UE463 - Territoires et trajectoires du religieux en Europe du Sud-Est, XVIIIe-XXIe siècles. Lieux partagés, transformés, saccagés, reconstruits. Lieux du culte et de ses appropriations dans l'espace et par l'image


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle A602
    Annuel / mensuel, lundi 14:30-16:30
    du 2 février 2026 au 18 mai 2026
    Nombre de séances : 7

    • Lundi 2 février 2026
    • Lundi 16 février 2026
    • Lundi 2 mars 2026
    • Lundi 16 mars 2026
    • Lundi 13 avril 2026
    • Lundi 11 mai 2026 (NB : 14:30-18:30)
    • Lundi 18 mai 2026

Description


Dernière modification : 22 janv. 2026 15:12:29

Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Fait religieux Histoire Imaginaire Mémoire
Aires culturelles
Europe centrale et orientale
Intervenant·e·s
  • Catherine Horel [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
  • Galia Valtchinova   professeure des universités, Université Toulouse-Jean Jaurès

Le séminaire de cette année s'articule autour du territoire et du bâti religieux, les deux pris au sens large du terme. Deux axes se croisent ainsi pour former la prolongation de la thématique de l’an dernier. Les vicissitudes géopolitiques qui ont affecté le Sud-Est européen depuis l'époque moderne ont entraîné de considérables variations des lieux de culte : abandon, destruction et relocalisation dus aux conflits, interdictions et pratiques clandestines, renouveau et reconstructions, apparitions de lieux « alternatifs ». En contrepartie se sont aussi développées des dynamiques de partage des espaces et des logiques transfrontalières et transnationales, notamment dans le cas des pèlerinages sur le long terme mais également et surtout dans le contexte postcommuniste.

Selon les changements de régime de territorialité, un lieu du religieux change de souveraineté ou bien se trouve repositionné du centre vers la périphérie ou vice-versa. On transporte ainsi une église, un monastère, ainsi que les reliques des saints/monarques qui y sont vénérées. Ceci est particulièrement notable dans les exemples serbe et bulgare. Le langage associé au lieu traduit ces bouleversements : l'on parle ainsi de « nouvelle Jérusalem » ou de « nouveau Mont Athos » du côté du christianisme orthodoxe, de « nouvelle Mecque », côté musulman.  Le pouvoir investit et transforme (travestit) les bâtiments, et/ou en crée d'autres à son image. Il peut aussi avoir intérêt à maintenir une ou des pratiques minoritaires, voire à les encourager si elles lui garantissent le contrôle sur un territoire contesté. Le pèlerinage ou la dévotion à certains lieux alimente le discours national : les sépultures royales sont érigées en églises laïques, et il en est de même des mausolées des dirigeants communistes.

La notion de paysage religieux est un mot-clé pour explorer, d'un côté, l’enchevêtrement de la matérialité et, d’un autre côté, s’interroger sur la distinction, en parlant de paysage religieux, entre contextes rural et urbain et de sa pertinence, ce qui de nous permet de traiter de la visibilité du culte et des groupes qu'il rassemble. Dans les villes multiethniques et multiconfessionnelles, les édifices religieux contribuent à la définition identitaire et peuvent générer alternativement la cohabitation pacifique ou bien le conflit. Leur destruction par « les autres » produit des traces, des lieux « fantômes » qui continuent à vivre dans la mémoire (on pense ici aux synagogues en général et à Thessalonique en particulier).

Calendrier des séances : 

2 février : Séance d’introduction : Des os, du bâti, des lieux… Matérialités du religieux en Europe du Sud-Est

Échange avec Maria Todorova sur les sacralités promues par deux Églises orthodoxes dissidentes (à confirmer).Cette séance d’introduction s’ouvrira sur une présentation, par G. Valtchinova, des trois types de « matérialités du religieux » autour desquelles vont évoluer les séances de cette année. On va baliser les notions et catégories d’analyse : « le bâti » pouvant être assimilé à ou distinguédes « lieux » ; ces derniers, assimilés à lieux de culte ou lieux sacrés donnant lieu à des ritualités particulières, mais aussi à des figures singulières de « lieux de mémoire » (musée, mémorial). Les « os » enfin, approchés dans leur statut de traces, de preuves, et en tantque reliques.

