UE131 - Mémoires et patrimonialisations des migrations


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle polyvalente 50
    annuel / bimensuel (1re/3e/5e), jeudi 14:30-16:30
    du 4 décembre 2025 au 21 mai 2026
    Nombre de séances : 12

    • Jeudi 4 décembre 2025
    • Jeudi 18 décembre 2025
    • Jeudi 15 janvier 2026
    • Jeudi 29 janvier 2026
    • Jeudi 5 février 2026
    • Jeudi 19 février 2026
    • Jeudi 5 mars 2026
    • Jeudi 19 mars 2026
    • Jeudi 2 avril 2026
    • Jeudi 16 avril 2026
    • Jeudi 7 mai 2026
    • Jeudi 21 mai 2026

Description


Dernière modification : 4 mai 2026 10:09:36

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Circulations Diaspora Famille Histoire Mémoire Migration(s) Minorités Patrimoine Politiques publiques Sociologie Transnational
Aires culturelles
Afrique Amérique du Sud Arabe (monde) Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Europe centrale et orientale Europe sud-orientale France Ibérique (monde) Maghreb Méditerranéens (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Évelyne Ribert [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (LAP-LACI)
  • Marina Chauliac   chargée de recherche, ministère de la Culture / Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)
  • Catherine Perron   chargée de recherche, Sciences Po

Mis en place en 2010, le séminaire offre un espace de présentation et de discussion de recherches explorant les approches mémorielles et patrimoniales dans le domaine des migrations et des déplacements. Les organisatrices du séminaire souhaitent cette année se centrer sur les questions de transmissions et de générations au prisme des migrations. 

Dans la continuité du séminaire de 2024-2025, nous nous intéresserons d’une part à la question des mémoires et des patrimonialisations liées à des déplacements massifs de populations, consécutifs à des formes de suppression sociale et/ou physique de groupes entiers au sein d’un espace social et politique. Il s’agira ici de questionner leur spécificité dans un contexte d’exil et de rupture des cadres sociaux de la mémoire et d’absence d’une partie des acteurs.rices. En quoi ces situations extrêmes peuvent-elles nous renseigner sur des dynamiques mémorielles et patrimoniales plus « ordinaires » ? Qu’est-ce qui peut faire lien et mémoire en dehors de la rupture ? Nombre de travaux, pour penser ce lien, se centrent paradoxalement sur la question des objets, et en particulier des objets emmenés dans la migration chez des gens qui parfois laissent tout ou presque derrière eux. Dès lors, qu’est-ce qui peut faire patrimoine en dehors de ce qui est matériel ? 

Les modalités d’enquête sur les expériences migratoires et les processus de transmission et d’appropriation en migrations suivant les générations sont multiples. Nous nous intéresserons plus spécifiquement cette année aux différences d’approches disciplinaires (démographie, sociologie, anthropologie, science politique etc) et nationales, ainsi qu’aux projets se situant au croisement de la recherche scientifique et de la création, amenant d’autres formes de production et d’écritures en sciences sociales. L’émergence croissante de ces démarches dans le domaine des SHS en général, des recherches sur les migrations (anciennes et actuelles) en particulier, s’explique notamment par la volonté d’intégrer des approches sensibles et créatives sur son terrain (Baracchini, Dassié et alii, 2021, Müller et alii, 2017) autant que par des interrogations sur la responsabilité du chercheur « dans la cité » (Bénéï, 2019). Si les liens entre engagement et recherches sur les mémoires des migrations ne sont pas récents (Dos Santos, 2017 ; Chauliac, 2018), ces approches posent à nouveaux frais la question de la participation des enquêté·es, de la réflexivité du chercheur·e ainsi que de l’impact de la production de connaissance auprès des acteurs de la patrimonialisation. 

