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UE654 - Travail et soutenabilité


Lieu et planning


  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle gradinée
    annuel / mensuel (3e), mercredi 09:30-12:30
    du 18 octobre 2023 au 19 juin 2024

    La séance du 18 octobre 2023 est avancée au 11 octobre 2023 (mêmes horaires, même salle).
    La séance du 20 décembre 2023 se déroule uniquement en visioconférence.
    Séance supplémentaire le 28 février 2024 (mêmes horaires, même salle).
    NB : la séance du 15 mai se déroulera en salle 3.08 (Centre de colloques, Campus Condorcet)


Description


Dernière modification : 11 juil. 2023 11:47:15

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Action publique Développement durable Institutions Politiques sociales Protection sociale Socio-économie Sociologie Travail
Aires culturelles
Allemandes (études) Europe
Intervenant·e·s

Dans un contexte où les appels au « verdissement » du travail se multiplient, le séminaire se fixe trois objectifs. Premièrement, à travers l’étude des productions d’organismes internationaux, tels que l’Organisation internationale du travail et le Programme de développement des Nations Unies, établir une cartographie conceptuelle de ce que certain·es appellent le « travail soutenable » ; deuxièmement, en mobilisant les travaux des sciences sociales, explorer les questions et les critiques que soulèvent ces approches ; troisièmement poser les bases d’un agenda de recherche permettant d’instruire ces questions dans la perspective d’une écologie du travail. La discussion s’appuiera sur l’étude d’une sélection de textes, dont une partie sera en anglais. Une bonne connaissance de la langue anglaise est requise.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

par courriel : bzim@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-

Compte rendu


Ce que signifie exactement la soutenabilité en lien avec travail ne trouve pas de réponse claire et évidente. Si l’Organisation des nations unies (ONU) a fait dès le début des années 1980 de la soutenabilité un objet de catégorisation transnationale avec le Rapport Brundtland, la catégorie de « travail soutenable » n’a été introduite que plus tardivement par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD). L’organisation internationale du travail (OIT) utilise quant à elles les notions de « travail décent » et d’« emploi vert », matérialisant un clivage entre deux dimensions de la soutenabilité du travail ; un clivage que reproduisent les politiques publiques, mais aussi de nombreux travaux académiques. Sociale, la première dimension se concentre sur les conséquences du travail pour les travailleurs et travailleuses et leur santé, l’accent portant sur les conditions de travail et d’emploi. Écologique, la seconde dimension concerne les conséquences du travail sur l’environnement biogéophysique, par exemple en termes de réduction des émissions de CO2 ou de préservation des ressources planétaires et de la biodiversité.

Si les travaux qui soulignent la nécessité d’articuler les dimensions sociale et écologique de la soutenabilité sont de plus en plus nombreux, on observe cependant une spécialisation persistante dans l’une ou l’autre d’entre elles. De même, si le concept de transition juste promu par l’OIT et la Confédération européenne des syndicats vis à conjuguer ces deux dimensions, c’est l’emploi et non pas le travail qui en sont l’objet.

Partant de ce flottement conceptuel, nous nous sommes, dans un deuxième temps du séminaire, tournés vers la manière dont travail et soutenabilité se conjuguent concrètement sur le terrain. Quelles formes prend un travail socialement et écologiquement soutenable dans les entreprises ? Quels types de problèmes et de tensions génère l’exigence d’articuler soutenabilité sociale et écologique en entreprise ? Quels sont les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette exigence ? Comment les travailleurs et travailleuses y sont-elles associées ? Certaines formes de gouvernement de l’entreprise s’y prêtent-elles mieux que d’autres ? Comme la question de la soutenabilité du travail est-elle prise en charge par les politiques publiques ? Et quel rôle jouent ces dernières ?

