UE477 - Mémoires et patrimonialisations des migrations


Lieu et planning


Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=477.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 25-A
    annuel / bimensuel (2e/4e), jeudi 14:30-16:30
    du 9 novembre 2023 au 27 juin 2024
    Nombre de séances : 12

    La séance du 9 novembre se déroulera en salle 50 (même heure, même adresse)


Description


Dernière modification : 23 mai 2024 11:07

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Circulations Diaspora Famille Histoire Mémoire Migration(s) Minorités Patrimoine Politique Sociologie Transnational
Aires culturelles
Afrique Amérique du Sud Arabe (monde) Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Europe centrale et orientale Europe sud-orientale France Ibérique (monde) Maghreb Méditerranéens (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Évelyne Ribert [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (LAP-LACI)
  • Marina Chauliac   chargée de recherche, ministère de la Culture / Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)
  • Catherine Perron   chargée de recherche, Sciences Po

Mis en place en 2010, le séminaire « Mémoires et patrimonialisations des migrations » offre un espace de présentation et de discussion de recherches explorant les approches mémorielles et patrimoniales dans le domaine des migrations et des déplacements. Les organisatrices du séminaire proposent cette année de se centrer sur les travaux autour de la mémoire familiale (Halbwachs 1950, Muxel 1996, Lepoutre 2005 etc) au prisme des migrations. Deux aspects seront plus particulièrement explorés.
Le premier aspect traité, dans la continuité du séminaire de 2022-2023, portera sur la manière dont les déplacements, souvent décrits comme des expériences de changement, interviennent comme formes de désaffiliation et de réaffiliation donnant lieu à des transformations biographiques (politique, religieuse, sexuelle, familiale…) et de recompositions mémorielles. Ces expériences se vivent-elles seulement comme ruptures contraintes ou ouvrent-elles à des choix permettant de sortir d’une identité assignée pour en revêtir une autre, « choisie » ou non pas ou plus seulement « subie » ? Dans quelle mesure cette « sortie » engage-t-elle l’investissement dans une mémoire collective tissée de souvenirs et de représentations du passé avec lesquels les individus n’ont pas de connections antérieures ? Nous explorerons ces questions en nous intéressant plus spécifiquement aux différences de transmissions, appropriations et positionnements au sein des adelphies et leurs effets sur la mémoire de l’histoire familiale, dans un contexte migratoire. Est-elle perçue par les descendants comme une mémoire de la ou des migrations ? Et comment ces expériences de déplacement sont-elles nommées ?
Le second aspect, complémentaire, vise à explorer les absences de traces dans la migration. Comment enquêter à partir des silences, des non-dits, susceptibles de devenir des éléments heuristiques autant que des obstacles dans la recherche ? Quels rôles sont alors susceptibles de jouer les objets ? De quels types de liens (sociaux mais aussi temporels ou spatiaux) sont-il investis et par qui ? Peut-on observer des dissonances entre différents investissements ? On analysera les relations aux objets présents, comme  volonté non seulement de donner à voir et à entendre ds expériences migratoires, mais aussi de faire ressentir via la mise en exposition d’expériences sensibles de la migration. Et l’on interrogera en regard les liens aux objets perdus, abandonnés, remisés ou détournés, et la nature des investissements ou désinvestissements mémoriels dont ils peuvent faire l’objet.

9 novembre : Introduction

23 novembre : Michèle Baussant (CNRS ISP), « Des gens s'exilent et leurs mémoires s'exilent aussi »

Cette présentation vise à restituer une réflexion synthétique autour des liens entre déplacements et phénomènes mémoriels à partir en particulier de l'analyse de populations qui ont connu plusieurs processus de diasporisation et de rediasporisation en quelques générations

14 décembre : Dmitrii Oparin (Passages, UMR 5319, Université Bordeaux Montaigne – Université de Bordeaux – CNRS), « La mémoire du Moscou multiculturel : méthodologie, sources et présentation de la recherche »

Moscou a été créée et s'est développée en tant que ville multiculturelle et multi-confessionnelle ; la principale source de croissance de la population moscovite a toujours été la migration. Je présente les différentes formes de migration vers Moscou à travers l'histoire de familles arméniennes, juives, tatares et allemandes. La recherche se concentre sur les pratiques de préservation, de représentation et de reconsidération de l'expérience migratoire de leurs ancêtres par les représentants actuels de ces familles. Je m'intéresse à la manière dont la mémoire privée des familles a été et est actuellement transmise, comment et pourquoi certaines sujets ont été cachés pendant l'ère soviétique et d'autres exposés, et quelles tentatives les descendants font aujourd'hui pour en savoir plus sur l'histoire de leurs familles. J'aimerais également partager mon expérience de la présentation de l'histoire migratoire de Moscou dans le cadre de projets muséaux et multimédias.

