UE827 - Crises économiques et crises politiques


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 25-A - Norbert-Elias
    annuel / bimensuel, mardi 12:30-14:30
    du 14 octobre 2025 au 31 mars 2026
    Nombre de séances : 12

    • Mardi 14/10/2025
    • Mardi 04/11/2025 (NB : salle gradinée)
    • Mardi 18/11/2025 (NB : salle gradinée)
    • Mardi 02/12/2025
    • Mardi 16/12/2025 (NB : salle gradinée)
    • Mardi 06/01/2026
    • Mardi 20/01/2026
    • Mardi 03/02/2026
    • Mardi 17/02/2026
    • Mardi 03/03/2026
    • Mardi 24/03/2026 (NB : 12:00-14:00, salle 50 - Nicole-Loraux)
    • Mardi 31/03/2026

Description


Dernière modification : 27 oct. 2025 08:12:42

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Économie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Quentin Ravelli [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)

Les crises économiques engendrent des crises politiques mais les liens entre les deux événements restent énigmatiques. Pourquoi la crise de 2008 a-t-elle conduit à l’élection de Donald Trump aux États-Unis et à l’essor de Podemos en Espagne ? Comment expliquer que les mêmes difficultés économiques puissent nourir des contestations diamétralement opposées ? Il n’y a aucune traduction mécanique d’une crise à l’autre, mais au contraire des séries de changements qui permettent – ou non – aux luttes sociales de transformer les partis et les institutions. Pour mieux comprendre les situations où la reproduction sociale est mise en échec, et où les sociétés semblent se retrouver au bord de l'abîme, ce cours propose une analyse sociologique des basculements économiques, en soulignant l'importance des rapports de classe, de genre et des relations coloniales dans l'apparition de nouvelles forces politiques.

L'objectif est de se familiariser avec les théories qui abordent ces situations, mais aussi de mieux connaître leur hirstoire concrète. Parmi les cas étudiés, certains sont récents, comme les Gilets jaunes en France, la gauche radicale en Espagne et la nouvelle extrême-droite aux États-Unis, trois cas de figure contrastés qu'on étudiera précisément. On sera attentif aux rôles et représentations des différents groupes sociaux qui s'affrontent, ainsi qu'au déroulement chonologique des conflits sociaux dont ils deviennent les protagonistes. Mais le cours reviendra aussi sur l’histoire sociale des crises économiques : la crise de 1929, qui a nourri la montée du fascisme en Europe ; la crise ferroviaire de 1846-1847, à l’origine du « Printemps des Peuples » de 1848 ; la bulle des Mers du Sud de 1720, enracinée dans l’histoire coloniale ; la crise des Tulipes hollandaises de 1637. La réflexion s’appuiera donc sur des transformations historiques longues du capitalisme, avec une attention particulière aux formes de production et de circulation des marchandises – coton, pain, pétrole, produits financiers.

En confrontant différentes théories des crises, on réfléchira aux problèmes posés par les schémas classiques, néolibéraux et hétérodoxes. Entre l’étymologie latine de la crise comme « apparition brutale d’une maladie » et l’étymologie grecque de la « prise de décision », la sociologie des crises semble osciller entre des pôles inconciliables. Chaque séance sera aussi l'occasion de lire ensemble des textes classiques, ou moins connus, qui abordent ces sujets. 

Séance 1 : Introduction générale 

On présentera les objectifs généraux du séminaire, à partir du problème théorique que pose la crise, entre structure et anomalie, récurrence et singularité.  D’une part, la fréquence des crises fait penser qu’on a affaire à un phénomène structurel, voire à une loi immanente au système économique qui défie l’unicité de l’événement et justifie la recherche de « cycles » – de Kondratieff, de Kuznets, de Juglar, de Kitchin. D’autre part, malgré cette régularité, nous restons incapables de prévoir les crises, ni même de leur trouver un remède ou de les dépasser quand elles adviennent : leurs expressions nationales et sectorielles, souvent sous la forme d’explosions sociales imprévues, restent largement incomprises – et a fortiori leurs conséquences sociales en termes de rapports de classe, de race, de genre.

Séance 2 : Bulles et cygnes noirs : les théories libérales de la crise

Les économistes libéraux confèrent au marché une capacité d’autorégulation qui devrait, en théorie, l’immuniser contre les crises. Les crises sont donc attribuées à des facteurs externes, comme c’est le cas chez Milton Friedman et Friedrich Hayek. Bulles, effondrements boursiers et dépressions sont des anomalies liées à l’Etat, aux monopoles, aux catastrophes naturelles, aux guerres, aux syndicats. De nombreux auteurs, parfois marginaux parmi les orthodoxes – quand ils ne sont pas classés chez les hétérodoxes – considèrent cependant que ces éléments font partie intégrante de l’économie et cherchent à les y intégrer sans changer de modèle. Joseph Stiglitz, avec sa notion d’asymétrie de l’information, et Paul Krugman, avec celle des rendements croissants, en font partie. On se demandera quelles sont les limites de cette démarche : l’économie libérale est-elle suffisamment élastique pour penser les crises ? Quelles sont les failles de son modèle théorique ?

