Attention, les informations que vous consultez actuellement ne sont pas celles de l'année universitaire en cours. Consulter l'année universitaire 2025-2026.
UE511 - Travailler sur et avec les sources en histoire médiévale
Lieu et planning
-
Bâtiment EHESS-Condorcet
EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 25-A - Norbert-Elias
1er semestre / hebdomadaire, mercredi 18:30-20:30
du 15 novembre 2023 au 14 février 2024
Nombre de séances : 12
Description
Dernière modification : 24 sept. 2023 10:14:06
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales
- Page web
- http://ahloma.ehess.fr
- Langues
- français
- Mots-clés
- Anthropologie historique Culture matérielle Écriture Histoire culturelle Histoire des idées Histoire du livre Histoire intellectuelle Humanités numériques Littérature Moyen Âge Paléographie Savoirs
- Aires culturelles
- Europe
Intervenant·e·s
- Pierre Monnet [référent·e] directeur d'études, EHESS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)
- Béatrice Delaurenti directrice d'études (en cours de nomination), EHESS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)
Cet enseignement de spécialisation proposé aux mastérant·e·s inscrit·e·s en histoire médiévale à l’EHESS se propose d’aborder les différents types documentaires classés, cherchés, lus, interprétés et construits par les médiévaux d’abord comme par les médiévistes ensuite. Chaque séance, dirigée par un·e enseignant-chercheur du groupe de recherche sur l’anthropologie historique du long Moyen Âge (AHLoMA) de l’EHESS ou un·e collègue extérieur·e, s’intéressera aussi bien aux sources écrites (normatives, narratives, pratiques, « littéraires »…), que sérielles (listes, registres, rôles…), iconographiques, matérielles, symboliques… sachant bien entendu qu’un « document » (tel un sceau par exemple) peut être tout cela à la fois : matrice, objet, support, image, garantie et signature apposées sur un texte etc. On gardera à l’esprit que la « source », une notion qu’il conviendra de mettre en perspective critique et de placer en regard de terminologies concurrentes ou co-occurentes telles que « document », « archive », « témoignage », « monument »…, n’existe jamais de manière brute et directe, mais qu’elle est toujours le produit d’une construction ou d’une relation sociale. On sera ainsi attentif non seulement à ce qu’elle « dit », mais aussi à ce qu’elle révèle et, tout autant, à la manière dont elle a été produite, écrite, transmise, conservée et instrumentalisée. On tentera également, ce faisant, d’approcher anthropologiquement des opérations aussi fondamentales et sociales que lire, écrire, voir, croire, compter, entendre, gérer, ordonner, contrôler, dissimuler ou détruire. Les questions touchant à la construction, à la conservation, à la transmission et à la disparition d’un document seront également au centre des réflexions.
Sur la base d’un document lu, traduit, commenté, mis en contexte et décortiqué dans sa matérialité, sa scripturalité et son agentivité, chaque séance en profitera pour examiner l’histoire documentaire de telle ou telle source, son usage par les médiévaux comme par les médiévistes, les méthodes déployées au long cours pour l’examiner voire pour l’inventer ou le retrouver, et son insertion dans une tradition historiographique et interprétative.
Mercredi 15 novembre 2023 : Vaclav Zurek (Université Charles de Prague), « Le gambit du roi. Les miroirs aux princes à l’exemple du livre du jeu d'échecs pour Wenceslas IV »
Mercredi 22 novembre 2023 : Pierre Monnet, « Sources, documents, archives : les mots pour le dire... »
Mercredi 29 novembre 2023 : Charles de Miramon (CNRS, Institut d’histoire du droit), « Introduction au droit canonique savant (XIIe-XIIIe siècle) à travers l'exemple du droit à la vie familiale »
Mercredi 6 décembre 2023 : Cédric Giraud (Université de Genève) : « Autour des textes spirituels du Moyen Âge latin : historiographie, heuristique, herméneutique ».
