UE604 - Histoire des sciences humaines et sociales
Lieu et planning
Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant
(une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) :
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=604.
-
Campus Condorcet-Centre de colloques
Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 3.07
annuel / bimensuel (indifférent), vendredi 12:30-14:30
du 7 novembre 2025 au 5 juin 2026
Nombre de séances : 12
Description
Dernière modification : 17 mars 2026 10:32:53
- Type d'UE
- Séminaires DR/CR
- Disciplines
- Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Philosophie et épistémologie
- Page web
- -
- Langues
- français
- L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
- Mots-clés
- Histoire des idées Histoire des sciences et des techniques Historiographie Méthodes et techniques des sciences sociales
- Aires culturelles
- Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
- Wolf Feuerhahn [référent·e] directeur de recherche, CNRS / Centre Alexandre-Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CAK)
- Lucia Piccioni chargée de recherche, CNRS / Centre Alexandre-Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CAK)
- Nathalie Richard professeur des universités, Le Mans Université
Le séminaire Histoire des sciences humaines et sociales propose une approche volontairement généraliste du domaine. Les sciences humaines et sociales sont souvent appréhendées selon des historiographies disciplinaires. L’objectif du séminaire est de prendre du recul par rapport à ce type de perspective, en montrant que l’on peut faire par exemple une histoire des partages et des échanges entre science de l’homme, philosophie, médecine, littérature, sciences de la nature, etc. On s’attachera aux pratiques, aux savoirs, aux dénominations et aux acteurs à partir desquels s’est constitué et se constitue le projet d’édifier une ou des sciences prenant l’Homme et les humains comme objet. Soutenu par la Société française pour l’histoire des sciences de l'homme (SFHSH), ce séminaire est un forum de discussions sur les problématiques actuelles, sur les livres récemment parus, sur le statut et les usages des archives, sur les méthodes et les fonctions d’une approche historique des sciences qui prennent l’humain pour objet. Il s’adresse aux chercheurs, aux doctorants et aux étudiants de master en histoire des sciences et, plus largement, en sciences humaines et sociales.
Le séminaire est organisé par Wolf Feuerhahn, Clémentine Gutron, Lucia Piccioni, Serge Reubi et Nathalie Richard.
7 novembre 2025 : Stéphane Zékian (CNRS, IHRIM), « Histoire littéraire et institutions : le cas des concours académiques au XIXe siècle »
Contrairement à ce qu'on observe dans d'autres champs disciplinaires, les concours du XIXe siècle n'ont guère retenu l'attention des chercheurs en histoire littéraire. Tout en s'interrogeant sur les raisons de cette lacune, l'exposé reviendra plus particulièrement sur le prix d'éloquence de l'Académie française. Il proposera des pistes pour situer ce rite issu de l'Ancien régime dans l'histoire des codifications disciplinaires.
21 novembre 2025 : Sarah al Matary (Université Le Havre Normandie, GRIC), « Faire l'histoire des sciences sociales à partir de la correspondance de Jeanne Weill, dite Dick May (1859-1925) : apports et accrocs »
5 décembre 2025 : Elena Bovo (Université de Bourgogne Franche-Comté, laboratoire « Logiques de l’agir »), « La psychologie des foules : une science sociale du passé »
À la fin du XIXe siècle est apparue une nouvelle science sociale destinée à avoir un succès aussi intense qu’éphémère : la psychologie des foules. Que reste-t-il aujourd’hui de cette science disparue ?
En France, Gustave Le Bon, auteur du best-seller La psychologie des foules (1895), s’est imposé comme l’inventeur de cette nouvelle science. Mais en vérité elle est née d’un dialogue entre savants français et italiens – Hippolyte Taine, Gabriel Tarde et Scipio Sighele pour citer les plus emblématiques d’entre eux – et ne peut en aucun cas être réduite au seul nom de Le Bon.
19 décembre 2025 : Charles Braverman (Université de Lorraine (Metz), Archives H. Poincaré), « La revue, outil de “progrès” ? D'une Année à l'autre, du collectif autour de Renouvier à celui autour de Durkheim »
Alors qu'une clôture professionnelle de la philosophie est mise en place dans la seconde moitié du XIXe siècle en France, il reste de nombreux individus et collectifs savants qui portent une réflexion philosophique et qui contestent ou au moins concurrencent certains aspects de la parole universitaire.
