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UE18 - L'eugénisme entre histoire et anthropologie


Lieu et planning


  • Campus Condorcet (bât. recherche Sud)
    Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 0.031 (bât. recherche Sud, 5 cours des Humanités)
    2nd semestre / hebdomadaire, vendredi 14:30-16:30
    du 1er mars 2024 au 7 juin 2024
    Nombre de séances : 12

    NB :
    séance du 22 mars : salle 0.030
    séance du 24 mai : salle 0.019


Description


Dernière modification : 19 avr. 2024 15:08:17

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Anthropologie historique Biologie et société Biopolitique Circulations Classes sociales Corps Discrimination Droit, normes et société Dynamiques sociales État et politiques publiques Éthique Ethnographie Famille Génétique Globalisation Histoire des idées Histoire des sciences et des techniques Inégalités Minorités Parenté Politiques publiques Racismes et races Santé Savoirs Sciences Techniques Valeur
Aires culturelles
Asie Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Inde Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Caterina Guenzi [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études sud-asiatiques et himalayennes (CESAH)

L’eugénisme est beaucoup de choses à la fois : un mouvement historique transnational, une doctrine, une idée, un concept analytique, un ensemble de discours et de pratiques localement situées. Si en tant que projet politique s’appuyant sur des théories prétendument scientifiques l’eugénisme est un phénomène lié à une période circonscrite de l’histoire mondiale, il existe depuis toujours des discours et des pratiques visant à favoriser la naissance d’êtres humains « supérieurs », doués de certaines qualités, souvent par rapport à des déterminations sociales telles que le sexe, la race, la lignée ou la caste, de même que la naissance ou la survie d’autres considérés comme inférieurs est empêchée. Le concept d’eugénisme sert en outre à qualifier, depuis quelques décennies, certaines pratiques liées au contrôle des naissances et à l’usage des nouvelles technologies reproductives à des fins de sélection procréative, comme l’indiquent les termes de « néo-eugénisme », « eugénisme libéral » ou « eugénisme flexible ».

Ce séminaire interrogera l’eugénisme en tant que phénomène pluriel prenant des formes différentes selon les contextes politiques, historiques, sociaux, idéologiques et technologiques. Nous aborderons l’eugénisme à la fois en tant que catégorie « émique » utilisée par les acteurs qui prônent la sélection procréative et en tant que concept utilisé par des chercheur.e.s en sciences sociales souhaitant pointer les biais inégalitaires ou les risques de dérive liés à certaines configurations reproductives. En nous appuyant sur des sources textuelles et ethnographiques, nous nous intéresserons en particulier à des savoirs et pratiques eugénistes développées en Inde, de la période la première modernité jusqu’à aujourd’hui.

1er mars : Des usages de la notion d’eugénisme en sciences sociales

8 mars : Fabrice Cahen (INED), « La sélection dans l'insémination artificielle humaine et animale (France, XIXe-XXe siècle) »

15 mars : Laurie Vandevelde (EHESS), « La fabrique des chants d'oiseaux : sélectionner et combiner les "gènes" pour composer des voix dans le cadre de l'oisellerie brésilienne »

22 mars (salle 0.030) : L’eugénisme : un objet pour l’anthropologie ? 

29 mars : Eugénismes vernaculaires et appariements (s)électifs dans la littérature érotique sanskrite

5 avril : Classer la progéniture : réflexions à partir d’un traité brahmanique

26 avril : Choisir les génitrices : une ethnographie des donneuses d'ovocytes en Inde du Nord

3 mai : Camille Riverti (CNRS) « Stérilisations et énonciations. Le cas des femmes et des hommes stérilisé·es de force au Pérou »

17 mai : Présentation et discussion des recherches en cours de Jeanne Bonnet (M2) et de Pierre Bied-Charreton (M2), avec Fabrice Cahen et Jean-Paul Gaudillière.

