UE568 - Des « ethno » aux « anthropo-choses » : épistémologie et anthropologie des savoirs pratiques


Lieu et planning


  • Vieille-Charité
    Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille
    Salle A

    annuel / mensuel, lundi 14:00-17:00
    du 13 octobre 2025 au 16 mars 2026
    Nombre de séances : 5

    • Lundi 13 octobre 2025
    • Lundi 17 novembre 2025
    • Lundi 15 décembre 2025
    • Lundi 12 janvier 2026
    • Lundi 16 mars 2026

Description


Dernière modification : 7 mai 2025 09:50:36

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Psychologie et sciences cognitives, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie culturelle Anthropologie sociale Apprentissage Artisanat Cognition Épistémologie Ethnographie Ethnologie Histoire des sciences et des techniques Mémoire Sciences
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Eric Vandendriessche [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
  • Frédéric Joulian   maître de conférences, EHESS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
  • Sébastien Galliot   chargé de recherche, CNRS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)

Depuis une soixantaine d’années, nous assistons au développement de nouveaux champs d’étude sous des appellations formées à partir du même préfixe « ethno- » : ethnoécologie, ethnobotanique, ethnomathématique, ethnoastronomie, ethnogéographie, ethnopharmacologie, etc. Ces différents champs de recherche partagent le projet d’étudier des pratiques et des savoirs présentant une « ressemblance de famille » (Wittgenstein, 1953) avec des disciplines scientifiques (« reconnues » comme telles), bien que développés hors des champs savants et institutionnels, dans divers contextes culturels, et tout particulièrement dans des sociétés « dites » autochtones.

De ce fait, la catégorie même d’« ethnoscience » n’est pas sans poser problème dans la mesure où elle présuppose, pour certaines catégories d’« ethno-trucs », une potentialité universellement partagée (mais pas toujours actualisée) à objectiver la nature et à opérer le passage du sensible à l’intelligible (Levi-Strauss, 1961). Par ailleurs, lorsqu’il s’agit des sociétés autochtones (souvent de tradition orale), il n’y a (ou avait) généralement guère de sens à parler de « science » (ou d’art) comme champ de savoirs et de pratiques autonome et indépendant des autres domaines de la vie sociale. C’est pourquoi notamment, l’anthropologue Philippe Descola critiquait cette tendance à « réifier certains pans des savoirs indigènes en les rendant compatibles avec la division moderne des sciences » (Par-delà nature et culture, 2005). Serait ainsi revenu « aux spécialistes des ethnosciences la mise au jour des classifications et des savoirs populaires » et aux « spécialistes de la culture, l’étude du symbolisme, des croyances et des rituels », opérant ainsi une distinction « tranchée » entre « savoir pratique et représentations symboliques ».

Dans la continuité du séminaire « Ethno-choses » (2024-2025), nous interrogerons la façon dont ces nouveaux champs d’étude ont répondu à cette critique, en se libérant des méthodes taxonomiques (Conklin, 1962), et en croisant différentes approches disciplinaires pour étudier des pratiques à caractère scientifique dans leurs liens avec des systèmes culturels et symboliques spécifiques. Plus précisément, il s’agira de faire un état des lieux et de comparer les questions et les méthodes qui ont été développées par ces ethno-« sciences » depuis quelques décennies mais aussi de suivre les programmes scientifiques nés de l’association de différentes disciplines qui ont fusionné de façon exemplaire : l’ethnomusicologie, l’ethnolinguistique ou l’ethnoarchéologie  par exemple. Seront présentés des travaux s’inscrivant dans ces différents champs interdisciplinaires, à la croisée de l’anthropologie, de l’épistémologie, de l’histoire des sciences et des sciences cognitives et naturelles avec pour objectif principal d’élargir notre point de vue sur les pratiques et les savoirs scientifiques.

En particulier, et en filigrane tout au long des séances, nous chercherons à mieux cerner les éléments de la cognition (en lien avec les mécanismes du raisonnement notamment) qui interviendraient dans la recherche de traits communs voire des fondements universels des conduites humaines, et cela par-delà les variabilités historiques ou socioculturelles. Nous revisiterons les notions d’invariants et d’universels en faisant appel à des auteurs variés (Merleau Ponty, 1960 ; Dennett, 1990 ; Taylor, 2002 ; Lenclud, 2013 ; Diagne, 2024…) et tenterons d’en saisir la portée dans le contexte intellectuel et scientifique actuel.

