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UE471 - Histoire de l’art du médiéval. Description de l’image, description par l'image (Transfigurations)
Lieu et planning
-
INHA
2 rue Vivienne 75002 Paris
Salle du GAHOM
annuel / bimensuel, mardi 17:00-19:00
du 14 novembre 2023 au 4 juin 2024
Nombre de séances : 12- Mardi 14 novembre 2023
- Mardi 5 décembre 2023
- Mardi 19 décembre 2023
- Mardi 16 janvier 2024
- Mardi 30 janvier 2024
- Mardi 13 février 2024
- Mardi 5 mars 2024
- Mardi 19 mars 2024
- Mardi 2 avril 2024
- Mardi 14 mai 2024
- Mardi 28 mai 2024
- Mardi 4 juin 2024
Description
Dernière modification : 3 oct. 2023 17:07:24
- Type d'UE
- Séminaires DR/CR
- Disciplines
- Anthropologie historique, Histoire, Signes, formes, représentations
- Page web
- https://devisu.hypotheses.org/2789
- Langues
- français
- Mots-clés
- Anthropologie historique Anthropologie visuelle Arts Culture visuelle Écriture Épistémologie Esthétique Fait religieux Histoire de l’art Histoire intellectuelle Liturgie Moyen Âge Poétique Textes Visuel
- Aires culturelles
- Europe Ibérique (monde)
Intervenant·e·s
- Vincent Debiais [référent·e] directeur de recherche, CNRS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)
Ce séminaire d’histoire de l’art du Moyen Âge est consacré aux moyens de la description de l’image et par l’image, et entend aborder les limites du langage à dire le visuel médiéval. Il se consacrera pour ce faire à l’exploration des images, encore largement à interroger, de la transfiguration.
Il est dans les images du Moyen Âge, qu’elles soient peintes ou sculptées dans le monument, ou qu’elles prennent place sur les folios du manuscrit, des pans entiers du visuel qui résistent à la description dès lors qu’on essaie de faire rentrer tous les éléments de l’image dans une base de données iconographique, par exemple. Dans cette tentation de découper l’image en termes, nous sommes souvent confrontés à une forme sourde de frustration, empêchés que nous sommes d’identifier et de nommer tout ce qui paraît se situer dans l’intervalle des motifs, qu’il s’agisse du fond brut, coloré ou orné d’une scène, ou bien de tous ces effets d’image, informels et indéfinis, qui viennent pourtant faire lieu et faire sens pour la figuration et la narration. Ces éléments se rebellent avec une telle énergie face à l’approche iconographique qu’ils finissent souvent par disparaître purement et simplement de l’image décrite, une fois qu’elle a été traitée de telle sorte qu’elle puisse s’adapter au thésaurus. On ne les voit plus ; on n’en parle plus. Peu à peu, l’image décrite devient une collection de motifs composés, disjoints, isolés et séparés ces silences d’image dont l’iconographie ne parvient à parler.
Ce séminaire est consacré à ces éléments de la culture visuelle médiévale qui, parce qu’ils ne font pas le jeu de l’iconographie, ne semblent pas faire image. Il s’agira d’abord d’en dresser l’inventaire, de repérer ces champs et ces tâches qui constituent le « brouillard du motif » ; les formes sont diverses et composent un catalogue de textures, d’ombres et de nuances. Il s’agira ensuite d’analyser comment ces éléments entrent dans une syntaxe de l’image qui n’est plus basé sur la codification stricte des rapports, des postures, des gestes, des plans mais sur une indéfinition apparente des relations entre les signes. Il s’agira enfin d’envisager comment ces éléments agissent avec ce que nous appellerons une « anthropologie de la description », un rapport entre le langage, le vu et le décrit ; envisager les liens entre le pouvoir de l’image à décrire ce qu’elle figure en ses motifs et dans l’intervalle entre les motifs d’une part, et la vocation ekphrasique de l’histoire de l’art d’autre part – sa nécessité presque vitale à traduire dans les mots ce que l’on voit de l’image, cette quête aussi belle que naïve d’un épuisement de l’image par le langage.
Cette réflexion s’inscrit dans un questionnement plus large sur ce que peut l’image médiévale, sur sa capacité à figurer le réel et à contenir simultanément une réflexion sur les moyens de cette figuration. S’il est bien question d’iconographie ici, il est surtout question de ses limites, dans le contexte intellectuel et théologique d’une pensée figurative qui a fait sienne l’acceptation d’une dissemblance nécessaire entre ce que l’on met en signe, ce que l’on voit et ce qui doit être conçu réellement. Ce séminaire, qui s’inscrit dans la continuité des réflexions sur l’histoire de l’abstraction avant l’art abstrait, et en particulier sur l’attention accordée aux recours non-figuratifs de l’art médiéval, voudrait aborder ces questions au travers du thème de la Transfiguration dans l’art chrétien du Moyen Âge.