  • Friedrich Hayek (1975) [1931], Prix et production, Calmann-Lévy, Paris
  • Milton et Rose Friedman (1980) [1979], « Anatomie d’une crise », in Milton et Rose Friedman, La liberté du choix, Pierre Belfond, Paris
  • James K. Galbraith (2015) [2014], La Grande Crise, Le Seuil, Paris

Lectures complémentaires :

  • Nassim Taleb (2011) [2007], Le cygne noir, Les Belles Lettres, Paris
  • Chris Anderson (2012) [2006], La longue traîne, Flammarion, Paris

Séance 3 : Les crises selon l’économie hétérodoxe : la suraccumulation structurelle

Malgré leur diversité, les théories hétérodoxes s’accordent à voir les crises comme des problèmes inhérents au capitalisme, qui supposent d’en analyser la structure. Concurrence destructrice, guerres impérialistes et surproduction sont parmi les principales raisons invoquées. Plus fondamentalement, la théorie marxiste repose sur l’idée d’une suraccumulation – du capital et de marchandises – qui s’enracine dans une contradiction fondamentale du système capitaliste. Pourtant, dans les écrits de Marx, les liens entre crise économique et révolution sociale ne sont jamais abordés directement : ils sont essentiels mais seulement parsemés dans des textes très divers. Depuis, parmi les auteurs marxistes, rares sont ceux qui s’attellent concrètement la question de la crise – plus rares encore sont ceux qui l’abordent à l’échelle d’un secteur ou d’une marchandise. Pour faire redescendre sur terre l’économie politique, on essaiera de proposer des pistes pour une sociologie des crises.

  • François Chesnais (2014), « La crise et le dépassement du capitalisme chez Marx », dossier « Marx Politique », Cités, n°59, p. 115-125, PUF, Paris
  • Karl Marx (2002) [1850], Les luttes de classes en France, Gallimard, Paris
  • Karl Marx (1972), [1859], Contribution à la Critique de l’économie politique, « Préface », Editions Sociales, Paris
  • Karl Marx (2014) [1867], Le Capital, livre I, PUF, Paris [extraits]

Lectures complémentaires :

  • Karl Marx (2009), Les crises du capitalisme, Démopolis, Paris
  • John Bellamy Foster et Robert McChesney (2012), The Endless Crisis, Monthly Review Press, New York
  • Giovanni Arrighi (2010) [1994], The Long Twentieth Century, Verso, New York
  • Robert Brenner (2009), « What is good for Goldman Sachs is Good for America: The Origins of the Current Crisis », Center for Social Theory and Comparative History, UCLA, Los Angeles, 18 avril 2009

Séance 4 : La crise crée-t-elle les luttes sociales ? I. Révolution française et Mai 1968

Les crises économiques sont souvent suivies de bouleversements sociaux. Des crises de subsistance du XVIIIe siècle à aujourd’hui, en passant par le début des années 1930 en Europe, les deux chronologies sont corrélées. Il est difficile de comprendre la Révolution de 1789 sans faire référence à l’histoire économique du monde paysan, et le « printemps des peuples » de 1848 en Europe s’ancre dans la crise spéculative ferroviaire de 1846-1847. Mais le lien n’est pas systématique : certains mouvements, comme celui de Mai 1968 qui conduit à une crise politique généralisée par désectorisation, ont surgi sans choc économique préalable ; et certaines crises économiques, comme la bulle des tulipes hollandaises de 1637, n’ont pas eu d’effets sociaux durables. Comment expliquer ces paradoxes ? Le rôle des organisations, comme les partis et les syndicats, jouent ici des rôles importants.

  • François Furet et Denis Richet (2010) [1963], La Révolution française, Hachette, Paris
  • Michel Dobry (1986), Sociologie des crises politiques, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Paris
  • Ludivine Bantigny (2018), 1968. De grands soirs en petits matins, Le Seuil, Paris
  • Alexis de Tocqueville (1984) [1856], L’Ancien régime et la Révolution, Gallimard, Paris

Lectures complémentaires :

  • David Weir (1991), « Les crises économiques et les origines de la révolution française », Annales, juillet-août 1991, n°4, 917-947
  • Charles Tilly et Maria Kousis (2005), Economic and Political Contention in Comparative Perspective, Paradigm, New York
  • Raymond Boudon (1977), « La logique de la frustration relative », European Journal of Sociology, 18(1), 3-26
  • Walter G. Runciman (1980), Relative deprivation and social justice, Routledge & Kegan, Londres

Séance 5 : La crise crée-t-elle les luttes sociales ? II. Gilets jaunes et Parapluies de Hong-Kong

À la lumière de la séance précédente, on éclairera un mouvement social récent : les Gilets jaunes. Ce soulèvement inédit, surgi en dehors des partis et des syndicats, est difficilement interprétable avec les outils politiques habituels : le clivage entre la droite et la gauche lui correspond mal ; ses lieux et ses techniques de mobilisation sont inhabituels. À partir de nombreux matériaux empiriques de première main, on s’intéressera à ses formes spécifiques d’organisation, du rond-point à l’Assemblée des assemblées, en passant par le rôle de centralisation des manifestations du samedi. S’agit-il d’une brèche atypique dans les répertoires d’action habituels aux luttes sociales ? Ce mouvement n’est pourtant pas sans ressemblance avec d’autres : son ambiguïté idéologique peut faire penser au Mouvement des Cinq Étoiles ; ses moyens d’actions radicaux et ses revendications économiques sont comparables à celles de la Révolte des parapluies à Hong-Kong.

