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UE743 - Enquêter en terrains impossibles. Quelles méthodes ? quels enjeux ?
Lieu et planning
-
Bâtiment EHESS-Condorcet
EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle A515
annuel / bimensuel (2e/4e), mardi 16:30-18:30
du 14 novembre 2023 au 28 mai 2024
Nombre de séances : 12
Description
Dernière modification : 30 nov. 2023 16:47:15
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Histoire, Sociologie
- Page web
- -
- Langues
- anglais français
- Mots-clés
- Histoire Méthodes et techniques des sciences sociales Sociologie
- Aires culturelles
- Asie centrale Europe centrale et orientale Russie
Intervenant·e·s
- Françoise Daucé [référent·e] directrice d'études, EHESS / Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC )
- Isabelle Ohayon chargée de recherche, CNRS / Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC )
- Emilia Koustova maîtresse de conférences, Université de Strasbourg
Dans un monde traversé de conflits et d'obstacles qui conduisent parfois à refermer des frontières jusqu'alors ouvertes, les conditions d'accès des chercheurs à leurs terrains d'enquête se réduisent, voire disparaissent, posant la question de la poursuite et de la réorientation de leurs recherches. De nombreux terrains d'enquête sont depuis longtemps considérés comme « difficiles » ou « sensibles », d'autres le deviennent, voire se transforment en terrains « impossibles ». Ce séminaire de méthode et d'épistémologie, ouvert aux étudiants de master et de doctorat, sera consacré aux pratiques et conceptions de l'enquête en sciences sociales et humaines dans ces situations de contraintes fortes. Il portera sur les dispositifs et ressources à la disposition des chercheurs pour contourner les difficultés empiriques, en accordant une attention particulière aux savoirs hérités du passé et aux nouveaux usages des sources numériques. Il examinera les défis posés à la recherche en archives, à la collecte d'entretiens et d'observations ainsi qu'à l'utilisation des données en ligne. Il interrogera les possibilités et les limites du décentrement géographique, thématique et linguistique pour tenir compte et faire sens des difficultés d'accès au terrain. Nourri de l'expérience et des problèmes actuels auxquels sont confrontés les chercheurs travaillant sur les espaces ayant fait partie de l'Empire russe et de l'URSS, il sera ouvert à la discussion comparative avec des chercheurs travaillant sur d'autres aires géographiques confrontées à des contraintes semblables. Résolument interdisciplinaire, il permettra le dialogue entre historiens, sociologues, politistes, anthropologues ainsi que spécialistes de la littérature et de la culture. Le séminaire sera organisé en partenariat avec le Groupement de recherche Empire russe – URSS – États postsoviétiques (GDR EST).
14 novembre 2023 : Introduction « L’enquête sous contrainte en sciences humaines et sociales : sources, méthodes et critique » par Françoise Daucé (EHESS-CERCEC), Emilia Koustova (Université de Strasbourg) et Isabelle Ohayon (CNRS-CERCEC)
28 novembre 2023 : Ksenia Kuzina (programme PAUSE/INED) et Roman Podkur (Institut d'histoire de l'Ukraine de l'Académie des sciences d'Ukraine, Kyiv), « Archives, sources et recherches historiques en Ukraine aujourd'hui »
12 décembre 2023 : Nikita Petrov (Memorial), “Étudier l’histoire des organes répressifs soviétiques à l’heure de la fermeture des archives en Russie”.
9 janvier 2024 : Alain Blum (EHESS-INED) et Sergueï Zakharov (programme PAUSE/Université de Strasbourg), « Il y a 35 ans. Regards croisés sur les difficultés d'accès au terrain soviétique des deux côtés du Mur ».
23 janvier 2024 : Mélanie Sadozaï (George Washington University & INALCO), "L’enquête ethnographique à la frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan : dangers, difficultés et bricolages méthodologiques en terrain sensible"
27 février 2024 : Sophie Cœuré (Université Paris Cité), « Les archives déplacées de la dissidence ».
12 mars 2024 : Sophie-Hélène Trigeaud (Université Jean Monnet, Saint-Etienne), « Socio anthropologie en terrain sensible ».
26 mars 2024 : Victoire Feuillebois (Université de Strasbourg), « Contestations, altérations, révisions du canon littéraire russe dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine ».
23 avril 2024 : Alexandra Arkhipova (programme PAUSE / Laboratoire d’Anthropologie Sociale-EHESS). Digital ethnography : how to conduct anthropological and linguistic research in the context of war or pandemics
14 mai 2024 : Ilya Yablokov (U. Sheffield). « The limits of Kremlin’s propaganda (on the use of Telegram channels for research) ».
