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UE521 - Philosophie avancée de la psychologie/Advanced Philosophy of Psychology


Lieu et planning


  • Les séances se dérouleront en salle Berthier (29 rue d'Ulm, 75005 Paris), exceptées les séances des 22 et 29 mars, 5 avril et 17 mai qui auront lieu dans la salle de réunion de l'Institut Jean-Nicod (rez-de-chaussée du Pavillon Jardin, 29 rue d'Ulm, 75005 Paris).


Description


Dernière modification : 7 mai 2024 15:39:59

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Philosophie et épistémologie, Psychologie et sciences cognitives
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Cognition Philosophie Sciences cognitives
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

Dans ce cours, nous étudierons une série de débats contemporains de la philosophie analytique de la psychologie. Nous nous demanderons comment des résultats récents dans les sciences cognitives portent sur des questions traditionnelles concernant des phénomènes tels que la perception, l’attention, la pensée, l’action, la mémoire, l’imagination et la conscience.

La mémoire (dans sa forme dite « épisodique ») et l’imagination (dans sa forme expérientielle) sont deux phénomènes mentaux très souvent associés. Elles donnent lieu à des expériences quasi-sensorielles très similaires : elles ne semblent pas impliquer le sentiment de présence qui accompagne les expériences perceptives, et – par rapport à celles-ci – elles apparaissent comme plus « fades » ou moins « vivaces ». Une hypothèse bien représentée dans la littérature dépeint la mémoire comme n’étant rien d’autre qu’une utilisation spécifique de l’imagination. Cette approche réductionniste trouve sa force dans certaines données empiriques. Les sciences cognitives ont identifié, sur des bases psychologiques et neurologiques, une capacité qui sous-tend à la fois la mémoire épisodique et une certaine façon de nous projeter par l’imagination vers notre futur. Néanmoins, ces données sont ouvertes à des interprétations concurrentes et contre l’approche réductionniste de la mémoire des voix dissidentes se sont élevées. Ces dernières ont mis l’accent sur les différences (ontologiques, épistémologiques, phénoménologiques,…) entre mémoire et imagination. Le but de ce cours est d’explorer ce débat en abordant différentes questions relevant de plusieurs niveaux d’analyse.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de tronc commun – Sciences cognitives – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Initiation/introduction – Philosophie-Philosophie du langage et de l'esprit – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Les séances se dérouleront en salle Berthier (29 rue d'Ulm, 75005 Paris), exceptées les séances des 8, 15, 22 et 29 mars, 5 et 26 avril qui auront lieu dans la salle de réunion de l'Institut Jean-Nicod (rez-de-chaussée du Pavillon Jardin, 29 rue d'Ulm, 75005 Paris) et la séance du 17 mai qui aura lieu dans la salle U209 (29 rue d'Ulm, 75005 Paris).

 

Merci de contacter les enseignants par courriel.

Direction de travaux des étudiants

contacter les enseignants par courriel.

Réception des candidats

contacter les enseignants par courriel.

Pré-requis
-

Compte rendu


Le séminaire a repris le fil de nos explorations, initiées deux ans plus tôt, sur les relations entre deux compétences cognitives fondamentales de l’être humain, à savoir la mémoire et l’imagination. Comme lors du précédent séminaire, nous avons commencé par clarifier les notions de mémoire et d’imagination, souvent entendues en un sens large et en un sens plus étroit. Au sens large, la mémoire et l’imagination sont au cœur de la vie mentale, impliquées dans la pensée conceptuelle, la prise de décision, la rêverie, les rêves et les jeux de faire-semblant. En un sens plus étroit, la mémoire et l’imagination sont des attitudes psychologiques sui generis, à l’instar de la perception, l’intention, l’émotion ou le désir. La réconciliation entre les deux acceptions des notions de mémoire et d’imagination requiert une taxinomie précise des formes diverses que ces compétences revêtent. Nous avons organisé le séminaire en trois parties, consacrées respectivement au contenu, à la dimension phénoménologique et à l’épistémologie de la mémoire et de l’imagination. Sur la question du contenu, nous avons montré comment les sciences cognitives tendent à miner la conception standard de la mémoire comme une manière de préserver une information acquise dans le passé. Au contraire, selon le constructivisme mémoriel, la mémoire n’est pas une reproduction du passé mais relève d’une construction mentale impliquant diverses sources d’information. La mémoire semble prise entre deux fonctions : elle est censée nous informer sur notre expérience passée, mais elle a également une fonction narrative et contribue à la conception que nous avons de notre propre existence. La question de la vérité et de l’authenticité de la mémoire, et de ses « conditions de correction », doit être reprise à nouveaux frais. Nous nous sommes ensuite demandé comment l’expérience de remémoration et le déploiement de l’imagination dans la conscience se distinguaient sur le plan phénoménologique. Premièrement, la remémoration implique-t-elle essentiellement l’imagination, ou seulement l’imagerie mentale, une compétence qu’il vaut mieux ne pas assimiler à l’imagination, même sensorielle ? Deuxièmement, la remémoration implique-t-elle des sentiments cognitifs spécifiques, comme le sentiment de familiarité ou le « sentiment du passé » (Russell) ? Dans cette partie du séminaire, nous avons tenté de clarifier les relations entre la mémoire et la métacognition, qui se manifeste par exemple lorsque nous avons un mot « sur le bout de la langue ». Nous avons présenté l’éventail des sentiments cognitifs associés à la mémoire mais aussi à l’imagination, comme le sentiment de réalité. Ce dernier point nous a fourni une transition naturelle vers la troisième partie du séminaire, consacrée à l’épistémologie. Si la mémoire est ordinairement conçue comme une source de connaissance, ou du moins de croyance, il peut sembler que l’imagination n’a guère de valeur épistémique, sauf peut-être en ce qui concerne les contenus « modaux », qui renvoient à la possibilité et à la nécessité. À l’inverse de cette tendance, la littérature récente a exploré les différentes manières dont l’imagination, lorsqu’elle est exercée sous contrainte, est capable de nous apprendre quelque chose. Autrement dit, l’imagination semble être également source de connaissance ou du moins de croyance. Cependant, nous avons tenté de mettre en évidence les asymétries entre la mémoire et l’imagination du point de vue épistémique. Dans cette partie comme dans les précédentes, nous avons montré l’intérêt d’une approche « discontinuiste » de la mémoire et de l’imagination. Au lieu de les assimiler ou de les réduire l’une à l’autre, il vaut mieux les considérer comme deux compétences distinctes, qui se complètent l’une l’autre, mais qui jouent des rôles différents dans notre vie mentale et sociale.