24 mai (salle 0.019) : Violaine Baraduc (EHESS), « Trier parmi ses enfants. L’infanticide comme paradigme des pratiques de sélection pendant le génocide commis contre les Tutsi du Rwanda en 1994 »

31 mai : Aurélie Damet (Université Paris 1), « L'eugénisme dans la Sparte antique. Retour sur la cité des Semblables et des meilleurs »

7 juin : Validation et travaux des étudiant·es


Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Santé, médecine et questions sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-

Compte rendu


L’eugénisme est à la fois une catégorie émique – un concept élaboré par le polymathe Francis Galton dans l’Angleterre victorienne et approprié, au XXe siècle, par un grand nombre d’acteurs sociaux, associations, gouvernements et institutions menant des programmes et des politiques au nom de l’eugénisme – et un concept utilisé en sciences sociales pour qualifier des pratiques qui ne se réclament pas nécessairement de l’eugénisme, mais qui rappellent ses fondements inégalitaires ou sont susceptibles d’en produire les dérives. Les frontières de l’eugénisme en tant qu’objet des sciences sociales ne sont pas évidentes à poser : peut-on parler d’eugénisme en dehors du mouvement transnational du XXe siècle qui en porte le nom ? La question est d’autant plus complexe que les chercheurs en sciences sociales, notamment en histoire et en sociologie, ont élaboré des qualificatifs – tels que « réformateur », « catholique », « scandinave », « latin », « bolchévique », « privé », « libéral » ou « néo-libéral » – pour souligner que l’eugénisme prend des formes différentes selon le contexte socio-politique, économique, religieux ou idéologique où il se développe.

Tout en prenant appui sur ces recherches, dans ce séminaire nous avons appréhendé l’eugénisme dans une perspective anthropologique, peu explorée jusqu’à présent, prêtant une attention particulière aux « eugénismes vernaculaires », c’est-à-dire les idées, doctrines, programmes, institutions ou pratiques qui, dans chaque société, aujourd’hui comme par le passé, établissent des inégalités entre les individus dès la naissance, en fonction de leur sexe, groupe d’appartenance, rang, statut ou d’autres déterminants. Tout en favorisant la naissance d’individus porteurs d’attributs valorisés au sein de la société, ces doctrines visent également souvent l’élimination des individus stigmatisés. Nous avons ainsi examiné les théories de l’innée et de l’hérédité, ainsi que les différentes manières de classer la progéniture selon des catégories de valeur telles qu’elles apparaissent, par exemple, chez Platon ou dans les textes védiques et qu’on peut les observer encore aujourd’hui dans le marché procréatif de la PMA avec tiers donneur, où le niveau d’études ou religion d’appartenance des donneuses et donneurs de gamètes constitue un critère de sélection. À partir de matériaux ethnographiques et textuels nord-indiens et asiatiques notamment, nous avons vu que la valeur de naissance est établie non seulement en fonction de critères sociaux (tels que la caste), sexuels ou génétiques, mais aussi parfois en fonction de catégories cosmologiques, telles que le signe astrologique (un enfant « dragon » vaut plus qu’un enfant « lapin », selon le zodiaque chinois) ou le « résidu karmique » des vies antérieures, reconnu comme une forme d’hérédité dans plusieurs sociétés asiatiques. Des interventions extérieures ont contribué à enrichir les questionnements élaborés lors du séminaire et à montrer la diversité des stratégies et des techniques mises en œuvre pour obtenir la progéniture souhaitée : Fabrice Cahen (Ined) sur la sélection dans l'insémination artificielle humaine et animale en France (XIXe-XXe siècles) ; Laurie Van de Velde (EHESS) sur les stratégies reproductives visant à l’amélioration de la performance vocale des oiseaux curiò élevés au Brésil ; Violaine Baraduc (CNRS) sur les infanticides perpétrés lors du génocide rwandais ; Camille Riverti (CNRS) sur les stérilisations forcées chez les populations indigènes au Pérou ; Jeanne Bonnet (EHESS) et Pierre Bied-Charreton (EHESS) sur l’amélioration génétique dans les filières bovine en Italie et viticole en France ; Aurélie Damet (Université Paris 1) sur les discours eugénistes concernant la Sparte antique.