4 décembre 2025 : Introduction

18 décembre 2025 Nina Leonhard (Bundeswehr Center for Military History and Social Sciences, Potsdam/Universität Münster), « La sociologie de la mémoire. Une perspective allemande. Approches et concepts à l'instar du Handbuch Sozialwissenschaftliche Gedächtnisforschung/Manuel de recherche en sciences sociales sur la mémoire (2023) »

En Allemagne, une perspective de recherche s'est établie au cours des 15 dernières années autour du concept de mémoire(s) sociale(s), qui place au centre de l'analyse les formes et les fonctions des références sociales au passé et les temporalités qui y sont associées. Les caractéristiques centrales de cette perspective de recherche seront présentées à l'exemple du "Handbuch Sozialwissenschaftliche Gedächtnisforschung", publié en 2023, qui comprend, entre autres, des contributions sur les thèmes de migration, de la commémoration et de la transmission.

15 janvier 2026 : Agathe Weil (EHESS/Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux), « (Dé)matérialité du Maroc. Ethnographie au sein de familles juives résidant en France à partir de leurs objets »

Mon intervention explorera la densité mémorielle (Weiner, 1994) de plusieurs objets marocains conservés en contexte familial après réception par voie d’héritage ou acquisition commerciale. Il en ressortira l’ambivalence du positionnement d’un échantillon de personnes juives d’origine marocaine résidant en France vis-à-vis de l’identification (Brubaker, 2001) à l’arabité. Je prêterai particulièrement attention à l’écart entre la volonté de saisir ses origines marocaines et leur présence sporadique dans l’espace domestique, à la fois matériel et discursif.

29 janvier 2026 : Michèle Baussant (ISP) et Maria Couroucli (LAP), « De l’absence aux absent-es, devenir une non-personne : cas croisés »

Cette communication propose de revenir sur la notion d’absent-e, telle que l’a problématisée  Daniel Heller-Roazen, recouvrant trois categories: les disparus-es, les sujets civils diminués et les morts. Se saisir, à travers des cas concrets, de la notion d’absent-e et non d’absence, comme le font de nombreux travaux, permet d’une part de mettre au jour la dimension processuelle et contextuelle de cette condition dans laquelle des êtres sont catégorisés comme de “moindre importance” et deviennent des non-personnes à des degrés divers. Cette réflexion se déploie à partir du numéro de Communications récemment paru sur la question: https://shs.cairn.info/revue-communications-2025-2?lang=fr

5 février 2026 : Présentation des travaux des étudiants

19 février 2026 : Anne Guillou (Lesc)« Puissance des lieux, présence des morts. Aspects mémoriels du génocide khmer rouge (1975-1979) »

La présentation s’attachera à décrire la mémoire des destructions perpétrées par le régime khmer rouge quelque trente ou quarante ans après les événements. Au-delà des politiques mémorielles d’Etat, obéissant à des enjeux stratégiques très précis, la recherche s’intéresse aux formes ordinaires de la mémoire collective dans un milieu peu étudié, le milieu villageois. Ces pratiques collectives liées principalement aux défunts et à certains lieux, se sont développées alors même que les corps des victimes n’ont jamais été restitués aux familles.

5 mars 2026 : Barbara Kurowska (collaboratrice scientifique, responsable de l'archive en charge des témoignages (Zeitzeugenarchiv), Dokumentatonszentrum Flucht, Vertreibung, Versöhnung. (Centre de documentation Déplacement, Expulsion, Réconciliation) Berlin), « Ambivalent Histories: Negotiating Victimhood and Responsibility at Berlin’s Documentation Centre for Displacement, Expulsion, Reconciliation »

In 2021, the Documentation Centre for Displacement, Expulsion, Reconciliation opened in Berlin after more than a decade of public and international controversy. At the heart of this debate lay the question of how to integrate the history of the forced migration of some twelve million Germans at the end of the Second World War into a broader narrative of German perpetratorship and responsibility for the atrocities committed during the war. This intervention offers insights into the curatorial and commemorative practice of establishing a memorial museum with a permanent exhibition. Particular attention will be given to the collection of oral history interviews and the diverse narratives that have emerged from them.

