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UE190 - Pouvoirs de l’imagination. Approches historiques


Lieu et planning


  • 54 bd Raspail
    54 bd Raspail 75006 Paris
    Salle AS1_08
    vendredi 09:00-17:00

    • 5 avril 2024
    • 3 mai 2024
    • 7 juin 2024

Description


Dernière modification : 6 mai 2024 14:36:32

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie historique Histoire Histoire culturelle Histoire des sciences et des techniques Histoire intellectuelle Philosophie
Aires culturelles
Europe
Intervenant·e·s
  • Béatrice Delaurenti [référent·e]   directrice d'études (en cours de nomination), EHESS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)
  • Koen Vermeir   chargé de recherche, CNRS
  • Roberto Poma   professeur des universités, Université Paris-Est Créteil

La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs. Comme les années précédentes, ce séminaire fonctionnera autour de ces textes à la manière d’un atelier, et s’attachera à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée. Il prendra la forme de trois journées complètes.

Vendredi 5 avril 2024

9 h à 12 h 30 (salle AS1_23)

  • 9h-9h15 : Introduction
  • 9h15-10h45 : Anne Sophie Jouanneau (chercheuse indépendante), « Pouvoir de l’affect chez l’Avicenne latin »
  • 11h-12h30 :  Mali Alinejad Zanjani (ENS), « Les pouvoirs de l’imagination : enjeux éthiques et politiques de la théorie de l'âme d'Avicenne au XVIe siècle »

13 h 45 à 17 h (salle AS1_08)

  • 13h45-15h15 : Carmel Raz (Max Planck Institute for Empirical Aesthetics, Frankfurt-sur-le-Main), « Ossianic Sounds: Berlioz on Memory »
  • 15h30-17h : Adrien Mangili (Université de Neuchâtel), « Force d'imagination et naturalisation du miraculeux ».

Vendredi 3 mai 2024 (salle AS1_08)

  • 9h15-10h45 : Lada Murareva (EPHE), « L’imagination dans le contexte des maladies mentales (selon les œuvres des XIIIe-XIVe siècles) »
  • 11h-12h30 : Fosca Mariani Zini (Université de Tours, Centre d’études supérieures de la Renaissance), « L'imagination dans le néoplatonisme humaniste, ou comment une faculté médiatrice devient la première »

Pause déjeuner

  • 13h45-15h30 : Roberto Poma (Université de Créteil), « Imagination dynamique et dynamiques de l’imagination chez Gaston Bachelard »

Vendredi 7 juin (salle AS1_08)

  • 9h15-10h45 : Rafael Mandressi (CNRS, Centre Alexandre-Koyré), « L'imagination blessée et contagieuse des possédées : controverses médico-démonologiques en France au XVIIe siècle »
  • 11h-12h30 : Thibaut Maus de Rolley (University College London), « Philosophes et funambules : la question du vertige aux XVIe et XVIIe siècles »

Pause déjeuner

  • 13h45-15h15 : Iaccopo Costa (CNRS, Laboratoire d'études sur les monothéismes), « Dispositions morales et imagination dans la philosophie et la théologie du XIIIe et du XIVe siècle ».
  • 15h30-17h : Amandine Mussou (Université Paris Cité), « « La merveilleuse ymaginacion d'Évrart de Conty : théories et usages de l'image mentale dans l'œuvre d'un poète médecin de la fin du XIVe siècle »

    Master


    Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.


    Renseignements


    Contacts additionnels
    -
    Informations pratiques
    -
    Direction de travaux des étudiants

    prendre rendez-vous par courriel.

    Réception des candidats
    -
    Pré-requis
    -

    Compte rendu


    Le séminaire « Pouvoir de l’imagination. Approches historiques », organisé par Béatrice Delaurenti, Elizabeth Claire, Roberto Poma et Koen Vermeir, poursuit depuis plusieurs années une réflexion autour de la notion de « pouvoir de l’imagination ». Son objectif est de mettre au jour une tradition intellectuelle et pratique de longue durée, depuis le XIIIe siècle jusqu’au début du XIXe siècle, chez des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines et s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées. Dans cette tradition savante, l’imagination est considérée non pas de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché, mais positivement, comme la source de pouvoirs aux formes et aux effets variés. Le séminaire a pris la forme de trois journées les vendredis 5 avril, 3 mai et 7 juin 2024. Chaque journée a permis d’accueillir plusieurs intervenants venus présenter un corpus spécifique de sources relatives au pouvoir de l’imagination, dans un cadre chronologique étendu, du XIIIe siècle au XIXe siècle. Autour de ces textes, le séminaire a fonctionné comme un atelier de lecture ; il a été le lieu d’un travail collectif d’analyse et d’interprétation des sources.

