UE336 - Pratiques et théories des archives. Enregistrer
Lieu et planning
-
Campus Condorcet-Centre de colloques
Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 3.07
2nd semestre / hebdomadaire, vendredi 08:30-10:30
du 20 février 2026 au 12 juin 2026
Nombre de séances : 12
Description
Dernière modification : 29 janv. 2026 12:14:55
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales
- Page web
- -
- Langues
- français
- Mots-clés
- Administration Archives Droit, normes et société Histoire Institutions
- Aires culturelles
- -
Intervenant·e·s
- Olivier Poncet [référent·e] directeur d'études, EHESS - directeur d'études, École nationale des chartes / Groupe d'études sur les historiographies modernes (CRH-GEHM), Centre de recherches historiques (CRH)
L’enregistrement d’une information, au sens intellectuel ou matériel (usage d’un registre relié) a à voir avec la fonction d’archivage au point de se confondre avec elle sous de multiples formes : elle peut en constituer une démarche initiale, une étape intermédiaire, une action finale ou un élément de gestion complémentaire ; l’archivistique européenne, en particulier, a ainsi abondamment usé de « l’enregistrement » tout à la fois pour parler de la conservation (reliures d’actes épars), du classement (Registratur, protocolli) et de la communication des archives (registres de salle de lecture).
Le recours à la matérialité du registre, préalable à l’acte d’écriture à partir d’un registre vierge ou réunion postérieure d’écrits individuels à l’initiative du producteur d’archives ou de l’archiviste, constitue à l’échelle de l’histoire humaine une période dont on peut dater le début et dont nous assistons peut-être à la fin. L’« en-registrement » matériel, se conjugue, selon les régions et les époques, avec l’« enregistrement », opération intellectuelle qui ne lui est pas nécessairement liée et qui connaît des reconfigurations infinies au fil du temps dans le cadre d’un traitement processuel ou non de gestion de l’information. Il peut être fait de signes et d’objets, il se substitue à l’acte originel quand celui-ci est oral ou quand ce dernier, écrit, fait l’objet d’une destruction concomitante ou programmée, lorsque la mise en registre lui confère un surcroît de valeur légale ou, le plus souvent, parce que le registre constitue la mémoire des actions de son auteur, qu’il s’agisse de coucher sur le papier des décisions prises pour lui-même (délibérations) ou expédiées à un destinataire, ou qu’il s’agisse de recomposer la mémoire du passé par inclusion ou exclusion (censure, etc.).
Sans même parler des enregistrements de la parole (archives orales), les mutations contemporaines des supports et des procédures introduisent de nouveaux avatars (blockchain), en faisant de facto disparaître le paradigme multimillénaire du codex. Le terme d’enregistrement, tout en conservant une partie de ces vertus d’archivage, emporte dès lors avec lui de nouvelles fonctions liées à l’authentification et la protection des données ainsi enregistrées. Ces fonctions amènent à s’interroger à nouveau frais sur le « registre », cet objet polysémique transitionnel parfois confondu avec un gibier de bibliothèque (ou revendiqué comme tel), capable de se suffire à lui-même et doté d’une valeur de clé de lecture pour une documentation perdue ou dispersée. Parce qu’il fait figure de substitut ou de (méta-)discours d’archives, il introduit le doute : enregistrer est-ce bien archiver ?
20 février 2026 : O. Poncet, « En-registrer/enregistrer : une autre histoire des archives ? ». Introduction au séminaire
6 mars 2026 : O. Poncet, « Le Moyen Âge des registres : une mémoire différenciée ? »
13 mars 2026 : O. Poncet, « Les chanceliers, la loi et l’enregistrement : conjurer le déclin du XVIe au XVIIIe siècle »
20 mars 2026 : O. Poncet, « Les notaires et leurs registres : de l’injonction d’une matérialité »
27 mars 2026 : O. Poncet, « Détruire, mutiler ou refaire : les registres et la censure »
3 avril 2026 : Édouard Vasseur (École nationale des chartes-Chaire Unesco), « Bureaux d’ordre ou bureaux d’enregistrement ? Le contrôle des archives courantes au ministère des Affaires étrangères, 1944-1960 »
10 avril 2026 : Louis Genton (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) et Lucie Moruzzis (Archives nationales), « Enregistrer, (re)lier, inventorier, patrimonialiser. La trajectoire du censier de Jehan de Genelart (XIVe-XXIe s.) »
17 avril 2026 : O. Poncet, « La Révolution et les registres, entre création et destruction »
22 mai 2026 : O. Poncet, « La Registratur, entre théorie et pratique »
29 mai 2026 : Matias Ferrera (Service historique de la Défense), « Vertige du tout-registre : un archiviste face au numérique »
5 juin 2026 : O. Poncet, « Archives et bibliothèques : définir ou exclure les archives par les registres ? »
12 juin 2026 : O. Poncet, « La mise en abyme absolue ? L’enregistrement des entrées d’archives »
Master
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
Le séminaire a lieu le vendredi de 8 h 30 à 10 h 30 en salle 3.07 du Centre de colloques-Campus Condorcet, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers.
Le séminaire se tiendra en mode hybride (sauf pour les étudiants validant le séminaire).