19 mars 2026 : Victor Santos Rodriguez (Boursier Postdoc. Mobility du Fonds national suisse (FNS), Centre de recherches internationales (CERI), Sciences Po Paris), « (In)sécurisation des migrations, coercitions reproductives et silenciation »

Cette intervention examinera le phénomène d’(in)sécurisation des migrations sous l’angle des injustices reproductives et épistémiques. Le propos se fondera sur le cas de la Suisse où les coercitions reproductives ont formé une composante structurelle du modèle de gestion des migrations. Le régime migratoire helvétique s’est en effet historiquement appuyé sur un sous-prolétariat de femmes immigrées dont le travail invisible est extrait au bénéfice de l’économie mais dont les droits reproductifs sont niés aux fins de la lutte contre la « surpopulation étrangère » (Überfremdung). L’intervention donnera à comprendre les liens entre l’interdiction de faire famille et les mécanismes de silenciation dans un contexte de mise au travail des populations immigrées. Les enjeux du genre, du soin (care) et de la mémoire se trouveront au cœur de la discussion.

2 avril 2026Karen Akoka (Université Paris-Nanterre, ISP) et Linda Guerry (associée au LARHRA et collaboratrice scientifique à l'IEH2, Université de Genève), « Collecter, analyser et restituer les mémoires de migrations de femmes. Réflexions sur une recherche création en cours dans une vallée drômoise »

Mémoires de nos (grand-)mères est un projet de recherche-création participative sur l’histoire et les mémoires des migrations de femmes dans la Drôme, porté par l’association Mimesis réunissant des artistes et des chercheuses en sciences humaines et sociales. Le projet est né d’une conviction partagée : l’histoire des migrations de femmes dans la Drôme, tant dans les villes que dans les campagnes, constitue un matrimoine vivant, présent dans les familles et les mémoires intimes, mais absent des récits publics et des espaces culturels. Depuis 2024, nous avons déployé une méthode de recherche-création participative qui croise l’histoire orale, les arts plastiques et vivants, et l’éducation populaire pour recueillir, analyser et restituer ces récits. Notre méthode de travail s’appuie sur des ateliers où nous explorons par des méthodes alternatives et originales, l’histoire et les mémoires des migrations des femmes. Dans ce projet nous travaillons particulièrement, la place des émotions entre mots et matérialité (récits, oralité, archives familiales, objets), la question de la pluralité et de la complexité des identités (assignées, contestées, revendiquées, mouvantes), le rôle de la transmission et de la mémoire des expériences féminines de la mobilité, entre contraintes et façonnement d’espaces d’autonomie.

16 avril 2026 : Domitille Blanco  (socio-anthropologue, chercheuse associée au Centre Max-Weber), « Exposer des photographies de famille de rescapé·es du génocide des Tutsi : un accès au passé ? »

Une enquête menée en France et au Rwanda sur les photographies de famille datant d’avant le génocide m’a conduite à interroger le rôle de ces photos dans les processus de remémoration et de transmission. Selon leur âge et leur parcours, leurs détenteur.rices n’ont pas tous connaissance de l’histoire du cliché ou de la personne photographiée. Leur matérialité et leur statut ont changé dans le temps et dans l’espace. En les insérant dans l'exposition Rwanda 1994. Photographies survivantes, photos manquantes, créée avec des Rwandais.es vivant en France, nous nous demanderons ce que ce nouveau déplacement provoque.

Grâce au soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Domitille Blanco réalise un post-doctorat sur la transmission de la mémoire familiale chez les vétérans canadiens de la mission de paix de l’ONU, la Minuar, déployée au Rwanda en 1994.

