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UE169 - Droit pénal et exclusion de l'espace civique : bannissement, emprisonnement, réclusion


Lieu et planning


  • INHA
    2 rue Vivienne 75002 Paris
    annuel / hebdomadaire, mercredi 17:00-19:00
    du 21 octobre 2026 au 26 mai 2027
    Nombre de séances : 24


Description


Dernière modification : 6 mai 2026 20:10:46

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Droit et société, Histoire
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Anthropologie historique Anthropologie juridique Antiquité (sciences de l’) Archéologie Histoire du droit Langues
Aires culturelles
Europe Méditerranéens (mondes)
Intervenant·e·s
  • Yann Rivière [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Anthropologie et histoire des mondes antiques (AnHiMA)

Droit pénal, coercition, régimes de pénalité. Antiquité romaine (et mondes anciens)

Le séminaire abordera cette année des thématiques issues de travaux antérieurs consacrés à l'incarcération et à l'exil dans l'Antiquité romaine. La prison romaine avait fait l'objet d'un revouveau de la recherche dès la fin des années 1990, aussi bien dans l'historiographie italienne, espagnole, et française, que dans les mondes anglophones. L'animateur de ce séminaire avait alors publié dans le sillage de ces échanges Le cachot et les fers. Detention et coercition à Rome, Paris, Belin, 2004. Sans se répéter, évidemment, il faut y revenir. En effet, bien des travaux ont été menés depuis dans ce domaine de la coercitio et, plus généralement, du droit pénal. La « politique », sous la République romaine (la perspective, comparatiste, sera élargie à l'Athènes classique, voire à d'autres « mondes anciens », dès Sumer), le « pouvoir », sous l'Empire, sont au bout du chemin. Une attention toute particulière sera portée aux travaux de J. Hillner, mais plus généralement, en comparaison avec l'Antiquité, à la question de l'enfermement aux époques médiévale et moderne (F. Bretschneider ; I. Heulllant-Donnat ; N. Muchnik).

Quand il est question de « prison », il est nécessairement fait référence au livre de Michel Foucault, malheureusement considéré désormais comme un simple « attendu » sans souci d'exactitude. Ce livre a été trop rarement lu pourtant : une idée seulement, celle de l'enfermement « réformateur » (d'où vient en effet l'emendatio ?), est retenue, et très largement simplifiée, ou comme fossilisée pour être mieux circonscrite et rejetée. Dans Surveiller et punir, l'auteur identifie (incidemment, à deux ou trois reprises, pas plus) du « monastique » ou du « cellulaire » parmi les sources de la détention punitive qui ont présidé à la naissance de la prison « moderne » au XIXe siècle. Le séminaire s'efforcera donc de considérer la période de l'Empire romain tardif, celui de la naissance du monachisme et de la supposée « christianisation » du droit pénal. La perspective de longue durée s'impose, car Boniface VIII, au XIIIe siècle, se réfère implicitement au juriste Ulpien (IIIe siècle), pour en prendre le contre-pied. 

M. Foucault parlait de cette « comédie romaine », ce prisme qui allait du camp militaire, les castra, à l'idée de Res publica, la libertas, la République donc (Cl. Nicolet, Le métier de citoyen dans la Rome républiciane, Paris, 1976). « La généalogie est grise, écrivait Foucault ; elle est méticuleuse et patiemment documentaire. La généalogie exige donc  la minutie du savoir, un grand nombre de matériaux entassés, de la patience » (Dits et Ecrits, II, Paris, 2001, p. 136). Nietzsche, auparavant, dans  Nous autres philologues, avait proclamé : « sans idée directrice, ce travail de foumis ne serait qu'un tissu de vaines absurdités ».

Le séminaire dépassera le cadre de « l'enfermement ». Il s'ouvrira à l'histoire des institutions et des procédures, sans l'étude desquelles, il ne saurait y avoir, ni d'histoire politique, ni de pensée politique. Notre actualité, avec urgence, est là pour nous amener de nouveau à y réfléchir.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Pour tout contact : yriviere@ehess.fr

 

Direction de travaux des étudiants

Cf. adresse email ci-dessus.

Réception des candidats

Cf adresse e mail ci-dessus.