Mardi 14 novembre 2023 : La question de la description : compte rendu d’expérience sensible et moyen du « voir encore » (autour d’Hiroshima, mon amour)
Mardi 5 décembre 2023 : Faire, défaire, contrefaire le visuel : la description de l’image et la longue durée de l’ekphrasis (les tableaux d’Ermold le Noir)
Mardi 19 décembre 2023 : L’iconographie médiévale, entre thesaurus et description (à propos de la nuée romane)
Mardi 16 janvier 2024 : La description « autre » : dire l’image, lire le tableau (Louis Marin avant la Renaissance)
Mardi 30 janvier 2024 : Décrire le mouvement et la fixité : l’iconographie du changement d’état
Mardi 13 février 2024 : Transfiguration : le dossier biblique et le motif iconographique
Mardi 5 mars 2024 : « En train de » : narrations suspendues, transformations contestées (la Bible de Floreffe)
Mardi 19 mars 2024 : Oblitération & aveuglement : montrer que l’on ne voit plus
Mardi 2 avril 2024 : Hors-champ : l’iconographie de l’espace autre dans l’image de transfiguration (avec Fra Angelico)
Mardi 14 mai 2024 : Traduction et description par l’image du hors-langage : les moyens plastiques de la vision
Mardi 28 mai 2024 : Art médiéval et images de transfiguration : fugacité, transition et intermittence
Mardi 4 juin 2024 : Anthropologie, descriptions et théophanies (ouverture avec Raphaël)
Master
-
Séminaires de recherche
– Arts, littératures et langages-Formes et objets
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture -
Séminaires de recherche
– Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire et sciences sociales
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
- -
- Direction de travaux des étudiants
sur rendez-vous par courriel.
- Réception des candidats
sur rendez-vous par courriel.
- Pré-requis
- -
Compte rendu
Le thème proposé pour le séminaire d’histoire de l’art médiéval pour l’année universitaire 2023-2024 (« Description de l’image, description par l’image – Transfiguration ») pouvait paraître double, écartelé entre une notion rhétorique ou épistémologique – la description – et ce qui est à la fois un épisode central de la tradition biblique et un thème important de l’image chrétienne – la Transfiguration. Séminaire à deux faces, tension insoluble, comme si le titre prévoyait déjà l’échec des douze rencontres du mardi soir. Mêlant les études de cas et les réflexions théoriques, ce bricolage des termes a permis d’abord d’approcher la conviction selon laquelle la notion de description en histoire de l’art médiéval, et plus généralement dans les sciences humaines et sociales, peut être dépliée à travers l’examen d’une figure visuelle complexe comme celle de la Transfiguration. Deuxièmement, et par contraste, il a permis de constater l’attention très limitée accordée par l’histoire de l’art médiéval à la description de ses objets d’étude ; un renoncement à la saisie par le langage des formes, des contours, des sujets, des modalités du visible, au profit d’un catalogage rapide et asséchant des éléments qui font image et objet par accumulation ou juxtaposition. Enfin, ce bricolage a permis de voir que cette saisie de l’image et de l’objet par le langage dans la description est d’autant plus essentielle quand ce que l’on décrit cherche à tenir dans une forme fixe, simple, unique et immobile, le principe d’une transformation ou d’un récit qui ne peuvent être rendus que par la description de ce qui est en jeu dans ce que l’on voit. L’épisode de la Transfiguration est devenue au cours de l’année le paradigme d’une image-tenue.
Arrivés au terme de ce premier temps de l’enquête et après l’étude d’images sculptées et peintes datant du Moyen Âge central principalement, la Transfiguration est apparue comme relevant de l’ordre de l’ellipse, au sens rhétorique général, mais aussi au sens cinématographique ; elle est une retenue et un raccourci simultanément. Retenue d’abord, parce que la transformation est un donné, et non un processus. Le transfiguré est un état d’arrivée sans origine, un surgissement qui ne vient combler aucune absence. Raccourci ensuite, parce que l’intégralité de l’entre-deux est tue ; l’itinéraire importe moins que la destination. On peut dire que les images envisagées cette année pour l’art médiéval prennent en charge cette dimension elliptique parce qu’elles ne montrent rien de ce qui se passe : elles déclarent que dans la saisie de l’instant de la transfiguration se tient quelque chose qui s’est passé, qui a eu lieu.