7 mai 2026Irène Dos Santos (URMIS), « L’émergence de contre-récits mémoriels sur la décolonisation et l’exil des retornados : tournant sociétal et académique des années 2010 au Portugal »

Une nostalgie de l’empire fondée sur un nationalisme banal et une historiographie hagiographique de l’empire colonial ont dominé dans la société portugaise jusqu’aux années 2010, soit durant 25 ans après la « perte » de l’empire concomitante de la chute de la dictature salazariste (1974). En 2010, une rupture est observée dans les représentations très homogènes de l’histoire de l’empire colonial et les silences autour du passé violent de la dictature et de la décolonisation.

Nous nous intéresserons à l’émergence de ces contre-récits qui circulent dès lors à travers différents supports - littérature, théâtre, arts performatifs, histoire publique, films documentaires..., au rôle central joué par des acteurs mémoriels qui s’auto-identifient comme « génération post-mémoire », et au tournant épistémologique observé dans l’académie, notamment dans le courant transdisciplinaire des études postcoloniales.

21 mai 2026 : Conclusion


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie - Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études interdisciplinaires du politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
  • Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS, LAP-LACI, Fellow ICM : ribert@ehess.fr
  • Marina Chauliac, anthropologue, chargée de recherche, ministère de la Culture/Laboratoire d'anthropologie politique (LAP), Fellow ICM : marina.chauliac@culture.gouv.fr
  • Catherine Perron, chargée de recherche, CERI - Sciences Po : catherine.perron@sciencespo.fr
Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous : Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS, LAP-LACI, Fellow ICM, par courriel : ribert@ehess.fr

Réception des candidats
  • Évelyne Ribert,  LAP-LACI, Fellow ICM : ribert@ehess.fr
  • Marina Chauliac, ministère de la Culture / Laboratoire d'anthropologie politique (LAP), Fellow ICM : marina.chauliac@culture.gouv.fr
  • Catherine Perron, CERI - Sciences Po : catherine.perron@sciencespo.fr
Pré-requis

Licence

Dernière modification : 4 mai 2026 10:09:36

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Circulations Diaspora Famille Histoire Mémoire Migration(s) Minorités Patrimoine Politiques publiques Sociologie Transnational
Aires culturelles
Afrique Amérique du Sud Arabe (monde) Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Europe centrale et orientale Europe sud-orientale France Ibérique (monde) Maghreb Méditerranéens (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Évelyne Ribert [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (LAP-LACI)
  • Marina Chauliac   chargée de recherche, ministère de la Culture / Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)
  • Catherine Perron   chargée de recherche, Sciences Po

Mis en place en 2010, le séminaire offre un espace de présentation et de discussion de recherches explorant les approches mémorielles et patrimoniales dans le domaine des migrations et des déplacements. Les organisatrices du séminaire souhaitent cette année se centrer sur les questions de transmissions et de générations au prisme des migrations. 

Dans la continuité du séminaire de 2024-2025, nous nous intéresserons d’une part à la question des mémoires et des patrimonialisations liées à des déplacements massifs de populations, consécutifs à des formes de suppression sociale et/ou physique de groupes entiers au sein d’un espace social et politique. Il s’agira ici de questionner leur spécificité dans un contexte d’exil et de rupture des cadres sociaux de la mémoire et d’absence d’une partie des acteurs.rices. En quoi ces situations extrêmes peuvent-elles nous renseigner sur des dynamiques mémorielles et patrimoniales plus « ordinaires » ? Qu’est-ce qui peut faire lien et mémoire en dehors de la rupture ? Nombre de travaux, pour penser ce lien, se centrent paradoxalement sur la question des objets, et en particulier des objets emmenés dans la migration chez des gens qui parfois laissent tout ou presque derrière eux. Dès lors, qu’est-ce qui peut faire patrimoine en dehors de ce qui est matériel ? 