Le cas de l'association entre Charles Renouvier et François Pillon est en ce sens intéressante car elle revendique un héritage qui peut être caractérisé comme une philosophie pratique et engagée qui doit avoir des points de connexion avec la vie sociale, politique et culturelle de l'époque. C'est dans ce contexte que leur revue l'Année philosophique (appelée Critique philosophique pendant toute une période) est conçue. Elle est alors explicitement un outil du progrès dont il s'agira d'élucider la signification, la portée et les limites.
Une autre tension avec la philosophie universitaire dont on a parfois fait le récit en accentuant les clivages, est due à « l'école durkheimienne » structurée autour de l'Année sociologique. Par comparaison avec le fonctionnement de la revue de Renouvier et de Pillon avec laquelle l'éditeur Alcan avait initialement proposé d'associer la publication de Durkheim, il s'agira de présenter des éléments d'une recherche en cours sur la manière dont cette revue est elle-même pensée comme outil du progrès. Cela sera l'occasion de fournir les premiers résultats autour de l'étude de cas liée à C. Bouglé et ses pratiques éditoriales.
16 janvier 2026 : Marianne Lemaire (CNRS/IMAF), « Éditer un texte : le journal de Michel Leiris en mission d’inspection coloniale (Côte d’Ivoire, Gold Coast, 1945) »
Du 26 février au 8 mai 1945, Michel Leiris est en mission en Côte d’Ivoire et en Gold Coast sous la direction de l’inspecteur des colonies Albert-Jean Lucas et en compagnie du géographe Jean Dresch. Au cours de cette présentation, j’examinerai les questions que soulève le travail d’édition critique du carnet que Michel Leiris tient tout au long de cette mission d’inspection portant sur la question de main d’œuvre, un an avant l’abolition du travail forcé.
30 janvier 2026 : Emmanuel Szurek (EHESS/CETOBAC), « Savantes complaisances. Vers une histoire politique de la turcologie française »
Partie intégrante d'un chantier plus large et en cours sur l'histoire de la négation francophone de l'extermination des Arméniens depuis la fin du 19e siècle, au sein de laquelle les études turques ont joué un rôle longève, cette présentation ciblera particulièrement les années 1980-2000. Le dernier tiers du XXe siècle voit en effet la convergence en France de deux dynamiques contradictoires et bientôt conflctuelles : l'enracinement de la « turcologie » ou de « l'histoire turque » dans les arènes de l'Université française ; l'accès à la visibilité publique d'une parole médiatique et savante en faveur de la reconnaissance du génocide des Arméniens. L'Institut français d'études anatoliennes à Istanbul, à Paris la 17e chambre correctionnelle, l'École des hautes études en sciences sociales ainsi que le Collège de France se comptent parmi les lieux de cette intrigue dont le récit fut plus volontiers tu qu'écrit.
20 février 2026 : Andrea Angelini (Université Paris 8, LLCP), « Une autre catégorie de l'entendement écologique : l'écosystème. Quelques remarques historico-épistémologiques »
Parmi les mots qui ont marqué l'histoire de l'écologie (nature, milieu, habitat, Umwelt, environment, etc.), il y a sans doute le mot « ecosystem ». Introduit en 1935 par Arthur Tansley, élaboré par d'autres scientifiques au cours des années 1940, le concept d'écosystème s'affirme au cours des années 1950 aux États-Unis, pour ensuite être adopté rapidement dans la plupart des programmes de recherche internationaux concernant l'écologie et les sciences de l'environnement au cours des années 1960 et 1970. Dès ce moment, ce concept trouve une diffusion massive, aussi bien dans les discours scientifiques que dans les débats politiques, le langage des institutions étatiques ou des organisations internationales. Les contours théoriques de ce concept, dans ses multiples usages, restent néanmoins porteurs de plusieurs problèmes épistémologiques qui continuent encore aujourd'hui à être questionnés par les théoriciens de l'écologie sous plusieurs perspectives.