16 février : Stefano Petrungaro (université Ca' Foscari, Venise), « Places of pilgrimage, sites of political instrumentation : mass graves in Eastern Europe » (séance en anglais)

We are living in the age of mass exhumation. Yet, mass grave excavations have their own history, which goes beyond the individual massacre. It is a transnational history, which must be reconstructed by linking and comparing many experiences, sometimes geographically and historically distant one from the other. The hypothesis is that since the late 20th and especially with the 21st century the exhumation of corpses and human remains from mass graves has entered a new phase, marked by a high political use of those operations. The goals of the exhumations may go far beyond forensic ones and are of interest not only to the families of the victims, but serve to construct local and national identity discourses. Mass graves become thus places of private, secular as well as religious pilgrimage, and at the same time sites of political instrumentation. Eastern Europe represents an excellent region for observing those phenomena and for elaborating a critical analysis of them.

2 mars :  Nathalie de Kaniv (doctorante CETOBaC), « Sacrés Primitifs : l’avant-garde centre européenne à la redécouverte des saints, icônes, mythes fondateurs »

L’art sacré et le néo-primitivisme s’imposent comme deux orientations majeures de l’avant-garde, en ce qu’ils établissent un dialogue structurant avec les traditions anciennes et locales, et ce malgré la rupture revendiquée avec le passé artistique immédiat. Dans les confins de l’Empire russe (Estonie, Finlande, Géorgie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Ukraine) la revalorisation des cultures vernaculaires et des héritages locaux, rendue possible par l’intensification des enquêtes ethnographiques, des expéditions artistiques, des recherches archéologiques et restaurations des églises, constitue un moteur du modernisme culturel. Cette redécouverte des traditions populaires s’accompagne d’un intérêt renouvelé pour l’art sacré, perçu comme un réservoir de formes, de symboles et de significations identitaires. Ainsi, Natalia Gontcharova intègre l’iconographie des vieux-croyants au sein de ses compositions néo-primitivistes. De même, Niko Pirosmani explore de manière approfondie la tradition chrétienne de sa Géorgie natale, mobilisant figures mythologiques, symboles religieux, représentations d’églises et de saints. Mykhaylo Boytchouk fonde à Paris une école dite du « néo-byzantinisme », qui joue un rôle déterminant dans la constitution de l’école nationale ukrainienne. Enfin, Zofia Stryjeńska élabore des cycles majeurs — PaschaDieux slavesLes Quatre Saisons — dans lesquels s’articulent motifs sacrés, affirmation nationale et traditions régionales. 

16 mars : Elsa Kilavuz Pinar (doctorante CeSoR/CETOBaC), « Visibilités et effacements : synagogues, musées et matérialités juives dans le paysage urbain d’Istanbul »

La recherche porte sur les formes de visibilité des matérialités juives à Istanbul dans l’espace urbain contemporain. Elle analyse la manière dont une minorité religieuse et culturelle compose avec les transformations de la métropole, les politiques de mémoire, les enjeux sécuritaires et les rapports majoritaires dans un contexte post-impérial et national marqué par les héritages ottomans et les politiques de turquisation. À partir d’un terrain ethnographique prolongé, l’enquête montre que la condition minoritaire juive s’exprime sous des formes ambivalentes : une visibilité parfois valorisée dans les dispositifs patrimoniaux et les récits de tolérance promus par les institutions culturelles ou touristiques, et simultanément un effacement lié aux contraintes sécuritaires, à la discrétion choisie ou aux stratégies d’assimilation. 

13 avril : Samuel Verley (Université de York/Université Aix-Marseille), « Destructions etréinventions des lieux saints dans l'alévisme kurde de Dersim (Turquie) »

Cette présentation s’intéresse aux recompositions matérielles du religieux en cours depuis la fin des années 2000 dans la région de Dersim, souvent considérée comme la "terre sainte" des Kurdes alévis de Turquie. Après plusieurs décennies de destructions ou d'inaccessibilité des lieux saints, dues au conflit turco-kurde, les populations de retour ont réinvesti certains ce paysage religieux et réinventé les pratiques rituelles.