- Direction de travaux des étudiants
- -
- Réception des candidats
- -
- Pré-requis
- -
Dernière modification : 29 janv. 2026 12:14:55
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- français
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Intervenant·e·s
- Olivier Poncet [référent·e] directeur d'études, EHESS - directeur d'études, École nationale des chartes / Groupe d'études sur les historiographies modernes (CRH-GEHM), Centre de recherches historiques (CRH)
L’enregistrement d’une information, au sens intellectuel ou matériel (usage d’un registre relié) a à voir avec la fonction d’archivage au point de se confondre avec elle sous de multiples formes : elle peut en constituer une démarche initiale, une étape intermédiaire, une action finale ou un élément de gestion complémentaire ; l’archivistique européenne, en particulier, a ainsi abondamment usé de « l’enregistrement » tout à la fois pour parler de la conservation (reliures d’actes épars), du classement (Registratur, protocolli) et de la communication des archives (registres de salle de lecture).
Le recours à la matérialité du registre, préalable à l’acte d’écriture à partir d’un registre vierge ou réunion postérieure d’écrits individuels à l’initiative du producteur d’archives ou de l’archiviste, constitue à l’échelle de l’histoire humaine une période dont on peut dater le début et dont nous assistons peut-être à la fin. L’« en-registrement » matériel, se conjugue, selon les régions et les époques, avec l’« enregistrement », opération intellectuelle qui ne lui est pas nécessairement liée et qui connaît des reconfigurations infinies au fil du temps dans le cadre d’un traitement processuel ou non de gestion de l’information. Il peut être fait de signes et d’objets, il se substitue à l’acte originel quand celui-ci est oral ou quand ce dernier, écrit, fait l’objet d’une destruction concomitante ou programmée, lorsque la mise en registre lui confère un surcroît de valeur légale ou, le plus souvent, parce que le registre constitue la mémoire des actions de son auteur, qu’il s’agisse de coucher sur le papier des décisions prises pour lui-même (délibérations) ou expédiées à un destinataire, ou qu’il s’agisse de recomposer la mémoire du passé par inclusion ou exclusion (censure, etc.).
Sans même parler des enregistrements de la parole (archives orales), les mutations contemporaines des supports et des procédures introduisent de nouveaux avatars (blockchain), en faisant de facto disparaître le paradigme multimillénaire du codex. Le terme d’enregistrement, tout en conservant une partie de ces vertus d’archivage, emporte dès lors avec lui de nouvelles fonctions liées à l’authentification et la protection des données ainsi enregistrées. Ces fonctions amènent à s’interroger à nouveau frais sur le « registre », cet objet polysémique transitionnel parfois confondu avec un gibier de bibliothèque (ou revendiqué comme tel), capable de se suffire à lui-même et doté d’une valeur de clé de lecture pour une documentation perdue ou dispersée. Parce qu’il fait figure de substitut ou de (méta-)discours d’archives, il introduit le doute : enregistrer est-ce bien archiver ?
20 février 2026 : O. Poncet, « En-registrer/enregistrer : une autre histoire des archives ? ». Introduction au séminaire
6 mars 2026 : O. Poncet, « Le Moyen Âge des registres : une mémoire différenciée ? »
13 mars 2026 : O. Poncet, « Les chanceliers, la loi et l’enregistrement : conjurer le déclin du XVIe au XVIIIe siècle »
20 mars 2026 : O. Poncet, « Les notaires et leurs registres : de l’injonction d’une matérialité »
27 mars 2026 : O. Poncet, « Détruire, mutiler ou refaire : les registres et la censure »
3 avril 2026 : Édouard Vasseur (École nationale des chartes-Chaire Unesco), « Bureaux d’ordre ou bureaux d’enregistrement ? Le contrôle des archives courantes au ministère des Affaires étrangères, 1944-1960 »
10 avril 2026 : Louis Genton (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) et Lucie Moruzzis (Archives nationales), « Enregistrer, (re)lier, inventorier, patrimonialiser. La trajectoire du censier de Jehan de Genelart (XIVe-XXIe s.) »
17 avril 2026 : O. Poncet, « La Révolution et les registres, entre création et destruction »
22 mai 2026 : O. Poncet, « La Registratur, entre théorie et pratique »
29 mai 2026 : Matias Ferrera (Service historique de la Défense), « Vertige du tout-registre : un archiviste face au numérique »
5 juin 2026 : O. Poncet, « Archives et bibliothèques : définir ou exclure les archives par les registres ? »
12 juin 2026 : O. Poncet, « La mise en abyme absolue ? L’enregistrement des entrées d’archives »
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
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- Informations pratiques
Le séminaire a lieu le vendredi de 8 h 30 à 10 h 30 en salle 3.07 du Centre de colloques-Campus Condorcet, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers.
Le séminaire se tiendra en mode hybride (sauf pour les étudiants validant le séminaire).
- Direction de travaux des étudiants
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- Pré-requis
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Campus Condorcet-Centre de colloques
Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 3.07
2nd semestre / hebdomadaire, vendredi 08:30-10:30
du 20 février 2026 au 12 juin 2026
Nombre de séances : 12