À partir de quelques remarques introductives autour du problème du statut épistémologique et politique de l'écologie, cet exposé se propose de situer l'élaboration et la diffusion de l'approche systémique en écologie dans son contexte historique, afin d'analyser certaines implications scientifiques et politiques de son affirmation et de faire émerger les tensions théoriques et disciplinaires qui l'accompagnent. À ce propos, notre attention se focalisera également sur la phase d'institutionnalisation de l'écologie en France après la Deuxième Guerre mondiale, afin de mettre en relief les résistances et les polémiques qui font initialement obstacle à l'introduction de l'écologie systémique, pour enfin montrer la persistance de certaines controverses autour du concept d'écosystème, sa circulation et ses usages, dans les débats plus récents.
6 mars 2026 : Présentation et discussion de travaux doctoraux en cours
- Tom Lemaire (EHESS, CAK), « Contester l’exception humaine ? Modalités d’ouverture des sciences sociales à la biologie dans la France de la seconde moitié du XXe siècle »
Zoé Peuch-Lestrade (Université Paris 1), « Les sciences physiques, laboratoire de la science nationale en Grèce. Histoire matérielle, financière et transnationale d’une autonomisation disciplinaire (1830-1922) »
- Olivier Verhaegen (Université Paris 1/Univ. de Fribourg (CH)), « Les circulations savantes du magnétisme animal en Suisse (1780-1850) »
20 mars 2026 : Gildas Salmon (CNRS, LIER), « Gouverner des sociétés autres en tant qu'autres: genèse du programme de recherche orientaliste »
Comment gouverner une société dont on ignore les lois, les mœurs et même les langues ? C’est de ce problème pratique, rencontré par les bureaucraties coloniales au lendemain de la conquête, que sont nées de nouvelles « sciences humaines », destinées à objectiver les cultures extra-européennes, leurs droits, leurs religions et leurs littératures. A partir du cas de l'Inde britannique, qui a servi dans la seconde moitié du XVIIIe siècle de laboratoire à une forme de colonisation qui ne visait pas à remplacer ou à convertir la population colonisée, mais à l'administrer dans sa différence avec l'Europe, je reconstituerai la naissance de savoirs philologico-juridiques visant à codifier le droit de l'Inde à destination des tribunaux impériaux. Je montrerai que ce projet, supervisé par deux juges coloniaux, William Jones et Henry Thomas Colebrooke, qui sont aujourd'hui regardés comme les fondateurs de l'indianisme moderne, a reposé sur une capture des savoirs indigènes, que la puissance coloniale a transformés en instruments de gouvernement. J'essaierai pour finir de mesurer les avancées, mais aussi les limites de ce programme de recherche orientaliste dans l'histoire des savoirs comparatifs.
17 avril 2026 : Caroline Montebello (Université de Genève), « La Suisse et l’alliance des “brachycéphales” : circulations de savoirs et hiérarchies raciales internes à l’Europe (1890-1950) »
Cette intervention analyse la manière dont les savants suisses ont participé aux débats sur la race et l’identité en Europe entre 1890 et 1950, en particulier autour de la valorisation de la brachycéphalie (crânes courts et larges). Initialement perçue comme un signe d’infériorité dans les années 1840-1850, cette forme crânienne fut progressivement requalifiée – d’abord en France, puis en Suisse – comme un marqueur prestigieux associé aux Celtes et aux populations alpines. À Genève, Eugène Pittard joue un rôle central dans la réappropriation de ces théories, adaptées au contexte suisse puis diffusées vers la Roumanie et la Turquie, où elles alimentèrent des récits identitaires en opposition à l’hégémonie nordique. L’analyse met en évidence trois dimensions : l'adaptation helvétique de ce discours, sa circulation transnationale, et son usage comme ressource politique et identitaire dans divers contextes nationaux.
22 mai 2026 : Sophie Delpeux (Université Paris 1), « Habiter le musée des moulages — un projet de recherche et d'installation (2022-26)»
Fierté de l'école française de dermatologie, le musée des moulages de l'hôpital Saint-Louis a été inauguré lors d'un congrès international en 1889. Ce lieu, toujours en place dans un très bon état de conservation, n'est plus seulement le musée pathologique de sa création, mais une archive parcourable qui révèle une histoire autant scientifique, qu'esthétique et politique. Je reviendrai sur les diverses modalités (récit, installation, …) que j'ai initiées pour le mettre en évidence.
