se dressent les vestiges d'une porte monumentale, Bab al-Mansuriya, isolée, au milieu des champs de la palmeraie du Tafilalt. Devenu le principal emblème patrimonial d'une ville médiévale par ailleurs totalement disparue sous les sables du Sahara, cet édifice n'avait été jusqu'à récemment ni étudié précisément, ni compris clairement. Pourtant une analyse attentive, croisant étude du bâti, histoire des arts, archéologie du paysage et exploration d'archives coloniales, permet aujourd'hui de proposer une restitution assez sûre de la fonction et de la datation du monument.
8 janvier 2027 : Margaux Lefèvre (EHESS, IMAF), « Objets du Gabon et du Congo rapportés lors de l'exploration française au XIXe siècle. La genèse d'une mise en collection institutionnelle »
La littérature de voyage et l'archive coloniale retracent les premières remontées du fleuve Ogooué par les Européens à partir des années 1870. Cette histoire de l'exploration correspond à la constitution des premières collections ethnographiques françaises, peu étudiées et pourtant au fondement des savoirs sur les sociétés précontemporaines du Gabon et de la République du Congo.
Au centre de son projet colonial, le gouvernement français lance la Mission de l'Ouest africain (1883-1886) - dirigée par Pierre Savorgnan de Brazza - qui fait du musée d'ethnographie du Trocadéro l'une des vitrines de la partie scientifique de la mission. A mesure que les acteurs de cette histoire coloniale se multiplient, d'autres objets sont collectés et rapportés, aujourd'hui pour la plupart peu documentés et, soumis à une visibilité réduite dans le champ des arts africains.
Les recherches présentées ici reconstituent l'histoire de ces collections et par extension, la singularité d'une culture matérielle régionale à la veille de l'établissement des colonies. En partant des pionniers de l'exploration côtière à l'accession au fleuve Congo, Marguax Lefèvre tente de recouper ces récits de la seconde moitié du XIXe siècle avec les vestiges des collections ethnographiques publiques pour une histoire renouvelée de ces sociétés.
22 janvier 2027 : Séance de présentation des travaux des étudiant·es en master 1 et 2
26 février 2027 : François-Xavier Fauvelle (Collège de France), « Les sociétés africaines au Moyen Âge. Une nouvelle histoire »
Avec Les Sociétés africaines au Moyen Âge. Une nouvelle histoire (Gallimard, 2026), François-Xavier Fauvelle livre la première synthèse sur l’Afrique médiévale à l’échelle du continent africain. S’appuyant sur les nombreux travaux récents en archéologie aussi bien qu’en linguistique, en anthropologie et en d’autres disciplines, il montre comment des formations politiques originales se sont développées en des régions très diverses d’Afrique, entretenant avec les mondes extérieurs une conversation marchande, religieuse, intellectuelle et esthétique.
12 mars 2027 : Mitiku Tesfaye (EHESS, IMAF), « The Kunama of Adyabo in travellers’ accounts: colonial cartography and imperial domination in early mid-19th-century Ethiopia »
When European travellers, cartographers and explorers documented the lands, peoples and cultures of the region they knew as Abyssinia (present-day Ethiopia and Eritrea) in the 19th century, their knowledge of the area was limited. By the mid-19th century, however, early European knowledge of the region had grown significantly. By the end of the century, this process was complete, with territories, peoples, cultures, and political entities clearly defined. This presentation will explore the Kunama people's territories and their representation in the 19th century. Although explorers, missionaries and other travellers had comprehensive knowledge of the Kunama people (mostly linguistic), many of their territories were still considered 'unknown' by Europeans and were often vaguely represented on European maps. This continued until the end of the century, when Italian colonial interest in the Kunama matured and imperial Ethiopia exerted influence over the wider region.
26 mars 2026 :
- Caroline Robion Brunner (CNRS, TRACES) & Gabriel Munteanu, « Techniques, espaces et temporalités de l’extraction du fer dans le sud du Bénin médiéval »
Dans un contexte où les travaux miniers anciens demeurent encore rarement documentés par la fouille archéologique en Afrique de l’Ouest, l’étude d’un réseau minier de la commune d’Aplahoué, au sud-ouest du Bénin, constitue une démarche pionnière pour appréhender les pratiques d’extraction du minerai de fer. La fouille d’un ensemble composé de puits, de galeries et de chambres d’exploitation permet de restituer une mine organisée, planifiée et adaptée aux contraintes du milieu souterrain. Les données morphologiques, stratigraphiques et topographiques mettent notamment en évidence des conduits d’accès normalisés, des espaces de circulation, des piliers rocheux conservés ainsi que des indices de dispositifs de soutènement en bois. Elles permettent également de discuter les modalités de reconnaissance et d’exploitation du gisement, l’abattage du minerai, la gestion des déblais et l’évacuation des eaux. À travers ce cas d’étude, il s’agira enfin d’interroger la place des travaux miniers dans les chaînes opératoires sidérurgiques et dans les dynamiques territoriales de l’Afrique de l’Ouest médiévale.