  • Laurent Jeanpierre (2019), In Girum. Les leçons politiques des ronds-points, La Découverte, Paris
  • Gérard Noiriel (2018), Les Gilets jaunes à la lumière de l’histoire, Editions de l’Aube, La tour d’Aigues
  • Louis Augustin-Jean et Anthea H.Y. Cheung (2018), The Economic Roots of the Umbrella Movement in Hong Kong. Globalization and the Rise of China, Londres et New-York

Lectures complémentaires :

  • AOC (2019), Les Gilets jaunes. Hypothèses sur un mouvement, La Découverte, Paris

Séance 6 : Crise et nouveaux partis politiques : nationalisme et anticapitalisme

Après 2008, de nombreuses forces d’extrême droite sont arrivés au pouvoir – en Hongrie, en Italie, au Brésil, aux Etats-Unis – et d’autres sont en plein essor – Front national en France, Aube dorée en Grèce, Vox en Espagne, néonazis en Allemagne. La fermeture des frontières, le nationalisme et les revendications familialiste et patriarcale en sont des traits communs, qu’on retrouve dans l’Europe des années 1930, malgré toutes les différences entre les deux époques. A l’inverse, d’autres organisations politiques ont déployé des programmes opposés : c’est le cas de Syriza, de Podemos, des Economic Freedom Fighters en Afrique du Sud ou du Parti Pirate en Islande. Ils sont souvent les héritiers de la vague de contestation de 2011, l’année du printemps arabes, des Indignés espagnol et du mouvement Occupy. Féminisme et antiracisme, ancrés dans une critique radicale du système financier, voire du capitalisme, sont souvent explicitement revendiqués. On s’intéressera aux racines sociologiques de ces deux phénomènes faussement symétriques, en particulier à l’endettement et au déclassement dans les quartiers populaires.

  • Lamprini Lori (2016), « L’ambition sans remords : SYRIZA et l’exercice du pouvoir, Pôle Sud. Revue de science politique de l’Europe méridionale, 2016/2, 45
  • Héloïse Nez (2015), Podemos : de l’indignation aux élections, Les Petits Matins, Paris
  • Roger Southhall (2014), « The South African Election of 2014: Retrospect and Prospect », Strategic Review for Southern Africa, vol. 36, 2
  • Louis Chauvel (2016), La spirale du déclassement. Essai sur la société des illusions, Le Seuil, Paris

Lectures complémentaires :

  • Enrique Hernandez et Hanspeter Kriesi (2016), « The Electoral Consequences of the Financial and Economic Crisis in Europe », European Journal of Political Research, 55(2):203-24
  • Daniel Bizeul (2003), Avec ceux du FN. Un sociologue au Front National, La Découverte, Paris

Séance 7 : L’économie politique de la race : la crise comme activation raciale

La sociologie des crises économiques souligne la réapparition de clivages sociaux autour des rapports sociaux de race, le plus souvent issus d’histoires coloniales ou esclavagistes qui ont joué un rôle essentiel dans la construction des économies nationales. On s’intéressera ici à deux cas de figure : la remise en cause du système économique de plantation avec la grève générale de Guadeloupe et la politique du LKP ; l’antiracisme économique de certains mouvements sociaux sud-africains, qui luttent contre le surendettement parmi les travailleurs du secteur minier et dans le domaine du logement. Historiquement, ce lien entre l’économie politique de la race et la crise économique – souvent souligné dans le cas de la crise des subprime qui a prioritairement touché les quartiers noirs aux États-Unis – s’est manifesté dès les premières heures de la colonisation : la bulle des Mers du Sud de 1720, souvent considérée comme la première crise financière internationale, est ancrée dans l’histoire de l’esclavagisme.

  • Gary Dymski (2009), « Racial Exclusion and the Political Economy of the Subprime Crisis », Historical Materialism, 17(2) :149-79
  • Nesrine Bentemessek Kahia (2010), « La bulle des mers du Sud, ou le ’too big to fail’ avant l’heure », L’économie politique, 2010/4, n°48
  • Joseph Inikori (2002), Africans and the Industrial Revolution in England, Cambridge Univ. Press, Cambridge

Lectures complémentaires :

  • Sébastien Chauvin et Alexandre Jaunait (2012), « Représenter l’intersection. Les théories de l’intersectionalité à l’épreuve des sciences sociales », Revue Française de Science Politique, 2012/1, 62
  • Satnam Virdee (2014), Racism, Class and the Racialized Outsider, Red Globe Press, London
  • Markus Rediker (2013) [2007], A bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite, Le Seuil, Paris

Séance 8 : Crise et marchandises : pétrole, antibiotiques, crédits à risque

Certaines crises, générales ou sectorielles, sont directement liées à des marchandises. C’est le cas des « chocs pétroliers » des années 1970, pour lesquels aucun consensus n’est établi : selon certains, ils résultent d’un choix politique des pays producteurs du pétrole du Moyen-Orient ; pour d’autres, ils proviennent d’une saturation de la production de pétrole aux États-Unis. Quelle qu’en soit l’origine, ils ont eu un effet durable sur la politique américaine, en particulier sur sa politique intérieure pendant les années Reagan. Pour comprendre les effets sociaux de ces crises liées aux marchandises, on s’intéressera à la crise de santé publique des résistances aux antibiotiques, puis aux crédits immobiliers à l’origine de la crise de 2008. À partir de « biographies sociales » de ces marchandises, on approfondira empiriquement le lien entre le phénomène de surproduction et ses conséquences sociales.

  • Arjun Appadurai (1986), Social Life of Things: Commodities in Cultural Perspective, Cambridge University Press, Cambridge
  • Timothy Mitchell (2011), Carbon Democracy. Political Power in the Age of Oil, Verso, New York
  • Jean-Stéphane Bron (2010), Cleveland contre Wall Street, Les films du Losange [film]

Lecture complémentaire :

  • Scott H. Podolsky (2018), « The evolving response to antibiotic resistance (1945-2018) », Palgrave Communications, 4, article 124

Séance 9 : Présentation de recherches (à définir)

Séance 10 : Présentation de recherches (à définir)

Séance 11 : Les récits de 1929 : art et sciences sociales

Plus que toute autre crise, celle de 1929 a eu des effets durables sur les formes d’expression artistiques. Outre les cas les plus connu, comme Les raisins de la colère, de John Steinbeck, on essaiera de dresser un tableau des « cultures de la crise » qu’on retrouve aussi bien en peinture, en photographie et au cinéma que dans la littérature. Elles ont contribué à forger les termes du débat politique et les solutions envisagées par les gouvernements face aux effets de la Grande Dépression. Pendant le New Deal, l’administration Roosevelt a par exemple commissionné des photographes et des écrivains pour documenter les effets du chômage, établir puis diffuser son diagnostic et orienter ses politiques.