5 juin 2026 : Sophie Cras (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne), « L'œil capitaliste. Musée, commerce et colonisation »
Master
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Séminaires de recherche
– Sciences sociales de la santé et des sciences - Histoire des sciences, des techniques et des savoirs
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
- -
- Direction de travaux des étudiants
sur rendez-vous
- Réception des candidats
sur rendez-vous
- Pré-requis
pas de pré-requis
Dernière modification : 17 mars 2026 10:32:53
- Type d'UE
- Séminaires DR/CR
- Disciplines
- Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Philosophie et épistémologie
- Page web
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- Langues
- français
- L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
- Mots-clés
- Histoire des idées Histoire des sciences et des techniques Historiographie Méthodes et techniques des sciences sociales
- Aires culturelles
- Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
- Wolf Feuerhahn [référent·e] directeur de recherche, CNRS / Centre Alexandre-Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CAK)
- Lucia Piccioni chargée de recherche, CNRS / Centre Alexandre-Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CAK)
- Nathalie Richard professeur des universités, Le Mans Université
Le séminaire Histoire des sciences humaines et sociales propose une approche volontairement généraliste du domaine. Les sciences humaines et sociales sont souvent appréhendées selon des historiographies disciplinaires. L’objectif du séminaire est de prendre du recul par rapport à ce type de perspective, en montrant que l’on peut faire par exemple une histoire des partages et des échanges entre science de l’homme, philosophie, médecine, littérature, sciences de la nature, etc. On s’attachera aux pratiques, aux savoirs, aux dénominations et aux acteurs à partir desquels s’est constitué et se constitue le projet d’édifier une ou des sciences prenant l’Homme et les humains comme objet. Soutenu par la Société française pour l’histoire des sciences de l'homme (SFHSH), ce séminaire est un forum de discussions sur les problématiques actuelles, sur les livres récemment parus, sur le statut et les usages des archives, sur les méthodes et les fonctions d’une approche historique des sciences qui prennent l’humain pour objet. Il s’adresse aux chercheurs, aux doctorants et aux étudiants de master en histoire des sciences et, plus largement, en sciences humaines et sociales.
Le séminaire est organisé par Wolf Feuerhahn, Clémentine Gutron, Lucia Piccioni, Serge Reubi et Nathalie Richard.
7 novembre 2025 : Stéphane Zékian (CNRS, IHRIM), « Histoire littéraire et institutions : le cas des concours académiques au XIXe siècle »
Contrairement à ce qu'on observe dans d'autres champs disciplinaires, les concours du XIXe siècle n'ont guère retenu l'attention des chercheurs en histoire littéraire. Tout en s'interrogeant sur les raisons de cette lacune, l'exposé reviendra plus particulièrement sur le prix d'éloquence de l'Académie française. Il proposera des pistes pour situer ce rite issu de l'Ancien régime dans l'histoire des codifications disciplinaires.
21 novembre 2025 : Sarah al Matary (Université Le Havre Normandie, GRIC), « Faire l'histoire des sciences sociales à partir de la correspondance de Jeanne Weill, dite Dick May (1859-1925) : apports et accrocs »
5 décembre 2025 : Elena Bovo (Université de Bourgogne Franche-Comté, laboratoire « Logiques de l’agir »), « La psychologie des foules : une science sociale du passé »
À la fin du XIXe siècle est apparue une nouvelle science sociale destinée à avoir un succès aussi intense qu’éphémère : la psychologie des foules. Que reste-t-il aujourd’hui de cette science disparue ?
En France, Gustave Le Bon, auteur du best-seller La psychologie des foules (1895), s’est imposé comme l’inventeur de cette nouvelle science. Mais en vérité elle est née d’un dialogue entre savants français et italiens – Hippolyte Taine, Gabriel Tarde et Scipio Sighele pour citer les plus emblématiques d’entre eux – et ne peut en aucun cas être réduite au seul nom de Le Bon.
19 décembre 2025 : Charles Braverman (Université de Lorraine (Metz), Archives H. Poincaré), « La revue, outil de “progrès” ? D'une Année à l'autre, du collectif autour de Renouvier à celui autour de Durkheim »
Alors qu'une clôture professionnelle de la philosophie est mise en place dans la seconde moitié du XIXe siècle en France, il reste de nombreux individus et collectifs savants qui portent une réflexion philosophique et qui contestent ou au moins concurrencent certains aspects de la parole universitaire.
