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UE615 - Épigraphie du long Moyen Âge : gloses et commentaires épigraphiques (images, objets)


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 3.08
    annuel / bimensuel (1re/3e), mercredi 10:30-12:30
    du 15 novembre 2023 au 17 janvier 2024
    Nombre de séances : 6

    puis

    INHA
    2 rue Vivienne 75002 Paris
    Salle du GAHOM
    annuel / bimensuel (1re/3e), mercredi 10:00-12:00
    du 7 février 2024 au 5 juin 2024
    Nombre de séances : 6


Description


Dernière modification : 11 juil. 2023 11:09:59

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie historique, Archéologie, Histoire, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Communication Culture visuelle Écriture Histoire de l’art Histoire intellectuelle Image Liturgie Moyen Âge Objets Paléographie Poétique Rituel Visuel
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Vincent Debiais [référent·e]   directeur de recherche, CNRS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)

Parmi les pratiques écrites du Moyen Âge occidental, les inscriptions tracées sur le bois ou le métal, peintes sur l’enduit ou sur le verre, brodées sur le tissu ou composées en mosaïque constituent une source originale et encore largement sous-exploitée pour la connaissance des pratiques graphiques médiévales. Elles constituent pourtant les formes d’écriture les plus accessibles en raison de leur exposition fréquente dans l’espace public et c’est la raison pour laquelle elles bénéficient aujourd’hui d’entreprises éditoriales dynamiques partout en Europe, qui rendent disponible une quantité très importante d’inscriptions éclairant des aspects singuliers du recours à l’écriture au Moyen Âge. Elles viennent enrichir notre connaissance quant aux enjeux pragmatiques, symboliques et anthropologiques du recours à l’écriture dans l’espace public dans les sociétés médiévales.

Pour poursuivre l’enquête historique et anthropologique autour de ces formes graphiques, le séminaire de l’année universitaire 2023-2024 est consacré au principe de la glose épigraphique. Les éditions critiques des inscriptions, au moment d’attribuer aux textes une fonction, se tournent souvent vers la notion de « commentaire », en particulier quand l’inscription est tracée au contact d’une image, dans la peinture murale ou la sculpture, ou d’un objet. Cette fonction de commentaire semble se distinguer de l’identification par le fait que l’inscription ne redit pas tout à fait ce qu’elle commente. Or, cette idée d’un décalage (de « pas tout à fait ») de sens ou de contenu entre l’inscription et l’image ou l’objet doit être analysée en détail parce qu’elle constitue une forme singulière de relation entre deux éléments, une redite qui n’en est pas une, une redondance que l’on évite, un lien structurel que l’on affirme et que l’on nie simultanément. Elle est surtout un trait définitoire de certaines formes de la pensée médiévale autour de la notion de « glose ».

Nous analyserons pour cette enquête des images et des objets, en privilégiant deux ensembles épigraphiques : le cloître de Moissac et ses chapiteaux inscrits dans lesquels la glose est, en apparence et en apparence seulement, réduite au minimum ; et les grandes châsses reliquaires mosanes pour lesquelles de longues inscriptions commentent à n’en plus finir les formes et les matériaux au point d’en détourner tout à fait la lecture. Le séminaire a donc un double objectif : identifier éventuellement les spécificités épigraphiques du commentaire, et contribuer à la connaissance de la glose dans la culture écrite et visuelle du Moyen Âge occidental.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous par courriel.

Pré-requis
-

Compte rendu


Le séminaire d’épigraphie médiévale a porté, pour l’année 2023-2024, sur l’écriture au Moyen Âge quand celle-ci se manifeste en dehors du monde manuscrit, en dehors des livres, des chartes, des documents de la pratique. L’épigraphie aborde le domaine de l’inscription, définie très simplement comme un objet graphique situé ; une quantité de texte mise en œuvre sur une quantité de matière différente des supports organiques de l’écriture manuscrite traditionnelle (papier, parchemin, cire) et pensée à destination d’un lieu particulier. L’inscription, c’est un texte installé dans l’espace. Comme tout acte graphique, l’inscription est un geste d’écrire, une « décision en signes » consistant à marque le lieu par le texte, avec une seule ambition certaine : faire exister sous la forme d’un objet graphique une information.

Cette documentation épigraphique a été approchée cette année à travers la notion de « commentaire » et il a fallu d’abord définir ce que c’est que commenter. Les dictionnaires de langue française donnent trois directions principales : l’explication, soit l’éclaircissement du sens de l’objet commenté ; l’illustration, soit la mise en relation de l’objet commenté avec un autre objet ; la réaction, soit la production d’une réponse à l’attention du fait commenté (geste ou discours). Les acceptions sont riches et tendent à englober toute forme d’intervention langagière sur un fait donné – tout est à commenter. Le commentaire est le produit de cette intervention ; il peut être oral ou écrit, et prendre des formes très variées. Il n’y a pas de règles au commentaire en dehors du cadre scolaire et de l’exercice académique. Le commentaire consiste à prendre en charge par le langage une production donnée, qu’il s’agisse d’un roman, d’un poème, d’une chanson, d’un film, d’une sculpture, et d’en proposer une lecture plus ou moins agressive ou invasive afin d’en éclaircir et d’en expliquer le sens, et éventuellement de réagir à l’objet. Le commentaire possède des liens avec d’autres termes tels que l’exégèse, l’herméneutique, la lecture, la glose, l’interprétation, l’analyse, autant de notions dont il a fallu discuter la pertinence dans leur application au domaine de l’épigraphie médiévale.