    Cette année, nous avons abordé les pouvoirs de l’imagination suivant une perspective tantôt philosophique, tantôt médicale, tantôt théologique, ces trois approches étant parfois mêlées. La pensée d’Avicenne a constitué un fil conducteur pour plusieurs séances. Du côté de la théorie de l’âme, Anne Sophie Jouanneau a présenté la conception avicennienne du pouvoir de l’affect et ses liens avec la faculté l’imagination. Mali Alinejad Zanjani a examiné la reprise de la théorie de l’âme d’Avicenne par un auteur du XVe siècle à la fois philosophe et médecin, Andrea Alpago ; ce dernier s’intéresse à cette théorie du pouvoir de l’imagination pour l’appliquer à l’éducation du peuple, avec des enjeux éthiques et politiques. Partant aussi d’une idée d’Avicenne, Thibaut Maus de Rolley a exploré la relation entre la peur du vide et le pouvoir de l’imagination chez des auteurs de la Renaissance, en particulier Montaigne, Ambroise Paré et Jérôme Cardan. Il a montré que l’imagination constituait une force à double tranchant, capable à la fois de procurer un nouvel équilibre au somnambule et de susciter le vertige du funambule et de ses spectateurs.

    Du côté de la médecine, les positions d’Avicenne sur l’imagination et les sens internes ont été présentées par Lada Murareva, qui a ensuite étudié les relations entre imagination et maladies mentales dans les textes médicaux des XIIIe-XIVe siècles, en particulier chez Gentile da Foligno et Arnaud de Villeneuve. Un autre médecin du XIVe siècle était au cœur de la séance animée par Amandine Mussou : elle a montré comment la thématique de l’imagination, en partie inspirée d’Avicenne, prenait place dans les œuvres fictionnelles du poète-médecin Évrart de Conty.

    Au carrefour de la médecine et de la théologie, Rafael Mandressi s’est penché sur l'imagination contagieuse des possédées telle qu’elle est mise en avant au XVIIe siècle par des médecins comme Marc Duncan, Pierre Yvelin ou Jean de Lempérière. Adrien Mangili s’est intéressé aux débats du XVIe et du XVIIe siècle sur l’irréligion, montrant le rôle de l’imagination dans les entreprises de naturalisation du merveilleux de Pomponazzi, de Vanini et de Gaffarel.

    D’autres séances ont abordé les liens entre pouvoir de l’âme et pouvoir de l’imagination dans une perspective philosophique. La dimension cognitive de l’imagination et sa fonction morale ont été examinées par Iacopo Costa à partir de l’Éthique à Nicomaque d’Aristote et dans les commentaires médiévaux de ce texte. La place de l’imagination dans la pensée de Marsile Ficin, sa force productive et créatrice, ont été présentées par Fosca Mariani Zini.

    Deux séances enfin nous ont amené à explorer les relations entre force de l’imagination et création artistique. Carmel Raz a étudié la Symphonie fantastique de Berlioz, composée en 1830, et certains textes rédigés par le compositeur ; elle a mis en évidence la manière dont l’écriture musicale et l’écriture poétique entraient en résonances autour de la thématique de l’imagination. Roberto Poma s’est intéressé aux relations entre l’imagination créatrice et la matière chez Gaston Bachelard, montrant l’ampleur de ce thème dans un ensemble de textes composés entre 1941 et 1949.

