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UE158 - Correspondances. L'activité d'écriture


Lieu et planning


  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 3.07
    1er semestre / hebdomadaire, vendredi 12:30-14:30
    du 10 novembre 2023 au 9 février 2024
    Nombre de séances : 12


Description


Dernière modification : 7 févr. 2024 10:48:34

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Linguistique, sémantique, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Analyse de discours Argumentation Écriture Linguistique Littérature Pragmatique Sémantique Textes
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Marion Carel [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL)

Nous nous proposons cette année de continuer à analyser des correspondances du XIXe siècle et du XXe siècle. Quelle est la part linguistique de leur organisation ? Quelles formes y prend l'énonciation ? Nous nous intéresserons particulièrement aux références faites à l'activité d'écriture.

Le programme détaillé n'est pas disponible.


Master


  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Analyse d'un cas
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Analyse d'un cas

Renseignements


Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-

Compte rendu


Dans quelle mesure et de quelle manière l’activité d’écriture est-elle visible dans les lettres ? Est-elle seulement dite dans des formules comme je vous écris de Maison Baude où je prends quelques jours ou est-elle également manifestée ? Benveniste note en effet qu’un énoncé, outre ce qu’il dit, manifeste de plus un point de vue sur son locuteur et son activité. L’énoncé peut mettre en avant son locuteur et le décrire comme disant quelque chose à quelqu’un ; il peut également cacher son locuteur, comme si les événements se racontaient eux-mêmes. Cependant, pour variable qu’elle soit donc, l’activité du locuteur est toujours qualifiée par Benveniste, ou plus tard Ducrot, de « dire ». Or en va-t-il de même à l’écrit et à l’oral ? La phrase qu’il fait beau ! se donne par exemple comme arrachée à son locuteur par le beau temps. À l’oral, son énoncé manifeste il fait beau donc je dis « qu’il fait beau ! » ; est-ce qu’écrit dans une lettre, l’énoncé qu’il fait beau ! manifeste plutôt il fait beau donc je vous écris « qu’il fait beau ! » ? Doit-on, à la manière où l’on distingue une grammaire de l’écrit et une grammaire de l’oral, distinguer, au-delà bien sûr de la différence matérielle entre un geste graphique et la profération d’un son, une énonciation linguistique écrite et une énonciation linguistique orale ? Pour répondre à ces questions, le séminaire s’est intéressé à des lettres de Colette, Loti et Mallarmé, et plus précisément à leurs ouvertures, passages favorables à notre questionnement car les ouvertures de lettre, en tant que pratique, semblent avoir pour règle de concerner le fait d’écrire – ce qui justifie le recours à des formules encombrées comme je vous écris pour vous dire que je ne pourrai pas venir, préférées à je ne pourrai pas venir. L’étude a conduit à reprendre l’analyse des déictiques, très nombreux en ouverture de lettre mais problématiques pour la Théorie des Blocs Sémantiques qui suppose que le sens d’un énoncé n’est pas de représenter le monde mais seulement de contraindre sa suite, à l’intérieur de la propre parole du locuteur ou dans celle de son interlocuteur. Le séminaire s’est arrêté sur l’emploi de ici et la formule nous montrerons ici que, possible au début d’un article écrit mais difficile dans un exposé oral qui, s’il maintient le ici, dénonce alors le fait qu’il est la lecture d’un écrit. Les déictiques permettraient-ils de donner un portrait de l’énonciation matérielle comme écrite ou au contraire orale ? Introduiraient-ils, à l’intérieur de ce qu’un énoncé manifeste à propos de l’activité de son locuteur, une allusion à l’écriture ou à l’oralité ?