11 mai :

Galia Valtchinova, « “Nouvelles Jérusalem-s'” dans le paysage religieux d’un État nation (sur deux exemples balkaniques) »

Anne-Marie Losonczy (EPHE), (à confirmer), « Nouvelles Jérusalem-s » dans le paysage religieux del’État-nation (sur deux exemples balkaniques) »

Cette séance fera dialoguer deux ethnographies autour de la thématique du pèlerinage national ou « patriotique » comme « petite Jérusalem ». C’est à l’intersection de deux approches du pèlerinage– comme lieu(inscription territoriale) et comme dynamique (mobilisation et/ou inscription politique) que l’on va chercher à rattacher la caractéristique de « petite/ seconde » Jérusalem. L’exemple central sera le pèlerinage orthodoxe de Krastova Gora, alias la Jérusalem des Rhodopes, ayant revêtu le caractère de pèlerinage national à la fin des années 1990 et pendant les années 2000. L’autre exemple sera le pèlerinage catholique de Csíksomlyó en Transylvanie, au cœur de la Roumanie, qualifié d’inter-patriotique pour les Hongrois de cette région, des minorités hongroises d’autres régions, comme de toute la Hongrie.

18 mai : Réka Albert, « Construction du paysage national hongrois dans la perspective du religieux et de la mémoire »

L’objet de cette recherche d’anthropologie historique est la représentation paysagère de la nation. Inventé au XIXe siècle, le « paysage national hongrois » est une représentation emblématique, schématique et imaginaire de la Puszta peuplée de figures humaines censées incarner le caractère magyar. Omniprésente tant dans les récits littéraires, scientifiques ou journalistiques que sur les timbres-poste, les billets de banque, les films ou les publicités contemporains, cette représentation se donne pour une synthèse de l’identité hongroise. Elle reste silencieuse sur la question de la délimitation territoriale de la Hongrie et le religieux proprement dit n’y est signalé que par le son lointain des cloches de la Grande Plaine. Pourtant, le paysage national hongrois s’apparente à un espace religieux. En quoi ? 


Master


Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

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Type d'UE
Séminaires de centre
Centres
Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Fait religieux Histoire Imaginaire Mémoire
Aires culturelles
Europe centrale et orientale
Intervenant·e·s
  • Catherine Horel [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
  • Galia Valtchinova   professeure des universités, Université Toulouse-Jean Jaurès

Le séminaire de cette année s'articule autour du territoire et du bâti religieux, les deux pris au sens large du terme. Deux axes se croisent ainsi pour former la prolongation de la thématique de l’an dernier. Les vicissitudes géopolitiques qui ont affecté le Sud-Est européen depuis l'époque moderne ont entraîné de considérables variations des lieux de culte : abandon, destruction et relocalisation dus aux conflits, interdictions et pratiques clandestines, renouveau et reconstructions, apparitions de lieux « alternatifs ». En contrepartie se sont aussi développées des dynamiques de partage des espaces et des logiques transfrontalières et transnationales, notamment dans le cas des pèlerinages sur le long terme mais également et surtout dans le contexte postcommuniste.

Selon les changements de régime de territorialité, un lieu du religieux change de souveraineté ou bien se trouve repositionné du centre vers la périphérie ou vice-versa. On transporte ainsi une église, un monastère, ainsi que les reliques des saints/monarques qui y sont vénérées. Ceci est particulièrement notable dans les exemples serbe et bulgare. Le langage associé au lieu traduit ces bouleversements : l'on parle ainsi de « nouvelle Jérusalem » ou de « nouveau Mont Athos » du côté du christianisme orthodoxe, de « nouvelle Mecque », côté musulman.  Le pouvoir investit et transforme (travestit) les bâtiments, et/ou en crée d'autres à son image. Il peut aussi avoir intérêt à maintenir une ou des pratiques minoritaires, voire à les encourager si elles lui garantissent le contrôle sur un territoire contesté. Le pèlerinage ou la dévotion à certains lieux alimente le discours national : les sépultures royales sont érigées en églises laïques, et il en est de même des mausolées des dirigeants communistes.

