UE169 - Le verbe et l'image


Lieu et planning


Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=169.

  • Centre Pompidou
    1 place Georges-Pompidou 75004 Paris
    Salle cinéma 1
    2nd semestre / hebdomadaire, mercredi 14:00-17:00
    du 6 mai 2024 au 26 juin 2024
    Nombre de séances : 8

    La première séance se déroulera exceptionnellement un lundi, toutes les autres séances ont lieu les mercredis


Description


Dernière modification : 16 janvier 2024 19:35

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Stéphane Breton [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre d'histoire et de théorie des arts (CRAL-CEHTA)

Il existe dans la forme cinématographique un conflit mal compris, celui du verbe et de l’image. Non seulement il est difficile de regarder et d’écouter à la fois lorsque les propositions sont divergentes, mais il semble même que les deux soient à angle droit, en tout état de cause, et luttent l’un contre l’autre. Ecartons d’emblée la question de la parole d’un personnage parlant au sein de l’action, et réfléchissons à ce que dit Aristote, qui souligne qu’en l’absence de ce dernier, il est malaisé de faire connaître les enjeux du drame. Selon lui, le personnage est l’agent de la transparence épistémique. Or, dans le cinéma documentaire, où le personnage éventuel ne peut être chargé de cette fonction d’intelligibilité accordée par un texte préalable, il est banalement laissé au « commentaire » dit en voix-off le soin de dire de quoi il retourne. Un verbe de nature exogène est souvent la marque de fabrique de ce que nous appelons le cinéma documentaire, du moins dans sa forme standardisée. À rebours de cette habitude, qu’on peut juger faible, nous nous pencherons sur des formes de la parole, ou de son absence, créant des images d’un autre ordre et conduisant, dans le cinéma documentaire en particulier, à ce qu’on ne sache pas très bien si l’on a vu ou entendu ce dont il est question.

Lundi 6 mai 2024 : Chorégraphie de la parole

Au cinéma, la parole, c’est-à-dire le verbe en acte, peut jouer deux rôles. D’abord, conformément aux habitudes du monde logocentrique qui est le nôtre, elle peut comme à la télévision donner banalement son sens à l’image et en orienter le sens. C’est ce que montre Chris Marker par un amusant clin d’œil dans l’exemple bien connu de Lettres de Sibérie, où vient se dénuder la contingence et l’arbitraire du commentaire. Elle peut aussi devenir, à rebours de l’idéologie télévisuelle, un matériau visible, ni plus ni moins que le sont les gestes, et se trouver de cette façon dépourvue de la dimension conceptuelle que nous lui prêtons d’ordinaire, comme le montre Johan van der Keuken dans Les Vacances du cinéaste.

  • Lettres de Sibérie, un film de Chris Marker (1957, 62 min)
  • Les Vacances du cinéaste, un film de Johan van der Keuken (1974, 39 min)

Mercredi 15 mai 2024 : Voir la parole

« Filmer la parole » est une excuse qu’avancent parfois, pour se dédouaner d’une faible imagination, des films qui se contentent de filmer des gens souvent assis que paralysent l’obligation de répondre à des questions qu’ils ne se sont pas posées. En fait, filmer la parole est tout autre chose : ce n’est pas filmer quelqu’un qui parle, encore moins quelqu’un qu’on soumet à la question, c’est faire voir le verbe, faire voir ce qui naturellement n’est pas visible, donner à la parole la forme d’une image, comme le fait avec truculence le film de Shirley Clarke, qui repose sur l’idée que le désir de dire porte nos gestes et notre être. Que cet être soit assis, ou plutôt vautré, n’a finalement plus d’importance.

  • Portrait of Jason, un film de Shirley Clarke (1963, 96 min)

Mercredi 22 mai 2024 : Penser en images

Peut-on dire que nous pensons lorsque nous regardons des images ? Lacan croyait le contraire et soutenait en s’appuyant sur l’exemple du « rêve de l’injection d’Irma » de Freud que toute pensée est verbale et revient finalement au verbe. Mais alors, que se passe-t-il lorsque des images associées par leur éloignement dans le film de van der Keuken mettent en ordre le cosmos, ou que bercés par l’entêtement des images, nous n’écoutons plus l’admirable texte de Sollers lu dans le film de Pollet et que nous ne le percevons que comme une sorte de petite musique, dénuée de sens et débordante d’images ?

  • La Forteresse blanche, un film de Johan van der Keuken (1973, 78 min)
  • Méditerranée, un film de Jean-Daniel Pollet (1966, 40 min)

Mercredi 29 mai 2024 : Lequel mène la danse ?