11 janvier : Nancy Venel (Triangle, Université Lyon 2), "« Pour moi c’est vraiment l’islam qui m’a mené au Christ ! ». Pistes d’analyse de trajectoires d’ancien.ne.s musulman.e.s devenu.e.s chrétiens."

Ma communication est basée sur une recherche en cours dont le propos est d’essayer de comprendre ce qui rend possible ce passage d’une religion à l’autre, d’éclairer les manières dont ces passages se font, tout en rendant compte du travail sur soi nécessaire à l’intégration dans un nouveau groupe religieux et à l’appropriation de nouveaux codes. Dans le cadre de cette intervention, je souhaiterais ne pas me limiter à ce qui pourrait relever de la conversion en tant que telle (et donc ne pas focaliser sur le moment où mes enquêtés passent d’un état A à un état B) mais travailler à la mise en lumière de cette transformation dans la durée en étudiant l’influence des dispositions antérieures sur les manières d’être aujourd’hui d’une autre religion (il s’agit alors de penser l’influence de l’état A sur l’état B). Le propos d'Hocine mis en exergue dans le titre de ma communication est tout à fait éclairant de ce point de vue et invite à travailler de paire les processus de sortie d’une religion et ceux d’entrée dans une autre.

La recherche menée à partir d’entretiens répétés (condition nécessaire pour parvenir à mettre à distance les récits courants chez les principaux concernés de conversion immédiate et spontanée) conduit à appréhender cette transformation comme un processus qui s’inscrit dans une durée et qui n’est pas forcément continu.

Comment ces ex-musulmans en sont venus à devenir chrétien ? Quelles sont les conditions sociales de possibilité de la conversion? Qu’est-ce qui se convertit ? Quelles sont les propriétés sociales contraignantes qui freinent ce type de mobilité religieuse, ou l’empêchent. Qu’est-ce qui fait que les conditions de félicité et d’épanouissement sont ou ne sont plus réunies dans un groupe d’appartenance et/ou de croyance ?

25 janvier : Melissa Blanchard (CNRS, Centre Norbert-Elias, CNRS/AMU/EHESS/UA), « Tisser des liens mobiles : transmission de la mémoire familiale et construction d’un héritage transnational dans les familles issues de l’émigration italienne au Chili »

Cette communication aborde la transmission de la mémoire familiale au sein de familles transnationales issues de l’émigration italienne au Chili, montrant qu’il s’agit à la fois d’un processus genré et générationnel. Elle examine aussi la manière dont la mobilité des descendants d’émigrés contribue à entretenir et raviver les liens de parenté dans des familles transnationales aux relations distendues et souvent dormantes

8 février :  Waffa Nekka (doctorante contractuelle en sciences de l'éducation, Laboratoire Cultures, Education, Sociétés, UR 7437) CNRS, Centre Norbert Elias, CNRS/AMU/EHESS/UA), « Le parcours scolaire et universitaire comme facteur de construction identitaire chez les descendants d’immigrés de deuxième génération en France »

Dans le cadre de mon travail de thèse, qui porte sur les effets de l’enseignement supérieur sur la construction identitaire des descendants d’immigrés, nous souhaitons vérifier à travers une série d’entretiens exploratoires s’il existe un lien entre ascendance migratoire, parcours scolaire et universitaire, classe sociale (Phillips, Stephens, et al., 2020; Stephens, Fryberg, & al., 2012) et construction identitaire chez les descendants d’immigrés de deuxième génération en France. Nous définissons l’identité comme un élément composé de l’identité personnelle avec la conscience de soi et l’identité sociale, qui correspond à l’identification à un groupe : ethnique, social, etc. (Erikson, 1972). Dans le cadre de cette communication, nous verrons si les thématiques relatives à l’ethnicité (Barth, 1969; Poutignat and Streiff-Fénart, 1995), le groupe social (Bourdieu, 1964; Berger & Luckmann, 2018; Darmon, 2016; Camilleri, 1998) et plus généralement à la notion d’identité, sont mentionnées par les enquêtés, en fonction des établissements fréquentés pendant leur parcours scolaires et universitaires. Les résultats nous permettront de comprendre le sens que les acteurs donnent à leur rapport à leur identité perçue et de proposer ultérieurement une approche quantitative de compréhension de l’influence du parcours scolaire et universitaire sur la construction de l’identité chez les descendants d’immigrés, à une plus grande échelle.