  • James Agee et Walker Evans (1993) [1941], Louons maintenant les grands hommes, Terre Humaine, Plon, Paris
  • Charles Hagen (1985), American Photographers of the Depression: Farm Security Administration Photographs 1935-1942, Centre National de la Photographie, Paris et New York
  • Maurice Berger (1992), « FSA: The Illiterate Eye », in Maurice Berger, How Art Becomes History, HarperCollins

Séance 12 : Conclusion

En conclusion, on clarifiera les liens entre trois domaines de recherche mobilisés au cours du séminaire : l’histoire des crises économiques, la biographie sociale des marchandises et la sociologie intersectionnelle. En combinant ces trois angles d’attaque, on cherchera à dessiner une sociologie des crises capable d’éclairer les relations complexes qui lient les crises économiques aux crises politiques.

Bibliographie indicative (à compléter en cours d’année)

  • Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff (2010), Cette fois, c’est différent. Huit siècles de folie financière, Pearson, Paris
  • William H. Sewell (2008), « The temporalities of capitalism », Socio-economic Review, 6, 517-537
  • Arjun Appadurai (1986), Social Life of Things: Commodities in Cultural Perspective, Cambridge University Press, Cambridge
  • Timothy Mitchell (2011), Carbon Democracy. Political Power in the Age of Oil, Verso, New York
  • Scott H. Podolsky (2018), « The evolving response to antibiotic resistance (1945-2018) », Palgrave Communications, 4, article 124
  • Jean-Stéphane Bron (2010), Cleveland contre Wall Street, Les films du Losange [film]
  • James Agee et Walker Evans (1993) [1941], Louons maintenant les grands hommes, Terre Humaine, Plon, Paris
  • Charles Hagen (1985), American Photographers of the Depression: Farm Security Administration Photographs 1935-1942, Centre National de la Photographie, Paris et New York
  • Maurice Berger (1992), « FSA: The Illiterate Eye », in Maurice Berger, How Art Becomes History, HarperCollins
  • Gary Dymski (2009), « Racial Exclusion and the Political Economy of the Subprime Crisis », Historical Materialism, 17(2) :149-79
  • Nesrine Bentemessek Kahia (2010), « La bulle des mers du Sud, ou le ’too bigg to fail’ avant l’heure », L’économie politique, 2010/4, n°48
  • Joseph Inikori (2002), Africans and the Industrial Revolution in England, Cambridge Univ. Press, Cambridge
  • Sébastien Chauvin et Alexandre Jaunait (2012), « Représenter l’intersection. Les théories de l’intersectionalité à l’épreuve des sciences sociales », Revue Française de Science Politique, 2012/1, 62
  • Satnam Virdee (2014), Racism, Class and the Racialized Outsider, Red Globe Press, London
  • Markus Rediker (2013) [2007], A bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite, Le Seuil, Paris
  • Lamprini Lori (2016), « L’ambition sans remords : SYRIZA et l’exercice du pouvoir, Pôle Sud. Revue de science politique de l’Europe méridionale, 2016/2, 45
  • Héloïse Nez (2015), Podemos : de l’indignation aux élections, Les Petits Matins, Paris
  • Roger Southhall (2014), « The South African Election of 2014: Retrospect and Prospect », Strategic Review for Southern Africa, vol. 36, 2
  • Enrique Hernandez et Hanspeter Kriesi (2016), « The Electoral Consequences of the Financial and Economic Crisis in Europe », European Journal of Political Research, 55(2):203-24
  • Daniel Bizeul (2003), Avec ceux du FN. Un sociologue au Front National, La Découverte, Paris
  • Louis Chauvel (2016), La spirale du déclassement. Essai sur la société des illusions, Le Seuil, Paris
  • Laurent Jeanpierre (2019), In Girum. Les leçons politiques des ronds-points, La Découverte, Paris
  • Gérard Noiriel (2018), Les Gilets jaunes à la lumière de l’histoire, Editions de l’Aube, La tour d’Aigues
  • AOC (2019), Les Gilets jaunes. Hypothèses sur un mouvement, La Découverte, Paris
  • François Furet et Denis Richet (2010) [1963], La Révolution française, Hachette, Paris
  • Michel Dobry (1986), La structure des crises politiques, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Paris
  • David Weir (1991), « Les crises économiques et les origines de la révolution française », Annales, juillet-août 1991, n°4, 917-947
  • Charles Tilly et Maria Kousis (2005), Economic and Political Contention in Comparative Perspective, Paradigm, New York

Master


  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études interdisciplinaires du politique – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire et sciences sociales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sciences économiques et sociales - Économie et société – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales - Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Ce séminaire de lecture et de recherche est ouvert à tous.

Validation : texte de 8-10 pages à partir des lectures et d'éléments empiriques.

Le référent peut être contacté à l'adresse suivante : quentin.ravelli@cnrs.fr

Trois séances seront consacrées à la présentation de travaux d’autres chercheurs. La bibliographie est indicative et sera complétée au fil de l’année.

 

Direction de travaux des étudiants

La direction de travaux d'étudiants se fait sur rdv.

Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 27 oct. 2025 08:12:42

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Économie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Quentin Ravelli [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre Maurice-Halbwachs (CMH)

Les crises économiques engendrent des crises politiques mais les liens entre les deux événements restent énigmatiques. Pourquoi la crise de 2008 a-t-elle conduit à l’élection de Donald Trump aux États-Unis et à l’essor de Podemos en Espagne ? Comment expliquer que les mêmes difficultés économiques puissent nourir des contestations diamétralement opposées ? Il n’y a aucune traduction mécanique d’une crise à l’autre, mais au contraire des séries de changements qui permettent – ou non – aux luttes sociales de transformer les partis et les institutions. Pour mieux comprendre les situations où la reproduction sociale est mise en échec, et où les sociétés semblent se retrouver au bord de l'abîme, ce cours propose une analyse sociologique des basculements économiques, en soulignant l'importance des rapports de classe, de genre et des relations coloniales dans l'apparition de nouvelles forces politiques.

L'objectif est de se familiariser avec les théories qui abordent ces situations, mais aussi de mieux connaître leur hirstoire concrète. Parmi les cas étudiés, certains sont récents, comme les Gilets jaunes en France, la gauche radicale en Espagne et la nouvelle extrême-droite aux États-Unis, trois cas de figure contrastés qu'on étudiera précisément. On sera attentif aux rôles et représentations des différents groupes sociaux qui s'affrontent, ainsi qu'au déroulement chonologique des conflits sociaux dont ils deviennent les protagonistes. Mais le cours reviendra aussi sur l’histoire sociale des crises économiques : la crise de 1929, qui a nourri la montée du fascisme en Europe ; la crise ferroviaire de 1846-1847, à l’origine du « Printemps des Peuples » de 1848 ; la bulle des Mers du Sud de 1720, enracinée dans l’histoire coloniale ; la crise des Tulipes hollandaises de 1637. La réflexion s’appuiera donc sur des transformations historiques longues du capitalisme, avec une attention particulière aux formes de production et de circulation des marchandises – coton, pain, pétrole, produits financiers.

En confrontant différentes théories des crises, on réfléchira aux problèmes posés par les schémas classiques, néolibéraux et hétérodoxes. Entre l’étymologie latine de la crise comme « apparition brutale d’une maladie » et l’étymologie grecque de la « prise de décision », la sociologie des crises semble osciller entre des pôles inconciliables. Chaque séance sera aussi l'occasion de lire ensemble des textes classiques, ou moins connus, qui abordent ces sujets. 

Séance 1 : Introduction générale 

On présentera les objectifs généraux du séminaire, à partir du problème théorique que pose la crise, entre structure et anomalie, récurrence et singularité.  D’une part, la fréquence des crises fait penser qu’on a affaire à un phénomène structurel, voire à une loi immanente au système économique qui défie l’unicité de l’événement et justifie la recherche de « cycles » – de Kondratieff, de Kuznets, de Juglar, de Kitchin. D’autre part, malgré cette régularité, nous restons incapables de prévoir les crises, ni même de leur trouver un remède ou de les dépasser quand elles adviennent : leurs expressions nationales et sectorielles, souvent sous la forme d’explosions sociales imprévues, restent largement incomprises – et a fortiori leurs conséquences sociales en termes de rapports de classe, de race, de genre.

Séance 2 : Bulles et cygnes noirs : les théories libérales de la crise

Les économistes libéraux confèrent au marché une capacité d’autorégulation qui devrait, en théorie, l’immuniser contre les crises. Les crises sont donc attribuées à des facteurs externes, comme c’est le cas chez Milton Friedman et Friedrich Hayek. Bulles, effondrements boursiers et dépressions sont des anomalies liées à l’Etat, aux monopoles, aux catastrophes naturelles, aux guerres, aux syndicats. De nombreux auteurs, parfois marginaux parmi les orthodoxes – quand ils ne sont pas classés chez les hétérodoxes – considèrent cependant que ces éléments font partie intégrante de l’économie et cherchent à les y intégrer sans changer de modèle. Joseph Stiglitz, avec sa notion d’asymétrie de l’information, et Paul Krugman, avec celle des rendements croissants, en font partie. On se demandera quelles sont les limites de cette démarche : l’économie libérale est-elle suffisamment élastique pour penser les crises ? Quelles sont les failles de son modèle théorique ?

  • Friedrich Hayek (1975) [1931], Prix et production, Calmann-Lévy, Paris
  • Milton et Rose Friedman (1980) [1979], « Anatomie d’une crise », in Milton et Rose Friedman, La liberté du choix, Pierre Belfond, Paris
  • James K. Galbraith (2015) [2014], La Grande Crise, Le Seuil, Paris

Lectures complémentaires :

  • Nassim Taleb (2011) [2007], Le cygne noir, Les Belles Lettres, Paris
  • Chris Anderson (2012) [2006], La longue traîne, Flammarion, Paris

Séance 3 : Les crises selon l’économie hétérodoxe : la suraccumulation structurelle

Malgré leur diversité, les théories hétérodoxes s’accordent à voir les crises comme des problèmes inhérents au capitalisme, qui supposent d’en analyser la structure. Concurrence destructrice, guerres impérialistes et surproduction sont parmi les principales raisons invoquées. Plus fondamentalement, la théorie marxiste repose sur l’idée d’une suraccumulation – du capital et de marchandises – qui s’enracine dans une contradiction fondamentale du système capitaliste. Pourtant, dans les écrits de Marx, les liens entre crise économique et révolution sociale ne sont jamais abordés directement : ils sont essentiels mais seulement parsemés dans des textes très divers. Depuis, parmi les auteurs marxistes, rares sont ceux qui s’attellent concrètement la question de la crise – plus rares encore sont ceux qui l’abordent à l’échelle d’un secteur ou d’une marchandise. Pour faire redescendre sur terre l’économie politique, on essaiera de proposer des pistes pour une sociologie des crises.

