UE216 - Archives, production de savoir et écriture de l'histoire
Lieu et planning
-
Bâtiment EHESS-Condorcet
EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle A602
annuel / bimensuel (1re/3e), mardi 14:30-16:30
du 4 novembre 2025 au 5 mai 2026
Nombre de séances : 12
Description
Dernière modification : 29 sept. 2025 13:46:32
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Droit et société, Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Signes, formes, représentations, Sociologie
- Page web
- -
- Langues
- anglais français
- Mots-clés
- Anthropologie politique Anthropologie sociale Anthropologie visuelle Archives Cartographie Coloniales (études) Diaspora Enquêtes Ethnographie Études des sciences contemporaines Histoire intellectuelle Post-coloniales (études) Relations internationales Transnational Violence
- Aires culturelles
- Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Musulmans (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
- Adnan Çelik [référent·e] maître de conférences, EHESS / Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
Ce séminaire se concentre sur l’étude d’archives récemment rendues accessibles dans le domaine des études kurdes qui invitent à revisiter la séquence historique allant de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1970.
Les études kurdes constituent un champ de recherche récent. Émergé dans les années 1990/2000, il se structure progressivement dans un contexte comportant ses propres contraintes : outre la « charge politique symbolique » liée à notre objet de recherche, nous sommes confrontés à une grande variabilité concernant l’accès aux sources. L’ouverture récente d’archives (tant institutionnelles que privées) fournit un matériel abondant et hétéroclite permettant de combler certaines lacunes historiographiques de l’histoire kurde contemporaine. Nous prendrons pour objet et cas d’école l’étude d’archives de différente nature portant sur l'activisme transnational kurde, pro-kurde et anti-kurde en Europe, en URSS et aux États-Unis durant la période de la guerre froide précoce (de la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1970), décennies marquées par l'effervescence des mouvements de jeunesse et étudiants, les luttes de libération nationale, les campagnes anticoloniales et anti-impérialistes à l’échelle mondiale.
Dans le contexte de la mise en place de la lutte entre les deux blocs hégémoniques de l’Est et de l’Ouest, des activistes et militants liés à des organisations kurdes, pro-kurdes ou anti-kurdes, de même que les instances étatiques de leurs pays d’origine ou d’accueil, ont produit les documents les plus divers. De leur sélection, de leur usage, de leur lecture et de leur interprétation peuvent découler la constitution de différents objets et la mise en lumière de différents aspects. Sur leur base, on peut constituer une cartographie des réseaux transnationaux kurdes de l’époque, observer le rôle des mobilités et circulations entre Europe de l’ouest, Europe de l’est, URSS, Moyen-Orient et États-Unis dans les trajectoires individuelles et organisationnelles constitutives de l’activisme kurdiste naissant aussi bien que de l’extension des réseaux de kurdologie. L’examen de l’engagement d’acteurs issus de courants variés, de la gauche anticoloniale aux mouvements minoritaires européens en passant par les milieux anticommunistes, permet certes d’éclairer le rôle central des contraintes et opportunités issues de géopolitique de la guerre froide. L’étude de ce corpus d’archives inédites, au croisement de l’enquête historique et ethnographique, constitue néanmoins également une opportunité précieuse de s’intéresser aux sociabilités, aux singularités, aux amitiés ou inimitiés qui ont, tout autant, fait l’histoire des mobilisations de cette période fondamentale et méconnue de formation de la diaspora kurde contemporaine, à l’aube de la renaissance de mouvements contestataires kurdes sur le sol moyen-oriental.
Ce séminaire se propose de réfléchir avec les étudiant·es aux problématiques méthodologiques entraînées par le traitement de ces sources et par l’élaboration d’un domaine de recherche nouveau dans un champ institutionnel structuré selon des découpages (géographiques, chronologiques, disciplinaires, ainsi que conceptuels et lexicaux) plus ou moins adéquats à ce nouvel objet.
Validation : pour les étudiant·es souhaitant une validation, l’évaluation reposera sur un exposé oral portant sur un document d’archive ou un travail de référence en lien avec le sujet du séminaire (thèse, ouvrage ou article), choisi en concertation avec le référent du séminaire.
Calendrier des séances du séminaire (2025–2026)
4 novembre 2025 : Introduction générale (présentation du séminaire, plan et modalités de validation) ; lectures sur archives, production de savoir et écriture de l’histoire
18 novembre 2025 : Un essai de cartographie des archives disponibles — institutionnelles comme privées — relatives à la période du début de la Guerre froide dans le champ des études kurdes
2 décembre 2025 : Les Kurdes à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale
16 décembre 2025 : Introduction générale à la Guerre froide, avec un focus particulier sur le Moyen-Orient
6 janvier 2026 : Activisme ou diplomatie de mémorandum par l’intelligentsia kurde à destination des grandes puissances et des acteurs du Tiers-Monde dans les années 1940-1950
20 janvier 2026 : Réseaux de kurdologie et production de savoir dans l’ombre de la guerre froide, des deux côtés du Rideau de fer
3 février 2026 : Activisme estudiantin : Kurdish Students’ Society in Europe (KSSE) comme « consulat kurde ».