Les modalités d’enquête sur les expériences migratoires et les processus de transmission et d’appropriation en migrations suivant les générations sont multiples. Nous nous intéresserons plus spécifiquement cette année aux différences d’approches disciplinaires (démographie, sociologie, anthropologie, science politique etc) et nationales, ainsi qu’aux projets se situant au croisement de la recherche scientifique et de la création, amenant d’autres formes de production et d’écritures en sciences sociales. L’émergence croissante de ces démarches dans le domaine des SHS en général, des recherches sur les migrations (anciennes et actuelles) en particulier, s’explique notamment par la volonté d’intégrer des approches sensibles et créatives sur son terrain (Baracchini, Dassié et alii, 2021, Müller et alii, 2017) autant que par des interrogations sur la responsabilité du chercheur « dans la cité » (Bénéï, 2019). Si les liens entre engagement et recherches sur les mémoires des migrations ne sont pas récents (Dos Santos, 2017 ; Chauliac, 2018), ces approches posent à nouveaux frais la question de la participation des enquêté·es, de la réflexivité du chercheur·e ainsi que de l’impact de la production de connaissance auprès des acteurs de la patrimonialisation. 

4 décembre 2025 : Introduction

18 décembre 2025 Nina Leonhard (Bundeswehr Center for Military History and Social Sciences, Potsdam/Universität Münster), « La sociologie de la mémoire. Une perspective allemande. Approches et concepts à l'instar du Handbuch Sozialwissenschaftliche Gedächtnisforschung/Manuel de recherche en sciences sociales sur la mémoire (2023) »

En Allemagne, une perspective de recherche s'est établie au cours des 15 dernières années autour du concept de mémoire(s) sociale(s), qui place au centre de l'analyse les formes et les fonctions des références sociales au passé et les temporalités qui y sont associées. Les caractéristiques centrales de cette perspective de recherche seront présentées à l'exemple du "Handbuch Sozialwissenschaftliche Gedächtnisforschung", publié en 2023, qui comprend, entre autres, des contributions sur les thèmes de migration, de la commémoration et de la transmission.

15 janvier 2026 : Agathe Weil (EHESS/Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux), « (Dé)matérialité du Maroc. Ethnographie au sein de familles juives résidant en France à partir de leurs objets »

Mon intervention explorera la densité mémorielle (Weiner, 1994) de plusieurs objets marocains conservés en contexte familial après réception par voie d’héritage ou acquisition commerciale. Il en ressortira l’ambivalence du positionnement d’un échantillon de personnes juives d’origine marocaine résidant en France vis-à-vis de l’identification (Brubaker, 2001) à l’arabité. Je prêterai particulièrement attention à l’écart entre la volonté de saisir ses origines marocaines et leur présence sporadique dans l’espace domestique, à la fois matériel et discursif.

29 janvier 2026 : Michèle Baussant (ISP) et Maria Couroucli (LAP), « De l’absence aux absent-es, devenir une non-personne : cas croisés »

Cette communication propose de revenir sur la notion d’absent-e, telle que l’a problématisée  Daniel Heller-Roazen, recouvrant trois categories: les disparus-es, les sujets civils diminués et les morts. Se saisir, à travers des cas concrets, de la notion d’absent-e et non d’absence, comme le font de nombreux travaux, permet d’une part de mettre au jour la dimension processuelle et contextuelle de cette condition dans laquelle des êtres sont catégorisés comme de “moindre importance” et deviennent des non-personnes à des degrés divers. Cette réflexion se déploie à partir du numéro de Communications récemment paru sur la question: https://shs.cairn.info/revue-communications-2025-2?lang=fr

5 février 2026 : Présentation des travaux des étudiants

19 février 2026 : Anne Guillou (Lesc)« Puissance des lieux, présence des morts. Aspects mémoriels du génocide khmer rouge (1975-1979) »

La présentation s’attachera à décrire la mémoire des destructions perpétrées par le régime khmer rouge quelque trente ou quarante ans après les événements. Au-delà des politiques mémorielles d’Etat, obéissant à des enjeux stratégiques très précis, la recherche s’intéresse aux formes ordinaires de la mémoire collective dans un milieu peu étudié, le milieu villageois. Ces pratiques collectives liées principalement aux défunts et à certains lieux, se sont développées alors même que les corps des victimes n’ont jamais été restitués aux familles.