Pour aborder ces questions, nous avons invité quatre chercheurs et chercheuses à partager avec nous les résultats de leurs recherches. Antoine Bonnemain (Université de Clermont-Ferrand) et Geoffroy Gonzales (EHESS, Paris) nous ont introduit à la manière dont les tensions entre les différentes dimensions de la soutenabilité du travail peuvent être négociées dans des cadres organisationnels concrets à partir de deux études de cas, menée auprès des éboueurs d’une grande agglomération française pour A. Bonnemain, d’une coopérative d’intérêt collectif spécialisée dans l’énergie verte pour G. Gonzales. Tous deux ont mis l’accent sur la possibilité donnée aux travailleurs et travailleuses de prendre part aux discussion sur les conditions et la qualité du travail, plus largement sur l’importance d’une délibération collective sur le travail et ses finalités permettant aux conflits et aux désaccords de s’exprimer. Francesco Laruffa (Université de Genève) et Lavinia Bifulco (Université de Milan-Bicocca) ont quant à eux déplacé la focale sur le rôle des institutions publiques et le type de mesures à même d’influencer la soutenabilité sociale-écologique du travail.

Les séances prenaient appui sur la lecture de textes préalablement distribués aux participant·es, introduits par l’un ou l’une d’entre eux et ensuite collectivement analysés et discutés.

Publications

« Transforming work towards social-ecological sustainability: a capability perspective », Transfer, 2024, p.1-17, avec Sandra Engelbrecht.

Shifting Categories of Work. Unsettling the Ways We Think about Jobs, Labor and Activities, Londres, Routledge, 2023, 284 p., eds avec Lisa Herzog.

« Introduction », in Herzog L. et Zimmermann, B. (eds), Shifting Categories of Work. Unsettling the Ways We Think about Jobs, Labor and Activities, Londres, Routledge, 2023, p. 1-14, avec Lisa Herzog.

« Essential work: A category in the making? », in Herzog L. et Zimmermann, B. (eds), Shifting Categories of Work. Unsettling the Ways We Think about Jobs, Labor and Activities, Londres, Routledge, 2023, p. 252-264, avec Lisa Herzog.

Dernière modification : 11 juil. 2023 11:47:15

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Action publique Développement durable Institutions Politiques sociales Protection sociale Socio-économie Sociologie Travail
Aires culturelles
Allemandes (études) Europe
Intervenant·e·s

Dans un contexte où les appels au « verdissement » du travail se multiplient, le séminaire se fixe trois objectifs. Premièrement, à travers l’étude des productions d’organismes internationaux, tels que l’Organisation internationale du travail et le Programme de développement des Nations Unies, établir une cartographie conceptuelle de ce que certain·es appellent le « travail soutenable » ; deuxièmement, en mobilisant les travaux des sciences sociales, explorer les questions et les critiques que soulèvent ces approches ; troisièmement poser les bases d’un agenda de recherche permettant d’instruire ces questions dans la perspective d’une écologie du travail. La discussion s’appuiera sur l’étude d’une sélection de textes, dont une partie sera en anglais. Une bonne connaissance de la langue anglaise est requise.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel mensuelle = 6 ECTS
    MCC – exposé oral
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

par courriel : bzim@ehess.fr

Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-
  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle gradinée
    annuel / mensuel (3e), mercredi 09:30-12:30
    du 18 octobre 2023 au 19 juin 2024

    La séance du 18 octobre 2023 est avancée au 11 octobre 2023 (mêmes horaires, même salle).
    La séance du 20 décembre 2023 se déroule uniquement en visioconférence.
    Séance supplémentaire le 28 février 2024 (mêmes horaires, même salle).
    NB : la séance du 15 mai se déroulera en salle 3.08 (Centre de colloques, Campus Condorcet)