Mercredi 13 décembre 2023 : Béatrice Delaurenti, « Les questions de l’École de Salerne, une source pour l’histoire de la médecine et de la philosophie naturelle »
Mercredi 20 décembre 2023 : Pierre Monnet, « Quelles sources pour dire le "moi" au Moyen Âge ? »
Mercredi 10 janvier 2024 : Pierre-Olivier Dittmar (EHESS, CRH), « Les images domestiques »
Mercredi 17 janvier 2024 : Claire Soussen (Université Littoral Côte d’Opale), « Les Haggadot enluminées : au-delà des signes, les multiples sens d’une iconographie complexe »
Mercredi 24 janvier 2024 : Maria Sorokina (CNRS, IRHT), « Les commentaires des Sentences : un corpus au cœur de l'innovation de la science médiévale »
Mercredi 31 janvier 2024 : Vincent Debiais (CNRS, CRH), « Saints, reliques & reliquaires : les sources épigraphiques »
Mercredi 7 février 2024 : Benoît Grévin (CNRS, CRH), « Les traductions médiévales comme source d'histoire sociale : l'exemple des traductions latines du Coran (1140-1530) »
Mercredi 14 février 2024 : Mikhail Maizuls, « Le symbole et/ou le rythme: le langage des images au XIIe et XIIIe siècles »
Master
-
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-M2/S3
Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire et sciences sociales
– M1/S1-M2/S3
Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
Ce séminaire de douze séances pourra faire l’objet d’une validation sous forme de crédits ECTS (6 ECTS). Il se déroulera au premier semestre, du 15 novembre 2023 au 14 février 2024.
Adresses électroniques de contact = monnet@ehess.fr et beatrice.delaurenti@ehess.fr
Inscriptions obligatoires, en présentiel ou distanciel, sur : https://participation.ehess.fr/
- Direction de travaux des étudiants
les animateurs de ce séminaire dirigent et font soutenir les travaux de master (1 et 2), de thèse de doctorat et d'habilitation à diriger des recherches.
- Réception des candidats
les candidats peuvent solliciter des rendez-vous par courriel auprès des deux co-animateurs du séminaire.
- Pré-requis
niveau requis : séminaire ouvert aux étudiants à partir de la première année de master. Des connaissances en latin médiéval pourraient être utiles, mais ne sont pas nécessaires ou obligatoires.
Compte rendu
Ce séminaire entend aborder un large éventail de types documentaires en s’intéressant non seulement à ce que dit telle ou telle source, mais aussi à ce qu’elle révèle et à la manière dont elle a été produite, écrite, transmise, conservée et instrumentalisée. Il approche anthropologiquement des opérations aussi fondamentales que lire, écrire, voir, croire, compter, entendre, gérer, ordonner, contrôler, dissimuler ou détruire. Les questions touchant à la construction, à la conservation, à la transmission et à la disparition d’un document sont donc au centre des réflexions, de même que les usages qui ont pu en être fait à l’époque médiévale et plus tard par les médiévistes.
Une majorité des séances de l’année 2023-2024 a été consacrée aux sources écrites relevant de différents genres textuels et domaines historiques. Du côté de l’histoire politique, Vaclav Zurek a présenté les caractéristiques du genre des miroirs des princes en prenant pour exemple un ensemble de textes composés en Bohême aux XIVe et XVe siècle. Charles de Miramon s’est intéressé aux sources du droit. Centrant son exposé sur le droit canonique savant des XIIe-XIIIe siècle, il a mis en évidence l’histoire de cette catégorie de sources, les étapes du regroupement des textes et la complexité de leur organisation. Avec Cédric Giraud, nous avons étudié les textes spirituels et mystiques latins, un très vaste ensemble qu’il convient de distinguer des écrits théologiques, plus élitiste. Ce corpus soulève des questions à la fois historiographiques (peux-on parler d’un genre littéraire ?), méthodologiques (comment faire l’histoire de manuscrits si nombreux et si mobiles ?) et herméneutiques (comment interpréter l’immense succès de ces textes ?). Les sources narratives ont été abordées par Pierre Monnet, qui s’est interrogé sur l’expression du « moi » à l’époque médiévale et sur les manières, pour l’historien, d’y accéder dans une dynamique à la fois complexe et en même temps intrigante des écrits de sois sur soi. Deux séances ont porté sur l’histoire des sciences. Les sources médicales ont été abordées par Béatrice Delaurenti à partir du cas des questions composées à l’École de Salerne vers 1200, un genre doublement tenu à l’écart : d’une part des médiévistes qui méconnaissent les textes médicaux, d’autre part des historiens de la médecine qui considèrent les questions comme des sources mineures. Ces textes ont pourtant un intérêt historique réel, car ils délivrent des informations non seulement sur la pratique et la théorie médicale, mais aussi sur le mode de raisonnement scientifique et sur le rapport au corps et aux phénomènes étranges des savants du XIIe siècle. D’autres sources situées à la croisée de la science et de la théologie, les commentaires des Sentences, ont été présentées par Maria Sorokina. Ce corpus rassemble un grand nombre de témoins produits dans les facultés de théologie et pour la plupart inédits. On y trouve à la fois l’expression d’une curiosité savante et des raisonnements élaborés ouverts sur l’innovation scientifique. Un autre type de textes écrits, les traductions, était au cœur de la séance animée par Benoît Grévin. Il s’est intéressé aux traductions latines médiévales d’un texte réputé intraduisible, le Coran ; ce corpus a permis d’évoquer non seulement le rapport médiéval à la langue et la problématique des transferts culturels, mais aussi les difficultés spécifiques que posent la transcription de textes multilingues et l’étude historique de documents existants sous plusieurs versions successives.