  • François Chesnais (2014), « La crise et le dépassement du capitalisme chez Marx », dossier « Marx Politique », Cités, n°59, p. 115-125, PUF, Paris
  • Karl Marx (2002) [1850], Les luttes de classes en France, Gallimard, Paris
  • Karl Marx (1972), [1859], Contribution à la Critique de l’économie politique, « Préface », Editions Sociales, Paris
  • Karl Marx (2014) [1867], Le Capital, livre I, PUF, Paris [extraits]

Lectures complémentaires :

  • Karl Marx (2009), Les crises du capitalisme, Démopolis, Paris
  • John Bellamy Foster et Robert McChesney (2012), The Endless Crisis, Monthly Review Press, New York
  • Giovanni Arrighi (2010) [1994], The Long Twentieth Century, Verso, New York
  • Robert Brenner (2009), « What is good for Goldman Sachs is Good for America: The Origins of the Current Crisis », Center for Social Theory and Comparative History, UCLA, Los Angeles, 18 avril 2009

Séance 4 : La crise crée-t-elle les luttes sociales ? I. Révolution française et Mai 1968

Les crises économiques sont souvent suivies de bouleversements sociaux. Des crises de subsistance du XVIIIe siècle à aujourd’hui, en passant par le début des années 1930 en Europe, les deux chronologies sont corrélées. Il est difficile de comprendre la Révolution de 1789 sans faire référence à l’histoire économique du monde paysan, et le « printemps des peuples » de 1848 en Europe s’ancre dans la crise spéculative ferroviaire de 1846-1847. Mais le lien n’est pas systématique : certains mouvements, comme celui de Mai 1968 qui conduit à une crise politique généralisée par désectorisation, ont surgi sans choc économique préalable ; et certaines crises économiques, comme la bulle des tulipes hollandaises de 1637, n’ont pas eu d’effets sociaux durables. Comment expliquer ces paradoxes ? Le rôle des organisations, comme les partis et les syndicats, jouent ici des rôles importants.

  • François Furet et Denis Richet (2010) [1963], La Révolution française, Hachette, Paris
  • Michel Dobry (1986), Sociologie des crises politiques, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Paris
  • Ludivine Bantigny (2018), 1968. De grands soirs en petits matins, Le Seuil, Paris
  • Alexis de Tocqueville (1984) [1856], L’Ancien régime et la Révolution, Gallimard, Paris

Lectures complémentaires :

  • David Weir (1991), « Les crises économiques et les origines de la révolution française », Annales, juillet-août 1991, n°4, 917-947
  • Charles Tilly et Maria Kousis (2005), Economic and Political Contention in Comparative Perspective, Paradigm, New York
  • Raymond Boudon (1977), « La logique de la frustration relative », European Journal of Sociology, 18(1), 3-26
  • Walter G. Runciman (1980), Relative deprivation and social justice, Routledge & Kegan, Londres

Séance 5 : La crise crée-t-elle les luttes sociales ? II. Gilets jaunes et Parapluies de Hong-Kong

À la lumière de la séance précédente, on éclairera un mouvement social récent : les Gilets jaunes. Ce soulèvement inédit, surgi en dehors des partis et des syndicats, est difficilement interprétable avec les outils politiques habituels : le clivage entre la droite et la gauche lui correspond mal ; ses lieux et ses techniques de mobilisation sont inhabituels. À partir de nombreux matériaux empiriques de première main, on s’intéressera à ses formes spécifiques d’organisation, du rond-point à l’Assemblée des assemblées, en passant par le rôle de centralisation des manifestations du samedi. S’agit-il d’une brèche atypique dans les répertoires d’action habituels aux luttes sociales ? Ce mouvement n’est pourtant pas sans ressemblance avec d’autres : son ambiguïté idéologique peut faire penser au Mouvement des Cinq Étoiles ; ses moyens d’actions radicaux et ses revendications économiques sont comparables à celles de la Révolte des parapluies à Hong-Kong.

  • Laurent Jeanpierre (2019), In Girum. Les leçons politiques des ronds-points, La Découverte, Paris
  • Gérard Noiriel (2018), Les Gilets jaunes à la lumière de l’histoire, Editions de l’Aube, La tour d’Aigues
  • Louis Augustin-Jean et Anthea H.Y. Cheung (2018), The Economic Roots of the Umbrella Movement in Hong Kong. Globalization and the Rise of China, Londres et New-York

Lectures complémentaires :

  • AOC (2019), Les Gilets jaunes. Hypothèses sur un mouvement, La Découverte, Paris

Séance 6 : Crise et nouveaux partis politiques : nationalisme et anticapitalisme

Après 2008, de nombreuses forces d’extrême droite sont arrivés au pouvoir – en Hongrie, en Italie, au Brésil, aux Etats-Unis – et d’autres sont en plein essor – Front national en France, Aube dorée en Grèce, Vox en Espagne, néonazis en Allemagne. La fermeture des frontières, le nationalisme et les revendications familialiste et patriarcale en sont des traits communs, qu’on retrouve dans l’Europe des années 1930, malgré toutes les différences entre les deux époques. A l’inverse, d’autres organisations politiques ont déployé des programmes opposés : c’est le cas de Syriza, de Podemos, des Economic Freedom Fighters en Afrique du Sud ou du Parti Pirate en Islande. Ils sont souvent les héritiers de la vague de contestation de 2011, l’année du printemps arabes, des Indignés espagnol et du mouvement Occupy. Féminisme et antiracisme, ancrés dans une critique radicale du système financier, voire du capitalisme, sont souvent explicitement revendiqués. On s’intéressera aux racines sociologiques de ces deux phénomènes faussement symétriques, en particulier à l’endettement et au déclassement dans les quartiers populaires.