Publications

 

Arcangeli, M. (2024). Self-knowledge of Imagining and the Transparency Proposal. Dans Í. Vendrell Ferran & C. Werner (eds.), Imagination and Experience. Philosophical Explorations, 68-86, Routledge.

Arcangeli, M., & Dokic, J. (2024). Two levels of confusion between imagination and memory. Philosophy and the Mind Sciences, 5 https://doi.org/10.33735/phimisci.2024.10362

Dokic, J.(2024). The Feelings of Presence, Reality, and Virtuality. Argumenta, 1-12 https://www.argumenta.org/article/the-feelings-of-presence-reality-and-virtuality/

 

Dernière modification : 7 mai 2024 15:39:59

Type d'UE
Enseignements fondamentaux de master
Disciplines
Philosophie et épistémologie, Psychologie et sciences cognitives
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Langues
anglais français
Mots-clés
Cognition Philosophie Sciences cognitives
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s

Dans ce cours, nous étudierons une série de débats contemporains de la philosophie analytique de la psychologie. Nous nous demanderons comment des résultats récents dans les sciences cognitives portent sur des questions traditionnelles concernant des phénomènes tels que la perception, l’attention, la pensée, l’action, la mémoire, l’imagination et la conscience.

La mémoire (dans sa forme dite « épisodique ») et l’imagination (dans sa forme expérientielle) sont deux phénomènes mentaux très souvent associés. Elles donnent lieu à des expériences quasi-sensorielles très similaires : elles ne semblent pas impliquer le sentiment de présence qui accompagne les expériences perceptives, et – par rapport à celles-ci – elles apparaissent comme plus « fades » ou moins « vivaces ». Une hypothèse bien représentée dans la littérature dépeint la mémoire comme n’étant rien d’autre qu’une utilisation spécifique de l’imagination. Cette approche réductionniste trouve sa force dans certaines données empiriques. Les sciences cognitives ont identifié, sur des bases psychologiques et neurologiques, une capacité qui sous-tend à la fois la mémoire épisodique et une certaine façon de nous projeter par l’imagination vers notre futur. Néanmoins, ces données sont ouvertes à des interprétations concurrentes et contre l’approche réductionniste de la mémoire des voix dissidentes se sont élevées. Ces dernières ont mis l’accent sur les différences (ontologiques, épistémologiques, phénoménologiques,…) entre mémoire et imagination. Le but de ce cours est d’explorer ce débat en abordant différentes questions relevant de plusieurs niveaux d’analyse.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de tronc commun – Sciences cognitives – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
  • Initiation/introduction – Philosophie-Philosophie du langage et de l'esprit – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques

Les séances se dérouleront en salle Berthier (29 rue d'Ulm, 75005 Paris), exceptées les séances des 8, 15, 22 et 29 mars, 5 et 26 avril qui auront lieu dans la salle de réunion de l'Institut Jean-Nicod (rez-de-chaussée du Pavillon Jardin, 29 rue d'Ulm, 75005 Paris) et la séance du 17 mai qui aura lieu dans la salle U209 (29 rue d'Ulm, 75005 Paris).