14 mars : Anne Gotman Directrice de recherche émérite au Cnrs, CERLIS), « Logiques et détournements de la transmission du patrimoine »

Lorsque l’on s’occupe de transmettre les traditions, disait André Thiéblemont à propos des rites religieusement perpétués par les élèves-officiers de l’École militaire de Saint Cyr, c’est que ces traditions sont déjà mortes. L’on pourrait dire, de même, que lorsque l’on conçoit une politique de conservation du patrimoine, c’est que sa transmission n’opère plus. Nous verrons comment la culture occidentale, sous couvert de protection du patrimoine, invente un produit culturel instaurateur d’une rupture avec le passé en tout point conforme avec l’idéologie moderniste de la tabula rasa.

28 mars :  Ewa Tartakowsky (CNRS/ISP) et Piera Rossetto (Ca Foscari University), « Les formes matérielles des appartenances : objets d'exils, objets en exils »

Notre intervention portera sur les liens que les individus entretiennent avec les objet en/d’exil, qu’il s’agisse des migrant.e.s ou des chercheuses et chercheurs. Comment les objets chargés de significations changent selon le contexte et la temporalité ? De quelle manière supportent-ils des « mémoires communes », malgré leurs singularités et leurs hétérogénéités ? Plus généralement, comment se construit la dialectique entre le singulier et le commun à différentes échelles à travers l’attachement aux objets ?

25 avril : Alice Franck (maitresse de conférence en géographie, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, UMR 8586 PRODIG), « Réinstallées ! du Sud-Soudan à la France : la mémoire transplantée »

Cette séances abordera le dispositif de réinstallation comme une rupture singulière dans les trajectoires biographiques des femmes concernées.

23 mai : Estelle Amy de la Bretèque (LESC CNRS UMR 7186), « Êzidis drômois. Parcours d'exils en mots et en photos »

Le Êzidisme (ou Yézidisme) est une religion monothéiste de Mésopotamie, mais c’est aussi un système d’organisation sociale et une manière de voir le monde. De nombreux Êzidis vivaient autour du mont Sinjar en Irak jusqu’à l’attaque du 3 août 2014 perpétrée par l’organisation État islamique. Ceux qui ont pu fuir ont d’abord cherché refuge dans la montagne de Sinjar puis dans les camps du Kurdistan irakien. Certaines familles ont pu obtenir un visa d’asile pour la France avec l’aide d’associations françaises. C’est ainsi que sont arrivées, entre 2015 et 2019 dans la Drôme, seize familles êzidies.

Cette présentation retrace les grandes lignes d'une ethnographie réalisée entre 2019 et 2023 et les questionnements qui ont mené à la préparation du livre Le collier de l'ange paon en collaboration avec le photographe Romain Rabier. 

13 juin : 

27 juin : Conclusion


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)

Renseignements


Contacts additionnels
marina.chauliac@culture.gouv.fr catherine.perron@sciencespo.fr
Informations pratiques
  • Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS, LAP-LACI, Fellow ICM : ribert@ehess.fr
  • Marina Chauliac, anthropologue au ministère de la Culture (DRAC Auvergne-Rhône-Alpes), chercheure au LAP-LACI, Fellow ICM : marina.chauliac@culture.gouv.fr
  • Catherine Perron, politiste, chargée de recherche, CERI-Sciences Po : catherine.perron@sciencespo.fr
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous : Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS, LAP-LACI, Fellow ICM, par courriel : ribert@ehess.fr

Réception des candidats

sur rendez-vous par courriel :

  • Évelyne Ribert,  LAP-LACI : ribert@ehess.fr
  • Marina Chauliac, DRAC et LAP-LACI : marina.chauliac@culture.gouv.fr
  • Catherine Perron, CERI : catherine.perron@sciencespo.fr
Pré-requis

Licence.