Un autre ensemble de séances nous a permis d’envisager les sources non écrites, qu’elles soient épigraphiques ou iconographiques. Vincent Debiais s’est penché sur le cas des reliquaires, cet objet historique total permettant de croiser une histoire matérielle de l’objet et une histoire de la culture écrite. Ceux-ci soulèvent d’importantes questions relatives à leurs usages et à l’usage de leurs inscriptions. Les images étaient au cœur de trois autres séances. Pierre-Olivier Dittmar a exposé les enjeux de la prise en compte de l’image comme source historique avant d’examiner le cas particulier des plafonds peints retrouvés dans des maisons privées dans les Corbières. Ces images à caractère domestique posent d’important problèmes de repérage et d’accès et nécessitent une enquête collective au long cours. Mikhail Maizuls a évoqué la question du langage iconographique pour exprimer la violence dans un corpus d’images datant du XIIe et du XIIIe siècle. Claire Soussen s’est intéressée au rapport complexe du judaïsme médiéval à l’image et aux signes graphiques à partir d’un corpus de manuscrits liturgiques et exégétiques enluminés, les Haggadot. Ces peintures figuratives ont fait l’objet de divers emplois, notamment performatifs. Les questions de circulation de ces documents, des influences dont ils témoignent et des usages que peut en faire l’historien ont été abordées dans chacune de ces séances.
Dernière modification : 24 sept. 2023 10:14:06
- Type d'UE
- Séminaires DE/MC
- Disciplines
- Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales
- Page web
- http://ahloma.ehess.fr
- Langues
- français
- Mots-clés
- Anthropologie historique Culture matérielle Écriture Histoire culturelle Histoire des idées Histoire du livre Histoire intellectuelle Humanités numériques Littérature Moyen Âge Paléographie Savoirs
- Aires culturelles
- Europe
Intervenant·e·s
- Pierre Monnet [référent·e] directeur d'études, EHESS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)
- Béatrice Delaurenti directrice d'études (en cours de nomination), EHESS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)
Cet enseignement de spécialisation proposé aux mastérant·e·s inscrit·e·s en histoire médiévale à l’EHESS se propose d’aborder les différents types documentaires classés, cherchés, lus, interprétés et construits par les médiévaux d’abord comme par les médiévistes ensuite. Chaque séance, dirigée par un·e enseignant-chercheur du groupe de recherche sur l’anthropologie historique du long Moyen Âge (AHLoMA) de l’EHESS ou un·e collègue extérieur·e, s’intéressera aussi bien aux sources écrites (normatives, narratives, pratiques, « littéraires »…), que sérielles (listes, registres, rôles…), iconographiques, matérielles, symboliques… sachant bien entendu qu’un « document » (tel un sceau par exemple) peut être tout cela à la fois : matrice, objet, support, image, garantie et signature apposées sur un texte etc. On gardera à l’esprit que la « source », une notion qu’il conviendra de mettre en perspective critique et de placer en regard de terminologies concurrentes ou co-occurentes telles que « document », « archive », « témoignage », « monument »…, n’existe jamais de manière brute et directe, mais qu’elle est toujours le produit d’une construction ou d’une relation sociale. On sera ainsi attentif non seulement à ce qu’elle « dit », mais aussi à ce qu’elle révèle et, tout autant, à la manière dont elle a été produite, écrite, transmise, conservée et instrumentalisée. On tentera également, ce faisant, d’approcher anthropologiquement des opérations aussi fondamentales et sociales que lire, écrire, voir, croire, compter, entendre, gérer, ordonner, contrôler, dissimuler ou détruire. Les questions touchant à la construction, à la conservation, à la transmission et à la disparition d’un document seront également au centre des réflexions.