Ici, un contraste entre deux films qui posent la question de la hiérarchie du verbe et de l’image. D’abord, un film de Marguerite Duras dans lequel nous entendons une parole sur des images qui n’ont rien à voir. Le verbe et l’image sont à angle droit. Lequel des deux a la prééminence ? Lequel des deux mène la danse ? Ensuite, le plus beau et le plus profond des films ethnographiques, réalisé par Robert Gardner sur les rites funéraires à Bénarès, où rien de ce qui est dit ne nous est traduit et où la parole sonne comme le bruit d’un chien crevé traîné sur les marches du port.

  • Césarée, un film de Marguerite Duras (1979, 11 min)
  • Forest of Bliss, un film de Robert Gardner (1986, 89 min)

Mercredi 5 juin 2024 : Enlever le pain de la bouche

Le bruit, c’est le monde, et la musique, c’est l’esprit. Passer de l’un à l’autre peut être l’idée d’un film dans lequel on voudrait ne pas très bien savoir si nous regardons des choses ou si nous regardons la pensée, si nous regardons des choses nues ou si nous regardons des choses vues. Dans ce cas, on a peut-être intérêt à enlever le pain de la bouche des personnages et à faire pousser à la place des mots qu’ils prononcent une sorte de végétation sonore qui ressemble au bruit des vagues qu’on voit derrière eux. Si on ne nous dit rien, on sera bien obligé d’imaginer.

  • Les Premiers jours, un film de Stéphane Breton (2023, 74 min)

Mercredi 12 juin 2024 : Le silence est d’or

Il s’agit d’un film de fiction, parce que les personnages ont reçu l’ordre de ne pas parler. Mais il s’agit d’un film documentaire, parce qu’ils ne savent pas où ils vont. C’est un monde étrange, et cependant familier, que celui dans lequel nous plonge Sharunas Bartas, un monde où manque l’essentiel de ce que nous connaissons, à savoir la parole, mais où pourtant tout est là.

  • Few of Us, un film de Sharunas Bartas (1996, 105 min)

Mercredi 19 juin 2024 : Lorsque nous n’entendions pas

« Le cinéma muet avait atteint la perfection, disait ironiquement Hitchcock à Truffaut, il ne lui manquait plus que la parole ». Jusqu’à la fin des années 1920, on ne parlait pas au cinéma parce que les moyens d’enregistrement ne le permettaient pas. Mais cette limitation technique a eu des effets miraculeux et en fait, c’est elle qui a donné naissance à la forme cinématographique en lui permettant de s’affranchir de ses attaches théâtrales originaires. Elle a forcé le cinéma à rendre compréhensibles des gens qui se parlaient mais qu’on n’entendait pas. C’est d’ailleurs exactement ce qu’a cherché à faire, à la même époque, le roman dit du « courant de conscience » (avec Joyce, Woolf, Faulkner), dans lequel la pulsion intérieure prenait la place de l’expression.

  • Les Hommes le dimanche, un film de Robert Siodmak et Edgar George Ulmer (1930, 73 min)

Mercredi 26 juin 2024 : De quoi parle-t-on ?

Les deux films présentés pour conclure l’argument prennent d’une certaine façon le contre-pied de la clarté du cinéma muet. Ils procèdent l’un et l’autre comme s’ils ne savaient pas de quoi ils parlaient et comme s’ils demandaient au spectateur de s’interroger longuement sur ce qu’ils voulaient dire, tout cela dans une forme muette et une image ténébreuse. Au bout du compte, on se demande de quoi il s’agit, mais on s’approche tout de même un peu de la chose, à condition de se poser la question.

  • The Passing, un film de Bill Viola (1991, 54 min)
  • Film, un film de Samuel Beckett (1966, 20 min)