28 mai 2024 : Table ronde conclusive sur l’usage des sources numériques en sciences sociales (intervenants à confirmer).
Master
-
Séminaires de recherche
– Études politiques
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire et sciences sociales
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Sociologie
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
sur rendez-vous.
- Direction de travaux des étudiants
sur rendez-vous.
- Réception des candidats
sur rendez-vous.
- Pré-requis
- -
Compte rendu
En 2023-2024, le séminaire a permis de mettre en perspective les défis à la fois théoriques, méthodologiques et épistémologiques auxquels font face les chercheuses et chercheurs dans l’espace ex-soviétique dans le contexte de la guerre massive de la Russie contre l'Ukraine. Il a permis de partager l’expérience des historiens et des sociologues qui, face à des défis similaires, élaborent des questions et des méthodes à la fois différentes et complémentaires.
Le premier apport du séminaire a porté sur l’historicisation des difficultés contemporaines. En effet, dans l'espace ex-soviétique, les difficultés d’accès au terrain ne sont pas nouvelles, comme l’ont montré les interventions de Nikita Petrov (Memorial, Moscou), d’Alain Blum et Sergei Zakharov sur la pratique du secret à l’Académie des sciences d’URSS avant la perestroïka ou de Sophie Coeuré sur les enjeux politiques des archives, notamment des archives des oppositionnels déplacées ou en migration (dans le cadre du projet Dissinvent). Il importe donc aujourd’hui de revenir sur l’expérience des chercheurs qui travaillaient à cette période et réfléchissaient déjà aux modalités de production des sciences sociales en contexte de guerre froide. Mais, et c’est le deuxième apport du séminaire, si des sources se ferment, d’autres s’ouvrent aussi comme en témoigne le dialogue avec les historiens et archivistes ukrainiens (K. Kuzina, R. Podkur) qui montrent à la fois les difficultés d’accès aux archives en temps de guerre et la richesse de fonds longtemps négligés. C’est aussi ce qu’a illustré la discussion autour du livre d’A. Blum et E. Koustova. Déplacés pour l’éternité (EHESS/INED, 2024) qui décentre l’histoire des déplacements forcés en URSS à partir des archives et témoignages disponibles dans les pays baltes.
Le constat des obstacles passés vaut pour la sociologie, l’anthropologie et la science politique. Avant même de devenir impossible, de nombreux terrains étaient déjà difficiles à diverses échelles. Dans ces conditions, l’enquête nécessite un effort supplémentaire de contextualisation, pour saisir les conditions de production du savoir sous contrainte politique. Troisième enseignement, la positionnalité du chercheur sur son terrain devient essentielle, comme l’a montré Mélanie Sadozaï lors de son enquête à la frontière du Tadjikistan et de l’Afghanistan, en insistant sur la maîtrise des langues locales, des stratégies d’adaptation et l’établissement de relations de confiance avec les acteurs locaux. En Russie, les caractéristiques de l’espace public autoritaire orientent la recherche, comme l’a montré Ilya Yablokov en s’intéressant au motif conspirationniste dans la politique russe contemporaine. Les fortes contraintes pesant sur l’espace public nécessitent l’élaboration de dispositifs d’enquête singuliers, à l’exemple du travail d’Alexandra Arkhipova sur l’usage des sources numériques pour documenter le dissensus implicite dans la société russe. L'ensemble de ces interrogations et de ces enjeux méthodologiques et épistémologiques ont fait l'objet d'une intervention théorique et synthétique de Sophie-Hélène Trigaud sur la base de son ouvrage Socio-anthropologie en terrain sensible. essaie épistémologique, pratique et éthique (L'Harmattan, 2022).
Ce séminaire a montré que la question des terrains difficiles, voire impossibles, s’inscrit dans une histoire longue mais relève aussi de dynamiques sans cesse renouvelées qui rendent vaines la recherche de méthodes applicables en tous temps et en tous lieux. Elle nécessite plutôt la mise en place de dispositifs de recherche situés et contextualisés, qui peuvent faire l’objet de discussions collectives.
Publications
- Françoise Daucé, Benjamin Loveluck, Francesca Musiani (dir). Genèse d’un autoritarisme numérique. Répression et résistance sur Internet en Russie (2012-2022). Editions des Mines, 2023.
- Françoise Daucé. Du populisme autoritaire aux violences de guerre. Débats et controverses dans la Russie contemporaine. Revue d’histoire moderne & contemporaine 2023/2 (n° 71)
- Note de lecture sur l’ouvrage de Dominique Colas. Poutine, l’Ukraine et les statues de Lénine. Presses de sciences po, 2022. Passés Futurs, n°13, 2023.
- Génération Navalny, génération punie. Protestation et répression de proche en proche dans la Russie de V. Poutine. La revue russe, n°62, juin 2024.