Pré-requis

pas de pré-requis

Dernière modification : 6 mai 2026 20:10:46

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Droit et société, Histoire
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Anthropologie historique Anthropologie juridique Antiquité (sciences de l’) Archéologie Histoire du droit Langues
Aires culturelles
Europe Méditerranéens (mondes)
Intervenant·e·s
  • Yann Rivière [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Anthropologie et histoire des mondes antiques (AnHiMA)

Droit pénal, coercition, régimes de pénalité. Antiquité romaine (et mondes anciens)

Le séminaire abordera cette année des thématiques issues de travaux antérieurs consacrés à l'incarcération et à l'exil dans l'Antiquité romaine. La prison romaine avait fait l'objet d'un revouveau de la recherche dès la fin des années 1990, aussi bien dans l'historiographie italienne, espagnole, et française, que dans les mondes anglophones. L'animateur de ce séminaire avait alors publié dans le sillage de ces échanges Le cachot et les fers. Detention et coercition à Rome, Paris, Belin, 2004. Sans se répéter, évidemment, il faut y revenir. En effet, bien des travaux ont été menés depuis dans ce domaine de la coercitio et, plus généralement, du droit pénal. La « politique », sous la République romaine (la perspective, comparatiste, sera élargie à l'Athènes classique, voire à d'autres « mondes anciens », dès Sumer), le « pouvoir », sous l'Empire, sont au bout du chemin. Une attention toute particulière sera portée aux travaux de J. Hillner, mais plus généralement, en comparaison avec l'Antiquité, à la question de l'enfermement aux époques médiévale et moderne (F. Bretschneider ; I. Heulllant-Donnat ; N. Muchnik).

Quand il est question de « prison », il est nécessairement fait référence au livre de Michel Foucault, malheureusement considéré désormais comme un simple « attendu » sans souci d'exactitude. Ce livre a été trop rarement lu pourtant : une idée seulement, celle de l'enfermement « réformateur » (d'où vient en effet l'emendatio ?), est retenue, et très largement simplifiée, ou comme fossilisée pour être mieux circonscrite et rejetée. Dans Surveiller et punir, l'auteur identifie (incidemment, à deux ou trois reprises, pas plus) du « monastique » ou du « cellulaire » parmi les sources de la détention punitive qui ont présidé à la naissance de la prison « moderne » au XIXe siècle. Le séminaire s'efforcera donc de considérer la période de l'Empire romain tardif, celui de la naissance du monachisme et de la supposée « christianisation » du droit pénal. La perspective de longue durée s'impose, car Boniface VIII, au XIIIe siècle, se réfère implicitement au juriste Ulpien (IIIe siècle), pour en prendre le contre-pied. 

M. Foucault parlait de cette « comédie romaine », ce prisme qui allait du camp militaire, les castra, à l'idée de Res publica, la libertas, la République donc (Cl. Nicolet, Le métier de citoyen dans la Rome républiciane, Paris, 1976). « La généalogie est grise, écrivait Foucault ; elle est méticuleuse et patiemment documentaire. La généalogie exige donc  la minutie du savoir, un grand nombre de matériaux entassés, de la patience » (Dits et Ecrits, II, Paris, 2001, p. 136). Nietzsche, auparavant, dans  Nous autres philologues, avait proclamé : « sans idée directrice, ce travail de foumis ne serait qu'un tissu de vaines absurdités ».

Le séminaire dépassera le cadre de « l'enfermement ». Il s'ouvrira à l'histoire des institutions et des procédures, sans l'étude desquelles, il ne saurait y avoir, ni d'histoire politique, ni de pensée politique. Notre actualité, avec urgence, est là pour nous amener de nouveau à y réfléchir.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – exposé oral
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel hebdomadaire = 12 ECTS
    MCC – exposé oral
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Pour tout contact : yriviere@ehess.fr

 

Direction de travaux des étudiants

Cf. adresse email ci-dessus.

Réception des candidats

Cf adresse e mail ci-dessus.

Pré-requis

pas de pré-requis

  • INHA
    2 rue Vivienne 75002 Paris
    annuel / hebdomadaire, mercredi 17:00-19:00
    du 21 octobre 2026 au 26 mai 2027
    Nombre de séances : 24