UE215 - L’affaire Dreyfus dans la pensée scientifique française


Lieu et planning


  • ENS-Ulm
    75005 Paris
    Salle de conférences (46 rue d'Ulm, RDC à gauche dans le hall)
    1er semestre / bimensuel (indifférent), jeudi 10:00-12:00
    du 4 décembre 2025 au 19 mars 2026
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 3 nov. 2025 15:27:46

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
Anthropologie Biologie et société Coloniales (études) Épistémologie Ethnologie Histoire culturelle Histoire des sciences et des techniques Histoire intellectuelle Intellectuels Nationalisme Philosophie Sociologie Symbolique
Aires culturelles
France
Intervenant·e·s
  • Frédéric Keck [référent·e]   directeur de recherche, CNRS / Laboratoire d'anthropologie sociale (LAS)

Ce cours vise à montrer comment l’affaire Dreyfus a profondément transformé la pensée française, c’est-à-dire le travail littéraire, scientifique et philosophique qui s’est effectué en France au XXe siècle. Elle inaugure le XXe siècle dans la vie intellectuelle française comme la Révolution française l’a fait pour le XIXe siècle, au sens où ces siècles répètent la dramaturgie issue de ces événements et expérimentent les valeurs qui s’y sont affirmées en mobilisant des figures du « primitif ». L’affaire Dreyfus montre aux intellectuels français – qui se constituent pour la première fois en classe sociale – ce qui se passe quand ce n’est pas une société toute entière qui revient à l’état primitif mais un individu singulier. Alfred Dreyfus est en effet ce citoyen moderne qui est projeté brutalement dans l’état d’un sujet colonisé, puisqu’il est envoyé au bagne sans preuve de culpabilité.

Confrontés à ce fait impensable dans le cadre anthropologique du XIXe siècle, les textes publiés pendant l’affaire Dreyfus articulent trois figures du « primitif » : le traître (celui qui s’est exclu du collectif en s’alliant avec l’ennemi), la victime (celui que le collectif a exclu au nom de l’intérêt supérieur du collectif) et la sentinelle (celui qui revient des limites du collectif pour porter les signes des menaces auquel il est exposé). La première définit le camp anti-dreyfusard, la deuxième et la troisième divisent le camp dreyfusard autour de la question suivante : la victime est-elle sacrifiée au nom d’un intérêt supérieur ou annonce-t-elle par sa résistance une forme de justice à venir ?

Pour chaque séance, deux textes seront distribués à l’avance qui seront commentés par les enseignants et discutés avec les étudiants.

Jeudi 10h30-12h30 – Salle Conférence du 46, Rue d’Ulm

décembre : Introduction

11 décembre : Littérature et nationalisme : Maurice Barrès et Charles Maurras

18 décembre : Littérature et médecine : Emile Zola et Georges Clemenceau

janvier : Socialisme et critique : Jean Jaurès et Léon Blum

15 janvier : Socialisme et pragmatisme : Georges Sorel et Daniel Halévy

22 janvier : Socialisme et histoire : Bernard Lazare et Charles Péguy

29 janvier : Sociologie et ethnologie : Emile Durkheim et Lucien Lévy-Bruhl

5 février : Philologie et linguistique : Salomon Reinach et Jean Psichari

xx  février : Microbiologie et hygiène sociale : Emile Duclaux et Elie Metchnikoff

19   février : Physique et métaphysique : Emile Borel et Henri Bergson

12   mars : Philosophie et morale : Raymond Aron et Jean-Paul Sartre

19 mars : Anthropologie et littérature : Claude Lévi-Strauss et René Girard


Master


  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études environnementales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Jeudi 10h30-12h30 – Salle Conférence du 46, Rue d’Ulm

Direction de travaux des étudiants

J'encadre des étudiants en master et en doctorat sur les questions relatives à la perception des risques et à l'histoire des sciences sociales.

Réception des candidats

Me contacter à frederic.keck@cnrs.fr

Pré-requis

Licence.