Dernière modification : 30 nov. 2023 16:47:15
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Histoire, Sociologie
- Page web
- -
- Langues
- anglais français
- Mots-clés
- Histoire Méthodes et techniques des sciences sociales Sociologie
- Aires culturelles
- Asie centrale Europe centrale et orientale Russie
Intervenant·e·s
- Françoise Daucé [référent·e] directrice d'études, EHESS / Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC )
- Isabelle Ohayon chargée de recherche, CNRS / Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC )
- Emilia Koustova maîtresse de conférences, Université de Strasbourg
Dans un monde traversé de conflits et d'obstacles qui conduisent parfois à refermer des frontières jusqu'alors ouvertes, les conditions d'accès des chercheurs à leurs terrains d'enquête se réduisent, voire disparaissent, posant la question de la poursuite et de la réorientation de leurs recherches. De nombreux terrains d'enquête sont depuis longtemps considérés comme « difficiles » ou « sensibles », d'autres le deviennent, voire se transforment en terrains « impossibles ». Ce séminaire de méthode et d'épistémologie, ouvert aux étudiants de master et de doctorat, sera consacré aux pratiques et conceptions de l'enquête en sciences sociales et humaines dans ces situations de contraintes fortes. Il portera sur les dispositifs et ressources à la disposition des chercheurs pour contourner les difficultés empiriques, en accordant une attention particulière aux savoirs hérités du passé et aux nouveaux usages des sources numériques. Il examinera les défis posés à la recherche en archives, à la collecte d'entretiens et d'observations ainsi qu'à l'utilisation des données en ligne. Il interrogera les possibilités et les limites du décentrement géographique, thématique et linguistique pour tenir compte et faire sens des difficultés d'accès au terrain. Nourri de l'expérience et des problèmes actuels auxquels sont confrontés les chercheurs travaillant sur les espaces ayant fait partie de l'Empire russe et de l'URSS, il sera ouvert à la discussion comparative avec des chercheurs travaillant sur d'autres aires géographiques confrontées à des contraintes semblables. Résolument interdisciplinaire, il permettra le dialogue entre historiens, sociologues, politistes, anthropologues ainsi que spécialistes de la littérature et de la culture. Le séminaire sera organisé en partenariat avec le Groupement de recherche Empire russe – URSS – États postsoviétiques (GDR EST).
14 novembre 2023 : Introduction « L’enquête sous contrainte en sciences humaines et sociales : sources, méthodes et critique » par Françoise Daucé (EHESS-CERCEC), Emilia Koustova (Université de Strasbourg) et Isabelle Ohayon (CNRS-CERCEC)
28 novembre 2023 : Ksenia Kuzina (programme PAUSE/INED) et Roman Podkur (Institut d'histoire de l'Ukraine de l'Académie des sciences d'Ukraine, Kyiv), « Archives, sources et recherches historiques en Ukraine aujourd'hui »
12 décembre 2023 : Nikita Petrov (Memorial), “Étudier l’histoire des organes répressifs soviétiques à l’heure de la fermeture des archives en Russie”.
9 janvier 2024 : Alain Blum (EHESS-INED) et Sergueï Zakharov (programme PAUSE/Université de Strasbourg), « Il y a 35 ans. Regards croisés sur les difficultés d'accès au terrain soviétique des deux côtés du Mur ».
23 janvier 2024 : Mélanie Sadozaï (George Washington University & INALCO), "L’enquête ethnographique à la frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan : dangers, difficultés et bricolages méthodologiques en terrain sensible"
27 février 2024 : Sophie Cœuré (Université Paris Cité), « Les archives déplacées de la dissidence ».
12 mars 2024 : Sophie-Hélène Trigeaud (Université Jean Monnet, Saint-Etienne), « Socio anthropologie en terrain sensible ».
26 mars 2024 : Victoire Feuillebois (Université de Strasbourg), « Contestations, altérations, révisions du canon littéraire russe dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine ».
23 avril 2024 : Alexandra Arkhipova (programme PAUSE / Laboratoire d’Anthropologie Sociale-EHESS). Digital ethnography : how to conduct anthropological and linguistic research in the context of war or pandemics
14 mai 2024 : Ilya Yablokov (U. Sheffield). « The limits of Kremlin’s propaganda (on the use of Telegram channels for research) ».
28 mai 2024 : Table ronde conclusive sur l’usage des sources numériques en sciences sociales (intervenants à confirmer).
-
Séminaires de recherche
– Études politiques
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire et sciences sociales
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral -
Séminaires de recherche
– Sociologie
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – exposé oral
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
sur rendez-vous.
- Direction de travaux des étudiants
sur rendez-vous.