Le cas de l'association entre Charles Renouvier et François Pillon est en ce sens intéressante car elle revendique un héritage qui peut être caractérisé comme une philosophie pratique et engagée qui doit avoir des points de connexion avec la vie sociale, politique et culturelle de l'époque. C'est dans ce contexte que leur revue l'Année philosophique (appelée Critique philosophique pendant toute une période) est conçue. Elle est alors explicitement un outil du progrès dont il s'agira d'élucider la signification, la portée et les limites.
Une autre tension avec la philosophie universitaire dont on a parfois fait le récit en accentuant les clivages, est due à « l'école durkheimienne » structurée autour de l'Année sociologique. Par comparaison avec le fonctionnement de la revue de Renouvier et de Pillon avec laquelle l'éditeur Alcan avait initialement proposé d'associer la publication de Durkheim, il s'agira de présenter des éléments d'une recherche en cours sur la manière dont cette revue est elle-même pensée comme outil du progrès. Cela sera l'occasion de fournir les premiers résultats autour de l'étude de cas liée à C. Bouglé et ses pratiques éditoriales.
16 janvier 2026 : Marianne Lemaire (CNRS/IMAF), « Éditer un texte : le journal de Michel Leiris en mission d’inspection coloniale (Côte d’Ivoire, Gold Coast, 1945) »
Du 26 février au 8 mai 1945, Michel Leiris est en mission en Côte d’Ivoire et en Gold Coast sous la direction de l’inspecteur des colonies Albert-Jean Lucas et en compagnie du géographe Jean Dresch. Au cours de cette présentation, j’examinerai les questions que soulève le travail d’édition critique du carnet que Michel Leiris tient tout au long de cette mission d’inspection portant sur la question de main d’œuvre, un an avant l’abolition du travail forcé.
30 janvier 2026 : Emmanuel Szurek (EHESS/CETOBAC), « Savantes complaisances. Vers une histoire politique de la turcologie française »
Partie intégrante d'un chantier plus large et en cours sur l'histoire de la négation francophone de l'extermination des Arméniens depuis la fin du 19e siècle, au sein de laquelle les études turques ont joué un rôle longève, cette présentation ciblera particulièrement les années 1980-2000. Le dernier tiers du XXe siècle voit en effet la convergence en France de deux dynamiques contradictoires et bientôt conflctuelles : l'enracinement de la « turcologie » ou de « l'histoire turque » dans les arènes de l'Université française ; l'accès à la visibilité publique d'une parole médiatique et savante en faveur de la reconnaissance du génocide des Arméniens. L'Institut français d'études anatoliennes à Istanbul, à Paris la 17e chambre correctionnelle, l'École des hautes études en sciences sociales ainsi que le Collège de France se comptent parmi les lieux de cette intrigue dont le récit fut plus volontiers tu qu'écrit.
20 février 2026 : Andrea Angelini (Université Paris 8, LLCP), « Une autre catégorie de l'entendement écologique : l'écosystème. Quelques remarques historico-épistémologiques »
Parmi les mots qui ont marqué l'histoire de l'écologie (nature, milieu, habitat, Umwelt, environment, etc.), il y a sans doute le mot « ecosystem ». Introduit en 1935 par Arthur Tansley, élaboré par d'autres scientifiques au cours des années 1940, le concept d'écosystème s'affirme au cours des années 1950 aux États-Unis, pour ensuite être adopté rapidement dans la plupart des programmes de recherche internationaux concernant l'écologie et les sciences de l'environnement au cours des années 1960 et 1970. Dès ce moment, ce concept trouve une diffusion massive, aussi bien dans les discours scientifiques que dans les débats politiques, le langage des institutions étatiques ou des organisations internationales. Les contours théoriques de ce concept, dans ses multiples usages, restent néanmoins porteurs de plusieurs problèmes épistémologiques qui continuent encore aujourd'hui à être questionnés par les théoriciens de l'écologie sous plusieurs perspectives.
À partir de quelques remarques introductives autour du problème du statut épistémologique et politique de l'écologie, cet exposé se propose de situer l'élaboration et la diffusion de l'approche systémique en écologie dans son contexte historique, afin d'analyser certaines implications scientifiques et politiques de son affirmation et de faire émerger les tensions théoriques et disciplinaires qui l'accompagnent. À ce propos, notre attention se focalisera également sur la phase d'institutionnalisation de l'écologie en France après la Deuxième Guerre mondiale, afin de mettre en relief les résistances et les polémiques qui font initialement obstacle à l'introduction de l'écologie systémique, pour enfin montrer la persistance de certaines controverses autour du concept d'écosystème, sa circulation et ses usages, dans les débats plus récents.