Que recouvre cette notion quand on l’applique aux inscriptions médiévales ? L’inscription commente-t-elle ? Si oui, sous quelle forme et pour qui ? Pourquoi même recourir au commentaire ? On a essayé de le montrer au cours de cette année, la formulation de ces questions n’est pas sans poser de problème puisqu’elle établit que l’écriture interviendrait sur l’objet, dans une forme unilatérale d’action, avec des implications fortes quant au scénario d’existence des systèmes de signe. Nous avons d’abord insisté sur la spécificité apparente de l’écriture épigraphique, ce geste graphique en lieu et en lien, inséparable sur le principe d’un ancrage matériel, réel ou fictionnel qui fait que l’inscription est toujours un phénomène situé, dans une multiplicité des plans qui fondent la matérialité épigraphique. Nous retenons par ailleurs que le commentaire, second ou simultané d’un objet par un autre, est le moteur de la création textuelle au Moyen Âge, il en est l’une des caractéristiques formelles dans la diversité des modalités que peut prendre le commentaire. Commentaire et écriture épigraphique partagent la nécessité d’un « sur », d’une position d’ancrage sur un élément autre, à condition d’envisager cette altérité au sens neutre et non comme une hiérarchie ou comme une chronologie dans les gestes créatifs. Ce « sur » nécessaire implique une dimension fortement déictique de l’écriture épigraphique qui tend à déclarer sa situation et sa relation avec l’objet ou l’image, pour l’assoir et la dépasser simultanément ; pour dire cela et autre chose ; pour inviter à défaire le cadre de la forme, à rompre l’équation entre l’immédiateté superficielle des contenus et la simplicité de l’action textuelle.

C’est donc l’ensemble de la proposition « commentaire » qu’il faut reconsidérer, et essayer de s’émanciper d’une lecture fonctionnelle, utilitaire, du texte épigraphique. Faute de mieux, et parce que l’enquête est encore à mener, nous avons proposé comme conclusion partielle du séminaire que le commentaire épigraphique n’existe pas, et qu’il faut bien plus envisager le commentaire comme un régime de connivence entre les signes dans lequel la coprésence génère une élaboration constante du sens entre évidence, redite et dépassement.

Dernière modification : 11 juil. 2023 11:09:59

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie historique, Archéologie, Histoire, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
Mots-clés
Anthropologie historique Communication Culture visuelle Écriture Histoire de l’art Histoire intellectuelle Image Liturgie Moyen Âge Objets Paléographie Poétique Rituel Visuel
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Vincent Debiais [référent·e]   directeur de recherche, CNRS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)

Parmi les pratiques écrites du Moyen Âge occidental, les inscriptions tracées sur le bois ou le métal, peintes sur l’enduit ou sur le verre, brodées sur le tissu ou composées en mosaïque constituent une source originale et encore largement sous-exploitée pour la connaissance des pratiques graphiques médiévales. Elles constituent pourtant les formes d’écriture les plus accessibles en raison de leur exposition fréquente dans l’espace public et c’est la raison pour laquelle elles bénéficient aujourd’hui d’entreprises éditoriales dynamiques partout en Europe, qui rendent disponible une quantité très importante d’inscriptions éclairant des aspects singuliers du recours à l’écriture au Moyen Âge. Elles viennent enrichir notre connaissance quant aux enjeux pragmatiques, symboliques et anthropologiques du recours à l’écriture dans l’espace public dans les sociétés médiévales.

Pour poursuivre l’enquête historique et anthropologique autour de ces formes graphiques, le séminaire de l’année universitaire 2023-2024 est consacré au principe de la glose épigraphique. Les éditions critiques des inscriptions, au moment d’attribuer aux textes une fonction, se tournent souvent vers la notion de « commentaire », en particulier quand l’inscription est tracée au contact d’une image, dans la peinture murale ou la sculpture, ou d’un objet. Cette fonction de commentaire semble se distinguer de l’identification par le fait que l’inscription ne redit pas tout à fait ce qu’elle commente. Or, cette idée d’un décalage (de « pas tout à fait ») de sens ou de contenu entre l’inscription et l’image ou l’objet doit être analysée en détail parce qu’elle constitue une forme singulière de relation entre deux éléments, une redite qui n’en est pas une, une redondance que l’on évite, un lien structurel que l’on affirme et que l’on nie simultanément. Elle est surtout un trait définitoire de certaines formes de la pensée médiévale autour de la notion de « glose ».