Dernière modification : 23 mai 2024 11:07

Type d'UE
Séminaires DR/CR
Disciplines
Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire, Sociologie
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Circulations Diaspora Famille Histoire Mémoire Migration(s) Minorités Patrimoine Politique Sociologie Transnational
Aires culturelles
Afrique Amérique du Sud Arabe (monde) Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Europe centrale et orientale Europe sud-orientale France Ibérique (monde) Maghreb Méditerranéens (mondes) Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Évelyne Ribert [référent·e]   chargée de recherche, CNRS / Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire (LAP-LACI)
  • Marina Chauliac   chargée de recherche, ministère de la Culture / Laboratoire d'anthropologie politique (LAP)
  • Catherine Perron   chargée de recherche, Sciences Po

Mis en place en 2010, le séminaire « Mémoires et patrimonialisations des migrations » offre un espace de présentation et de discussion de recherches explorant les approches mémorielles et patrimoniales dans le domaine des migrations et des déplacements. Les organisatrices du séminaire proposent cette année de se centrer sur les travaux autour de la mémoire familiale (Halbwachs 1950, Muxel 1996, Lepoutre 2005 etc) au prisme des migrations. Deux aspects seront plus particulièrement explorés.
Le premier aspect traité, dans la continuité du séminaire de 2022-2023, portera sur la manière dont les déplacements, souvent décrits comme des expériences de changement, interviennent comme formes de désaffiliation et de réaffiliation donnant lieu à des transformations biographiques (politique, religieuse, sexuelle, familiale…) et de recompositions mémorielles. Ces expériences se vivent-elles seulement comme ruptures contraintes ou ouvrent-elles à des choix permettant de sortir d’une identité assignée pour en revêtir une autre, « choisie » ou non pas ou plus seulement « subie » ? Dans quelle mesure cette « sortie » engage-t-elle l’investissement dans une mémoire collective tissée de souvenirs et de représentations du passé avec lesquels les individus n’ont pas de connections antérieures ? Nous explorerons ces questions en nous intéressant plus spécifiquement aux différences de transmissions, appropriations et positionnements au sein des adelphies et leurs effets sur la mémoire de l’histoire familiale, dans un contexte migratoire. Est-elle perçue par les descendants comme une mémoire de la ou des migrations ? Et comment ces expériences de déplacement sont-elles nommées ?
Le second aspect, complémentaire, vise à explorer les absences de traces dans la migration. Comment enquêter à partir des silences, des non-dits, susceptibles de devenir des éléments heuristiques autant que des obstacles dans la recherche ? Quels rôles sont alors susceptibles de jouer les objets ? De quels types de liens (sociaux mais aussi temporels ou spatiaux) sont-il investis et par qui ? Peut-on observer des dissonances entre différents investissements ? On analysera les relations aux objets présents, comme  volonté non seulement de donner à voir et à entendre ds expériences migratoires, mais aussi de faire ressentir via la mise en exposition d’expériences sensibles de la migration. Et l’on interrogera en regard les liens aux objets perdus, abandonnés, remisés ou détournés, et la nature des investissements ou désinvestissements mémoriels dont ils peuvent faire l’objet.

9 novembre : Introduction

23 novembre : Michèle Baussant (CNRS ISP), « Des gens s'exilent et leurs mémoires s'exilent aussi »

Cette présentation vise à restituer une réflexion synthétique autour des liens entre déplacements et phénomènes mémoriels à partir en particulier de l'analyse de populations qui ont connu plusieurs processus de diasporisation et de rediasporisation en quelques générations

14 décembre : Dmitrii Oparin (Passages, UMR 5319, Université Bordeaux Montaigne – Université de Bordeaux – CNRS), « La mémoire du Moscou multiculturel : méthodologie, sources et présentation de la recherche »

Moscou a été créée et s'est développée en tant que ville multiculturelle et multi-confessionnelle ; la principale source de croissance de la population moscovite a toujours été la migration. Je présente les différentes formes de migration vers Moscou à travers l'histoire de familles arméniennes, juives, tatares et allemandes. La recherche se concentre sur les pratiques de préservation, de représentation et de reconsidération de l'expérience migratoire de leurs ancêtres par les représentants actuels de ces familles. Je m'intéresse à la manière dont la mémoire privée des familles a été et est actuellement transmise, comment et pourquoi certaines sujets ont été cachés pendant l'ère soviétique et d'autres exposés, et quelles tentatives les descendants font aujourd'hui pour en savoir plus sur l'histoire de leurs familles. J'aimerais également partager mon expérience de la présentation de l'histoire migratoire de Moscou dans le cadre de projets muséaux et multimédias.

