UE601 - Les exilé·es d’ex-URSS en France : trajectoires et temporalités


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle A515
    1er semestre / hebdomadaire, jeudi 10:30-12:30
    du 6 novembre 2025 au 5 février 2026
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 6 nov. 2025 09:26:44

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
Méthodes et techniques des sciences sociales Migration(s)
Aires culturelles
Europe Europe centrale et orientale
Intervenant·e·s
  • Ioulia Shukan [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre d'études russes, caucasiennes, est-européennes et centrasiatiques (CERCEC)
  • Françoise Daucé   directrice d'études, EHESS / Centre d'études russes, caucasiennes, est-européennes et centrasiatiques (CERCEC)

L’invasion militaire à grande échelle de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 a poussé des millions de citoyen·nes d’Ukraine, de Russie et du Bélarus à emprunter le chemin de l’exil, provoquant des flux migratoires sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale. Fin 2024, près de 7 millions d’Ukrainien·nes ayant fui la guerre, femmes avec enfants pour la plupart, vivent toujours en dehors de leur pays. L’agression militaire contre l’Ukraine a aussi amplifié les mouvements d’exil politique plus anciens depuis la Russie et le Bélarus. Depuis les manifestations protestataires de 2011-2012 et surtout après l’invasion de 2022, la restriction des libertés individuelles, le muselage de la société civile, la répression de toute forme d’opposition, mais aussi la mobilisation militaire, ont conduit près d’un million de Russes à partir. Au Bélarus, c’est la répression, depuis l’été 2020 et jusqu’à aujourd’hui, d’un soulèvement citoyen sans précédent qui a contraint près de 300 000 Biélorusses à l’exil.

Les raisons de ces trois exils sont variées : guerre ou violence de l’occupation russe pour les Ukrainien·nes ; répression politique et autres contraintes des régimes autoritaires pour les Bélarusses ou les Russes, crainte d’être mobilisé pour ces derniers. Les publics d’exilé·es présentent également leurs spécificités : femmes avec enfants à près de 80% pour les Ukrainien·nes, dîplômé·es du supérieur en grande majorité, mais à distance du politique avant 2022 ; militant·es associatif·ves ou politiques, journalistes, artistes ou intellectuel·les, mais aussi primo-participant·es de la mobilisation protestataire pour les Bélarusses et les Russes. Ces trois catégories d’exilé·es ont cependant été forcées, toutes et tous, à réorganiser leurs vies dans des pays d’accueil, la France y compris.

À la croisée de la sociologie de l’exil et de la sociologie des migrations, cette enquête collective interrogera les trajectoires, individuelles et collectives, de ces trois catégories d’exilé·es d’ex-URSS, ainsi que les temporalités de leurs exils. Comment ces personnes exilées réorganisent-elles leurs vies en France ? Comment régularisent-elles leurs situations au regard des différences de leurs situations de l’exil ? Comment accèdent-elles au logement, à l’éducation, au travail, aux soins médicaux ? Sur quelles ressources s’appuient-elles dans leurs démarches d’installation ? Comment font-elles face au défi d’apprentissage du français ? Auprès de qui (pairs, diaspora, associations) cherchent-elles des appuis ? Comment l’exil reconfigure-t-il leurs appartenances, leurs sociabilités et leurs rapports au pays ? Comment affecte-t-il les hiérarchies et les ordres genrés tels que pratiqués dans leurs pays d’origine ? Quelles temporalités ces trois formes d’exil engagent-elles entre expériences immédiates de l’exil et sa routinisation comme suite de l’inscription de la guerre russo-ukrainienne dans une temporalité longue ?

Le travail d’enquête se fera en Île-de-France auprès des personnes exilées d’Ukraine, de Russie et du Bélarus, auprès des associations impliquées dans l’accompagnement des exilé·es et de leurs bénévoles, auprès des acteurs institutionnels de l’accueil (OFII, CNDA).