  • Lamprini Lori (2016), « L’ambition sans remords : SYRIZA et l’exercice du pouvoir, Pôle Sud. Revue de science politique de l’Europe méridionale, 2016/2, 45
  • Héloïse Nez (2015), Podemos : de l’indignation aux élections, Les Petits Matins, Paris
  • Roger Southhall (2014), « The South African Election of 2014: Retrospect and Prospect », Strategic Review for Southern Africa, vol. 36, 2
  • Louis Chauvel (2016), La spirale du déclassement. Essai sur la société des illusions, Le Seuil, Paris

Lectures complémentaires :

  • Enrique Hernandez et Hanspeter Kriesi (2016), « The Electoral Consequences of the Financial and Economic Crisis in Europe », European Journal of Political Research, 55(2):203-24
  • Daniel Bizeul (2003), Avec ceux du FN. Un sociologue au Front National, La Découverte, Paris

Séance 7 : L’économie politique de la race : la crise comme activation raciale

La sociologie des crises économiques souligne la réapparition de clivages sociaux autour des rapports sociaux de race, le plus souvent issus d’histoires coloniales ou esclavagistes qui ont joué un rôle essentiel dans la construction des économies nationales. On s’intéressera ici à deux cas de figure : la remise en cause du système économique de plantation avec la grève générale de Guadeloupe et la politique du LKP ; l’antiracisme économique de certains mouvements sociaux sud-africains, qui luttent contre le surendettement parmi les travailleurs du secteur minier et dans le domaine du logement. Historiquement, ce lien entre l’économie politique de la race et la crise économique – souvent souligné dans le cas de la crise des subprime qui a prioritairement touché les quartiers noirs aux États-Unis – s’est manifesté dès les premières heures de la colonisation : la bulle des Mers du Sud de 1720, souvent considérée comme la première crise financière internationale, est ancrée dans l’histoire de l’esclavagisme.

  • Gary Dymski (2009), « Racial Exclusion and the Political Economy of the Subprime Crisis », Historical Materialism, 17(2) :149-79
  • Nesrine Bentemessek Kahia (2010), « La bulle des mers du Sud, ou le ’too big to fail’ avant l’heure », L’économie politique, 2010/4, n°48
  • Joseph Inikori (2002), Africans and the Industrial Revolution in England, Cambridge Univ. Press, Cambridge

Lectures complémentaires :

  • Sébastien Chauvin et Alexandre Jaunait (2012), « Représenter l’intersection. Les théories de l’intersectionalité à l’épreuve des sciences sociales », Revue Française de Science Politique, 2012/1, 62
  • Satnam Virdee (2014), Racism, Class and the Racialized Outsider, Red Globe Press, London
  • Markus Rediker (2013) [2007], A bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite, Le Seuil, Paris

Séance 8 : Crise et marchandises : pétrole, antibiotiques, crédits à risque

Certaines crises, générales ou sectorielles, sont directement liées à des marchandises. C’est le cas des « chocs pétroliers » des années 1970, pour lesquels aucun consensus n’est établi : selon certains, ils résultent d’un choix politique des pays producteurs du pétrole du Moyen-Orient ; pour d’autres, ils proviennent d’une saturation de la production de pétrole aux États-Unis. Quelle qu’en soit l’origine, ils ont eu un effet durable sur la politique américaine, en particulier sur sa politique intérieure pendant les années Reagan. Pour comprendre les effets sociaux de ces crises liées aux marchandises, on s’intéressera à la crise de santé publique des résistances aux antibiotiques, puis aux crédits immobiliers à l’origine de la crise de 2008. À partir de « biographies sociales » de ces marchandises, on approfondira empiriquement le lien entre le phénomène de surproduction et ses conséquences sociales.

  • Arjun Appadurai (1986), Social Life of Things: Commodities in Cultural Perspective, Cambridge University Press, Cambridge
  • Timothy Mitchell (2011), Carbon Democracy. Political Power in the Age of Oil, Verso, New York
  • Jean-Stéphane Bron (2010), Cleveland contre Wall Street, Les films du Losange [film]

Lecture complémentaire :

  • Scott H. Podolsky (2018), « The evolving response to antibiotic resistance (1945-2018) », Palgrave Communications, 4, article 124

Séance 9 : Présentation de recherches (à définir)

Séance 10 : Présentation de recherches (à définir)

Séance 11 : Les récits de 1929 : art et sciences sociales

Plus que toute autre crise, celle de 1929 a eu des effets durables sur les formes d’expression artistiques. Outre les cas les plus connu, comme Les raisins de la colère, de John Steinbeck, on essaiera de dresser un tableau des « cultures de la crise » qu’on retrouve aussi bien en peinture, en photographie et au cinéma que dans la littérature. Elles ont contribué à forger les termes du débat politique et les solutions envisagées par les gouvernements face aux effets de la Grande Dépression. Pendant le New Deal, l’administration Roosevelt a par exemple commissionné des photographes et des écrivains pour documenter les effets du chômage, établir puis diffuser son diagnostic et orienter ses politiques.