Dernière modification : 19 avr. 2024 15:08:17

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Anthropologie historique, Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, Histoire
Page web
-
Langues
anglais français
Mots-clés
Anthropologie Anthropologie historique Biologie et société Biopolitique Circulations Classes sociales Corps Discrimination Droit, normes et société Dynamiques sociales État et politiques publiques Éthique Ethnographie Famille Génétique Globalisation Histoire des idées Histoire des sciences et des techniques Inégalités Minorités Parenté Politiques publiques Racismes et races Santé Savoirs Sciences Techniques Valeur
Aires culturelles
Asie Contemporain (anthropologie du, monde) Europe Inde Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
  • Caterina Guenzi [référent·e]   maîtresse de conférences, EHESS / Centre d'études sud-asiatiques et himalayennes (CESAH)

L’eugénisme est beaucoup de choses à la fois : un mouvement historique transnational, une doctrine, une idée, un concept analytique, un ensemble de discours et de pratiques localement situées. Si en tant que projet politique s’appuyant sur des théories prétendument scientifiques l’eugénisme est un phénomène lié à une période circonscrite de l’histoire mondiale, il existe depuis toujours des discours et des pratiques visant à favoriser la naissance d’êtres humains « supérieurs », doués de certaines qualités, souvent par rapport à des déterminations sociales telles que le sexe, la race, la lignée ou la caste, de même que la naissance ou la survie d’autres considérés comme inférieurs est empêchée. Le concept d’eugénisme sert en outre à qualifier, depuis quelques décennies, certaines pratiques liées au contrôle des naissances et à l’usage des nouvelles technologies reproductives à des fins de sélection procréative, comme l’indiquent les termes de « néo-eugénisme », « eugénisme libéral » ou « eugénisme flexible ».

Ce séminaire interrogera l’eugénisme en tant que phénomène pluriel prenant des formes différentes selon les contextes politiques, historiques, sociaux, idéologiques et technologiques. Nous aborderons l’eugénisme à la fois en tant que catégorie « émique » utilisée par les acteurs qui prônent la sélection procréative et en tant que concept utilisé par des chercheur.e.s en sciences sociales souhaitant pointer les biais inégalitaires ou les risques de dérive liés à certaines configurations reproductives. En nous appuyant sur des sources textuelles et ethnographiques, nous nous intéresserons en particulier à des savoirs et pratiques eugénistes développées en Inde, de la période la première modernité jusqu’à aujourd’hui.

1er mars : Des usages de la notion d’eugénisme en sciences sociales

8 mars : Fabrice Cahen (INED), « La sélection dans l'insémination artificielle humaine et animale (France, XIXe-XXe siècle) »

15 mars : Laurie Vandevelde (EHESS), « La fabrique des chants d'oiseaux : sélectionner et combiner les "gènes" pour composer des voix dans le cadre de l'oisellerie brésilienne »

22 mars (salle 0.030) : L’eugénisme : un objet pour l’anthropologie ? 

29 mars : Eugénismes vernaculaires et appariements (s)électifs dans la littérature érotique sanskrite

5 avril : Classer la progéniture : réflexions à partir d’un traité brahmanique

26 avril : Choisir les génitrices : une ethnographie des donneuses d'ovocytes en Inde du Nord

3 mai : Camille Riverti (CNRS) « Stérilisations et énonciations. Le cas des femmes et des hommes stérilisé·es de force au Pérou »

17 mai : Présentation et discussion des recherches en cours de Jeanne Bonnet (M2) et de Pierre Bied-Charreton (M2), avec Fabrice Cahen et Jean-Paul Gaudillière.

24 mai (salle 0.019) : Violaine Baraduc (EHESS), « Trier parmi ses enfants. L’infanticide comme paradigme des pratiques de sélection pendant le génocide commis contre les Tutsi du Rwanda en 1994 »

31 mai : Aurélie Damet (Université Paris 1), « L'eugénisme dans la Sparte antique. Retour sur la cité des Semblables et des meilleurs »

7 juin : Validation et travaux des étudiant·es

  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Études asiatiques-Histoire et sciences sociales : terrains, textes et images – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire du monde/histoire des mondes – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Histoire-Histoire et sciences sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Histoire des sciences, des techniques et des savoirs – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Savoirs en sociétés-Santé, médecine et questions sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
  • Séminaires de recherche – Sciences sociales-Pratiques de l'interdisciplinarité en sciences sociales – M1/S2-M2/S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – exposé oral, fiche de lecture
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants
-
Réception des candidats
-
Pré-requis
-
  • Campus Condorcet (bât. recherche Sud)
    Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 0.031 (bât. recherche Sud, 5 cours des Humanités)
    2nd semestre / hebdomadaire, vendredi 14:30-16:30
    du 1er mars 2024 au 7 juin 2024
    Nombre de séances : 12