Ce que signifie exactement la soutenabilité en lien avec travail ne trouve pas de réponse claire et évidente. Si l’Organisation des nations unies (ONU) a fait dès le début des années 1980 de la soutenabilité un objet de catégorisation transnationale avec le Rapport Brundtland, la catégorie de « travail soutenable » n’a été introduite que plus tardivement par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD). L’organisation internationale du travail (OIT) utilise quant à elles les notions de « travail décent » et d’« emploi vert », matérialisant un clivage entre deux dimensions de la soutenabilité du travail ; un clivage que reproduisent les politiques publiques, mais aussi de nombreux travaux académiques. Sociale, la première dimension se concentre sur les conséquences du travail pour les travailleurs et travailleuses et leur santé, l’accent portant sur les conditions de travail et d’emploi. Écologique, la seconde dimension concerne les conséquences du travail sur l’environnement biogéophysique, par exemple en termes de réduction des émissions de CO2 ou de préservation des ressources planétaires et de la biodiversité.

Si les travaux qui soulignent la nécessité d’articuler les dimensions sociale et écologique de la soutenabilité sont de plus en plus nombreux, on observe cependant une spécialisation persistante dans l’une ou l’autre d’entre elles. De même, si le concept de transition juste promu par l’OIT et la Confédération européenne des syndicats vis à conjuguer ces deux dimensions, c’est l’emploi et non pas le travail qui en sont l’objet.

Partant de ce flottement conceptuel, nous nous sommes, dans un deuxième temps du séminaire, tournés vers la manière dont travail et soutenabilité se conjuguent concrètement sur le terrain. Quelles formes prend un travail socialement et écologiquement soutenable dans les entreprises ? Quels types de problèmes et de tensions génère l’exigence d’articuler soutenabilité sociale et écologique en entreprise ? Quels sont les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette exigence ? Comment les travailleurs et travailleuses y sont-elles associées ? Certaines formes de gouvernement de l’entreprise s’y prêtent-elles mieux que d’autres ? Comme la question de la soutenabilité du travail est-elle prise en charge par les politiques publiques ? Et quel rôle jouent ces dernières ?

Pour aborder ces questions, nous avons invité quatre chercheurs et chercheuses à partager avec nous les résultats de leurs recherches. Antoine Bonnemain (Université de Clermont-Ferrand) et Geoffroy Gonzales (EHESS, Paris) nous ont introduit à la manière dont les tensions entre les différentes dimensions de la soutenabilité du travail peuvent être négociées dans des cadres organisationnels concrets à partir de deux études de cas, menée auprès des éboueurs d’une grande agglomération française pour A. Bonnemain, d’une coopérative d’intérêt collectif spécialisée dans l’énergie verte pour G. Gonzales. Tous deux ont mis l’accent sur la possibilité donnée aux travailleurs et travailleuses de prendre part aux discussion sur les conditions et la qualité du travail, plus largement sur l’importance d’une délibération collective sur le travail et ses finalités permettant aux conflits et aux désaccords de s’exprimer. Francesco Laruffa (Université de Genève) et Lavinia Bifulco (Université de Milan-Bicocca) ont quant à eux déplacé la focale sur le rôle des institutions publiques et le type de mesures à même d’influencer la soutenabilité sociale-écologique du travail.

Les séances prenaient appui sur la lecture de textes préalablement distribués aux participant·es, introduits par l’un ou l’une d’entre eux et ensuite collectivement analysés et discutés.

Publications

« Transforming work towards social-ecological sustainability: a capability perspective », Transfer, 2024, p.1-17, avec Sandra Engelbrecht.

Shifting Categories of Work. Unsettling the Ways We Think about Jobs, Labor and Activities, Londres, Routledge, 2023, 284 p., eds avec Lisa Herzog.

« Introduction », in Herzog L. et Zimmermann, B. (eds), Shifting Categories of Work. Unsettling the Ways We Think about Jobs, Labor and Activities, Londres, Routledge, 2023, p. 1-14, avec Lisa Herzog.

« Essential work: A category in the making? », in Herzog L. et Zimmermann, B. (eds), Shifting Categories of Work. Unsettling the Ways We Think about Jobs, Labor and Activities, Londres, Routledge, 2023, p. 252-264, avec Lisa Herzog.