UE804 - Comment expliquer des faits sociaux ? Apports et limites de l'approche de morphologie sociale
Lieu et planning
-
54 bd Raspail
54 bd Raspail 75006 Paris
Salle AS1_24
2nd semestre / mensuel (1re), jeudi 10:00-12:00
du 5 mars 2026 au 4 juin 2026
Nombre de séances : 4- Jeudi 5 mars 2026
- Jeudi 2 avril 2026
- Jeudi 7 mai 2026
- Jeudi 4 juin 2026
Description
Dernière modification : 9 mai 2025 12:11:53
- Type d'UE
- Séminaires collectifs de recherche
- Disciplines
- Sociologie
- Page web
- -
- Langues
- français
- Mots-clés
- Épistémologie Méthodes et techniques des sciences sociales Sociologie
- Aires culturelles
- -
Intervenant·e·s
- Edouard Gardella [référent·e] chargé de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Baptiste Legros docteur, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Noemi Casati contrat postdoctoral, LabEx TEPSIS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Aude Laupie doctorante, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
Ce séminaire s’adresse aux étudiant·es et aux chercheur·es confronté·es au défi d’expliquer ce qu’ils et elles ont pu observer, décrire et comprendre sur leur terrain.
Face à cette tâche, le recours à l’histoire est souvent privilégié, et dans ce cas, pour le dire de façon schématique, il tend à produire des explications de deux types : soit par le récit de la succession d’événements et de contingences, soit par l’invocation de structures préétablies qui se perpétuent. Or ces manières d’élaborer des explications ont été l’objet de critiques au sein des sciences sociales depuis les années 1980 : passer par les singularités historiques ne permet pas de rendre compte de processus analogues d’une société à l’autre ; mobiliser des structures fixes ne permet pas de rendre intelligible le changement social.
Notre séminaire ambitionne donc de surmonter cette double difficulté en renouvelant la réflexion sur l’explication en sciences sociales par l’actualisation des apports d’une approche spécifique : la morphologie. Celle-ci est héritée des travaux de l’École française de sociologie (que ce soit les travaux d’Émile Durkheim, Marcel Mauss, Célestin Bouglé ou Maurice Halbwachs, entre autres), et on la retrouve dans les travaux de sociologie historique de Norbert Elias sous le concept de « configuration ». Cette approche revient à expliquer le changement des normes prévalant dans une société ou un groupe par le changement de son organisation structurelle, et plus précisément, par l’évolution du degré de différenciation des groupes qui y sont en interdépendance, de leur échelle d’intégration et de la densité de leurs relations. Pour ne donner que deux des exemples les plus connus de ce type d’analyse explicative, nous pouvons rappeler que chez Durkheim, le renforcement de la norme du « culte de l’individu » s’explique par l’accroissement de la division du travail, et que, chez Elias, le développement des normes de « civilité » s’explique par l’allongement des chaînes d’interdépendance et la formation de l’État.
Un tel raisonnement explicatif s’annonce prometteur en ce qu’il nous semble éviter les deux problèmes soulevés plus haut. Mais comment le mettre à l’épreuve de données empiriques produites par les méthodes d’aujourd’hui, beaucoup plus précises que celles mobilisées par les fondateurs de cette approche ? Pour y répondre, nous commençons par parler d’hypothèse morphologique. En effet, si cette focale occupait une place prépondérante dans les gestes initiaux de la sociologie, en particulier en France, elle semble toutefois être passée en arrière-plan des considérations des enquêtes sociologiques contemporaines, et c’est aussi pour de bonnes raisons, en particulier à cause de son éloignement jugé excessif des pratiques concrètes. Ses promesses ne peuvent donc devenir réalités qu’à condition de nous doter des moyens de tester cette hypothèse, c’est-à-dire d’une part, d’objectiver des degrés de différenciation des groupes interdépendants, des échelles de leur intégration et des densités de leurs relations, et, d’autre part, de clarifier quel lien ces phénomènes ont avec le changement des normes sociales.
C’est pourquoi nous visons par ce séminaire à interroger la portée heuristique de cette approche en invitant des chercheurs et chercheuses en sciences sociales qui intègrent des données ou des raisonnements morphologiques dans leurs enquêtes. Nous souhaitons ainsi explorer avec elles et eux, à travers la discussion de cas empiriques, les modalités pratiques et théoriques de cette méthode.
Ce séminaire vise ainsi à stimuler un dialogue critique et constructif entre différentes approches explicatives en sciences sociales, en mettant l’accent sur la contribution spécifique que peut apporter l’analyse morphologique à l’intelligibilité des phénomènes sociaux.