Nous analyserons pour cette enquête des images et des objets, en privilégiant deux ensembles épigraphiques : le cloître de Moissac et ses chapiteaux inscrits dans lesquels la glose est, en apparence et en apparence seulement, réduite au minimum ; et les grandes châsses reliquaires mosanes pour lesquelles de longues inscriptions commentent à n’en plus finir les formes et les matériaux au point d’en détourner tout à fait la lecture. Le séminaire a donc un double objectif : identifier éventuellement les spécificités épigraphiques du commentaire, et contribuer à la connaissance de la glose dans la culture écrite et visuelle du Moyen Âge occidental.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous par courriel.

Réception des candidats

sur rendez-vous par courriel.

Pré-requis
-
  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 3.08
    annuel / bimensuel (1re/3e), mercredi 10:30-12:30
    du 15 novembre 2023 au 17 janvier 2024
    Nombre de séances : 6

    puis

    INHA
    2 rue Vivienne 75002 Paris
    Salle du GAHOM
    annuel / bimensuel (1re/3e), mercredi 10:00-12:00
    du 7 février 2024 au 5 juin 2024
    Nombre de séances : 6

Le séminaire d’épigraphie médiévale a porté, pour l’année 2023-2024, sur l’écriture au Moyen Âge quand celle-ci se manifeste en dehors du monde manuscrit, en dehors des livres, des chartes, des documents de la pratique. L’épigraphie aborde le domaine de l’inscription, définie très simplement comme un objet graphique situé ; une quantité de texte mise en œuvre sur une quantité de matière différente des supports organiques de l’écriture manuscrite traditionnelle (papier, parchemin, cire) et pensée à destination d’un lieu particulier. L’inscription, c’est un texte installé dans l’espace. Comme tout acte graphique, l’inscription est un geste d’écrire, une « décision en signes » consistant à marque le lieu par le texte, avec une seule ambition certaine : faire exister sous la forme d’un objet graphique une information.

Cette documentation épigraphique a été approchée cette année à travers la notion de « commentaire » et il a fallu d’abord définir ce que c’est que commenter. Les dictionnaires de langue française donnent trois directions principales : l’explication, soit l’éclaircissement du sens de l’objet commenté ; l’illustration, soit la mise en relation de l’objet commenté avec un autre objet ; la réaction, soit la production d’une réponse à l’attention du fait commenté (geste ou discours). Les acceptions sont riches et tendent à englober toute forme d’intervention langagière sur un fait donné – tout est à commenter. Le commentaire est le produit de cette intervention ; il peut être oral ou écrit, et prendre des formes très variées. Il n’y a pas de règles au commentaire en dehors du cadre scolaire et de l’exercice académique. Le commentaire consiste à prendre en charge par le langage une production donnée, qu’il s’agisse d’un roman, d’un poème, d’une chanson, d’un film, d’une sculpture, et d’en proposer une lecture plus ou moins agressive ou invasive afin d’en éclaircir et d’en expliquer le sens, et éventuellement de réagir à l’objet. Le commentaire possède des liens avec d’autres termes tels que l’exégèse, l’herméneutique, la lecture, la glose, l’interprétation, l’analyse, autant de notions dont il a fallu discuter la pertinence dans leur application au domaine de l’épigraphie médiévale.

Que recouvre cette notion quand on l’applique aux inscriptions médiévales ? L’inscription commente-t-elle ? Si oui, sous quelle forme et pour qui ? Pourquoi même recourir au commentaire ? On a essayé de le montrer au cours de cette année, la formulation de ces questions n’est pas sans poser de problème puisqu’elle établit que l’écriture interviendrait sur l’objet, dans une forme unilatérale d’action, avec des implications fortes quant au scénario d’existence des systèmes de signe. Nous avons d’abord insisté sur la spécificité apparente de l’écriture épigraphique, ce geste graphique en lieu et en lien, inséparable sur le principe d’un ancrage matériel, réel ou fictionnel qui fait que l’inscription est toujours un phénomène situé, dans une multiplicité des plans qui fondent la matérialité épigraphique. Nous retenons par ailleurs que le commentaire, second ou simultané d’un objet par un autre, est le moteur de la création textuelle au Moyen Âge, il en est l’une des caractéristiques formelles dans la diversité des modalités que peut prendre le commentaire. Commentaire et écriture épigraphique partagent la nécessité d’un « sur », d’une position d’ancrage sur un élément autre, à condition d’envisager cette altérité au sens neutre et non comme une hiérarchie ou comme une chronologie dans les gestes créatifs. Ce « sur » nécessaire implique une dimension fortement déictique de l’écriture épigraphique qui tend à déclarer sa situation et sa relation avec l’objet ou l’image, pour l’assoir et la dépasser simultanément ; pour dire cela et autre chose ; pour inviter à défaire le cadre de la forme, à rompre l’équation entre l’immédiateté superficielle des contenus et la simplicité de l’action textuelle.

C’est donc l’ensemble de la proposition « commentaire » qu’il faut reconsidérer, et essayer de s’émanciper d’une lecture fonctionnelle, utilitaire, du texte épigraphique. Faute de mieux, et parce que l’enquête est encore à mener, nous avons proposé comme conclusion partielle du séminaire que le commentaire épigraphique n’existe pas, et qu’il faut bien plus envisager le commentaire comme un régime de connivence entre les signes dans lequel la coprésence génère une élaboration constante du sens entre évidence, redite et dépassement.