11 janvier : Nancy Venel (Triangle, Université Lyon 2), "« Pour moi c’est vraiment l’islam qui m’a mené au Christ ! ». Pistes d’analyse de trajectoires d’ancien.ne.s musulman.e.s devenu.e.s chrétiens."

Ma communication est basée sur une recherche en cours dont le propos est d’essayer de comprendre ce qui rend possible ce passage d’une religion à l’autre, d’éclairer les manières dont ces passages se font, tout en rendant compte du travail sur soi nécessaire à l’intégration dans un nouveau groupe religieux et à l’appropriation de nouveaux codes. Dans le cadre de cette intervention, je souhaiterais ne pas me limiter à ce qui pourrait relever de la conversion en tant que telle (et donc ne pas focaliser sur le moment où mes enquêtés passent d’un état A à un état B) mais travailler à la mise en lumière de cette transformation dans la durée en étudiant l’influence des dispositions antérieures sur les manières d’être aujourd’hui d’une autre religion (il s’agit alors de penser l’influence de l’état A sur l’état B). Le propos d'Hocine mis en exergue dans le titre de ma communication est tout à fait éclairant de ce point de vue et invite à travailler de paire les processus de sortie d’une religion et ceux d’entrée dans une autre.

La recherche menée à partir d’entretiens répétés (condition nécessaire pour parvenir à mettre à distance les récits courants chez les principaux concernés de conversion immédiate et spontanée) conduit à appréhender cette transformation comme un processus qui s’inscrit dans une durée et qui n’est pas forcément continu.

Comment ces ex-musulmans en sont venus à devenir chrétien ? Quelles sont les conditions sociales de possibilité de la conversion? Qu’est-ce qui se convertit ? Quelles sont les propriétés sociales contraignantes qui freinent ce type de mobilité religieuse, ou l’empêchent. Qu’est-ce qui fait que les conditions de félicité et d’épanouissement sont ou ne sont plus réunies dans un groupe d’appartenance et/ou de croyance ?

25 janvier : Melissa Blanchard (CNRS, Centre Norbert-Elias, CNRS/AMU/EHESS/UA), « Tisser des liens mobiles : transmission de la mémoire familiale et construction d’un héritage transnational dans les familles issues de l’émigration italienne au Chili »

Cette communication aborde la transmission de la mémoire familiale au sein de familles transnationales issues de l’émigration italienne au Chili, montrant qu’il s’agit à la fois d’un processus genré et générationnel. Elle examine aussi la manière dont la mobilité des descendants d’émigrés contribue à entretenir et raviver les liens de parenté dans des familles transnationales aux relations distendues et souvent dormantes

8 février :  Waffa Nekka (doctorante contractuelle en sciences de l'éducation, Laboratoire Cultures, Education, Sociétés, UR 7437) CNRS, Centre Norbert Elias, CNRS/AMU/EHESS/UA), « Le parcours scolaire et universitaire comme facteur de construction identitaire chez les descendants d’immigrés de deuxième génération en France »

Dans le cadre de mon travail de thèse, qui porte sur les effets de l’enseignement supérieur sur la construction identitaire des descendants d’immigrés, nous souhaitons vérifier à travers une série d’entretiens exploratoires s’il existe un lien entre ascendance migratoire, parcours scolaire et universitaire, classe sociale (Phillips, Stephens, et al., 2020; Stephens, Fryberg, & al., 2012) et construction identitaire chez les descendants d’immigrés de deuxième génération en France. Nous définissons l’identité comme un élément composé de l’identité personnelle avec la conscience de soi et l’identité sociale, qui correspond à l’identification à un groupe : ethnique, social, etc. (Erikson, 1972). Dans le cadre de cette communication, nous verrons si les thématiques relatives à l’ethnicité (Barth, 1969; Poutignat and Streiff-Fénart, 1995), le groupe social (Bourdieu, 1964; Berger & Luckmann, 2018; Darmon, 2016; Camilleri, 1998) et plus généralement à la notion d’identité, sont mentionnées par les enquêtés, en fonction des établissements fréquentés pendant leur parcours scolaires et universitaires. Les résultats nous permettront de comprendre le sens que les acteurs donnent à leur rapport à leur identité perçue et de proposer ultérieurement une approche quantitative de compréhension de l’influence du parcours scolaire et universitaire sur la construction de l’identité chez les descendants d’immigrés, à une plus grande échelle.