Le programme détaillé n'est pas disponible.
Master
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
- -
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- -
- Pré-requis
- -
Dernière modification : 9 mai 2025 12:11:53
- Type d'UE
- Séminaires collectifs de recherche
- Disciplines
- Sociologie
- Page web
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- Langues
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- Mots-clés
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Intervenant·e·s
- Edouard Gardella [référent·e] chargé de recherche, CNRS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Baptiste Legros docteur, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Noemi Casati contrat postdoctoral, LabEx TEPSIS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
- Aude Laupie doctorante, EHESS / Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités. Fonds Yan-Thomas (LIER-FYT)
Ce séminaire s’adresse aux étudiant·es et aux chercheur·es confronté·es au défi d’expliquer ce qu’ils et elles ont pu observer, décrire et comprendre sur leur terrain.
Face à cette tâche, le recours à l’histoire est souvent privilégié, et dans ce cas, pour le dire de façon schématique, il tend à produire des explications de deux types : soit par le récit de la succession d’événements et de contingences, soit par l’invocation de structures préétablies qui se perpétuent. Or ces manières d’élaborer des explications ont été l’objet de critiques au sein des sciences sociales depuis les années 1980 : passer par les singularités historiques ne permet pas de rendre compte de processus analogues d’une société à l’autre ; mobiliser des structures fixes ne permet pas de rendre intelligible le changement social.
Notre séminaire ambitionne donc de surmonter cette double difficulté en renouvelant la réflexion sur l’explication en sciences sociales par l’actualisation des apports d’une approche spécifique : la morphologie. Celle-ci est héritée des travaux de l’École française de sociologie (que ce soit les travaux d’Émile Durkheim, Marcel Mauss, Célestin Bouglé ou Maurice Halbwachs, entre autres), et on la retrouve dans les travaux de sociologie historique de Norbert Elias sous le concept de « configuration ». Cette approche revient à expliquer le changement des normes prévalant dans une société ou un groupe par le changement de son organisation structurelle, et plus précisément, par l’évolution du degré de différenciation des groupes qui y sont en interdépendance, de leur échelle d’intégration et de la densité de leurs relations. Pour ne donner que deux des exemples les plus connus de ce type d’analyse explicative, nous pouvons rappeler que chez Durkheim, le renforcement de la norme du « culte de l’individu » s’explique par l’accroissement de la division du travail, et que, chez Elias, le développement des normes de « civilité » s’explique par l’allongement des chaînes d’interdépendance et la formation de l’État.
Un tel raisonnement explicatif s’annonce prometteur en ce qu’il nous semble éviter les deux problèmes soulevés plus haut. Mais comment le mettre à l’épreuve de données empiriques produites par les méthodes d’aujourd’hui, beaucoup plus précises que celles mobilisées par les fondateurs de cette approche ? Pour y répondre, nous commençons par parler d’hypothèse morphologique. En effet, si cette focale occupait une place prépondérante dans les gestes initiaux de la sociologie, en particulier en France, elle semble toutefois être passée en arrière-plan des considérations des enquêtes sociologiques contemporaines, et c’est aussi pour de bonnes raisons, en particulier à cause de son éloignement jugé excessif des pratiques concrètes. Ses promesses ne peuvent donc devenir réalités qu’à condition de nous doter des moyens de tester cette hypothèse, c’est-à-dire d’une part, d’objectiver des degrés de différenciation des groupes interdépendants, des échelles de leur intégration et des densités de leurs relations, et, d’autre part, de clarifier quel lien ces phénomènes ont avec le changement des normes sociales.
C’est pourquoi nous visons par ce séminaire à interroger la portée heuristique de cette approche en invitant des chercheurs et chercheuses en sciences sociales qui intègrent des données ou des raisonnements morphologiques dans leurs enquêtes. Nous souhaitons ainsi explorer avec elles et eux, à travers la discussion de cas empiriques, les modalités pratiques et théoriques de cette méthode.
Ce séminaire vise ainsi à stimuler un dialogue critique et constructif entre différentes approches explicatives en sciences sociales, en mettant l’accent sur la contribution spécifique que peut apporter l’analyse morphologique à l’intelligibilité des phénomènes sociaux.
Le programme détaillé n'est pas disponible.
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
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54 bd Raspail
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Salle AS1_24
2nd semestre / mensuel (1re), jeudi 10:00-12:00
du 5 mars 2026 au 4 juin 2026
Nombre de séances : 4- Jeudi 5 mars 2026
- Jeudi 2 avril 2026
- Jeudi 7 mai 2026
- Jeudi 4 juin 2026