5 mars 2026 : Barbara Kurowska (collaboratrice scientifique, responsable de l'archive en charge des témoignages (Zeitzeugenarchiv), Dokumentatonszentrum Flucht, Vertreibung, Versöhnung. (Centre de documentation Déplacement, Expulsion, Réconciliation) Berlin), « Ambivalent Histories: Negotiating Victimhood and Responsibility at Berlin’s Documentation Centre for Displacement, Expulsion, Reconciliation »

In 2021, the Documentation Centre for Displacement, Expulsion, Reconciliation opened in Berlin after more than a decade of public and international controversy. At the heart of this debate lay the question of how to integrate the history of the forced migration of some twelve million Germans at the end of the Second World War into a broader narrative of German perpetratorship and responsibility for the atrocities committed during the war. This intervention offers insights into the curatorial and commemorative practice of establishing a memorial museum with a permanent exhibition. Particular attention will be given to the collection of oral history interviews and the diverse narratives that have emerged from them.

19 mars 2026 : Victor Santos Rodriguez (Boursier Postdoc. Mobility du Fonds national suisse (FNS), Centre de recherches internationales (CERI), Sciences Po Paris), « (In)sécurisation des migrations, coercitions reproductives et silenciation »

Cette intervention examinera le phénomène d’(in)sécurisation des migrations sous l’angle des injustices reproductives et épistémiques. Le propos se fondera sur le cas de la Suisse où les coercitions reproductives ont formé une composante structurelle du modèle de gestion des migrations. Le régime migratoire helvétique s’est en effet historiquement appuyé sur un sous-prolétariat de femmes immigrées dont le travail invisible est extrait au bénéfice de l’économie mais dont les droits reproductifs sont niés aux fins de la lutte contre la « surpopulation étrangère » (Überfremdung). L’intervention donnera à comprendre les liens entre l’interdiction de faire famille et les mécanismes de silenciation dans un contexte de mise au travail des populations immigrées. Les enjeux du genre, du soin (care) et de la mémoire se trouveront au cœur de la discussion.

2 avril 2026Karen Akoka (Université Paris-Nanterre, ISP) et Linda Guerry (associée au LARHRA et collaboratrice scientifique à l'IEH2, Université de Genève), « Collecter, analyser et restituer les mémoires de migrations de femmes. Réflexions sur une recherche création en cours dans une vallée drômoise »

Mémoires de nos (grand-)mères est un projet de recherche-création participative sur l’histoire et les mémoires des migrations de femmes dans la Drôme, porté par l’association Mimesis réunissant des artistes et des chercheuses en sciences humaines et sociales. Le projet est né d’une conviction partagée : l’histoire des migrations de femmes dans la Drôme, tant dans les villes que dans les campagnes, constitue un matrimoine vivant, présent dans les familles et les mémoires intimes, mais absent des récits publics et des espaces culturels. Depuis 2024, nous avons déployé une méthode de recherche-création participative qui croise l’histoire orale, les arts plastiques et vivants, et l’éducation populaire pour recueillir, analyser et restituer ces récits. Notre méthode de travail s’appuie sur des ateliers où nous explorons par des méthodes alternatives et originales, l’histoire et les mémoires des migrations des femmes. Dans ce projet nous travaillons particulièrement, la place des émotions entre mots et matérialité (récits, oralité, archives familiales, objets), la question de la pluralité et de la complexité des identités (assignées, contestées, revendiquées, mouvantes), le rôle de la transmission et de la mémoire des expériences féminines de la mobilité, entre contraintes et façonnement d’espaces d’autonomie.