Ce séminaire visera enfin à comprendre la façon dont l’épistémologie et l’histoire des sciences sont regardées depuis les sociétés autochtones, et la place de ces points de vue vernaculaires dans les processus de décolonisation des savoirs engagés par bon nombre de sociétés anciennement colonisées.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Dernière modification : 7 mai 2025 09:50:36

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Méthodes et techniques des sciences sociales, Psychologie et sciences cognitives, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie culturelle Anthropologie sociale Apprentissage Artisanat Cognition Épistémologie Ethnographie Ethnologie Histoire des sciences et des techniques Mémoire Sciences
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Eric Vandendriessche [référent·e]   chargé de recherche, CNRS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
  • Frédéric Joulian   maître de conférences, EHESS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)
  • Sébastien Galliot   chargé de recherche, CNRS / Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie (CREDO)

Depuis une soixantaine d’années, nous assistons au développement de nouveaux champs d’étude sous des appellations formées à partir du même préfixe « ethno- » : ethnoécologie, ethnobotanique, ethnomathématique, ethnoastronomie, ethnogéographie, ethnopharmacologie, etc. Ces différents champs de recherche partagent le projet d’étudier des pratiques et des savoirs présentant une « ressemblance de famille » (Wittgenstein, 1953) avec des disciplines scientifiques (« reconnues » comme telles), bien que développés hors des champs savants et institutionnels, dans divers contextes culturels, et tout particulièrement dans des sociétés « dites » autochtones.

De ce fait, la catégorie même d’« ethnoscience » n’est pas sans poser problème dans la mesure où elle présuppose, pour certaines catégories d’« ethno-trucs », une potentialité universellement partagée (mais pas toujours actualisée) à objectiver la nature et à opérer le passage du sensible à l’intelligible (Levi-Strauss, 1961). Par ailleurs, lorsqu’il s’agit des sociétés autochtones (souvent de tradition orale), il n’y a (ou avait) généralement guère de sens à parler de « science » (ou d’art) comme champ de savoirs et de pratiques autonome et indépendant des autres domaines de la vie sociale. C’est pourquoi notamment, l’anthropologue Philippe Descola critiquait cette tendance à « réifier certains pans des savoirs indigènes en les rendant compatibles avec la division moderne des sciences » (Par-delà nature et culture, 2005). Serait ainsi revenu « aux spécialistes des ethnosciences la mise au jour des classifications et des savoirs populaires » et aux « spécialistes de la culture, l’étude du symbolisme, des croyances et des rituels », opérant ainsi une distinction « tranchée » entre « savoir pratique et représentations symboliques ».

Dans la continuité du séminaire « Ethno-choses » (2024-2025), nous interrogerons la façon dont ces nouveaux champs d’étude ont répondu à cette critique, en se libérant des méthodes taxonomiques (Conklin, 1962), et en croisant différentes approches disciplinaires pour étudier des pratiques à caractère scientifique dans leurs liens avec des systèmes culturels et symboliques spécifiques. Plus précisément, il s’agira de faire un état des lieux et de comparer les questions et les méthodes qui ont été développées par ces ethno-« sciences » depuis quelques décennies mais aussi de suivre les programmes scientifiques nés de l’association de différentes disciplines qui ont fusionné de façon exemplaire : l’ethnomusicologie, l’ethnolinguistique ou l’ethnoarchéologie  par exemple. Seront présentés des travaux s’inscrivant dans ces différents champs interdisciplinaires, à la croisée de l’anthropologie, de l’épistémologie, de l’histoire des sciences et des sciences cognitives et naturelles avec pour objectif principal d’élargir notre point de vue sur les pratiques et les savoirs scientifiques.

En particulier, et en filigrane tout au long des séances, nous chercherons à mieux cerner les éléments de la cognition (en lien avec les mécanismes du raisonnement notamment) qui interviendraient dans la recherche de traits communs voire des fondements universels des conduites humaines, et cela par-delà les variabilités historiques ou socioculturelles. Nous revisiterons les notions d’invariants et d’universels en faisant appel à des auteurs variés (Merleau Ponty, 1960 ; Dennett, 1990 ; Taylor, 2002 ; Lenclud, 2013 ; Diagne, 2024…) et tenterons d’en saisir la portée dans le contexte intellectuel et scientifique actuel.

Ce séminaire visera enfin à comprendre la façon dont l’épistémologie et l’histoire des sciences sont regardées depuis les sociétés autochtones, et la place de ces points de vue vernaculaires dans les processus de décolonisation des savoirs engagés par bon nombre de sociétés anciennement colonisées.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Vieille-Charité
    Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille
    Salle A

    annuel / mensuel, lundi 14:00-17:00
    du 13 octobre 2025 au 16 mars 2026
    Nombre de séances : 5

    • Lundi 13 octobre 2025
    • Lundi 17 novembre 2025
    • Lundi 15 décembre 2025
    • Lundi 12 janvier 2026
    • Lundi 16 mars 2026