La notion de paysage religieux est un mot-clé pour explorer, d'un côté, l’enchevêtrement de la matérialité et, d’un autre côté, s’interroger sur la distinction, en parlant de paysage religieux, entre contextes rural et urbain et de sa pertinence, ce qui de nous permet de traiter de la visibilité du culte et des groupes qu'il rassemble. Dans les villes multiethniques et multiconfessionnelles, les édifices religieux contribuent à la définition identitaire et peuvent générer alternativement la cohabitation pacifique ou bien le conflit. Leur destruction par « les autres » produit des traces, des lieux « fantômes » qui continuent à vivre dans la mémoire (on pense ici aux synagogues en général et à Thessalonique en particulier).

Calendrier des séances : 

2 février : Séance d’introduction : Des os, du bâti, des lieux… Matérialités du religieux en Europe du Sud-Est

Échange avec Maria Todorova sur les sacralités promues par deux Églises orthodoxes dissidentes (à confirmer).Cette séance d’introduction s’ouvrira sur une présentation, par G. Valtchinova, des trois types de « matérialités du religieux » autour desquelles vont évoluer les séances de cette année. On va baliser les notions et catégories d’analyse : « le bâti » pouvant être assimilé à ou distinguédes « lieux » ; ces derniers, assimilés à lieux de culte ou lieux sacrés donnant lieu à des ritualités particulières, mais aussi à des figures singulières de « lieux de mémoire » (musée, mémorial). Les « os » enfin, approchés dans leur statut de traces, de preuves, et en tantque reliques.

16 février : Stefano Petrungaro (université Ca' Foscari, Venise), « Places of pilgrimage, sites of political instrumentation : mass graves in Eastern Europe » (séance en anglais)

We are living in the age of mass exhumation. Yet, mass grave excavations have their own history, which goes beyond the individual massacre. It is a transnational history, which must be reconstructed by linking and comparing many experiences, sometimes geographically and historically distant one from the other. The hypothesis is that since the late 20th and especially with the 21st century the exhumation of corpses and human remains from mass graves has entered a new phase, marked by a high political use of those operations. The goals of the exhumations may go far beyond forensic ones and are of interest not only to the families of the victims, but serve to construct local and national identity discourses. Mass graves become thus places of private, secular as well as religious pilgrimage, and at the same time sites of political instrumentation. Eastern Europe represents an excellent region for observing those phenomena and for elaborating a critical analysis of them.

2 mars :  Nathalie de Kaniv (doctorante CETOBaC), « Sacrés Primitifs : l’avant-garde centre européenne à la redécouverte des saints, icônes, mythes fondateurs »

L’art sacré et le néo-primitivisme s’imposent comme deux orientations majeures de l’avant-garde, en ce qu’ils établissent un dialogue structurant avec les traditions anciennes et locales, et ce malgré la rupture revendiquée avec le passé artistique immédiat. Dans les confins de l’Empire russe (Estonie, Finlande, Géorgie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Ukraine) la revalorisation des cultures vernaculaires et des héritages locaux, rendue possible par l’intensification des enquêtes ethnographiques, des expéditions artistiques, des recherches archéologiques et restaurations des églises, constitue un moteur du modernisme culturel. Cette redécouverte des traditions populaires s’accompagne d’un intérêt renouvelé pour l’art sacré, perçu comme un réservoir de formes, de symboles et de significations identitaires. Ainsi, Natalia Gontcharova intègre l’iconographie des vieux-croyants au sein de ses compositions néo-primitivistes. De même, Niko Pirosmani explore de manière approfondie la tradition chrétienne de sa Géorgie natale, mobilisant figures mythologiques, symboles religieux, représentations d’églises et de saints. Mykhaylo Boytchouk fonde à Paris une école dite du « néo-byzantinisme », qui joue un rôle déterminant dans la constitution de l’école nationale ukrainienne. Enfin, Zofia Stryjeńska élabore des cycles majeurs — PaschaDieux slavesLes Quatre Saisons — dans lesquels s’articulent motifs sacrés, affirmation nationale et traditions régionales. 