  • James Agee et Walker Evans (1993) [1941], Louons maintenant les grands hommes, Terre Humaine, Plon, Paris
  • Charles Hagen (1985), American Photographers of the Depression: Farm Security Administration Photographs 1935-1942, Centre National de la Photographie, Paris et New York
  • Maurice Berger (1992), « FSA: The Illiterate Eye », in Maurice Berger, How Art Becomes History, HarperCollins

Séance 12 : Conclusion

En conclusion, on clarifiera les liens entre trois domaines de recherche mobilisés au cours du séminaire : l’histoire des crises économiques, la biographie sociale des marchandises et la sociologie intersectionnelle. En combinant ces trois angles d’attaque, on cherchera à dessiner une sociologie des crises capable d’éclairer les relations complexes qui lient les crises économiques aux crises politiques.

Bibliographie indicative (à compléter en cours d’année)

  • Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff (2010), Cette fois, c’est différent. Huit siècles de folie financière, Pearson, Paris
  • William H. Sewell (2008), « The temporalities of capitalism », Socio-economic Review, 6, 517-537
  • Arjun Appadurai (1986), Social Life of Things: Commodities in Cultural Perspective, Cambridge University Press, Cambridge
  • Timothy Mitchell (2011), Carbon Democracy. Political Power in the Age of Oil, Verso, New York
  • Scott H. Podolsky (2018), « The evolving response to antibiotic resistance (1945-2018) », Palgrave Communications, 4, article 124
  • Jean-Stéphane Bron (2010), Cleveland contre Wall Street, Les films du Losange [film]
  • James Agee et Walker Evans (1993) [1941], Louons maintenant les grands hommes, Terre Humaine, Plon, Paris
  • Charles Hagen (1985), American Photographers of the Depression: Farm Security Administration Photographs 1935-1942, Centre National de la Photographie, Paris et New York
  • Maurice Berger (1992), « FSA: The Illiterate Eye », in Maurice Berger, How Art Becomes History, HarperCollins
  • Gary Dymski (2009), « Racial Exclusion and the Political Economy of the Subprime Crisis », Historical Materialism, 17(2) :149-79
  • Nesrine Bentemessek Kahia (2010), « La bulle des mers du Sud, ou le ’too bigg to fail’ avant l’heure », L’économie politique, 2010/4, n°48
  • Joseph Inikori (2002), Africans and the Industrial Revolution in England, Cambridge Univ. Press, Cambridge
  • Sébastien Chauvin et Alexandre Jaunait (2012), « Représenter l’intersection. Les théories de l’intersectionalité à l’épreuve des sciences sociales », Revue Française de Science Politique, 2012/1, 62
  • Satnam Virdee (2014), Racism, Class and the Racialized Outsider, Red Globe Press, London
  • Markus Rediker (2013) [2007], A bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite, Le Seuil, Paris
  • Lamprini Lori (2016), « L’ambition sans remords : SYRIZA et l’exercice du pouvoir, Pôle Sud. Revue de science politique de l’Europe méridionale, 2016/2, 45
  • Héloïse Nez (2015), Podemos : de l’indignation aux élections, Les Petits Matins, Paris
  • Roger Southhall (2014), « The South African Election of 2014: Retrospect and Prospect », Strategic Review for Southern Africa, vol. 36, 2
  • Enrique Hernandez et Hanspeter Kriesi (2016), « The Electoral Consequences of the Financial and Economic Crisis in Europe », European Journal of Political Research, 55(2):203-24
  • Daniel Bizeul (2003), Avec ceux du FN. Un sociologue au Front National, La Découverte, Paris
  • Louis Chauvel (2016), La spirale du déclassement. Essai sur la société des illusions, Le Seuil, Paris
  • Laurent Jeanpierre (2019), In Girum. Les leçons politiques des ronds-points, La Découverte, Paris
  • Gérard Noiriel (2018), Les Gilets jaunes à la lumière de l’histoire, Editions de l’Aube, La tour d’Aigues
  • AOC (2019), Les Gilets jaunes. Hypothèses sur un mouvement, La Découverte, Paris
  • François Furet et Denis Richet (2010) [1963], La Révolution française, Hachette, Paris
  • Michel Dobry (1986), La structure des crises politiques, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Paris
  • David Weir (1991), « Les crises économiques et les origines de la révolution française », Annales, juillet-août 1991, n°4, 917-947
  • Charles Tilly et Maria Kousis (2005), Economic and Political Contention in Comparative Perspective, Paradigm, New York
  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études interdisciplinaires du politique – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Histoire - Histoire et sciences sociales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sciences économiques et sociales - Économie et société – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales - Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – contrôle continu
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Ce séminaire de lecture et de recherche est ouvert à tous.

Validation : texte de 8-10 pages à partir des lectures et d'éléments empiriques.

Le référent peut être contacté à l'adresse suivante : quentin.ravelli@cnrs.fr

Trois séances seront consacrées à la présentation de travaux d’autres chercheurs. La bibliographie est indicative et sera complétée au fil de l’année.

 

Direction de travaux des étudiants

La direction de travaux d'étudiants se fait sur rdv.

Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 25-A - Norbert-Elias
    annuel / bimensuel, mardi 12:30-14:30
    du 14 octobre 2025 au 31 mars 2026
    Nombre de séances : 12

    • Mardi 14/10/2025
    • Mardi 04/11/2025 (NB : salle gradinée)
    • Mardi 18/11/2025 (NB : salle gradinée)
    • Mardi 02/12/2025
    • Mardi 16/12/2025 (NB : salle gradinée)
    • Mardi 06/01/2026
    • Mardi 20/01/2026
    • Mardi 03/02/2026
    • Mardi 17/02/2026
    • Mardi 03/03/2026
    • Mardi 24/03/2026 (NB : 12:00-14:00, salle 50 - Nicole-Loraux)
    • Mardi 31/03/2026