La première partie de l’enquête sera consacrée à la préparation du terrain (identification des acteurs, construction de la problématique, rédaction d’un guide d’entretien). La deuxième partie sera dédiée au recueil des données par entretiens, lors des séquences d’observation ethnographique ou par le biais d’observations en ligne. Enfin, la troisième partie sera consacrée à l’analyse des données recueillies et à la restitution des résultats de l’enquête.

L’enquête est ouverte aux étudiants de M1 des mentions « Sociologie », « Études politiques », « Études sur le genre » et « Migrations ».

L’enquête sera animée par Françoise Daucé et Ioulia Shukan, directrices d’études à l’EHESS.

Le programme de l’atelier

06/11, séance d’introduction : présentation de l’enquête et de la démarche sociologique, diverses questions d’organisation

13/11 : travail de documentation préalable ; cartographie des acteurs/actrices à interroger

20/11 : techniques d’enquête, choix méthodologiques, formulation des premières hypothèses

27/11 : élaboration d’un guide d’entretien et préparation de l’entrée sur le terrain

4/12 : rendez-vous collectifs avec des acteurs de l’accueil / entretiens en binômes

11/12 : rendez-vous collectifs avec des acteurs de l’accueil / entretiens en binômes

18/12 : rendez-vous collectifs avec des acteurs de l’accueil / entretiens en binômes

08/01 : analyse des données recueillies

15/01 : analyse des données recueillies, travail de rédaction, écriture, axes d’analyse

22/01 : premier rendu intermédiaire

29/01 :  discussion du premier rendu intermédiaire

05/02 : restitution des résultats et discussion collective

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Enquêtes collectives – Migrations – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 9 ECTS
    MCC – exposé oral, rédaction d'un mini-mémoire de 15 pages en (sous)-groupes
  • Enquêtes collectives – Sociologie – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 9 ECTS
    MCC – exposé oral, rédaction d'un mini-mémoire de 15 pages en (sous)-groupe

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

ioulia.shukan@ehess.fr / francoise.dauce@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats

Sur rendez-vous

Pré-requis
-

Dernière modification : 6 nov. 2025 09:26:44

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
Méthodes et techniques des sciences sociales Migration(s)
Aires culturelles
Europe Europe centrale et orientale
Intervenant·e·s
  • Ioulia Shukan [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre d'études russes, caucasiennes, est-européennes et centrasiatiques (CERCEC)
  • Françoise Daucé   directrice d'études, EHESS / Centre d'études russes, caucasiennes, est-européennes et centrasiatiques (CERCEC)

L’invasion militaire à grande échelle de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 a poussé des millions de citoyen·nes d’Ukraine, de Russie et du Bélarus à emprunter le chemin de l’exil, provoquant des flux migratoires sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale. Fin 2024, près de 7 millions d’Ukrainien·nes ayant fui la guerre, femmes avec enfants pour la plupart, vivent toujours en dehors de leur pays. L’agression militaire contre l’Ukraine a aussi amplifié les mouvements d’exil politique plus anciens depuis la Russie et le Bélarus. Depuis les manifestations protestataires de 2011-2012 et surtout après l’invasion de 2022, la restriction des libertés individuelles, le muselage de la société civile, la répression de toute forme d’opposition, mais aussi la mobilisation militaire, ont conduit près d’un million de Russes à partir. Au Bélarus, c’est la répression, depuis l’été 2020 et jusqu’à aujourd’hui, d’un soulèvement citoyen sans précédent qui a contraint près de 300 000 Biélorusses à l’exil.

Les raisons de ces trois exils sont variées : guerre ou violence de l’occupation russe pour les Ukrainien·nes ; répression politique et autres contraintes des régimes autoritaires pour les Bélarusses ou les Russes, crainte d’être mobilisé pour ces derniers. Les publics d’exilé·es présentent également leurs spécificités : femmes avec enfants à près de 80% pour les Ukrainien·nes, dîplômé·es du supérieur en grande majorité, mais à distance du politique avant 2022 ; militant·es associatif·ves ou politiques, journalistes, artistes ou intellectuel·les, mais aussi primo-participant·es de la mobilisation protestataire pour les Bélarusses et les Russes. Ces trois catégories d’exilé·es ont cependant été forcées, toutes et tous, à réorganiser leurs vies dans des pays d’accueil, la France y compris.