16 mars : Elsa Kilavuz Pinar (doctorante CeSoR/CETOBaC), « Visibilités et effacements : synagogues, musées et matérialités juives dans le paysage urbain d’Istanbul »

La recherche porte sur les formes de visibilité des matérialités juives à Istanbul dans l’espace urbain contemporain. Elle analyse la manière dont une minorité religieuse et culturelle compose avec les transformations de la métropole, les politiques de mémoire, les enjeux sécuritaires et les rapports majoritaires dans un contexte post-impérial et national marqué par les héritages ottomans et les politiques de turquisation. À partir d’un terrain ethnographique prolongé, l’enquête montre que la condition minoritaire juive s’exprime sous des formes ambivalentes : une visibilité parfois valorisée dans les dispositifs patrimoniaux et les récits de tolérance promus par les institutions culturelles ou touristiques, et simultanément un effacement lié aux contraintes sécuritaires, à la discrétion choisie ou aux stratégies d’assimilation. 

13 avril : Samuel Verley (Université de York/Université Aix-Marseille), « Destructions etréinventions des lieux saints dans l'alévisme kurde de Dersim (Turquie) »

Cette présentation s’intéresse aux recompositions matérielles du religieux en cours depuis la fin des années 2000 dans la région de Dersim, souvent considérée comme la "terre sainte" des Kurdes alévis de Turquie. Après plusieurs décennies de destructions ou d'inaccessibilité des lieux saints, dues au conflit turco-kurde, les populations de retour ont réinvesti certains ce paysage religieux et réinventé les pratiques rituelles.

11 mai :

Galia Valtchinova, « “Nouvelles Jérusalem-s'” dans le paysage religieux d’un État nation (sur deux exemples balkaniques) »

Anne-Marie Losonczy (EPHE), (à confirmer), « Nouvelles Jérusalem-s » dans le paysage religieux del’État-nation (sur deux exemples balkaniques) »

Cette séance fera dialoguer deux ethnographies autour de la thématique du pèlerinage national ou « patriotique » comme « petite Jérusalem ». C’est à l’intersection de deux approches du pèlerinage– comme lieu(inscription territoriale) et comme dynamique (mobilisation et/ou inscription politique) que l’on va chercher à rattacher la caractéristique de « petite/ seconde » Jérusalem. L’exemple central sera le pèlerinage orthodoxe de Krastova Gora, alias la Jérusalem des Rhodopes, ayant revêtu le caractère de pèlerinage national à la fin des années 1990 et pendant les années 2000. L’autre exemple sera le pèlerinage catholique de Csíksomlyó en Transylvanie, au cœur de la Roumanie, qualifié d’inter-patriotique pour les Hongrois de cette région, des minorités hongroises d’autres régions, comme de toute la Hongrie.

18 mai : Réka Albert, « Construction du paysage national hongrois dans la perspective du religieux et de la mémoire »

L’objet de cette recherche d’anthropologie historique est la représentation paysagère de la nation. Inventé au XIXe siècle, le « paysage national hongrois » est une représentation emblématique, schématique et imaginaire de la Puszta peuplée de figures humaines censées incarner le caractère magyar. Omniprésente tant dans les récits littéraires, scientifiques ou journalistiques que sur les timbres-poste, les billets de banque, les films ou les publicités contemporains, cette représentation se donne pour une synthèse de l’identité hongroise. Elle reste silencieuse sur la question de la délimitation territoriale de la Hongrie et le religieux proprement dit n’y est signalé que par le son lointain des cloches de la Grande Plaine. Pourtant, le paysage national hongrois s’apparente à un espace religieux. En quoi ? 

Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle A602
    Annuel / mensuel, lundi 14:30-16:30
    du 2 février 2026 au 18 mai 2026
    Nombre de séances : 7

    • Lundi 2 février 2026
    • Lundi 16 février 2026
    • Lundi 2 mars 2026
    • Lundi 16 mars 2026
    • Lundi 13 avril 2026
    • Lundi 11 mai 2026 (NB : 14:30-18:30)
    • Lundi 18 mai 2026