 

Merci de contacter les enseignants par courriel.

Direction de travaux des étudiants

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Réception des candidats

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Pré-requis
-
  • Les séances se dérouleront en salle Berthier (29 rue d'Ulm, 75005 Paris), exceptées les séances des 22 et 29 mars, 5 avril et 17 mai qui auront lieu dans la salle de réunion de l'Institut Jean-Nicod (rez-de-chaussée du Pavillon Jardin, 29 rue d'Ulm, 75005 Paris).

Le séminaire a repris le fil de nos explorations, initiées deux ans plus tôt, sur les relations entre deux compétences cognitives fondamentales de l’être humain, à savoir la mémoire et l’imagination. Comme lors du précédent séminaire, nous avons commencé par clarifier les notions de mémoire et d’imagination, souvent entendues en un sens large et en un sens plus étroit. Au sens large, la mémoire et l’imagination sont au cœur de la vie mentale, impliquées dans la pensée conceptuelle, la prise de décision, la rêverie, les rêves et les jeux de faire-semblant. En un sens plus étroit, la mémoire et l’imagination sont des attitudes psychologiques sui generis, à l’instar de la perception, l’intention, l’émotion ou le désir. La réconciliation entre les deux acceptions des notions de mémoire et d’imagination requiert une taxinomie précise des formes diverses que ces compétences revêtent. Nous avons organisé le séminaire en trois parties, consacrées respectivement au contenu, à la dimension phénoménologique et à l’épistémologie de la mémoire et de l’imagination. Sur la question du contenu, nous avons montré comment les sciences cognitives tendent à miner la conception standard de la mémoire comme une manière de préserver une information acquise dans le passé. Au contraire, selon le constructivisme mémoriel, la mémoire n’est pas une reproduction du passé mais relève d’une construction mentale impliquant diverses sources d’information. La mémoire semble prise entre deux fonctions : elle est censée nous informer sur notre expérience passée, mais elle a également une fonction narrative et contribue à la conception que nous avons de notre propre existence. La question de la vérité et de l’authenticité de la mémoire, et de ses « conditions de correction », doit être reprise à nouveaux frais. Nous nous sommes ensuite demandé comment l’expérience de remémoration et le déploiement de l’imagination dans la conscience se distinguaient sur le plan phénoménologique. Premièrement, la remémoration implique-t-elle essentiellement l’imagination, ou seulement l’imagerie mentale, une compétence qu’il vaut mieux ne pas assimiler à l’imagination, même sensorielle ? Deuxièmement, la remémoration implique-t-elle des sentiments cognitifs spécifiques, comme le sentiment de familiarité ou le « sentiment du passé » (Russell) ? Dans cette partie du séminaire, nous avons tenté de clarifier les relations entre la mémoire et la métacognition, qui se manifeste par exemple lorsque nous avons un mot « sur le bout de la langue ». Nous avons présenté l’éventail des sentiments cognitifs associés à la mémoire mais aussi à l’imagination, comme le sentiment de réalité. Ce dernier point nous a fourni une transition naturelle vers la troisième partie du séminaire, consacrée à l’épistémologie. Si la mémoire est ordinairement conçue comme une source de connaissance, ou du moins de croyance, il peut sembler que l’imagination n’a guère de valeur épistémique, sauf peut-être en ce qui concerne les contenus « modaux », qui renvoient à la possibilité et à la nécessité. À l’inverse de cette tendance, la littérature récente a exploré les différentes manières dont l’imagination, lorsqu’elle est exercée sous contrainte, est capable de nous apprendre quelque chose. Autrement dit, l’imagination semble être également source de connaissance ou du moins de croyance. Cependant, nous avons tenté de mettre en évidence les asymétries entre la mémoire et l’imagination du point de vue épistémique. Dans cette partie comme dans les précédentes, nous avons montré l’intérêt d’une approche « discontinuiste » de la mémoire et de l’imagination. Au lieu de les assimiler ou de les réduire l’une à l’autre, il vaut mieux les considérer comme deux compétences distinctes, qui se complètent l’une l’autre, mais qui jouent des rôles différents dans notre vie mentale et sociale.

Publications

 

Arcangeli, M. (2024). Self-knowledge of Imagining and the Transparency Proposal. Dans Í. Vendrell Ferran & C. Werner (eds.), Imagination and Experience. Philosophical Explorations, 68-86, Routledge.

Arcangeli, M., & Dokic, J. (2024). Two levels of confusion between imagination and memory. Philosophy and the Mind Sciences, 5 https://doi.org/10.33735/phimisci.2024.10362

Dokic, J.(2024). The Feelings of Presence, Reality, and Virtuality. Argumenta, 1-12 https://www.argumenta.org/article/the-feelings-of-presence-reality-and-virtuality/