17 février 2026 : La chaire kurde de Kamuran Bedir-Khan à l’École des Langues Orientales Vivantes (ENLOV) : un nexus entre l’école de Hawar, la kurdologie française et les réseaux de solidarité pro-kurde.
3 mars 2026 : Réseaux et alliances de l’activisme pro-kurde : l’International Society Kurdistan (ISK) à Amsterdam et le Comité de solidarité à la révolution kurde (CSRK) à Paris
17 mars 2026 : La conflictualité intra-kurde à l’épreuve des clivages idéologiques de la guerre froide : nationalistes contre communistes, progressistes contre conservateurs, pro-palestiniens contre pro-israéliens, partisans de l’Occident contre partisans de l’URSS, staliniens contre maoïstes ou tiers-mondistes.
7 avril 2026 : « Les Kurdes de 68, le 68 des Kurdes » : solidarité internationale et activisme pro-kurde en Europe, en URSS et aux États-Unis.
5 mai 2026 : Placer l’activisme kurde, pro- et anti-kurde, des années 1950-1960 dans l’historiographie contemporaine kurde à travers le prisme de la guerre froide.
Master
-
Séminaires de recherche
– Études politiques - Études interdisciplinaires du politique
– M1/S1-S2
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-S2
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Histoire - Histoire et sciences sociales
– M1/S1-S2
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Migrations
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Territoires, espaces, sociétés
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
adnan.celik@ehess.fr
- Direction de travaux des étudiants
adnan.celik@ehess.fr
- Réception des candidats
adnan.celik@ehess.fr
- Pré-requis
Le public principal du séminaire est constitué des étudiant(e)s de master et des doctorant(e)s, mais nous pouvons accepter la participation d'autres personnes, sous réserve d'une préinscription.
Validation : Pour les étudiant-e-s souhaitant une validation, l’évaluation repose sur l’exposé oral d’un un document d’archive ou d’un travail de référence concernant le sujet de séminaire (thèse, ouvrage ou articles) choisi en concours avec les organisateurs.
Dernière modification : 29 sept. 2025 13:46:32
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Droit et société, Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales, Signes, formes, représentations, Sociologie
- Page web
- -
- Langues
- anglais français
- Mots-clés
- Anthropologie politique Anthropologie sociale Anthropologie visuelle Archives Cartographie Coloniales (études) Diaspora Enquêtes Ethnographie Études des sciences contemporaines Histoire intellectuelle Post-coloniales (études) Relations internationales Transnational Violence
- Aires culturelles
- Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Musulmans (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
- Adnan Çelik [référent·e] maître de conférences, EHESS / Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
Ce séminaire se concentre sur l’étude d’archives récemment rendues accessibles dans le domaine des études kurdes qui invitent à revisiter la séquence historique allant de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1970.
Les études kurdes constituent un champ de recherche récent. Émergé dans les années 1990/2000, il se structure progressivement dans un contexte comportant ses propres contraintes : outre la « charge politique symbolique » liée à notre objet de recherche, nous sommes confrontés à une grande variabilité concernant l’accès aux sources. L’ouverture récente d’archives (tant institutionnelles que privées) fournit un matériel abondant et hétéroclite permettant de combler certaines lacunes historiographiques de l’histoire kurde contemporaine. Nous prendrons pour objet et cas d’école l’étude d’archives de différente nature portant sur l'activisme transnational kurde, pro-kurde et anti-kurde en Europe, en URSS et aux États-Unis durant la période de la guerre froide précoce (de la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1970), décennies marquées par l'effervescence des mouvements de jeunesse et étudiants, les luttes de libération nationale, les campagnes anticoloniales et anti-impérialistes à l’échelle mondiale.