Master


  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Validation sur remise d’un travail écrit envoyé à Stéphane Breton par courriel, en PDF exclusivement. Il doit faire cinq feuillets, soit 7 500 signes (espaces compris). Il s’agit d’une réflexion personnelle, libre et originale, en rapport avec ce qui a été évoqué durant le séminaire ou avec une question que vous vous posez. L’analyse de films ou la répétition scolaire de ce qui a été dit pendant le séminaire ne conviennent pas. Ce travail sera accompagné de la fiche de validation dûment remplie de la mention de master correspondante, en PDF exclusivement, sans oublier de préciser le cas échéant sur cette fiche le nom et l’adresse courriel de la personne à qui elle doit être envoyée. Le tout devra être envoyé au plus tard le 20 juin 2024. Les demandes de validation n’obéissant pas à ces exigences ne seront pas examinées. La validation du séminaire est ouverte à d’autres mentions que « Arts, Littératures et Langages » ou « Anthropologie sociale, ethnologie et ethnographie ».
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Validation sur remise d’un travail écrit envoyé à Stéphane Breton par courriel, en PDF exclusivement. Il doit faire cinq feuillets, soit 7 500 signes (espaces compris). Il s’agit d’une réflexion personnelle, libre et originale, en rapport avec ce qui a été évoqué durant le séminaire ou avec une question que vous vous posez. L’analyse de films ou la répétition scolaire de ce qui a été dit pendant le séminaire ne conviennent pas. Ce travail sera accompagné de la fiche de validation dûment remplie de la mention de master correspondante, en PDF exclusivement, sans oublier de préciser le cas échéant sur cette fiche le nom et l’adresse courriel de la personne à qui elle doit être envoyée. Le tout devra être envoyé au plus tard le 20 juin 2024. Les demandes de validation n’obéissant pas à ces exigences ne seront pas examinées. La validation du séminaire est ouverte à d’autres mentions que « Arts, Littératures et Langages » ou « Anthropologie sociale, ethnologie et ethnographie ».
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Validation sur remise d’un travail écrit envoyé à Stéphane Breton par courriel, en PDF exclusivement. Il doit faire cinq feuillets, soit 7 500 signes (espaces compris). Il s’agit d’une réflexion personnelle, libre et originale, en rapport avec ce qui a été évoqué durant le séminaire ou avec une question que vous vous posez. L’analyse de films ou la répétition scolaire de ce qui a été dit pendant le séminaire ne conviennent pas. Ce travail sera accompagné de la fiche de validation dûment remplie de la mention de master correspondante, en PDF exclusivement, sans oublier de préciser le cas échéant sur cette fiche le nom et l’adresse courriel de la personne à qui elle doit être envoyée. Le tout devra être envoyé au plus tard le 20 juin 2024. Les demandes de validation n’obéissant pas à ces exigences ne seront pas examinées. La validation du séminaire est ouverte à d’autres mentions que « Arts, Littératures et Langages » ou « Anthropologie sociale, ethnologie et ethnographie ».

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-

Dernière modification : 16 janvier 2024 19:35

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
-
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Stéphane Breton [référent·e]   directeur d'études, EHESS / Centre d'histoire et de théorie des arts (CRAL-CEHTA)

Il existe dans la forme cinématographique un conflit mal compris, celui du verbe et de l’image. Non seulement il est difficile de regarder et d’écouter à la fois lorsque les propositions sont divergentes, mais il semble même que les deux soient à angle droit, en tout état de cause, et luttent l’un contre l’autre. Ecartons d’emblée la question de la parole d’un personnage parlant au sein de l’action, et réfléchissons à ce que dit Aristote, qui souligne qu’en l’absence de ce dernier, il est malaisé de faire connaître les enjeux du drame. Selon lui, le personnage est l’agent de la transparence épistémique. Or, dans le cinéma documentaire, où le personnage éventuel ne peut être chargé de cette fonction d’intelligibilité accordée par un texte préalable, il est banalement laissé au « commentaire » dit en voix-off le soin de dire de quoi il retourne. Un verbe de nature exogène est souvent la marque de fabrique de ce que nous appelons le cinéma documentaire, du moins dans sa forme standardisée. À rebours de cette habitude, qu’on peut juger faible, nous nous pencherons sur des formes de la parole, ou de son absence, créant des images d’un autre ordre et conduisant, dans le cinéma documentaire en particulier, à ce qu’on ne sache pas très bien si l’on a vu ou entendu ce dont il est question.

Lundi 6 mai 2024 : Chorégraphie de la parole

Au cinéma, la parole, c’est-à-dire le verbe en acte, peut jouer deux rôles. D’abord, conformément aux habitudes du monde logocentrique qui est le nôtre, elle peut comme à la télévision donner banalement son sens à l’image et en orienter le sens. C’est ce que montre Chris Marker par un amusant clin d’œil dans l’exemple bien connu de Lettres de Sibérie, où vient se dénuder la contingence et l’arbitraire du commentaire. Elle peut aussi devenir, à rebours de l’idéologie télévisuelle, un matériau visible, ni plus ni moins que le sont les gestes, et se trouver de cette façon dépourvue de la dimension conceptuelle que nous lui prêtons d’ordinaire, comme le montre Johan van der Keuken dans Les Vacances du cinéaste.