Dernière modification : 3 oct. 2023 17:07:24
- Type d'UE
- Séminaires DR/CR
- Disciplines
- Anthropologie historique, Histoire, Signes, formes, représentations
- Page web
- https://devisu.hypotheses.org/2789
- Langues
- français
- Mots-clés
- Anthropologie historique Anthropologie visuelle Arts Culture visuelle Écriture Épistémologie Esthétique Fait religieux Histoire de l’art Histoire intellectuelle Liturgie Moyen Âge Poétique Textes Visuel
- Aires culturelles
- Europe Ibérique (monde)
Intervenant·e·s
- Vincent Debiais [référent·e] directeur de recherche, CNRS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)
Ce séminaire d’histoire de l’art du Moyen Âge est consacré aux moyens de la description de l’image et par l’image, et entend aborder les limites du langage à dire le visuel médiéval. Il se consacrera pour ce faire à l’exploration des images, encore largement à interroger, de la transfiguration.
Il est dans les images du Moyen Âge, qu’elles soient peintes ou sculptées dans le monument, ou qu’elles prennent place sur les folios du manuscrit, des pans entiers du visuel qui résistent à la description dès lors qu’on essaie de faire rentrer tous les éléments de l’image dans une base de données iconographique, par exemple. Dans cette tentation de découper l’image en termes, nous sommes souvent confrontés à une forme sourde de frustration, empêchés que nous sommes d’identifier et de nommer tout ce qui paraît se situer dans l’intervalle des motifs, qu’il s’agisse du fond brut, coloré ou orné d’une scène, ou bien de tous ces effets d’image, informels et indéfinis, qui viennent pourtant faire lieu et faire sens pour la figuration et la narration. Ces éléments se rebellent avec une telle énergie face à l’approche iconographique qu’ils finissent souvent par disparaître purement et simplement de l’image décrite, une fois qu’elle a été traitée de telle sorte qu’elle puisse s’adapter au thésaurus. On ne les voit plus ; on n’en parle plus. Peu à peu, l’image décrite devient une collection de motifs composés, disjoints, isolés et séparés ces silences d’image dont l’iconographie ne parvient à parler.
Ce séminaire est consacré à ces éléments de la culture visuelle médiévale qui, parce qu’ils ne font pas le jeu de l’iconographie, ne semblent pas faire image. Il s’agira d’abord d’en dresser l’inventaire, de repérer ces champs et ces tâches qui constituent le « brouillard du motif » ; les formes sont diverses et composent un catalogue de textures, d’ombres et de nuances. Il s’agira ensuite d’analyser comment ces éléments entrent dans une syntaxe de l’image qui n’est plus basé sur la codification stricte des rapports, des postures, des gestes, des plans mais sur une indéfinition apparente des relations entre les signes. Il s’agira enfin d’envisager comment ces éléments agissent avec ce que nous appellerons une « anthropologie de la description », un rapport entre le langage, le vu et le décrit ; envisager les liens entre le pouvoir de l’image à décrire ce qu’elle figure en ses motifs et dans l’intervalle entre les motifs d’une part, et la vocation ekphrasique de l’histoire de l’art d’autre part – sa nécessité presque vitale à traduire dans les mots ce que l’on voit de l’image, cette quête aussi belle que naïve d’un épuisement de l’image par le langage.
Cette réflexion s’inscrit dans un questionnement plus large sur ce que peut l’image médiévale, sur sa capacité à figurer le réel et à contenir simultanément une réflexion sur les moyens de cette figuration. S’il est bien question d’iconographie ici, il est surtout question de ses limites, dans le contexte intellectuel et théologique d’une pensée figurative qui a fait sienne l’acceptation d’une dissemblance nécessaire entre ce que l’on met en signe, ce que l’on voit et ce qui doit être conçu réellement. Ce séminaire, qui s’inscrit dans la continuité des réflexions sur l’histoire de l’abstraction avant l’art abstrait, et en particulier sur l’attention accordée aux recours non-figuratifs de l’art médiéval, voudrait aborder ces questions au travers du thème de la Transfiguration dans l’art chrétien du Moyen Âge.