Dans le contexte de la mise en place de la lutte entre les deux blocs hégémoniques de l’Est et de l’Ouest, des activistes et militants liés à des organisations kurdes, pro-kurdes ou anti-kurdes, de même que les instances étatiques de leurs pays d’origine ou d’accueil, ont produit les documents les plus divers. De leur sélection, de leur usage, de leur lecture et de leur interprétation peuvent découler la constitution de différents objets et la mise en lumière de différents aspects. Sur leur base, on peut constituer une cartographie des réseaux transnationaux kurdes de l’époque, observer le rôle des mobilités et circulations entre Europe de l’ouest, Europe de l’est, URSS, Moyen-Orient et États-Unis dans les trajectoires individuelles et organisationnelles constitutives de l’activisme kurdiste naissant aussi bien que de l’extension des réseaux de kurdologie. L’examen de l’engagement d’acteurs issus de courants variés, de la gauche anticoloniale aux mouvements minoritaires européens en passant par les milieux anticommunistes, permet certes d’éclairer le rôle central des contraintes et opportunités issues de géopolitique de la guerre froide. L’étude de ce corpus d’archives inédites, au croisement de l’enquête historique et ethnographique, constitue néanmoins également une opportunité précieuse de s’intéresser aux sociabilités, aux singularités, aux amitiés ou inimitiés qui ont, tout autant, fait l’histoire des mobilisations de cette période fondamentale et méconnue de formation de la diaspora kurde contemporaine, à l’aube de la renaissance de mouvements contestataires kurdes sur le sol moyen-oriental.
Ce séminaire se propose de réfléchir avec les étudiant·es aux problématiques méthodologiques entraînées par le traitement de ces sources et par l’élaboration d’un domaine de recherche nouveau dans un champ institutionnel structuré selon des découpages (géographiques, chronologiques, disciplinaires, ainsi que conceptuels et lexicaux) plus ou moins adéquats à ce nouvel objet.
Validation : pour les étudiant·es souhaitant une validation, l’évaluation reposera sur un exposé oral portant sur un document d’archive ou un travail de référence en lien avec le sujet du séminaire (thèse, ouvrage ou article), choisi en concertation avec le référent du séminaire.
Calendrier des séances du séminaire (2025–2026)
4 novembre 2025 : Introduction générale (présentation du séminaire, plan et modalités de validation) ; lectures sur archives, production de savoir et écriture de l’histoire
18 novembre 2025 : Un essai de cartographie des archives disponibles — institutionnelles comme privées — relatives à la période du début de la Guerre froide dans le champ des études kurdes
2 décembre 2025 : Les Kurdes à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale
16 décembre 2025 : Introduction générale à la Guerre froide, avec un focus particulier sur le Moyen-Orient
6 janvier 2026 : Activisme ou diplomatie de mémorandum par l’intelligentsia kurde à destination des grandes puissances et des acteurs du Tiers-Monde dans les années 1940-1950
20 janvier 2026 : Réseaux de kurdologie et production de savoir dans l’ombre de la guerre froide, des deux côtés du Rideau de fer
3 février 2026 : Activisme estudiantin : Kurdish Students’ Society in Europe (KSSE) comme « consulat kurde ».
17 février 2026 : La chaire kurde de Kamuran Bedir-Khan à l’École des Langues Orientales Vivantes (ENLOV) : un nexus entre l’école de Hawar, la kurdologie française et les réseaux de solidarité pro-kurde.
3 mars 2026 : Réseaux et alliances de l’activisme pro-kurde : l’International Society Kurdistan (ISK) à Amsterdam et le Comité de solidarité à la révolution kurde (CSRK) à Paris
17 mars 2026 : La conflictualité intra-kurde à l’épreuve des clivages idéologiques de la guerre froide : nationalistes contre communistes, progressistes contre conservateurs, pro-palestiniens contre pro-israéliens, partisans de l’Occident contre partisans de l’URSS, staliniens contre maoïstes ou tiers-mondistes.
7 avril 2026 : « Les Kurdes de 68, le 68 des Kurdes » : solidarité internationale et activisme pro-kurde en Europe, en URSS et aux États-Unis.
5 mai 2026 : Placer l’activisme kurde, pro- et anti-kurde, des années 1950-1960 dans l’historiographie contemporaine kurde à travers le prisme de la guerre froide.
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Séminaires de recherche
– Études politiques - Études interdisciplinaires du politique
– M1/S1-S2
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Histoire - Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-S2
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Histoire - Histoire et sciences sociales
– M1/S1-S2
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Migrations
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Territoires, espaces, sociétés
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral
- Contacts additionnels
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- Informations pratiques
adnan.celik@ehess.fr
- Direction de travaux des étudiants
adnan.celik@ehess.fr
- Réception des candidats
adnan.celik@ehess.fr
- Pré-requis
Le public principal du séminaire est constitué des étudiant(e)s de master et des doctorant(e)s, mais nous pouvons accepter la participation d'autres personnes, sous réserve d'une préinscription.
Validation : Pour les étudiant-e-s souhaitant une validation, l’évaluation repose sur l’exposé oral d’un un document d’archive ou d’un travail de référence concernant le sujet de séminaire (thèse, ouvrage ou articles) choisi en concours avec les organisateurs.
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Bâtiment EHESS-Condorcet
EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle A602
annuel / bimensuel (1re/3e), mardi 14:30-16:30
du 4 novembre 2025 au 5 mai 2026
Nombre de séances : 12