Sur la base d’un document lu, traduit, commenté, mis en contexte et décortiqué dans sa matérialité, sa scripturalité et son agentivité, chaque séance en profitera pour examiner l’histoire documentaire de telle ou telle source, son usage par les médiévaux comme par les médiévistes, les méthodes déployées au long cours pour l’examiner voire pour l’inventer ou le retrouver, et son insertion dans une tradition historiographique et interprétative.
Mercredi 15 novembre 2023 : Vaclav Zurek (Université Charles de Prague), « Le gambit du roi. Les miroirs aux princes à l’exemple du livre du jeu d'échecs pour Wenceslas IV »
Mercredi 22 novembre 2023 : Pierre Monnet, « Sources, documents, archives : les mots pour le dire... »
Mercredi 29 novembre 2023 : Charles de Miramon (CNRS, Institut d’histoire du droit), « Introduction au droit canonique savant (XIIe-XIIIe siècle) à travers l'exemple du droit à la vie familiale »
Mercredi 6 décembre 2023 : Cédric Giraud (Université de Genève) : « Autour des textes spirituels du Moyen Âge latin : historiographie, heuristique, herméneutique ».
Mercredi 13 décembre 2023 : Béatrice Delaurenti, « Les questions de l’École de Salerne, une source pour l’histoire de la médecine et de la philosophie naturelle »
Mercredi 20 décembre 2023 : Pierre Monnet, « Quelles sources pour dire le "moi" au Moyen Âge ? »
Mercredi 10 janvier 2024 : Pierre-Olivier Dittmar (EHESS, CRH), « Les images domestiques »
Mercredi 17 janvier 2024 : Claire Soussen (Université Littoral Côte d’Opale), « Les Haggadot enluminées : au-delà des signes, les multiples sens d’une iconographie complexe »
Mercredi 24 janvier 2024 : Maria Sorokina (CNRS, IRHT), « Les commentaires des Sentences : un corpus au cœur de l'innovation de la science médiévale »
Mercredi 31 janvier 2024 : Vincent Debiais (CNRS, CRH), « Saints, reliques & reliquaires : les sources épigraphiques »
Mercredi 7 février 2024 : Benoît Grévin (CNRS, CRH), « Les traductions médiévales comme source d'histoire sociale : l'exemple des traductions latines du Coran (1140-1530) »
Mercredi 14 février 2024 : Mikhail Maizuls, « Le symbole et/ou le rythme: le langage des images au XIIe et XIIIe siècles »
-
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-M2/S3
Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire et sciences sociales
– M1/S1-M2/S3
Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
Ce séminaire de douze séances pourra faire l’objet d’une validation sous forme de crédits ECTS (6 ECTS). Il se déroulera au premier semestre, du 15 novembre 2023 au 14 février 2024.
Adresses électroniques de contact = monnet@ehess.fr et beatrice.delaurenti@ehess.fr
Inscriptions obligatoires, en présentiel ou distanciel, sur : https://participation.ehess.fr/
- Direction de travaux des étudiants
les animateurs de ce séminaire dirigent et font soutenir les travaux de master (1 et 2), de thèse de doctorat et d'habilitation à diriger des recherches.
- Réception des candidats
les candidats peuvent solliciter des rendez-vous par courriel auprès des deux co-animateurs du séminaire.
- Pré-requis
niveau requis : séminaire ouvert aux étudiants à partir de la première année de master. Des connaissances en latin médiéval pourraient être utiles, mais ne sont pas nécessaires ou obligatoires.
-
Bâtiment EHESS-Condorcet
EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
Salle 25-A - Norbert-Elias
1er semestre / hebdomadaire, mercredi 18:30-20:30
du 15 novembre 2023 au 14 février 2024
Nombre de séances : 12
Ce séminaire entend aborder un large éventail de types documentaires en s’intéressant non seulement à ce que dit telle ou telle source, mais aussi à ce qu’elle révèle et à la manière dont elle a été produite, écrite, transmise, conservée et instrumentalisée. Il approche anthropologiquement des opérations aussi fondamentales que lire, écrire, voir, croire, compter, entendre, gérer, ordonner, contrôler, dissimuler ou détruire. Les questions touchant à la construction, à la conservation, à la transmission et à la disparition d’un document sont donc au centre des réflexions, de même que les usages qui ont pu en être fait à l’époque médiévale et plus tard par les médiévistes.