  • Lettres de Sibérie, un film de Chris Marker (1957, 62 min)
  • Les Vacances du cinéaste, un film de Johan van der Keuken (1974, 39 min)

Mercredi 15 mai 2024 : Voir la parole

« Filmer la parole » est une excuse qu’avancent parfois, pour se dédouaner d’une faible imagination, des films qui se contentent de filmer des gens souvent assis que paralysent l’obligation de répondre à des questions qu’ils ne se sont pas posées. En fait, filmer la parole est tout autre chose : ce n’est pas filmer quelqu’un qui parle, encore moins quelqu’un qu’on soumet à la question, c’est faire voir le verbe, faire voir ce qui naturellement n’est pas visible, donner à la parole la forme d’une image, comme le fait avec truculence le film de Shirley Clarke, qui repose sur l’idée que le désir de dire porte nos gestes et notre être. Que cet être soit assis, ou plutôt vautré, n’a finalement plus d’importance.

  • Portrait of Jason, un film de Shirley Clarke (1963, 96 min)

Mercredi 22 mai 2024 : Penser en images

Peut-on dire que nous pensons lorsque nous regardons des images ? Lacan croyait le contraire et soutenait en s’appuyant sur l’exemple du « rêve de l’injection d’Irma » de Freud que toute pensée est verbale et revient finalement au verbe. Mais alors, que se passe-t-il lorsque des images associées par leur éloignement dans le film de van der Keuken mettent en ordre le cosmos, ou que bercés par l’entêtement des images, nous n’écoutons plus l’admirable texte de Sollers lu dans le film de Pollet et que nous ne le percevons que comme une sorte de petite musique, dénuée de sens et débordante d’images ?

  • La Forteresse blanche, un film de Johan van der Keuken (1973, 78 min)
  • Méditerranée, un film de Jean-Daniel Pollet (1966, 40 min)

Mercredi 29 mai 2024 : Lequel mène la danse ?

Ici, un contraste entre deux films qui posent la question de la hiérarchie du verbe et de l’image. D’abord, un film de Marguerite Duras dans lequel nous entendons une parole sur des images qui n’ont rien à voir. Le verbe et l’image sont à angle droit. Lequel des deux a la prééminence ? Lequel des deux mène la danse ? Ensuite, le plus beau et le plus profond des films ethnographiques, réalisé par Robert Gardner sur les rites funéraires à Bénarès, où rien de ce qui est dit ne nous est traduit et où la parole sonne comme le bruit d’un chien crevé traîné sur les marches du port.

  • Césarée, un film de Marguerite Duras (1979, 11 min)
  • Forest of Bliss, un film de Robert Gardner (1986, 89 min)

Mercredi 5 juin 2024 : Enlever le pain de la bouche

Le bruit, c’est le monde, et la musique, c’est l’esprit. Passer de l’un à l’autre peut être l’idée d’un film dans lequel on voudrait ne pas très bien savoir si nous regardons des choses ou si nous regardons la pensée, si nous regardons des choses nues ou si nous regardons des choses vues. Dans ce cas, on a peut-être intérêt à enlever le pain de la bouche des personnages et à faire pousser à la place des mots qu’ils prononcent une sorte de végétation sonore qui ressemble au bruit des vagues qu’on voit derrière eux. Si on ne nous dit rien, on sera bien obligé d’imaginer.

  • Les Premiers jours, un film de Stéphane Breton (2023, 74 min)

Mercredi 12 juin 2024 : Le silence est d’or

Il s’agit d’un film de fiction, parce que les personnages ont reçu l’ordre de ne pas parler. Mais il s’agit d’un film documentaire, parce qu’ils ne savent pas où ils vont. C’est un monde étrange, et cependant familier, que celui dans lequel nous plonge Sharunas Bartas, un monde où manque l’essentiel de ce que nous connaissons, à savoir la parole, mais où pourtant tout est là.

  • Few of Us, un film de Sharunas Bartas (1996, 105 min)

Mercredi 19 juin 2024 : Lorsque nous n’entendions pas

« Le cinéma muet avait atteint la perfection, disait ironiquement Hitchcock à Truffaut, il ne lui manquait plus que la parole ». Jusqu’à la fin des années 1920, on ne parlait pas au cinéma parce que les moyens d’enregistrement ne le permettaient pas. Mais cette limitation technique a eu des effets miraculeux et en fait, c’est elle qui a donné naissance à la forme cinématographique en lui permettant de s’affranchir de ses attaches théâtrales originaires. Elle a forcé le cinéma à rendre compréhensibles des gens qui se parlaient mais qu’on n’entendait pas. C’est d’ailleurs exactement ce qu’a cherché à faire, à la même époque, le roman dit du « courant de conscience » (avec Joyce, Woolf, Faulkner), dans lequel la pulsion intérieure prenait la place de l’expression.