6 mars 2026 : Présentation et discussion de travaux doctoraux en cours
- Tom Lemaire (EHESS, CAK), « Contester l’exception humaine ? Modalités d’ouverture des sciences sociales à la biologie dans la France de la seconde moitié du XXe siècle »
Zoé Peuch-Lestrade (Université Paris 1), « Les sciences physiques, laboratoire de la science nationale en Grèce. Histoire matérielle, financière et transnationale d’une autonomisation disciplinaire (1830-1922) »
- Olivier Verhaegen (Université Paris 1/Univ. de Fribourg (CH)), « Les circulations savantes du magnétisme animal en Suisse (1780-1850) »
20 mars 2026 : Gildas Salmon (CNRS, LIER), « Gouverner des sociétés autres en tant qu'autres: genèse du programme de recherche orientaliste »
Comment gouverner une société dont on ignore les lois, les mœurs et même les langues ? C’est de ce problème pratique, rencontré par les bureaucraties coloniales au lendemain de la conquête, que sont nées de nouvelles « sciences humaines », destinées à objectiver les cultures extra-européennes, leurs droits, leurs religions et leurs littératures. A partir du cas de l'Inde britannique, qui a servi dans la seconde moitié du XVIIIe siècle de laboratoire à une forme de colonisation qui ne visait pas à remplacer ou à convertir la population colonisée, mais à l'administrer dans sa différence avec l'Europe, je reconstituerai la naissance de savoirs philologico-juridiques visant à codifier le droit de l'Inde à destination des tribunaux impériaux. Je montrerai que ce projet, supervisé par deux juges coloniaux, William Jones et Henry Thomas Colebrooke, qui sont aujourd'hui regardés comme les fondateurs de l'indianisme moderne, a reposé sur une capture des savoirs indigènes, que la puissance coloniale a transformés en instruments de gouvernement. J'essaierai pour finir de mesurer les avancées, mais aussi les limites de ce programme de recherche orientaliste dans l'histoire des savoirs comparatifs.
17 avril 2026 : Caroline Montebello (Université de Genève), « La Suisse et l’alliance des “brachycéphales” : circulations de savoirs et hiérarchies raciales internes à l’Europe (1890-1950) »
Cette intervention analyse la manière dont les savants suisses ont participé aux débats sur la race et l’identité en Europe entre 1890 et 1950, en particulier autour de la valorisation de la brachycéphalie (crânes courts et larges). Initialement perçue comme un signe d’infériorité dans les années 1840-1850, cette forme crânienne fut progressivement requalifiée – d’abord en France, puis en Suisse – comme un marqueur prestigieux associé aux Celtes et aux populations alpines. À Genève, Eugène Pittard joue un rôle central dans la réappropriation de ces théories, adaptées au contexte suisse puis diffusées vers la Roumanie et la Turquie, où elles alimentèrent des récits identitaires en opposition à l’hégémonie nordique. L’analyse met en évidence trois dimensions : l'adaptation helvétique de ce discours, sa circulation transnationale, et son usage comme ressource politique et identitaire dans divers contextes nationaux.
22 mai 2026 : Sophie Delpeux (Université Paris 1), « Habiter le musée des moulages — un projet de recherche et d'installation (2022-26)»
Fierté de l'école française de dermatologie, le musée des moulages de l'hôpital Saint-Louis a été inauguré lors d'un congrès international en 1889. Ce lieu, toujours en place dans un très bon état de conservation, n'est plus seulement le musée pathologique de sa création, mais une archive parcourable qui révèle une histoire autant scientifique, qu'esthétique et politique. Je reviendrai sur les diverses modalités (récit, installation, …) que j'ai initiées pour le mettre en évidence.
5 juin 2026 : Sophie Cras (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne), « L'œil capitaliste. Musée, commerce et colonisation »
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Séminaires de recherche
– Sciences sociales de la santé et des sciences - Histoire des sciences, des techniques et des savoirs
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture
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pas de pré-requis
Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant
(une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) :
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=604.
-
Campus Condorcet-Centre de colloques
Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 3.07
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du 7 novembre 2025 au 5 juin 2026
Nombre de séances : 12