Une majorité des séances de l’année 2023-2024 a été consacrée aux sources écrites relevant de différents genres textuels et domaines historiques. Du côté de l’histoire politique, Vaclav Zurek a présenté les caractéristiques du genre des miroirs des princes en prenant pour exemple un ensemble de textes composés en Bohême aux XIVe et XVe siècle. Charles de Miramon s’est intéressé aux sources du droit. Centrant son exposé sur le droit canonique savant des XIIe-XIIIe siècle, il a mis en évidence l’histoire de cette catégorie de sources, les étapes du regroupement des textes et la complexité de leur organisation. Avec Cédric Giraud, nous avons étudié les textes spirituels et mystiques latins, un très vaste ensemble qu’il convient de distinguer des écrits théologiques, plus élitiste. Ce corpus soulève des questions à la fois historiographiques (peux-on parler d’un genre littéraire ?), méthodologiques (comment faire l’histoire de manuscrits si nombreux et si mobiles ?) et herméneutiques (comment interpréter l’immense succès de ces textes ?). Les sources narratives ont été abordées par Pierre Monnet, qui s’est interrogé sur l’expression du « moi » à l’époque médiévale et sur les manières, pour l’historien, d’y accéder dans une dynamique à la fois complexe et en même temps intrigante des écrits de sois sur soi. Deux séances ont porté sur l’histoire des sciences. Les sources médicales ont été abordées par Béatrice Delaurenti à partir du cas des questions composées à l’École de Salerne vers 1200, un genre doublement tenu à l’écart : d’une part des médiévistes qui méconnaissent les textes médicaux, d’autre part des historiens de la médecine qui considèrent les questions comme des sources mineures. Ces textes ont pourtant un intérêt historique réel, car ils délivrent des informations non seulement sur la pratique et la théorie médicale, mais aussi sur le mode de raisonnement scientifique et sur le rapport au corps et aux phénomènes étranges des savants du XIIe siècle. D’autres sources situées à la croisée de la science et de la théologie, les commentaires des Sentences, ont été présentées par Maria Sorokina. Ce corpus rassemble un grand nombre de témoins produits dans les facultés de théologie et pour la plupart inédits. On y trouve à la fois l’expression d’une curiosité savante et des raisonnements élaborés ouverts sur l’innovation scientifique. Un autre type de textes écrits, les traductions, était au cœur de la séance animée par Benoît Grévin. Il s’est intéressé aux traductions latines médiévales d’un texte réputé intraduisible, le Coran ; ce corpus a permis d’évoquer non seulement le rapport médiéval à la langue et la problématique des transferts culturels, mais aussi les difficultés spécifiques que posent la transcription de textes multilingues et l’étude historique de documents existants sous plusieurs versions successives.
Un autre ensemble de séances nous a permis d’envisager les sources non écrites, qu’elles soient épigraphiques ou iconographiques. Vincent Debiais s’est penché sur le cas des reliquaires, cet objet historique total permettant de croiser une histoire matérielle de l’objet et une histoire de la culture écrite. Ceux-ci soulèvent d’importantes questions relatives à leurs usages et à l’usage de leurs inscriptions. Les images étaient au cœur de trois autres séances. Pierre-Olivier Dittmar a exposé les enjeux de la prise en compte de l’image comme source historique avant d’examiner le cas particulier des plafonds peints retrouvés dans des maisons privées dans les Corbières. Ces images à caractère domestique posent d’important problèmes de repérage et d’accès et nécessitent une enquête collective au long cours. Mikhail Maizuls a évoqué la question du langage iconographique pour exprimer la violence dans un corpus d’images datant du XIIe et du XIIIe siècle. Claire Soussen s’est intéressée au rapport complexe du judaïsme médiéval à l’image et aux signes graphiques à partir d’un corpus de manuscrits liturgiques et exégétiques enluminés, les Haggadot. Ces peintures figuratives ont fait l’objet de divers emplois, notamment performatifs. Les questions de circulation de ces documents, des influences dont ils témoignent et des usages que peut en faire l’historien ont été abordées dans chacune de ces séances.