- Réception des candidats
sur rendez-vous.
- Pré-requis
- -
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Bâtiment EHESS-Condorcet
EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle A515
annuel / bimensuel (2e/4e), mardi 16:30-18:30
du 14 novembre 2023 au 28 mai 2024
Nombre de séances : 12
En 2023-2024, le séminaire a permis de mettre en perspective les défis à la fois théoriques, méthodologiques et épistémologiques auxquels font face les chercheuses et chercheurs dans l’espace ex-soviétique dans le contexte de la guerre massive de la Russie contre l'Ukraine. Il a permis de partager l’expérience des historiens et des sociologues qui, face à des défis similaires, élaborent des questions et des méthodes à la fois différentes et complémentaires.
Le premier apport du séminaire a porté sur l’historicisation des difficultés contemporaines. En effet, dans l'espace ex-soviétique, les difficultés d’accès au terrain ne sont pas nouvelles, comme l’ont montré les interventions de Nikita Petrov (Memorial, Moscou), d’Alain Blum et Sergei Zakharov sur la pratique du secret à l’Académie des sciences d’URSS avant la perestroïka ou de Sophie Coeuré sur les enjeux politiques des archives, notamment des archives des oppositionnels déplacées ou en migration (dans le cadre du projet Dissinvent). Il importe donc aujourd’hui de revenir sur l’expérience des chercheurs qui travaillaient à cette période et réfléchissaient déjà aux modalités de production des sciences sociales en contexte de guerre froide. Mais, et c’est le deuxième apport du séminaire, si des sources se ferment, d’autres s’ouvrent aussi comme en témoigne le dialogue avec les historiens et archivistes ukrainiens (K. Kuzina, R. Podkur) qui montrent à la fois les difficultés d’accès aux archives en temps de guerre et la richesse de fonds longtemps négligés. C’est aussi ce qu’a illustré la discussion autour du livre d’A. Blum et E. Koustova. Déplacés pour l’éternité (EHESS/INED, 2024) qui décentre l’histoire des déplacements forcés en URSS à partir des archives et témoignages disponibles dans les pays baltes.
Le constat des obstacles passés vaut pour la sociologie, l’anthropologie et la science politique. Avant même de devenir impossible, de nombreux terrains étaient déjà difficiles à diverses échelles. Dans ces conditions, l’enquête nécessite un effort supplémentaire de contextualisation, pour saisir les conditions de production du savoir sous contrainte politique. Troisième enseignement, la positionnalité du chercheur sur son terrain devient essentielle, comme l’a montré Mélanie Sadozaï lors de son enquête à la frontière du Tadjikistan et de l’Afghanistan, en insistant sur la maîtrise des langues locales, des stratégies d’adaptation et l’établissement de relations de confiance avec les acteurs locaux. En Russie, les caractéristiques de l’espace public autoritaire orientent la recherche, comme l’a montré Ilya Yablokov en s’intéressant au motif conspirationniste dans la politique russe contemporaine. Les fortes contraintes pesant sur l’espace public nécessitent l’élaboration de dispositifs d’enquête singuliers, à l’exemple du travail d’Alexandra Arkhipova sur l’usage des sources numériques pour documenter le dissensus implicite dans la société russe. L'ensemble de ces interrogations et de ces enjeux méthodologiques et épistémologiques ont fait l'objet d'une intervention théorique et synthétique de Sophie-Hélène Trigaud sur la base de son ouvrage Socio-anthropologie en terrain sensible. essaie épistémologique, pratique et éthique (L'Harmattan, 2022).
Ce séminaire a montré que la question des terrains difficiles, voire impossibles, s’inscrit dans une histoire longue mais relève aussi de dynamiques sans cesse renouvelées qui rendent vaines la recherche de méthodes applicables en tous temps et en tous lieux. Elle nécessite plutôt la mise en place de dispositifs de recherche situés et contextualisés, qui peuvent faire l’objet de discussions collectives.
Publications
- Françoise Daucé, Benjamin Loveluck, Francesca Musiani (dir). Genèse d’un autoritarisme numérique. Répression et résistance sur Internet en Russie (2012-2022). Editions des Mines, 2023.
- Françoise Daucé. Du populisme autoritaire aux violences de guerre. Débats et controverses dans la Russie contemporaine. Revue d’histoire moderne & contemporaine 2023/2 (n° 71)
- Note de lecture sur l’ouvrage de Dominique Colas. Poutine, l’Ukraine et les statues de Lénine. Presses de sciences po, 2022. Passés Futurs, n°13, 2023.
- Génération Navalny, génération punie. Protestation et répression de proche en proche dans la Russie de V. Poutine. La revue russe, n°62, juin 2024.