À la croisée de la sociologie de l’exil et de la sociologie des migrations, cette enquête collective interrogera les trajectoires, individuelles et collectives, de ces trois catégories d’exilé·es d’ex-URSS, ainsi que les temporalités de leurs exils. Comment ces personnes exilées réorganisent-elles leurs vies en France ? Comment régularisent-elles leurs situations au regard des différences de leurs situations de l’exil ? Comment accèdent-elles au logement, à l’éducation, au travail, aux soins médicaux ? Sur quelles ressources s’appuient-elles dans leurs démarches d’installation ? Comment font-elles face au défi d’apprentissage du français ? Auprès de qui (pairs, diaspora, associations) cherchent-elles des appuis ? Comment l’exil reconfigure-t-il leurs appartenances, leurs sociabilités et leurs rapports au pays ? Comment affecte-t-il les hiérarchies et les ordres genrés tels que pratiqués dans leurs pays d’origine ? Quelles temporalités ces trois formes d’exil engagent-elles entre expériences immédiates de l’exil et sa routinisation comme suite de l’inscription de la guerre russo-ukrainienne dans une temporalité longue ?

Le travail d’enquête se fera en Île-de-France auprès des personnes exilées d’Ukraine, de Russie et du Bélarus, auprès des associations impliquées dans l’accompagnement des exilé·es et de leurs bénévoles, auprès des acteurs institutionnels de l’accueil (OFII, CNDA).

La première partie de l’enquête sera consacrée à la préparation du terrain (identification des acteurs, construction de la problématique, rédaction d’un guide d’entretien). La deuxième partie sera dédiée au recueil des données par entretiens, lors des séquences d’observation ethnographique ou par le biais d’observations en ligne. Enfin, la troisième partie sera consacrée à l’analyse des données recueillies et à la restitution des résultats de l’enquête.

L’enquête est ouverte aux étudiants de M1 des mentions « Sociologie », « Études politiques », « Études sur le genre » et « Migrations ».

L’enquête sera animée par Françoise Daucé et Ioulia Shukan, directrices d’études à l’EHESS.

Le programme de l’atelier

06/11, séance d’introduction : présentation de l’enquête et de la démarche sociologique, diverses questions d’organisation

13/11 : travail de documentation préalable ; cartographie des acteurs/actrices à interroger

20/11 : techniques d’enquête, choix méthodologiques, formulation des premières hypothèses

27/11 : élaboration d’un guide d’entretien et préparation de l’entrée sur le terrain

4/12 : rendez-vous collectifs avec des acteurs de l’accueil / entretiens en binômes

11/12 : rendez-vous collectifs avec des acteurs de l’accueil / entretiens en binômes

18/12 : rendez-vous collectifs avec des acteurs de l’accueil / entretiens en binômes

08/01 : analyse des données recueillies

15/01 : analyse des données recueillies, travail de rédaction, écriture, axes d’analyse

22/01 : premier rendu intermédiaire

29/01 :  discussion du premier rendu intermédiaire

05/02 : restitution des résultats et discussion collective

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Enquêtes collectives – Migrations – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 9 ECTS
    MCC – exposé oral, rédaction d'un mini-mémoire de 15 pages en (sous)-groupes
  • Enquêtes collectives – Sociologie – M1/S1
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 9 ECTS
    MCC – exposé oral, rédaction d'un mini-mémoire de 15 pages en (sous)-groupe
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

ioulia.shukan@ehess.fr / francoise.dauce@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats

Sur rendez-vous

Pré-requis
-
  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle A515
    1er semestre / hebdomadaire, jeudi 10:30-12:30
    du 6 novembre 2025 au 5 février 2026
    Nombre de séances : 12