    NB :
    séance du 22 mars : salle 0.030
    séance du 24 mai : salle 0.019

L’eugénisme est à la fois une catégorie émique – un concept élaboré par le polymathe Francis Galton dans l’Angleterre victorienne et approprié, au XXe siècle, par un grand nombre d’acteurs sociaux, associations, gouvernements et institutions menant des programmes et des politiques au nom de l’eugénisme – et un concept utilisé en sciences sociales pour qualifier des pratiques qui ne se réclament pas nécessairement de l’eugénisme, mais qui rappellent ses fondements inégalitaires ou sont susceptibles d’en produire les dérives. Les frontières de l’eugénisme en tant qu’objet des sciences sociales ne sont pas évidentes à poser : peut-on parler d’eugénisme en dehors du mouvement transnational du XXe siècle qui en porte le nom ? La question est d’autant plus complexe que les chercheurs en sciences sociales, notamment en histoire et en sociologie, ont élaboré des qualificatifs – tels que « réformateur », « catholique », « scandinave », « latin », « bolchévique », « privé », « libéral » ou « néo-libéral » – pour souligner que l’eugénisme prend des formes différentes selon le contexte socio-politique, économique, religieux ou idéologique où il se développe.

Tout en prenant appui sur ces recherches, dans ce séminaire nous avons appréhendé l’eugénisme dans une perspective anthropologique, peu explorée jusqu’à présent, prêtant une attention particulière aux « eugénismes vernaculaires », c’est-à-dire les idées, doctrines, programmes, institutions ou pratiques qui, dans chaque société, aujourd’hui comme par le passé, établissent des inégalités entre les individus dès la naissance, en fonction de leur sexe, groupe d’appartenance, rang, statut ou d’autres déterminants. Tout en favorisant la naissance d’individus porteurs d’attributs valorisés au sein de la société, ces doctrines visent également souvent l’élimination des individus stigmatisés. Nous avons ainsi examiné les théories de l’innée et de l’hérédité, ainsi que les différentes manières de classer la progéniture selon des catégories de valeur telles qu’elles apparaissent, par exemple, chez Platon ou dans les textes védiques et qu’on peut les observer encore aujourd’hui dans le marché procréatif de la PMA avec tiers donneur, où le niveau d’études ou religion d’appartenance des donneuses et donneurs de gamètes constitue un critère de sélection. À partir de matériaux ethnographiques et textuels nord-indiens et asiatiques notamment, nous avons vu que la valeur de naissance est établie non seulement en fonction de critères sociaux (tels que la caste), sexuels ou génétiques, mais aussi parfois en fonction de catégories cosmologiques, telles que le signe astrologique (un enfant « dragon » vaut plus qu’un enfant « lapin », selon le zodiaque chinois) ou le « résidu karmique » des vies antérieures, reconnu comme une forme d’hérédité dans plusieurs sociétés asiatiques. Des interventions extérieures ont contribué à enrichir les questionnements élaborés lors du séminaire et à montrer la diversité des stratégies et des techniques mises en œuvre pour obtenir la progéniture souhaitée : Fabrice Cahen (Ined) sur la sélection dans l'insémination artificielle humaine et animale en France (XIXe-XXe siècles) ; Laurie Van de Velde (EHESS) sur les stratégies reproductives visant à l’amélioration de la performance vocale des oiseaux curiò élevés au Brésil ; Violaine Baraduc (CNRS) sur les infanticides perpétrés lors du génocide rwandais ; Camille Riverti (CNRS) sur les stérilisations forcées chez les populations indigènes au Pérou ; Jeanne Bonnet (EHESS) et Pierre Bied-Charreton (EHESS) sur l’amélioration génétique dans les filières bovine en Italie et viticole en France ; Aurélie Damet (Université Paris 1) sur les discours eugénistes concernant la Sparte antique.