Mardi 14 novembre 2023 : La question de la description : compte rendu d’expérience sensible et moyen du « voir encore » (autour d’Hiroshima, mon amour)
Mardi 5 décembre 2023 : Faire, défaire, contrefaire le visuel : la description de l’image et la longue durée de l’ekphrasis (les tableaux d’Ermold le Noir)
Mardi 19 décembre 2023 : L’iconographie médiévale, entre thesaurus et description (à propos de la nuée romane)
Mardi 16 janvier 2024 : La description « autre » : dire l’image, lire le tableau (Louis Marin avant la Renaissance)
Mardi 30 janvier 2024 : Décrire le mouvement et la fixité : l’iconographie du changement d’état
Mardi 13 février 2024 : Transfiguration : le dossier biblique et le motif iconographique
Mardi 5 mars 2024 : « En train de » : narrations suspendues, transformations contestées (la Bible de Floreffe)
Mardi 19 mars 2024 : Oblitération & aveuglement : montrer que l’on ne voit plus
Mardi 2 avril 2024 : Hors-champ : l’iconographie de l’espace autre dans l’image de transfiguration (avec Fra Angelico)
Mardi 14 mai 2024 : Traduction et description par l’image du hors-langage : les moyens plastiques de la vision
Mardi 28 mai 2024 : Art médiéval et images de transfiguration : fugacité, transition et intermittence
Mardi 4 juin 2024 : Anthropologie, descriptions et théophanies (ouverture avec Raphaël)
-
Séminaires de recherche
– Arts, littératures et langages-Formes et objets
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture -
Séminaires de recherche
– Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture -
Séminaires de recherche
– Histoire-Histoire et sciences sociales
– M1/S1-S2-M2/S3-S4
Suivi et validation – annuel bi-mensuelle = 6 ECTS
MCC – fiche de lecture
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sur rendez-vous par courriel.
- Réception des candidats
sur rendez-vous par courriel.
- Pré-requis
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INHA
2 rue Vivienne 75002 Paris
Salle du GAHOM
annuel / bimensuel, mardi 17:00-19:00
du 14 novembre 2023 au 4 juin 2024
Nombre de séances : 12- Mardi 14 novembre 2023
- Mardi 5 décembre 2023
- Mardi 19 décembre 2023
- Mardi 16 janvier 2024
- Mardi 30 janvier 2024
- Mardi 13 février 2024
- Mardi 5 mars 2024
- Mardi 19 mars 2024
- Mardi 2 avril 2024
- Mardi 14 mai 2024
- Mardi 28 mai 2024
- Mardi 4 juin 2024
Le thème proposé pour le séminaire d’histoire de l’art médiéval pour l’année universitaire 2023-2024 (« Description de l’image, description par l’image – Transfiguration ») pouvait paraître double, écartelé entre une notion rhétorique ou épistémologique – la description – et ce qui est à la fois un épisode central de la tradition biblique et un thème important de l’image chrétienne – la Transfiguration. Séminaire à deux faces, tension insoluble, comme si le titre prévoyait déjà l’échec des douze rencontres du mardi soir. Mêlant les études de cas et les réflexions théoriques, ce bricolage des termes a permis d’abord d’approcher la conviction selon laquelle la notion de description en histoire de l’art médiéval, et plus généralement dans les sciences humaines et sociales, peut être dépliée à travers l’examen d’une figure visuelle complexe comme celle de la Transfiguration. Deuxièmement, et par contraste, il a permis de constater l’attention très limitée accordée par l’histoire de l’art médiéval à la description de ses objets d’étude ; un renoncement à la saisie par le langage des formes, des contours, des sujets, des modalités du visible, au profit d’un catalogage rapide et asséchant des éléments qui font image et objet par accumulation ou juxtaposition. Enfin, ce bricolage a permis de voir que cette saisie de l’image et de l’objet par le langage dans la description est d’autant plus essentielle quand ce que l’on décrit cherche à tenir dans une forme fixe, simple, unique et immobile, le principe d’une transformation ou d’un récit qui ne peuvent être rendus que par la description de ce qui est en jeu dans ce que l’on voit. L’épisode de la Transfiguration est devenue au cours de l’année le paradigme d’une image-tenue.
Arrivés au terme de ce premier temps de l’enquête et après l’étude d’images sculptées et peintes datant du Moyen Âge central principalement, la Transfiguration est apparue comme relevant de l’ordre de l’ellipse, au sens rhétorique général, mais aussi au sens cinématographique ; elle est une retenue et un raccourci simultanément. Retenue d’abord, parce que la transformation est un donné, et non un processus. Le transfiguré est un état d’arrivée sans origine, un surgissement qui ne vient combler aucune absence. Raccourci ensuite, parce que l’intégralité de l’entre-deux est tue ; l’itinéraire importe moins que la destination. On peut dire que les images envisagées cette année pour l’art médiéval prennent en charge cette dimension elliptique parce qu’elles ne montrent rien de ce qui se passe : elles déclarent que dans la saisie de l’instant de la transfiguration se tient quelque chose qui s’est passé, qui a eu lieu.