14 mars : Anne Gotman Directrice de recherche émérite au Cnrs, CERLIS), « Logiques et détournements de la transmission du patrimoine »

Lorsque l’on s’occupe de transmettre les traditions, disait André Thiéblemont à propos des rites religieusement perpétués par les élèves-officiers de l’École militaire de Saint Cyr, c’est que ces traditions sont déjà mortes. L’on pourrait dire, de même, que lorsque l’on conçoit une politique de conservation du patrimoine, c’est que sa transmission n’opère plus. Nous verrons comment la culture occidentale, sous couvert de protection du patrimoine, invente un produit culturel instaurateur d’une rupture avec le passé en tout point conforme avec l’idéologie moderniste de la tabula rasa.

28 mars :  Ewa Tartakowsky (CNRS/ISP) et Piera Rossetto (Ca Foscari University), « Les formes matérielles des appartenances : objets d'exils, objets en exils »

Notre intervention portera sur les liens que les individus entretiennent avec les objet en/d’exil, qu’il s’agisse des migrant.e.s ou des chercheuses et chercheurs. Comment les objets chargés de significations changent selon le contexte et la temporalité ? De quelle manière supportent-ils des « mémoires communes », malgré leurs singularités et leurs hétérogénéités ? Plus généralement, comment se construit la dialectique entre le singulier et le commun à différentes échelles à travers l’attachement aux objets ?

25 avril : Alice Franck (maitresse de conférence en géographie, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, UMR 8586 PRODIG), « Réinstallées ! du Sud-Soudan à la France : la mémoire transplantée »

Cette séances abordera le dispositif de réinstallation comme une rupture singulière dans les trajectoires biographiques des femmes concernées.

23 mai : Estelle Amy de la Bretèque (LESC CNRS UMR 7186), « Êzidis drômois. Parcours d'exils en mots et en photos »

Le Êzidisme (ou Yézidisme) est une religion monothéiste de Mésopotamie, mais c’est aussi un système d’organisation sociale et une manière de voir le monde. De nombreux Êzidis vivaient autour du mont Sinjar en Irak jusqu’à l’attaque du 3 août 2014 perpétrée par l’organisation État islamique. Ceux qui ont pu fuir ont d’abord cherché refuge dans la montagne de Sinjar puis dans les camps du Kurdistan irakien. Certaines familles ont pu obtenir un visa d’asile pour la France avec l’aide d’associations françaises. C’est ainsi que sont arrivées, entre 2015 et 2019 dans la Drôme, seize familles êzidies.

Cette présentation retrace les grandes lignes d'une ethnographie réalisée entre 2019 et 2023 et les questionnements qui ont mené à la préparation du livre Le collier de l'ange paon en collaboration avec le photographe Romain Rabier. 

13 juin : 

27 juin : Conclusion

  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Études politiques – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Migrations – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
  • Séminaires de recherche – Sociologie – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
    MCC – discussion d'une séance et des textes proposés (écrit 5 pages, discussion orale facultative)
Contacts additionnels
marina.chauliac@culture.gouv.fr catherine.perron@sciencespo.fr
Informations pratiques
  • Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS, LAP-LACI, Fellow ICM : ribert@ehess.fr
  • Marina Chauliac, anthropologue au ministère de la Culture (DRAC Auvergne-Rhône-Alpes), chercheure au LAP-LACI, Fellow ICM : marina.chauliac@culture.gouv.fr
  • Catherine Perron, politiste, chargée de recherche, CERI-Sciences Po : catherine.perron@sciencespo.fr
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous : Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS, LAP-LACI, Fellow ICM, par courriel : ribert@ehess.fr

Réception des candidats

sur rendez-vous par courriel :

  • Évelyne Ribert,  LAP-LACI : ribert@ehess.fr
  • Marina Chauliac, DRAC et LAP-LACI : marina.chauliac@culture.gouv.fr
  • Catherine Perron, CERI : catherine.perron@sciencespo.fr
Pré-requis

Licence.

Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=477.

  • Bâtiment EHESS-Condorcet
    EHESS, 2 cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 25-A
    annuel / bimensuel (2e/4e), jeudi 14:30-16:30
    du 9 novembre 2023 au 27 juin 2024
    Nombre de séances : 12

    La séance du 9 novembre se déroulera en salle 50 (même heure, même adresse)