Dernière modification : 3 nov. 2025 15:27:46

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Page web
-
Langues
-
Mots-clés
Anthropologie Biologie et société Coloniales (études) Épistémologie Ethnologie Histoire culturelle Histoire des sciences et des techniques Histoire intellectuelle Intellectuels Nationalisme Philosophie Sociologie Symbolique
Aires culturelles
France
Intervenant·e·s
  • Frédéric Keck [référent·e]   directeur de recherche, CNRS / Laboratoire d'anthropologie sociale (LAS)

Ce cours vise à montrer comment l’affaire Dreyfus a profondément transformé la pensée française, c’est-à-dire le travail littéraire, scientifique et philosophique qui s’est effectué en France au XXe siècle. Elle inaugure le XXe siècle dans la vie intellectuelle française comme la Révolution française l’a fait pour le XIXe siècle, au sens où ces siècles répètent la dramaturgie issue de ces événements et expérimentent les valeurs qui s’y sont affirmées en mobilisant des figures du « primitif ». L’affaire Dreyfus montre aux intellectuels français – qui se constituent pour la première fois en classe sociale – ce qui se passe quand ce n’est pas une société toute entière qui revient à l’état primitif mais un individu singulier. Alfred Dreyfus est en effet ce citoyen moderne qui est projeté brutalement dans l’état d’un sujet colonisé, puisqu’il est envoyé au bagne sans preuve de culpabilité.

Confrontés à ce fait impensable dans le cadre anthropologique du XIXe siècle, les textes publiés pendant l’affaire Dreyfus articulent trois figures du « primitif » : le traître (celui qui s’est exclu du collectif en s’alliant avec l’ennemi), la victime (celui que le collectif a exclu au nom de l’intérêt supérieur du collectif) et la sentinelle (celui qui revient des limites du collectif pour porter les signes des menaces auquel il est exposé). La première définit le camp anti-dreyfusard, la deuxième et la troisième divisent le camp dreyfusard autour de la question suivante : la victime est-elle sacrifiée au nom d’un intérêt supérieur ou annonce-t-elle par sa résistance une forme de justice à venir ?

Pour chaque séance, deux textes seront distribués à l’avance qui seront commentés par les enseignants et discutés avec les étudiants.

Jeudi 10h30-12h30 – Salle Conférence du 46, Rue d’Ulm

décembre : Introduction

11 décembre : Littérature et nationalisme : Maurice Barrès et Charles Maurras

18 décembre : Littérature et médecine : Emile Zola et Georges Clemenceau

janvier : Socialisme et critique : Jean Jaurès et Léon Blum

15 janvier : Socialisme et pragmatisme : Georges Sorel et Daniel Halévy

22 janvier : Socialisme et histoire : Bernard Lazare et Charles Péguy

29 janvier : Sociologie et ethnologie : Emile Durkheim et Lucien Lévy-Bruhl

5 février : Philologie et linguistique : Salomon Reinach et Jean Psichari

xx  février : Microbiologie et hygiène sociale : Emile Duclaux et Elie Metchnikoff

19   février : Physique et métaphysique : Emile Borel et Henri Bergson

12   mars : Philosophie et morale : Raymond Aron et Jean-Paul Sartre

19 mars : Anthropologie et littérature : Claude Lévi-Strauss et René Girard

  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études environnementales – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Jeudi 10h30-12h30 – Salle Conférence du 46, Rue d’Ulm

Direction de travaux des étudiants

J'encadre des étudiants en master et en doctorat sur les questions relatives à la perception des risques et à l'histoire des sciences sociales.

Réception des candidats

Me contacter à frederic.keck@cnrs.fr

Pré-requis

Licence.

  • ENS-Ulm
    75005 Paris
    Salle de conférences (46 rue d'Ulm, RDC à gauche dans le hall)
    1er semestre / bimensuel (indifférent), jeudi 10:00-12:00
    du 4 décembre 2025 au 19 mars 2026
    Nombre de séances : 12