    Dernière modification : 6 mai 2024 14:36:32

    Type d'UE
    Séminaires DE/MC
    Disciplines
    Histoire
    Page web
    -
    Langues
    anglais français
    Mots-clés
    Anthropologie historique Histoire Histoire culturelle Histoire des sciences et des techniques Histoire intellectuelle Philosophie
    Aires culturelles
    Europe
    Intervenant·e·s
    • Béatrice Delaurenti [référent·e]   directrice d'études (en cours de nomination), EHESS / Anthropologie historique du long Moyen Âge (CRH-AHLoMA)
    • Koen Vermeir   chargé de recherche, CNRS
    • Roberto Poma   professeur des universités, Université Paris-Est Créteil

    La notion d’imagination est aujourd’hui considérée comme un objet d’étude à part entière, après avoir longtemps été discréditée par la recherche scientifique. Néanmoins, dans la littérature moderne et contemporaine, l’imagination est généralement présentée de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché. Nous voudrions aller à l’encontre de cette conception en étudiant une tradition intellectuelle et pratique alternative et méconnue : depuis les XIIe-XIIIe siècles jusqu’au début du XIXe siècle, des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines, s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées, ont soutenu l’idée que l’imagination possède de grands pouvoirs. Comme les années précédentes, ce séminaire fonctionnera autour de ces textes à la manière d’un atelier, et s’attachera à mettre en œuvre un travail collectif de discussion, d’analyse et de confrontation des sources sur la longue durée. Il prendra la forme de trois journées complètes.

    Vendredi 5 avril 2024

    9 h à 12 h 30 (salle AS1_23)

    • 9h-9h15 : Introduction
    • 9h15-10h45 : Anne Sophie Jouanneau (chercheuse indépendante), « Pouvoir de l’affect chez l’Avicenne latin »
    • 11h-12h30 :  Mali Alinejad Zanjani (ENS), « Les pouvoirs de l’imagination : enjeux éthiques et politiques de la théorie de l'âme d'Avicenne au XVIe siècle »

    13 h 45 à 17 h (salle AS1_08)

    • 13h45-15h15 : Carmel Raz (Max Planck Institute for Empirical Aesthetics, Frankfurt-sur-le-Main), « Ossianic Sounds: Berlioz on Memory »
    • 15h30-17h : Adrien Mangili (Université de Neuchâtel), « Force d'imagination et naturalisation du miraculeux ».

    Vendredi 3 mai 2024 (salle AS1_08)

    • 9h15-10h45 : Lada Murareva (EPHE), « L’imagination dans le contexte des maladies mentales (selon les œuvres des XIIIe-XIVe siècles) »
    • 11h-12h30 : Fosca Mariani Zini (Université de Tours, Centre d’études supérieures de la Renaissance), « L'imagination dans le néoplatonisme humaniste, ou comment une faculté médiatrice devient la première »

    Pause déjeuner

    • 13h45-15h30 : Roberto Poma (Université de Créteil), « Imagination dynamique et dynamiques de l’imagination chez Gaston Bachelard »

    Vendredi 7 juin (salle AS1_08)

    • 9h15-10h45 : Rafael Mandressi (CNRS, Centre Alexandre-Koyré), « L'imagination blessée et contagieuse des possédées : controverses médico-démonologiques en France au XVIIe siècle »
    • 11h-12h30 : Thibaut Maus de Rolley (University College London), « Philosophes et funambules : la question du vertige aux XVIe et XVIIe siècles »

    Pause déjeuner

    • 13h45-15h15 : Iaccopo Costa (CNRS, Laboratoire d'études sur les monothéismes), « Dispositions morales et imagination dans la philosophie et la théologie du XIIIe et du XIVe siècle ».
    • 15h30-17h : Amandine Mussou (Université Paris Cité), « « La merveilleuse ymaginacion d'Évrart de Conty : théories et usages de l'image mentale dans l'œuvre d'un poète médecin de la fin du XIVe siècle »

      Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.

      Contacts additionnels
      -
      Informations pratiques
      -
      Direction de travaux des étudiants

      prendre rendez-vous par courriel.

