UE873 - Witchcraft, Mafiacraft, et le régime de la preuve
Lieu et planning
-
Bâtiment EHESS-Condorcet
EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle A515
annuel / mensuel (3e), mercredi 14:30-17:30
du 19 novembre 2025 au 17 juin 2026
Nombre de séances : 8
Description
Dernière modification : 2 juin 2025 19:47:27
- Type d'UE
- Séminaires DR/CR
- Disciplines
- Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Droit et société, Philosophie et épistémologie
- Page web
- -
- Langues
- anglais français italien
- Mots-clés
- Action publique Anthropologie juridique Anthropologie politique Démocratie Domination Droit, normes et société
- Aires culturelles
- Afrique Amérique du Nord Amérique du Sud Europe
Intervenant·e·s
- Deborah Puccio-Den [référent·e] directrice de recherche, CNRS / Centre des savoirs sur le politique : recherches et analyses (CESPRA)
Depuis les travaux de l’historien Carlo Ginzburg, dès la seconde moitié du siècle dernier, le paradigme de la « chasse aux sorcières » (witchcraft) a été instauré comme modèle de l’oppression qu’un système de pensée imposé par un pouvoir surplombant fait peser sur la culture « populaire », ainsi démonisée, réprimée et disqualifiée. De modèle épistémologique, ce paradigme est devenu le fer de lance d’une pensée critique envers le pouvoir et les ressorts de la domination. Cependant, la formule « chasse aux sorcières » a également été employée pour discréditer la lutte judiciaire antimafia dans l’Italie des années 1980, tout comme on a pu récemment l’entendre dans la bouche de Donald Trump pour défendre Poutine vis-à-vis du président Zelenski brandissant, lui, des preuves de « crimes de guerre », ou dans celle de politiciens français mis en cause dans des procès (dis)qualifiés comme « politiques ».
Ce séminaire n’entend certainement pas se prononcer sur le bien-fondé de ces usages et mésusages contemporains, dans l’espace du débat politique et médiatique, du terme de « chasse aux sorcières » pour dénoncer les excès d’un droit « liberticide », mais il a l’ambition d’apporter un certain nombre d’éclairages sur ce paradigme critique. Ainsi, le paradigme witchcraft sera exploré en passant en revue les ouvrages dans lesquels la figure du sorcier (witch) apparaît explicitement, tout comme un certain nombre de travaux dans lesquels ce paradigme est utilisé subrepticement, sans être explicitement mentionné, pour dénoncer des formes d’oppression ou de répression. En miroir de witchcraft, le paradigme Mafiacraft sera analysé à la lumière des commentaires et critiques qu’il a suscités dans les travaux d’anthropologues, philosophes politiques et historiens du droit, et de sociologues. On déplacera ainsi le curseur pour passer de la question de la domination à celle de l’opacité de l’action publique pour étudier les formes modernes de la désinformation ou de l’ignorance organisée (« Unknowing »). La pertinence de ce paradigme mettant l’accent sur la performativité du silence sera évaluée dans le cadre des traitements juridiques de différentes formes de violences invisibles et invisibilisées ou d’emprise. Les difficultés ou impasses du droit à traiter ces violences et emprises nous conduiront à explorer le régime de la preuve dans l’espace du droit tout comme dans celui de la fabrique (craft) des connaissances.
Le programme détaillé n'est pas disponible.
Master
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
- -
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- -
- Pré-requis
- -
Dernière modification : 2 juin 2025 19:47:27
- Type d'UE
- Séminaires DR/CR
- Disciplines
- Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Droit et société, Philosophie et épistémologie
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- -
- Langues
- anglais français italien
- Mots-clés
- Action publique Anthropologie juridique Anthropologie politique Démocratie Domination Droit, normes et société
- Aires culturelles
- Afrique Amérique du Nord Amérique du Sud Europe
Intervenant·e·s
- Deborah Puccio-Den [référent·e] directrice de recherche, CNRS / Centre des savoirs sur le politique : recherches et analyses (CESPRA)
Depuis les travaux de l’historien Carlo Ginzburg, dès la seconde moitié du siècle dernier, le paradigme de la « chasse aux sorcières » (witchcraft) a été instauré comme modèle de l’oppression qu’un système de pensée imposé par un pouvoir surplombant fait peser sur la culture « populaire », ainsi démonisée, réprimée et disqualifiée. De modèle épistémologique, ce paradigme est devenu le fer de lance d’une pensée critique envers le pouvoir et les ressorts de la domination. Cependant, la formule « chasse aux sorcières » a également été employée pour discréditer la lutte judiciaire antimafia dans l’Italie des années 1980, tout comme on a pu récemment l’entendre dans la bouche de Donald Trump pour défendre Poutine vis-à-vis du président Zelenski brandissant, lui, des preuves de « crimes de guerre », ou dans celle de politiciens français mis en cause dans des procès (dis)qualifiés comme « politiques ».
Ce séminaire n’entend certainement pas se prononcer sur le bien-fondé de ces usages et mésusages contemporains, dans l’espace du débat politique et médiatique, du terme de « chasse aux sorcières » pour dénoncer les excès d’un droit « liberticide », mais il a l’ambition d’apporter un certain nombre d’éclairages sur ce paradigme critique. Ainsi, le paradigme witchcraft sera exploré en passant en revue les ouvrages dans lesquels la figure du sorcier (witch) apparaît explicitement, tout comme un certain nombre de travaux dans lesquels ce paradigme est utilisé subrepticement, sans être explicitement mentionné, pour dénoncer des formes d’oppression ou de répression. En miroir de witchcraft, le paradigme Mafiacraft sera analysé à la lumière des commentaires et critiques qu’il a suscités dans les travaux d’anthropologues, philosophes politiques et historiens du droit, et de sociologues. On déplacera ainsi le curseur pour passer de la question de la domination à celle de l’opacité de l’action publique pour étudier les formes modernes de la désinformation ou de l’ignorance organisée (« Unknowing »). La pertinence de ce paradigme mettant l’accent sur la performativité du silence sera évaluée dans le cadre des traitements juridiques de différentes formes de violences invisibles et invisibilisées ou d’emprise. Les difficultés ou impasses du droit à traiter ces violences et emprises nous conduiront à explorer le régime de la preuve dans l’espace du droit tout comme dans celui de la fabrique (craft) des connaissances.
Le programme détaillé n'est pas disponible.
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
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EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle A515
annuel / mensuel (3e), mercredi 14:30-17:30
du 19 novembre 2025 au 17 juin 2026
Nombre de séances : 8