  • Les Hommes le dimanche, un film de Robert Siodmak et Edgar George Ulmer (1930, 73 min)

Mercredi 26 juin 2024 : De quoi parle-t-on ?

Les deux films présentés pour conclure l’argument prennent d’une certaine façon le contre-pied de la clarté du cinéma muet. Ils procèdent l’un et l’autre comme s’ils ne savaient pas de quoi ils parlaient et comme s’ils demandaient au spectateur de s’interroger longuement sur ce qu’ils voulaient dire, tout cela dans une forme muette et une image ténébreuse. Au bout du compte, on se demande de quoi il s’agit, mais on s’approche tout de même un peu de la chose, à condition de se poser la question.

  • The Passing, un film de Bill Viola (1991, 54 min)
  • Film, un film de Samuel Beckett (1966, 20 min)
  • Séminaires de recherche – Anthropologie-Ethnologie et anthropologie sociale – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Validation sur remise d’un travail écrit envoyé à Stéphane Breton par courriel, en PDF exclusivement. Il doit faire cinq feuillets, soit 7 500 signes (espaces compris). Il s’agit d’une réflexion personnelle, libre et originale, en rapport avec ce qui a été évoqué durant le séminaire ou avec une question que vous vous posez. L’analyse de films ou la répétition scolaire de ce qui a été dit pendant le séminaire ne conviennent pas. Ce travail sera accompagné de la fiche de validation dûment remplie de la mention de master correspondante, en PDF exclusivement, sans oublier de préciser le cas échéant sur cette fiche le nom et l’adresse courriel de la personne à qui elle doit être envoyée. Le tout devra être envoyé au plus tard le 20 juin 2024. Les demandes de validation n’obéissant pas à ces exigences ne seront pas examinées. La validation du séminaire est ouverte à d’autres mentions que « Arts, Littératures et Langages » ou « Anthropologie sociale, ethnologie et ethnographie ».
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Validation sur remise d’un travail écrit envoyé à Stéphane Breton par courriel, en PDF exclusivement. Il doit faire cinq feuillets, soit 7 500 signes (espaces compris). Il s’agit d’une réflexion personnelle, libre et originale, en rapport avec ce qui a été évoqué durant le séminaire ou avec une question que vous vous posez. L’analyse de films ou la répétition scolaire de ce qui a été dit pendant le séminaire ne conviennent pas. Ce travail sera accompagné de la fiche de validation dûment remplie de la mention de master correspondante, en PDF exclusivement, sans oublier de préciser le cas échéant sur cette fiche le nom et l’adresse courriel de la personne à qui elle doit être envoyée. Le tout devra être envoyé au plus tard le 20 juin 2024. Les demandes de validation n’obéissant pas à ces exigences ne seront pas examinées. La validation du séminaire est ouverte à d’autres mentions que « Arts, Littératures et Langages » ou « Anthropologie sociale, ethnologie et ethnographie ».
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages – M1/S1-S2-M2/S3-S4
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Validation sur remise d’un travail écrit envoyé à Stéphane Breton par courriel, en PDF exclusivement. Il doit faire cinq feuillets, soit 7 500 signes (espaces compris). Il s’agit d’une réflexion personnelle, libre et originale, en rapport avec ce qui a été évoqué durant le séminaire ou avec une question que vous vous posez. L’analyse de films ou la répétition scolaire de ce qui a été dit pendant le séminaire ne conviennent pas. Ce travail sera accompagné de la fiche de validation dûment remplie de la mention de master correspondante, en PDF exclusivement, sans oublier de préciser le cas échéant sur cette fiche le nom et l’adresse courriel de la personne à qui elle doit être envoyée. Le tout devra être envoyé au plus tard le 20 juin 2024. Les demandes de validation n’obéissant pas à ces exigences ne seront pas examinées. La validation du séminaire est ouverte à d’autres mentions que « Arts, Littératures et Langages » ou « Anthropologie sociale, ethnologie et ethnographie ».
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-
Informations pratiques
-
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sur rendez-vous.

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Pré-requis
-

Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant (une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) : https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=169.

  • Centre Pompidou
    1 place Georges-Pompidou 75004 Paris
    Salle cinéma 1
    2nd semestre / hebdomadaire, mercredi 14:00-17:00
    du 6 mai 2024 au 26 juin 2024
    Nombre de séances : 8

    La première séance se déroulera exceptionnellement un lundi, toutes les autres séances ont lieu les mercredis