      Réception des candidats
      -
      Pré-requis
      -
      • 54 bd Raspail
        54 bd Raspail 75006 Paris
        Salle AS1_08
        vendredi 09:00-17:00

        • 5 avril 2024
        • 3 mai 2024
        • 7 juin 2024

      Le séminaire « Pouvoir de l’imagination. Approches historiques », organisé par Béatrice Delaurenti, Elizabeth Claire, Roberto Poma et Koen Vermeir, poursuit depuis plusieurs années une réflexion autour de la notion de « pouvoir de l’imagination ». Son objectif est de mettre au jour une tradition intellectuelle et pratique de longue durée, depuis le XIIIe siècle jusqu’au début du XIXe siècle, chez des penseurs et des praticiens appartenant à des diverses disciplines et s’exprimant depuis des positions institutionnelles variées. Dans cette tradition savante, l’imagination est considérée non pas de manière négative, comme une faculté mentale susceptible de provoquer l’erreur, l’illusion ou le péché, mais positivement, comme la source de pouvoirs aux formes et aux effets variés. Le séminaire a pris la forme de trois journées les vendredis 5 avril, 3 mai et 7 juin 2024. Chaque journée a permis d’accueillir plusieurs intervenants venus présenter un corpus spécifique de sources relatives au pouvoir de l’imagination, dans un cadre chronologique étendu, du XIIIe siècle au XIXe siècle. Autour de ces textes, le séminaire a fonctionné comme un atelier de lecture ; il a été le lieu d’un travail collectif d’analyse et d’interprétation des sources.

      Cette année, nous avons abordé les pouvoirs de l’imagination suivant une perspective tantôt philosophique, tantôt médicale, tantôt théologique, ces trois approches étant parfois mêlées. La pensée d’Avicenne a constitué un fil conducteur pour plusieurs séances. Du côté de la théorie de l’âme, Anne Sophie Jouanneau a présenté la conception avicennienne du pouvoir de l’affect et ses liens avec la faculté l’imagination. Mali Alinejad Zanjani a examiné la reprise de la théorie de l’âme d’Avicenne par un auteur du XVe siècle à la fois philosophe et médecin, Andrea Alpago ; ce dernier s’intéresse à cette théorie du pouvoir de l’imagination pour l’appliquer à l’éducation du peuple, avec des enjeux éthiques et politiques. Partant aussi d’une idée d’Avicenne, Thibaut Maus de Rolley a exploré la relation entre la peur du vide et le pouvoir de l’imagination chez des auteurs de la Renaissance, en particulier Montaigne, Ambroise Paré et Jérôme Cardan. Il a montré que l’imagination constituait une force à double tranchant, capable à la fois de procurer un nouvel équilibre au somnambule et de susciter le vertige du funambule et de ses spectateurs.

      Du côté de la médecine, les positions d’Avicenne sur l’imagination et les sens internes ont été présentées par Lada Murareva, qui a ensuite étudié les relations entre imagination et maladies mentales dans les textes médicaux des XIIIe-XIVe siècles, en particulier chez Gentile da Foligno et Arnaud de Villeneuve. Un autre médecin du XIVe siècle était au cœur de la séance animée par Amandine Mussou : elle a montré comment la thématique de l’imagination, en partie inspirée d’Avicenne, prenait place dans les œuvres fictionnelles du poète-médecin Évrart de Conty.

      Au carrefour de la médecine et de la théologie, Rafael Mandressi s’est penché sur l'imagination contagieuse des possédées telle qu’elle est mise en avant au XVIIe siècle par des médecins comme Marc Duncan, Pierre Yvelin ou Jean de Lempérière. Adrien Mangili s’est intéressé aux débats du XVIe et du XVIIe siècle sur l’irréligion, montrant le rôle de l’imagination dans les entreprises de naturalisation du merveilleux de Pomponazzi, de Vanini et de Gaffarel.

      D’autres séances ont abordé les liens entre pouvoir de l’âme et pouvoir de l’imagination dans une perspective philosophique. La dimension cognitive de l’imagination et sa fonction morale ont été examinées par Iacopo Costa à partir de l’Éthique à Nicomaque d’Aristote et dans les commentaires médiévaux de ce texte. La place de l’imagination dans la pensée de Marsile Ficin, sa force productive et créatrice, ont été présentées par Fosca Mariani Zini.

      Deux séances enfin nous ont amené à explorer les relations entre force de l’imagination et création artistique. Carmel Raz a étudié la Symphonie fantastique de Berlioz, composée en 1830, et certains textes rédigés par le compositeur ; elle a mis en évidence la manière dont l’écriture musicale et l’écriture poétique entraient en résonances autour de la thématique de l’imagination. Roberto Poma s’est intéressé aux relations entre l’imagination créatrice et la matière chez Gaston Bachelard, montrant l’ampleur de ce thème dans un ensemble de textes composés entre 1941 et 1949.