16 avril 2026 : Domitille Blanco  (socio-anthropologue, chercheuse associée au Centre Max-Weber), « Exposer des photographies de famille de rescapé·es du génocide des Tutsi : un accès au passé ? »

Une enquête menée en France et au Rwanda sur les photographies de famille datant d’avant le génocide m’a conduite à interroger le rôle de ces photos dans les processus de remémoration et de transmission. Selon leur âge et leur parcours, leurs détenteur.rices n’ont pas tous connaissance de l’histoire du cliché ou de la personne photographiée. Leur matérialité et leur statut ont changé dans le temps et dans l’espace. En les insérant dans l'exposition Rwanda 1994. Photographies survivantes, photos manquantes, créée avec des Rwandais.es vivant en France, nous nous demanderons ce que ce nouveau déplacement provoque.

Grâce au soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Domitille Blanco réalise un post-doctorat sur la transmission de la mémoire familiale chez les vétérans canadiens de la mission de paix de l’ONU, la Minuar, déployée au Rwanda en 1994.

7 mai 2026Irène Dos Santos (URMIS), « L’émergence de contre-récits mémoriels sur la décolonisation et l’exil des retornados : tournant sociétal et académique des années 2010 au Portugal »

Une nostalgie de l’empire fondée sur un nationalisme banal et une historiographie hagiographique de l’empire colonial ont dominé dans la société portugaise jusqu’aux années 2010, soit durant 25 ans après la « perte » de l’empire concomitante de la chute de la dictature salazariste (1974). En 2010, une rupture est observée dans les représentations très homogènes de l’histoire de l’empire colonial et les silences autour du passé violent de la dictature et de la décolonisation.

Nous nous intéresserons à l’émergence de ces contre-récits qui circulent dès lors à travers différents supports - littérature, théâtre, arts performatifs, histoire publique, films documentaires..., au rôle central joué par des acteurs mémoriels qui s’auto-identifient comme « génération post-mémoire », et au tournant épistémologique observé dans l’académie, notamment dans le courant transdisciplinaire des études postcoloniales.

21 mai 2026 : Conclusion

  • Séminaires de recherche – Anthropologie - Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Études politiques - Études interdisciplinaires du politique – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
  • Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS, LAP-LACI, Fellow ICM : ribert@ehess.fr
  • Marina Chauliac, anthropologue, chargée de recherche, ministère de la Culture/Laboratoire d'anthropologie politique (LAP), Fellow ICM : marina.chauliac@culture.gouv.fr
  • Catherine Perron, chargée de recherche, CERI - Sciences Po : catherine.perron@sciencespo.fr
Direction de travaux des étudiants

Sur rendez-vous : Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS, LAP-LACI, Fellow ICM, par courriel : ribert@ehess.fr

Réception des candidats
  • Évelyne Ribert,  LAP-LACI, Fellow ICM : ribert@ehess.fr
  • Marina Chauliac, ministère de la Culture / Laboratoire d'anthropologie politique (LAP), Fellow ICM : marina.chauliac@culture.gouv.fr
  • Catherine Perron, CERI - Sciences Po : catherine.perron@sciencespo.fr
Pré-requis

Licence

  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle polyvalente 50
    annuel / bimensuel (1re/3e/5e), jeudi 14:30-16:30
    du 4 décembre 2025 au 21 mai 2026
    Nombre de séances : 12

    • Jeudi 4 décembre 2025
    • Jeudi 18 décembre 2025
    • Jeudi 15 janvier 2026
    • Jeudi 29 janvier 2026
    • Jeudi 5 février 2026
    • Jeudi 19 février 2026
    • Jeudi 5 mars 2026
    • Jeudi 19 mars 2026
    • Jeudi 2 avril 2026
    • Jeudi 16 avril 2026
    • Jeudi 7 mai 2026
    • Jeudi 21 mai 2026