Dernière modification : 7 févr. 2024 10:48:34

Type d'UE
Séminaires DE/MC
Disciplines
Linguistique, sémantique, Signes, formes, représentations
Page web
-
Langues
français
L’enseignement est uniquement dispensé dans cette langue.
Mots-clés
Analyse de discours Argumentation Écriture Linguistique Littérature Pragmatique Sémantique Textes
Aires culturelles
-
Intervenant·e·s
  • Marion Carel [référent·e]   directrice d'études, EHESS / Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL)

Nous nous proposons cette année de continuer à analyser des correspondances du XIXe siècle et du XXe siècle. Quelle est la part linguistique de leur organisation ? Quelles formes y prend l'énonciation ? Nous nous intéresserons particulièrement aux références faites à l'activité d'écriture.

Le programme détaillé n'est pas disponible.

  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Formes et objets – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Analyse d'un cas
  • Séminaires de recherche – Arts, littératures et langages-Pratiques, discours et usages – M1/S1-M2/S3
    Suivi et validation – semestriel hebdomadaire = 6 ECTS
    MCC – Analyse d'un cas
Contacts additionnels
-
Informations pratiques
-
Direction de travaux des étudiants

sur rendez-vous.

Réception des candidats

sur rendez-vous.

Pré-requis
-
  • Campus Condorcet-Centre de colloques
    Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers
    Salle 3.07
    1er semestre / hebdomadaire, vendredi 12:30-14:30
    du 10 novembre 2023 au 9 février 2024
    Nombre de séances : 12

Dans quelle mesure et de quelle manière l’activité d’écriture est-elle visible dans les lettres ? Est-elle seulement dite dans des formules comme je vous écris de Maison Baude où je prends quelques jours ou est-elle également manifestée ? Benveniste note en effet qu’un énoncé, outre ce qu’il dit, manifeste de plus un point de vue sur son locuteur et son activité. L’énoncé peut mettre en avant son locuteur et le décrire comme disant quelque chose à quelqu’un ; il peut également cacher son locuteur, comme si les événements se racontaient eux-mêmes. Cependant, pour variable qu’elle soit donc, l’activité du locuteur est toujours qualifiée par Benveniste, ou plus tard Ducrot, de « dire ». Or en va-t-il de même à l’écrit et à l’oral ? La phrase qu’il fait beau ! se donne par exemple comme arrachée à son locuteur par le beau temps. À l’oral, son énoncé manifeste il fait beau donc je dis « qu’il fait beau ! » ; est-ce qu’écrit dans une lettre, l’énoncé qu’il fait beau ! manifeste plutôt il fait beau donc je vous écris « qu’il fait beau ! » ? Doit-on, à la manière où l’on distingue une grammaire de l’écrit et une grammaire de l’oral, distinguer, au-delà bien sûr de la différence matérielle entre un geste graphique et la profération d’un son, une énonciation linguistique écrite et une énonciation linguistique orale ? Pour répondre à ces questions, le séminaire s’est intéressé à des lettres de Colette, Loti et Mallarmé, et plus précisément à leurs ouvertures, passages favorables à notre questionnement car les ouvertures de lettre, en tant que pratique, semblent avoir pour règle de concerner le fait d’écrire – ce qui justifie le recours à des formules encombrées comme je vous écris pour vous dire que je ne pourrai pas venir, préférées à je ne pourrai pas venir. L’étude a conduit à reprendre l’analyse des déictiques, très nombreux en ouverture de lettre mais problématiques pour la Théorie des Blocs Sémantiques qui suppose que le sens d’un énoncé n’est pas de représenter le monde mais seulement de contraindre sa suite, à l’intérieur de la propre parole du locuteur ou dans celle de son interlocuteur. Le séminaire s’est arrêté sur l’emploi de ici et la formule nous montrerons ici que, possible au début d’un article écrit mais difficile dans un exposé oral qui, s’il maintient le ici, dénonce alors le fait qu’il est la lecture d’un écrit. Les déictiques permettraient-ils de donner un portrait de l’énonciation matérielle comme écrite ou au contraire orale ? Introduiraient-ils, à l’intérieur de ce qu’un énoncé manifeste à propos de l’activité de son locuteur, une allusion à l’écriture ou à l’oralité ?