- Gérard Kouagou (Musée du Quai Branly, Université d’Abomey), « Fer et résistance : le rôle des métallurgistes de l'Atakora dans la lutte anticoloniale au Dahomey (1914-1917) »
L'histoire des résistances à la colonisation en Afrique de l'Ouest a longtemps privilégié les figures politiques et militaires, au détriment des acteurs techniques et des systèmes productifs qui ont pourtant rendu ces mobilisations matériellement possibles. Cette communication propose de réexaminer la résistance anticolonialiste conduite par Kaba entre 1914 et 1917, au nord-ouest du Dahomey, en interrogeant le rôle stratégique des métallurgistes de la région. L'activité sidérurgique de l'Atakora remonte au IIIe siècle de notre ère et connaît, à partir du XVIe siècle, une nette intensification dans un contexte régional marqué par les razzias, les recompositions politiques et l'insécurité. Le fer y devient une ressource stratégique, conférant aux métallurgistes une position sociale et symbolique particulière, à la croisée des savoir-faire techniques spécialisés et de formes d'autorité communautaire. En croisant données archéologiques, sources orales et archives coloniales, cette communication montrera comment les ateliers sidérurgiques, notamment celui de Datawori – lieu du dernier combat de Kaba en avril 1917 – ont pu constituer de véritables infrastructures de guerre. Ils participaient à la production d'armes (flèches, lances, couteaux, poignards), tout en étant insérés dans des réseaux d'approvisionnement et de renseignement. Les estimations quantitatives disponibles permettent de mesurer l'ampleur de la production métallurgique et invitent à restituer la révolte de Kaba comme une économie de guerre structurée, plutôt que comme une simple insurrection de repli montagnard. Il s'agira enfin d’examiner comment l'implication des métallurgistes dans la résistance a conduit à leur répression par l'administration coloniale. Celle-ci a contribué au recul, puis à la disparition progressive de la métallurgie traditionnelle dans la région vers 1940. Cette étude invite ainsi à réintégrer pleinement les acteurs techniques, les savoir-faire et les infrastructures productives dans l'histoire politique des résistances ouest-africaines à la colonisation.
23 avril 2027 : Héloïse Mercier (Paris1, Orient & Méditerranée), « “Le temps où la mère mangea son enfant” : la famine de 1890-1892 dans la province de Harar dans le contexte de l'expansion impériale éthiopienne »
14 mai 2027 : Léa Roth (Orient & Méditerranée), « 20 ans après Frank Willett : Pour une réédition critique et augmentée de The Art of Ife et une réévaluation de l’histoire et de l’archéologie d’une cité médiévale du Nigéria »
Cette présentation posera les premiers jalons d'un projet de réedition critique et augmentée de The Art of Ife: A Descriptive Catalogue and Database (2004), référence incontournable sur la culture matérielle du centre urbain médiéval d'Ife (Nigéria, ca. XIe-XVe siècles), aujourd'hui inaccessible du fait de l’obsolescence du support CD-ROM sur lequel il fut publié.
Conçu dans une démarche documentaire, ce catalogue raisonné témoigne aussi d'une préoccupation précoce pour le sort des objets volés ou disparus et pour les enjeux du trafic illicite d’antiquités. Vingt ans après le décès de son auteur, l’archéologue britannique Frank Willett (1925-2006), cet ouvrage demeure la somme la plus complète sur la culture matérielle et l'archéologie du site d'Ife. Frank Willett avait pourtant prévu de lui donner un pendant proprement archéologique, en publiant séparément ses données de fouilles ; sa disparition prématurée laissa cette publication inachevée, dont les détails ne peuvent aujourd'hui être restitués qu'à travers ses archives.
Resituer la culture matérielle d'Ife dans ses contextes archéologiques, historiques et muséaux suppose d'abord d'actualiser cet ouvrage fondateur. Cette entreprise répond à un double impératif : tenir compte des recompositions du paysage muséal et des avancées de la recherche archéologique dans la région, mais aussi assurer la pérennité et l'accessibilité de données aujourd'hui menacées d'oubli.
28 mai 2027 : Maxine Huguet (Paris-1, Orient & Méditerranée), « Une communauté textuelle stéphanite ? La bibliothèque du monastère de Gundä Gunde, Éthiopie, XVe-XIXe siècle »
La reconstruction de la bibliothèque du monastère de Gundä Gunde est aujourd’hui rendue possible par les progrès de la numérisation. L’analyse des manuscrits dans la perspective de leur appartenance à une bibliothèque, en tant que collection fluctuante et vivante, fait ressurgir les liens étroits qui les unissent à la communauté monastique. Celle-ci, fondée par Ǝsṭifanos au XVe siècle est taxée d’hérésie par le pouvoir royal et en subit les persécutions. Cette communication se propose de questionner le lien des acteurs de la copie et de la transmission à la communauté stéphanite et le rôle des pratiques de l’écrit dans la structuration même de la communauté.
-
Séminaires de recherche
– Arts, littératures et langages
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral, fiche de lecture, contrôle continu -
Séminaires de recherche
– Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral, fiche de lecture, contrôle continu -
Séminaires de recherche
– Histoire - Histoire et sciences sociales
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – contrôle continu, exposé oral, fiche de lecture
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
- -
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- -
- Pré-requis
- -
Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant
(une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) :
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=214.
-
Campus Condorcet-Centre de colloques
Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 3.06
annuel / bimensuel (2e/4e), vendredi 14:30-16:30
du 23 octobre 2026 au 28 mai 2027
Nombre de séances : 12